Archives par mot-clé : démocratie

Selon Le Guen (PS), critiquer le gouvernement porte atteinte à la démocratie

La gauche au pouvoir est totalement dingue…


Pour Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État en charge de la communication avec le Parlement, mettre en cause le fonctionnement de l’Etat serait dangereux pour la démocratie. C’est ce qu’il a expliqué , excédé par les critiques visant le gouvernement depuis l’attentat de Nice. Dans son viseur, les médias, et en particulier le quotidien Libération, dont une enquête révèle d’éventuelles incohérences dans la communication de la place Beauvau.

Le secrétaire d’Etat était en colère vendredi au micro de RTL.

«S’il y a eu des erreurs de communication, Bernard Cazeneuve en est victime», a lancé Jean-Marie Le Guen, référence aux accusations virulentes qui visent le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, quant à sa gestion de l’attentat survenu à Nice.

«Arrêtons ce jeu délétère qui est dangereux pour la démocratie», a tancé le secrétaire d’Etat.

«Je veux bien qu’on aille sur ce terrain-là mais à ce moment-là il n’y a plus d’Etat de droit dans ce pays», a-t-il répondu, interrogé sur l’indépendance de l’enquête de police. Avant d’ajouter: «Si un certain nombre de journalistes, de commentateurs, de responsables politiques, mettent en cause le fonctionnement de la justice et des services administratifs de l’Etat, alors c’est une thèse qui est extrêmement dangereuse pour la démocratie». […]

Le Figaro

 

Réformes: Pour le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, un des pires maux de la France serait… la démocratie.

A en croire le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, un des pires maux de la France serait… la démocratie. De Washington, ce chantre de la discipline budgétaire a fait cette déclaration :

«La France serait contente que quelqu’un force le Parlement, mais c’est difficile, c’est la démocratie».

 

 Citant les réformes «très réussies» menées en Espagne, il regrette, semble-t-il, que la main de fer de la «troïka» ne puisse ordonner et régir l’économie française. La «troïka», terme tombé en disgrâce en raison du rejet par les Grecs de cette organisation, haïe par le gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras, désigne un groupe de hauts fonctionnaires de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international, et de l’Union européenne, qui contrôle la mise en œuvre de réformes dans les pays européens bénéficiant d’une aide internationale.

«Si vous en parlez avec mes amis français, que ce soit (le ministre des Finances) Michel Sapin ou (de l’Economie) Emmanuel Macron, ils ont de longues histoires à Continuer la lecture de Réformes: Pour le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, un des pires maux de la France serait… la démocratie.

Histoire : République et démocratie en France, une histoire trouble

Lu sur Fdesouche

bureau de vote Bramtot
Un bureau de vote en 1891 (tableau d’Alfred Bramtot).

Quiconque a un peu de culture politique sait que « République » et « démocratie » ne sont pas des termes synonymes et interchangeables. La République populaire de Chine, la République de Cuba ne sont pas démocratiques. A contrario, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Danemark sont des monarchies démocratiques. Il n’est même pas besoin d’aller chercher les exemples à l’étranger : la Première République ne fut pas démocratique (1) ; alors que le Second Empire fut démocratique (bien que les élections furent sévèrement encadrées).La République moderne française, née en 1870 (ou 1875 selon l’importance accordée à l’amendement Wallon) était-elle aussi parfaitement démocratique ? L’Histoire montre que si ce régime puise sa légitimité du suffrage universel, les républicains ont été plus d’une fois mal à l’aise avec le principe démocratique. C’est l’historien et sociologue Pierre Rosanvallon qui pose la question : « les républicains sont-ils philosophiquement vraiment des démocrates ? ». Il répond : « Le doute secret [sur la supériorité intrinsèque du suffrage universel] qui travaille en profondeur la foi des pères fondateurs [de la IIIe République] ne procède pas seulement d’une déception devant l’ingratitude des masses, il plonge aussi ses racines dans un indéniable dualisme philosophique de la pensée républicaine » (2).

Philosophiquement, ces pères fondateurs étaient tiraillés entre l’exigence de la rationalité (qui ne saurait se retrouver dans les masses, sujettes à l’émotion, en partie irrationnelles) et l’exigence de l’égalité politique (la démocratie : un individu, un vote). D’un côté Voltaire (la raison), de l’autre Rousseau (la souveraineté populaire).

affiche 1879
Elections législatives du 2 février 1879. Arrondissement de Pontivy (auteur anonyme).

Ces contradictions se traduisent dans des actes. En 1884, pour mettre fin à la hantise d’une restauration royale ou impériale par la voie des urnes, les républicains procèdent à une révision constitutionnelle (à l’initiative de Jules Ferry). A cette époque, les républicains ne sont réellement au pouvoir que depuis 1879 (Chambre, Sénat et présidence de la République), et ils ont face à eux une opposition royaliste et bonapartiste qui demeure solide. L’article 2 de cette révision constitutionnelle indique : « La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une proposition de révision ».

Cela revient à mettre la République au-dessus du suffrage universel, à l’abri des masses électorales. Le lien entre République et démocratie est rompu ; ce qui fait alors les choux gras des conservateurs. Si la République est au-dessus du suffrage universel, obligatoire et non négociable, alors quelle est la source de sa légitimité ? Le député bonapartiste Paul de Cassagnac parlera ironiquement de « République de droit divin ».

Un autre exemple de la méfiance des républicains à l’égard du suffrage universel tient dans le référendum. Quoi de plus démocratique que le référendum ? Pourtant, après mai 1870, les Français devront attendre la Ve République, soit près d’un siècle, pour le voir réapparaître. Utilisé par Napoléon III, il fut longtemps perçu comme un instrument du césarisme par les républicains. De plus, la plupart des républicains, tel Jules Simon, considèrent la représentation parlementaire comme un « filtre » nécessaire entre une masse électorale jugée quelque peu irrationnelle, mouvante, imprévisible, et la question à trancher (l’exigence de la raison déjà évoquée). Paradoxalement, dans la Chambre des députés de la IIIe République, ce sont les conservateurs non-républicains qui défendent l’usage du référendum.

Si le référendum est absent des usages de la IIIe République au niveau national, quelques référendums locaux se tiennent à la fin du XIXe siècle. La municipalité de Cluny questionne ainsi ses habitants en 1888. Le conseil municipal avait été élu notamment sur la promesse de ne créer aucun impôt nouveau et de ne faire aucun emprunt ; cependant la ville souhaitait obtenir du ministère de la Guerre un bataillon d’infanterie et construire un casernement pour l’abriter. Les clunisiens sont appelés à trancher la question financière. D’autres municipalités, souvent conservatrices, suivent l’exemple de Cluny, ce qui amène le ministre de l’Intérieur à adresser aux préfets une circulaire leur enjoignant de prononcer de nullité tout appel des conseils municipaux au référendum. A la Chambre des députés, un projet de loi permettant les référendums locaux est déposé en 1890 par un bonapartiste rallié aux orléanistes, le baron de Mackau (un des chefs du groupe parlementaire de l’Union des droites, avec Piou et de Cassagnac). Le projet de loi est repoussé par la majorité républicaine.

D’autres exemples, moins importants historiquement mais significatifs, pourraient être donnés (décret du 31 janvier 1871, interdiction des candidatures multiples en 1889 lors de l’épisode Boulanger, etc.).
Mais au-delà des exemples donnés, remarquons que, tout au long de l’Histoire de la Continuer la lecture de Histoire : République et démocratie en France, une histoire trouble

Coup d’Etat en Suède ? Entente des partis jusqu’en 2022

Rappel de l’édito du Monde qui se réjouit de l’Union sacrée contre le populisme en Suède : Suède : l’union sacrée des partis « de gouvernement » contre le populisme. Un « accord exemplaire ». 

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Par Pascal Titeux de Contrepoints

La nouvelle n’a pas fait la « une » des médias, et c’est pourtant un des événements les plus inquiétants de ce début de siècle. Le dernier masque de la démocratie représentative, dans sa version postmoderne et corrompue, vient en effet de tomber.[…] Les dernières élections ont vu surgir un parti disons atypique, le mot « populiste » étant, en Suède comme ailleurs, un mot dépourvu de sens (tous les partis courtisent le peuple !). Avec ses 12%, le SD ne pouvait qu’être un parti d’opposition, mais lorsqu’un autre s’est joint à lui pour rejeter le budget, le gouvernement a été mis en minorité, et son budget invalidé : situation classique de « crise gouvernementale ». Dans toute démocratie, cela entraîne la démission du gouvernement, et chez nous ce serait un des cas où la dissolution s’imposerait. C’est si évident que dans un premier temps, le chef du gouvernement suédois, Stefan Löfven, a décidé, et annoncé pour le 22 mars 2015, la tenue de nouvelles élections.

suede

Jusqu’ici tout va bien, me direz-vous, le peuple va trancher.

Mais voilà : les sondages se sont mis à dessiner une forte hausse du SD, l’amenant à des niveaux tels que ni l’alliance socialistes-verts, ni le centre-droit, ne puissent espérer gouverner. Craignant de perdre, avec leurs dernières plumes, les places qu’ils occupaient chacun leur tour dans une aimable alternance, ces partis ont décidé de se répartir les postes non plus alternativement mais simultanément, et pour toujours. En tout cas jusqu’en 2022, première date de révision de leur accord.

Stefan Löfven vient donc de revenir sur sa décision : les élections prévues pour 2015 n’auront pas lieu, et le résultat de celles de 2019 est d’avance neutralisé puisque l’entente des sortants, ou plutôt de ceux qui ne veulent pas sortir, est organisée jusqu’en 2022. La Suède aura donc la « chance » d’être la première démocratie du monde à connaître la composition de son gouvernement avant les élections, et à savoir qu’il restera en place indépendamment de leur résultat. C’est sûr que ça renouvelle le concept de démocratie, tellement même qu’il faudrait trouver un nouveau nom. […]

Bien sûr, cela n’a pas été proclamé sur fond d’hymne national par un colonel dont la garde prétorienne vient de s’emparer de la télévision : la Suède n’est pas une république bananière. C’est du moins ce que les naïfs croyaient jusqu’ici. Car si la Junte est habillée en civil, et que le parlement fait partie de la farce, c’est quand-même, très exactement, ce qu’on nomme un coup d’État. […]

 

 

Benjamin Dormann balance à la conférence Médias et démocratie (vidéo)

Lu et Vu sur Enquête &débats

Benjamin Dormann est financier, auteur d’Ils ont acheté la presse, un pamphlet très documenté sur les médias français qui sont dans les mains de l’Etat et de la gauche. Nous l’avions interviewé voici un an lors de la sortie de son livre, cette fois il va révéler quelques scoops que les médias français ne révèlent jamais, comme le fait que la Banque Lazard a son siège dans un paradis fiscal, sachant que Matthieu Pigasse en est le directeur général délégué en France et le vice-président en Europe, et qu’il est également l’un des trois principaux actionnaires du Monde et le propriétaire des Inrockuptibles (Les Inrocks pour les intimes).


Benjamin Dormann à la conférence Médias et… par enquete-debat

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Entre l’Europe et la démocratie, il va falloir choisir

Lu sur Boulevard Voltaire

Dans un discours prononcé le 4 septembre, le commissaire européen Viviane Reding a annoncé son souhait de modifier les traités afin de donner la possibilité à la Commission d’engager une action en justice à l’encontre des États membres irrespectueux du droit européen. Cette initiative, un « grand pas fédéraliste » selon Viviane Reding elle-même, attenterait surtout à la souveraineté des États et marquerait donc un nouveau recul démocratique.

europeEn effet, Abraham Lincoln définissait la démocratie comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » ; l’existence de la démocratie, dont la volonté populaire est la valeur indépassable, suppose le consentement d’une minorité aux choix de la majorité. Il n’y a donc de régime démocratique possible que si les citoyens possèdent un sentiment d’appartenance commune assez fort pour accepter de devenir potentiellement minoritaires. Or, la nation est le cadre naturel dans lequel la démocratie s’est développée au fil du temps. Le général de Gaulle estimait même que « la démocratie se confond exactement avec la souveraineté nationale ».

Et pour cause, les pays européens ont leur langue, leur culture, leurs valeurs qui sont le produit d’une longue histoire. La nation européenne n’existe donc pas et il ne suffit pas que les dirigeants européens aient décidé de « dépasser » cette réalité millénaire pour que s’effacent des différences si profondément ancrées. La cohésion entre peuples européens est donc insuffisante pour doter l’Union européenne d’institutions démocratiques solides ; cependant cette carence n’a pas empêché d’importants transferts de souveraineté.

Cette prise de distance entre les lieux de pouvoir et le peuple est au cœur du projet européen. Les élites européennes ont sciemment créé cet espace dans lequel l’exercice de la démocratie est impossible, afin justement de retirer le pouvoir aux citoyens, jugés inaptes à prendre de bonnes décisions. Elaborées en conséquence, les institutions de Continuer la lecture de Entre l’Europe et la démocratie, il va falloir choisir

Gilbert Collard sur le gouvernement économique européen : « ce sont les technocrates européens qui distribuent les cartes » (vidéo)

Mardi 27 novembre, Gilbert Collard, député Rassemblement Bleu Marine de la 2e circonscription du Gard, s’est exprimé à la tribune de l’Assemblée nationale dans le cadre de la discussion générale de la proposition de résolution européenne sur l’ancrage démocratique du gouvernement économique européen.

Source

La démocratie totalitaire ou comment le despotisme oriental s’installe en Europe

Depuis 30 ans, notre système démocratique s’effiloche. Nous avons perdu des pans entiers de notre souveraineté. Le carcan juridique imposé par la construction européenne rend impossible toute tentative de gouverner la France. Seule une sortie de ce système pourrait nous permettre de recouvrer les bases fondamentales de la démocratie et de la république: Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Michel Geoffroy tente de faire le point sur la situation dans un article publié sur le site Polémia. On peut discuter de la pertinence de certain concept comme  » démocratie totalitaire » ou bien  » despotisme oriental »… mais il a le mérite de démontrer les effets pervers et antidémocratiques des décisions prises par nos gouvernants…. contre l’avis des peuples.

Le Système aime se parer des couleurs de la « démocratie », qu’il oppose bien sûr à l’horrible dictature. Les révolutions arabes ne déboucheraient-elles pas enfin sur « la démocratie » ?
Mais que recouvre ce terme exactement ? Voilà bien le problème aujourd’hui.

La démocratie comme procédure non comme contenu

La science politique classique distinguait traditionnellement les régimes politiques selon leur forme. Pour reprendre une classification basique : le gouvernement d’un seul (monarchie), le gouvernement des meilleurs (aristocratie), le gouvernement du peuple (démocratie), cette classification pouvant, bien sûr, être raffinée à l’infini.

La démocratie se définissait alors comme un processus politique particulier, dont on retrouve la définition dans la Constitution de la Ve République : « Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Mais subrepticement le Système a substitué, à cette définition objective et procédurale d’un régime politique, une approche subjective par le contenu. En clair un régime ne serait pas démocratique parce que le peuple aurait la décision finale, mais seulement si les décisions qui résultent de cette souveraineté populaire sont conformes à une certaine norme.

Pour le Système la souveraineté ne serait démocratique que si elle débouche sur des décisions conformes à ses fameuses « valeurs », c’est-à-dire conformes à son idéologie cosmopolite, égalitaire, féministe, antiraciste, marchande, repentante et aux droits de l’hominien. Le démocratiquement correct dériverait ainsi du politiquement correct.

Le démocratiquement correct : bûcher médiatique et interdits professionnels

Dans les régimes de démocratie populaire, c’est-à-dire de dictature communiste, la souveraineté populaire n’était en effet licite qu’à la condition de respecter le credo et l’appareil communistes. Sinon le désir d’émancipation ou de liberté devenait sédition ou sécession de contre-révolutionnaires ou de hooligans, et appelait une juste répression. Dans la patrie de prolétaires, puisque la classe ouvrière était par construction au pouvoir, les ouvriers ne sauraient se révolter contre le gouvernement, c’est-à-dire contre eux mêmes : s’ils le font c’est donc qu’ils sont en réalité des réactionnaires contre lesquels il faut envoyer les chars. Contre les mutins de Vendée ou de Lyon, « les amis du genre humain » avaient déjà envoyé les Colonnes infernales et la guillotine.

L’oligarchie occidentale tient le même discours et adopte la même attitude. Elle ne tue pas encore mais elle condamne déjà au bûcher médiatique et aux interdits professionnels. Le reste suivra un jour.

Les votes ne sont déjà démocratiquement valides que s’ils sont conformes à l’idéologie et aux intérêts de la superclasse mondiale. Sinon ils n’expriment qu’un prurit « populiste » de « beaufs » ou « d’extrême droite » qu’il faut non seulement négliger, mais surtout combattre.

Des conséquences fatales pour les citoyens, commodes pour l’oligarchie

Cette vision subjective de la démocratie a plusieurs conséquences fatales pour les citoyens mais bien commodes pour l’oligarchie dominante.

D’abord, elle implique que la « volonté générale » n’existe que si elle se conforme à l’idéologie dominante. Ainsi, si les électeurs irlandais refusent l’Europe de Maastricht, leur vote ne compte pas : on va d’ailleurs les faire revoter jusqu’à ce qu’ils acceptent. Si les Français refusent par référendum le 29 mai 2005 la prétendue Constitution européenne, cela ne compte pas : la volonté générale ne saurait aller, en effet, à l’encontre de son intérêt et celui-ci est justement la « construction » européenne. Si les Français ont voté majoritairement Non c’est donc qu’ils étaient mal informés. On va alors concocter le Traité de Lisbonne pour parvenir aux mêmes fins. Et pour plus de sûreté on ne le leur soumettra pas. Si Jean-Marie Le Pen arrive au second tour de l’élection présidentielle de 2002, cela ne compte pas : ses idées étant incorrectes, il n’aura pas droit à un débat télévisé avec J. Chirac, ni bien sûr à une campagne électorale normale.

Droit des minorités contre nombre de suffrages ?

Dans cette curieuse « démocratie » l’électeur se rend compte assez vite que son suffrage ne sert à rien, sinon à donner l’onction « démocratique » aux candidats et aux politiques choisis par le Système.

Car le nombre de suffrages n’importe plus, bien au contraire : ne faut-il pas justement défendre les « droits » des minorités ? Le sort et donc le point de vue des minorités immigrées, religieuses ou sexuelles importe plus que celui de la majorité maintenant. Désormais certains sont plus égaux que d’autres.

Le juge au-dessus du législateur

Cette logique militante implique ensuite nécessairement de mettre en place un contrôle idéologique des lois, c’est-à-dire, en bon français, de soumettre le législateur au juge et à ses rabatteurs associatifs.

En France la Constitution de 1958 avait institué un contrôle de la constitutionnalité des lois destiné à obliger au respect des compétences dévolues au Parlement. Il ne s’agissait là encore que d’un contrôle formel.

Mais très vite il s’est élargi au contenu des lois elles-mêmes : sont-elles conformes notamment au préambule de la Constitution, lequel renvoie à celle de 1946 d’inspiration socialiste sinon communiste ? Comme les traités internationaux ont ensuite primauté sur les lois nationales, celles-ci sont-elles conformes aux principes qui les sous-tendent ? Non seulement, par les transferts de souveraineté, le législateur national a vu son champ d’intervention se réduire par rapport à celui des institutions européennes, mais en outre son initiative nationale est maintenant bridée par un contrôle de constitutionnalité érigé en contrôle de conformité idéologique.

Il suffit de voir comment les pourtant timides initiatives gouvernementales visant à limiter l’immigration clandestine sont systématiquement contrées partout en Europe par les juges, pour voir qui est devenu le véritable souverain.

Ce n’est évidemment pas fini : par exemple, le projet de loi constitutionnelle sur l’équilibre des finances publiques veut inscrire le principe d’équilibre budgétaire dans la Constitution. C’est donc le conseil constitutionnel – ceux que les médias nomment les « sages » – qui va devenir le gardien des finances publiques ! Le législateur perdrait donc son pouvoir d’autoriser les dépenses et les impôts et finalement sa justification. Un détail de l’histoire sans doute.

Car la Révolution française s’est notamment faite contre le pouvoir des « parlements », c’est-à-dire contre le pouvoir des juges, contre leur arbitraire et leur aptitude à produire un droit procédural et complexe à l’excès. Contre la société des plaideurs et des lawyers précisément.

Mais l’oligarchie occidentale l’a rétablie à son profit.

Or il y a une différence notable entre un juge et un législateur. C’est que le premier est irrévocable – du moins en Europe –, inamovible et irresponsable. Alors que les députés et les sénateurs peuvent être révoqués par l’électeur. Ce qui change tout.

En d’autres termes, dans la « démocratie » actuelle, le souverain n’est pas responsable devant le peuple. Ce qui n’empêche évidemment pas les juges de prétendre juger « au nom du peuple français » ! Pour son bien en quelque sorte.


Les libertés publiques sous condition

Dès lors que la souveraineté doit être politiquement conforme cela signifie aussi – autre détail ennuyeux – que les droits dont le Système entend nous abreuver sont en réalité conditionnés de la même façon.

Comme le dit joliment l’article 17 de la Convention européenne des droits de l’homme, aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme donnant un droit « d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés reconnus à la présente Convention ».

Donc puisque cette Convention interdit par exemple ce qu’elle nomme la « discrimination », cela signifie que ceux qui sont diabolisés comme « discriminateurs » ne peuvent se prévaloir des garanties juridiques de ladite Convention. La liberté d’expression et d’opinion est bien sûr garantie. Mais sauf pour ceux que le Système veut diaboliser car leurs idées ne sont plus des opinions mais des délits. Tout est dans la nuance… Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! Ce vieux slogan totalitaire a désormais un fondement légal.

Dans cette curieuse démocratie les libertés publiques vont ainsi en se réduisant. Ce n’est pas un hasard car, contrairement à ce que prétendent les partisans des droits de l’hominien, la liberté n’est pas native : elle est une création politique de la cité, car elle découle de la souveraineté. Un peuple qui perd sa souveraineté perd donc nécessairement ses libertés. Les Européens de l’Ouest sont en train de le redécouvrir à leurs dépens.

Déni de peuple, déni de démocratie

La démocratie était enfin entendue en Europe comme le gouvernement du peuple justement, c’est-à-dire de l’assemblée des citoyens « libres », puisque la liberté découle de la souveraineté. Voilà qui est bien gênant pour le Système depuis que le divorce entre les peuples autochtones et la superclasse mondiale ne cesse de s’élargir. Changeons donc de peuple, comme le père Ubu.

L’immigration fournit un peuple de rechange en même temps que de fructueux bénéfices au patronat. C’est pourquoi le Système l’encourage. On nous explique donc maintenant que la citoyenneté se résumerait à des « papiers » ou à des droits sociaux ; qu’elle serait un droit de l’hominien et non plus un ensemble de devoirs et que ce qui compterait ce serait la résidence sur un territoire et non l’appartenance à la communauté nationale : cela serait moins « discriminatoire ». Et l’on installe la société multiculturelle. Malheureusement les sociétés multiculturelles sont par essence « multi-conflictuelles ». Car dans une société multiculturelle le « plébiscite de tous les jours » cher à E. Renan n’est plus possible puisqu’on ne se comprend plus.

Le Système a, en réalité, réintroduit une définition totalitaire de la démocratie, avec la complicité des prétendus experts en science politique et des juristes qui peuplent les universités et les prétoires, idiots utiles ou intéressés, tout contents de célébrer à cette occasion l’avènement prétendu de l’ « Etat de droit ».

Mais cette « démocratie » n’a plus rien à voir avec la conception européenne de la souveraineté du peuple. Le mot « démocratie », conformément aux lois de la novlangue, a vu son sens s’inverser. « La liberté c’est l’esclavage », avertissait G. Orwell dans son roman sinistre 1984.

Ce que l’oligarchie occidentale nomme « démocratie » signifie en réalité déni de souveraineté, déni de liberté, déni de citoyenneté, déni de peuple. C’est en vérité une nouvelle forme de DESPOTISME oriental : incarné dans un pouvoir distant et intouchable, qui entend régner sur un empire d’ilotes.

Michel Geoffroy
20/06/2011

Correspondance Polémia – 25/06/2011