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Le Cran à l’arrêt et à couteaux tirés

Le Conseil représentatif des associations noires est secoué par des affaires d’usurpation de fonction et de mouvements de fonds suspects qui mettent aux prises l’ancienne et l’actuelle direction.

C’est la fin d’une drôle d’usurpation. Celle d’un homme, Madeira Diallo, militant historique de la cause noire, qui, pendant plusieurs semaines, a tenté de se faire passer pour le président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran). Sur la foi «d’une élection interne» qui s’est tenue le 9 février, Diallo s’est proclamé publiquement président du Cran en lieu et place du titulaire du siège, Louis-Georges Tin. Elu pour trois ans en novembre 2011, Tin a qualifié la manipulation de «coup d’Etat» et a immédiatement saisi en référé le tribunal de grande instance de Paris. Fin avril, la juridiction a rendu un arrêté «faisant défense» à Madeira Diallo de se présenter comme président du Cran, sous peine d’une astreinte de 100 euros par «infraction constatée».

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Etonnante et rarissime, cette manœuvre trahirait, selon la direction actuelle du Cran, une tentative de reconquête du collectif par l’un de ses fondateurs, Patrick Lozès. Ce dernier, dont Diallo serait l’homme de paille, est actuellement inquiété par une enquête de la police judiciaire et apparaît affaibli politiquement à la suite d’échecs électoraux successifs.

«Écart». Tout commence en mars 2011. Patrick Lozès décide de se présenter à l’élection présidentielle sous la bannière d’ Allez la France, un parti qu’il a lui-même créé. A l’époque, il consulte le conseil d’administration du Cran pour savoir s’il voyait une objection à cette candidature. A l’unisson, les membres du CA actent leur aval dans une résolution. A la rentrée, Louis-Georges Tin, dont tout le monde savait qu’il allait briguer la succession de Lozès, demande à ce dernier de démissionner par anticipation de la présidence «pour tenir [le Cran] à l’écart de tout amalgame politique». En sus, l’association touche des subventions publiques, ce qui l’oblige à rester indépendante. Claudine Tisserand est donc nommée présidente par intérim jusqu’à l’élection de Tin, fixée en novembre.

C’est à cette époque qu’apparaissent les premières crispations. Déchargé de la présidence, Lozès aurait dû remettre les archives de l’association qu’il détenait. Ce qui, selon Louis-Georges Tin, n’a jamais été fait. Simple oubli ou tentative de masquer quelque chose ?

En octobre, Tracfin, l’organisme antiblanchiment du ministère des Finances, alerte le parquet de Paris sur des mouvements de fonds entre le compte du Cran, le compte personnel de Patrick Lozès, ainsi que celui de sa société de consulting L & Associés, fondée en 2008. Les soupçons portent sur des chèques d’un montant total de 130 000 euros perçus entre janvier 2009 et août 2011 sur son compte, ainsi que sur des virements de l’ordre de 240 000 euros versés sur le compte de sa société par l’organisation humanitaire World Children’s Fund. Une enquête préliminaire est alors confiée à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) pour blanchiment et abus de confiance. Les policiers cherchent à déterminer si l’argent et les moyens du Cran ont servi à financer la campagne de Patrick Lozès.

Les 130 000 euros encaissés par chèques sont, de l’aveu même de la présidence actuelle du Cran, dus à un remboursement licite. En effet, le collectif a commandé en 2007 à la Sofres un coûteux sondage, dans lequel 56% des Noirs de France assuraient subir des discriminations. L’association ne disposant pas de la somme, Patrick Lozès l’avait avancée sur ses deniers personnels.

Les enquêteurs restent réservés sur les autres transferts ainsi que sur la privatisation des moyens du Cran. Sur ces faits Continuer la lecture de Le Cran à l’arrêt et à couteaux tirés

Une élue UMP condamnée pour détournement de fonds

Le jugement a été rendu en décembre 2011 dans la plus grande discrétion. Selon les informations du Canard enchaîné, l’élue parisienne Roxane Decorte a été condamnée à 4 mois de prison avec sursis et 6000 euros d’amende. Son tort? Avoir détourné des milliers d’euros de la caisse d’ARA18, une association d’aide au maintien à domicile des personnes âgées du XVIIIe arrondissement. Comble de l’histoire, Roxane Decorte en était la présidente « bénévole ».

Si l’affaire n’a pas eu de retentissement médiatique, c’est que la conseillère municipale a bénéficié de la « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) », instaurée par les gouvernements Chirac puis Sarkozy. Cette procédure, qui vise à l’origine à désengorger les tribunaux, permet à l’accusé de négocier directement avec le procureur sa peine lors d’une rapide audience. Aucun procès n’est donc requis.

Roxane Decorte est connue pour avoir été à trois reprises la candidate (malheureuse) UMP aux législatives de la 17e circonscription de Paris.

Source : L’Express,