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Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne

Sauvée, la Grèce ? En tout cas, Athènes a évité la faillite incontrôlée en obtenant vendredi 9 mars l’accord d’une forte majorité de ses créanciers privés pour réduire et rééchelonner son énorme dette, ce qui ouvre la voie au versement d’un deuxième prêt de ses bailleurs de fonds publics, l’UE et le FMI.

Le pays est sauf, au moins pour un temps. Mais, vu l’état de délabrement de son économie, la Grèce pourrait avoir besoin d’un troisième plan d’aide international de 50 milliards d’euros en 2015, affirmait récemment l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

En attendant un éventuel prochain point d’inflexion hellène, les autres mal-portants de la zone euro peuvent souffler en évitant le risque de contagion. Mais sans se relâcher, car ce risque reste intact à moyen terme.

 Portugal, dette publique: 107,2% du PIB (2011)

 

Lisbonne semble s’être fourrée dans une situation inextricable, forcée par le “troïka”. En mai dernier, l’Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont accordé un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros pour sauver le pays de la faillite. La condition ? Des mesures d’austérité drastiques pour réduire la dette.

Mais revers de la médaille, ces mesures semblent gravement handicaper l’économie du pays. Pour Edward Harrison, spécialiste du secteur bancaire et de la finance, “les décideurs européens ne parviennent pas à comprendre la dynamique de la déflation de la dette.

Dans le New York Times, il explique que les dirigeants européens font une erreur de diagnostic en se focalisant sur les politiques d’austérité. Ce qu’ils ne voient pas, dit en substance cet expert, c’est que le secteur privé portugais est très endetté. Lorsque l’économie se contracte, les individus et les entreprises endettés du secteur privé ont une propension irrésistible à épargner.

“Lorsque les États, Continuer la lecture de Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne

La restructuration de la dette grecque et ses conséquences

Par Jacques Sapir

La réussite de l’opération d’échange des titres de dette de la Grèce est incontestablement un succès pour ce pays et pour la zone euro. Les journaux pouvaient ainsi parler d’un apaisement sur le front de la crise de la dette, voire parler d’une « euphorie ». C’est ignorer les réalités. Le succès enregistré par la Grèce ne préjuge nullement de la situation de fond qui reste très dégradée.

La Grèce, qui a proposé aux détenteurs privés un échange accompagné d’une diminution de plus de 50% de l’encours nominal des titres, va voir sa dette allégée d’environ 100 milliards d’euros sur 360 milliards, soit environ 28%. Le ratio de la dette par rapport au PIB devrait revenir d’environ 155% à 110%. De plus, la réussite de cette opération débloque de fait l’aide européenne que la Grèce avait demandée. Le risque d’un défaut « désordonné» le 20 mars s’éloigne.

Mais, ce succès est partiel et limité. On a repoussé sans doute à l’été 2012 une partie des problèmes.

 

Tout d’abord, il faut comprendre que quels que soient les euphémismes dont on peut user (dont le plus joli est sans doute la « coupe de cheveux » ou Haircut), la Grèce a bien fait défaut sur sa dette. Assurément, il s’agit pour l’heure d’un défaut que l’on peut qualifier d’ordonné.

Il n’en reste pas moins qu’il s’agit de cette perspective même que les pays de la zone euro s’étaient acharnés à refuser jusque-là. Le fait que les événements aient fini par rendre inévitable cette option, en dépit des protestations répétées des tous les acteurs, ne plaide pas en faveur de la crédibilité des divers engagements qui ont été pris, et ce jusqu’à tout récemment, par les pays de la zone euro. Quel que soit le succès de l’échange de titre, il a déjà fait une victime, la crédibilité de la zone.

Ce succès est aussi partiel car pour obtenir ce résultat la Grèce a dû consentir des taux d’intérêt relativement élevés sur les nouveaux titres émis. C’est ce qui explique la réticence montrée par le Fonds Monétaire International à participer au nouveau plan de sauvetage du pays. De plus, on sait que les assurances de crédit, les fameux « Credit Default Swaps » CDS, ont été activés, l’institution chargée de les administrer, l’ISDA, ayant pris cette décision le vendredi 9 mars en fin de journée. Même si les banques ont eu tout le temps nécessaire pour provisionner sur les pertes que vont provoquer l’activation de ces instruments, il faut s’attendre à ce que le choc ait néanmoins des répercussions. On peut d’ailleurs penser que les CDS sur les dettes souveraines d’autres pays, comme l’Espagne et le Portugal, devraient augmenter.

De plus, ce succès Continuer la lecture de La restructuration de la dette grecque et ses conséquences

la Grèce: défaut ou pas défaut (vidéo)

La Grèce va t-elle enfin faire défaut pour relancer son économie ? Les créanciers privés doivent se prononcer avant jeudi soir 20h (8 mars 2012), pour savoir s’ils acceptent ou pas de participer à l’effacement de la dette grecque.

Marie Coeurderoy précise que l’opération peut être acceptable si 80 % des créanciers se résolvent à perdre 75 % de leurs créances. Si ces derniers n’acquiesçaient pas cette proposition « la Grèce sera obligé de forcer ces créanciers privés et elle sera belle et bien en défaut de paiement ! »

La Grèce comme le Phœnix pourrait renaitre de ses cendres si elle acceptait d’acter définitivement le fait de faire défaut.

Silence on coule ! Les crises dont on ne nous parle pas

Les élections présidentielles sont d’abord des élections médiatiques. Elles sont donc scénarisées. Et l’opinion est priée de se prononcer sur un sujet ou deux. En 2012, ce sujet c’est la crise de la dette. Le débat entre les candidats réputés « sérieux » parce que présélectionnés par les médias et les lobbys tourne donc au meccano fiscal. La question est : Sur quels impôts faut-il agir ? L’impôt sur le revenu, la CSG, la TVA ? Mais les problèmes de fond de la France et de l’Europe vont bien au-delà. Le sujet de la fiscalité n’est pas sans intérêt mais il n’est pas à la hauteur des enjeux. Michel Geoffroy évoque ici les crises bien réelles occultées par une campagne présidentielle un peu irréelle : explosion de la délinquance, implosion de l’Etat légitime, sous-emploi durable pour tous, flux migratoires persistants et crise des minorités, Europe soumise au reste du monde.

Les médias valorisent dans leur communication la crise financière sous ses différentes formes : crise des dettes souveraines, notation des Etats, solvabilité des banques, déficits budgétaires, etc. Bien sûr, cette crise est préoccupante et on ne doit pas oublier que la grande dépression des années 1930 provenait justement à l’origine d’une crise liée au surendettement qui avait pris naissance aux Etats-Unis avant de se répandre en Europe via l’Allemagne.

Mais ce biais financier traduit aussi le fait que les journalistes sont des employés de banque comme les autres : car ce sont les grandes institutions financières et les grands groupes qui sont les vrais propriétaires des médias. Les médias traduisent donc prioritairement les préoccupations de ceux qui les emploient.

Cet accent mis sur le volet financier a pour effet collatéral cependant d’occulter ce qui se passe ailleurs et qui est tout aussi inquiétant. En effet, d’autres crises se déroulent tout aussi graves mais qui ne sont pas médiatisées et en tout cas jamais mises en perspective ni en relation. Mais l’histoire est comme l’herbe, on ne la voit pas pousser…

L’explosion de la délinquance ou l’implosion de l’Etat légitime Continuer la lecture de Silence on coule ! Les crises dont on ne nous parle pas

Jacques Sapir : « Le G20 a refusé la copie du MES »

Voilà une information passée sous silence: le G20 a refusé la copie du Mécanisme Européen de Solidarité. Ce qui signifie que le conseil européen va devoir augmenter le volume du MES. Problème: Pour pouvoir répondre à une nouvelle crise, le MES doit être au dessus de 1000 milliards d’euros. Or, l’Allemagne a plus à perdre en acceptant cette logique que si la zone euro éclate (2% de sa croissance).
En conséquence de quoi, le ministre de l’intérieur Allemand a clairement affirmé que la Grèce doit sortir de l’euro. Une déclaration qui rompt avec l’unanimisme de façade qu’affichaient jusqu’à présent nos représentants européens.

En Allemagne le débat sur l’avenir de l’Euro fait rage… en France, c’est motus et bouche cousue…le système UMP/PS/Modem/ Front de Gauche a trop à perdre !

« Le MES n’est absolument pas capable d’arrêter une nouvelle crise » – Jacques Sapir

Grèce: Mensonge d’État pour faire plier le peuple ?

C’est peut-être un scandale d’ampleur européenne qui couve actuellement dans le bureau du procureur d’Athènes : le gouvernement socialiste de Georges Papandréou aurait invité l’Elstat, l’institut statistique grec, à surestimer le déficit 2009 pour mieux faire passer les réformes auprès du peuple grec.

Le procureur d’Athèmes, Grigoris Peponis, a obtenu jeudi de la Vouli, le parlement grec, une commission parlementaire d’enquête concernant le niveau du déficit public hellénique en 2009.

Révélations

L’affaire a débuté en septembre dernier lorsqu’une employée de l’Elstat, Zoé Gorganta, a révélé que le chiffre du déficit public de 2009 avait été gonflé artificiellement lors de sa révision à la hausse en novembre 2010 de 13,6 % à 15,4 % du PIB. Selon cette employée, qui a été immédiatement licenciée, ces chiffres auraient été aggravés à dessein afin que le déficit grec dépassât celui de l’Irlande, devînt ainsi un record dans la zone euro et pût faciliter dans les esprits grecs l’acceptation des mesures d’austérité douloureuses proposées par le gouvernement.

Responsabilités politiques

Derrière ces accusations se glissent évidemment les figures du premier ministre socialiste de l’époque, Georges Papandréou et de son ministre des Finances d’alors Georges Papakonstantinou. La responsabilité des ministres devra du reste être une des principales questions auxquelles devra répondre la commission d’enquête parlementaire. Mais la question de la responsabilité européenne ne manquerait pas de se poser. L’Elstat a été fondée en août 2010 sur le modèle des autres instituts statistiques européens. Son principal critère a été l’indépendance du pouvoir politique afin que ne se reproduise pas les « trucages » de comptes qui avaient permis entre 2000 et 2004 au pays d’entrer sans difficultés dans la zone euro. Eurostat, du reste, a validé la correction de novembre 2010 sans broncher.

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Triple A au Nord, triple ruine au Sud

Jerez de la Frontera, en Andalousie, est une ville de 212 000 habitants, célèbre pour ses vignes et son circuit automobile, où Ayrton Senna remporta un jour un Grand Prix de formule 1 pour 14 millièmes de seconde d’avance. Jerez a désormais une autre spécialité : c’est une ville en faillite.

Aucun des quelque 2 400 employés municipaux ou du secteur public local n’y a été payé depuis décembre. Les autobus sont en grève et, faute de carburant, ceux qui desservent les zones rurales alentour n’assurent plus que la moitié du service. Les installations sportives de la ville n’ont pas ouvert depuis un an, car on leur a coupé l’électricité. Un tiers des lampadaires publics ne s’allument plus. L’immeuble des affaires sociales, inauguré il y a un an, n’a pas non plus l’électricité ; les fonctionnaires y travaillent avec un générateur à essence et sans chauffage.

Chaque jour voit son lot de manifestations, d’occupations de lieux publics, de réclamations : un jour, ce sont les policiers municipaux, un autre, les employés du cimetière, le lendemain, les dames de l’association de services à la personne, incapable de les payer car la mairie n’a pas versé les subventions.

Jerez a commencé l’année avec zéro euro dans ses caisses. Pour un budget de 222 millions, elle était arrivée, fin 2010, à une dette de 958 millions. La course effrénée à l’endettement s’est arrêtée là. « Étranglée, Jerez agonise », résumait El Pais dimanche 19 février. En Espagne, les villes ruinées comme Jerez se comptent par douzaines.

Le lecteur du quotidien espagnol se sent moins seul en tournant les pages. Ses voisins portugais, apprend-il, connaissent « un enfer particulier », celui de « vivre troïkés » (troikados). « Troïké », néologisme désignant ceux qui vivent sous le régime de la « troïka » – mission composée de représentants de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et de la Commission européenne – depuis que la zone euro a contraint le Portugal, comme la Grèce, à remettre leurs finances publiques en ordre.

Vivre « troïkés », c’est un peu Continuer la lecture de Triple A au Nord, triple ruine au Sud

MES ratifié – les élus UMPS n’assument pas leurs actes.

Si vous êtes attachés à la Nation et à la démocratie… vous devez comprendre qu’il devient fou et irresponsable de voter pour l’UMP et le PS. Les députés de ces deux formations viennent de choisir le fédéralisme européen sans même vous interroger, sans même vous demander votre avis. Comme si la trahison du Non Français à la constitution européenne ne suffisait pas, ceux qui prétendent être les représentants du peuple ont fait le choix de céder leur pouvoir à des institutions non élues qui demain jugeront et déciderons de toute la politique en France.

Si certain n’ont toujours pas compris le double jeu et les mensonges des candidats UMP/PS…. je les invite à regarder le député UMP Hervé Mariton dans l’émission « Good Morning Business » ce 22 février 2012 sur la chaîne BFM Business, avoué que l’on a volontairement caché aux Français les enjeux de la ratification du MES pour comprendre jusqu’où ces gens sont capables d’aller !


Stéphane Soumier, présentateur de l’émission
« Est-ce que ce que vous avez voté hier, ce que vous avez ratifié hier, vous amène en fait, en cas de graves difficultés qui toucheraient la France, à laisser de côté justement votre souveraineté et à remettre cette souveraineté entre les mains d’un mécanisme européen de stabilité, d’une banque centrale européenne et d’une commission qui seront juge en dernier ressort du déclenchement en cas de problèmes graves ? »

Hervé Mariton : « Oui ! Nous sommes sur ces questions dans une logique fédérale, (…) L’Exécutif ne veut pas l’assumer (…) on entre dans une logique fédérale, vous avez très bien lu. »

Et d’appuyer ses propos : « Aujourd’hui, l’Exécutif n’assume pas le pas fédéral ! »

En démocratie, on débat avec le peuple, on écoute le peuple et ensuite on vote en respectant la voix du peuple. En Sakhollandie, les députés ne sont pas représentatifs de la voix du peuple, alors on préfère la dictature du silence au bon sens démocratique.

La grèce est dans le couloir de la mort

La Grèce est sous tutelle. On persiste à ne pas la laisser sortir de la zone euro. On joue la montre… on s’endette pour payer les dettes….et le peuple grec comme celui du Portugal, comme celui de l’Espagne, comme celui d’Italie, comme celui d’Irlande… s’enfoncent dans le couloir de la mort…

Pour Nicolas Doze c’est reculé pour mieux sauter.

Pour Olivier Delamarche : « C’est l’heure des condoléances pour les Grecs »