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Roger Scruton, conservateur britannique et critique du libéralisme

Sur Roger Scruton

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Chronique de Brice Couturier sur France Culture

Le marché, condition nécessaire, mais pas suffisante à l’exercice de la liberté.

Nous disposons enfin en français d’un ouvrage de Roger Scruton, De l’urgence d’être conservateur, traduit par Laetitia Strauch-Bonart, une spécialiste du conservatisme.

Je ne sais pas si Roger Scruton, probablement le plus éminent penseur conservateur britannique actuel, exerce une quelconque influence sur la politique du gouvernement conservateur britannique. Lui-même a déploré dans des interviews n’avoir été ni lu ni même consulté par les thatchériens. Il avait pourtant publié, en 1980, The Meaning of Conservatism, l’année suivant le retour des conservateurs au pouvoir. A cette époque, explique-t-il aujourd’hui, le Parti conservateur se passait de philosophie. Son idéologie se résumait à l’apologie du marché, prônée par des think tanks comme l’Institute for Economic Affairs. Or, selon la philosophie conservatrice, si le marché est une des conditions nécessaires à l’exercice de la liberté, il n’est pas suffisant.

Déjà, à cette époque, Scruton mettait en garde contre les illusions du libéralisme économique. Comme les libéraux, Scruton juge que le marché procède d’un ordre spontané. Mais en tant que conservateur, il le conçoit comme l’une des institutions dont nos sociétés se sont dotées au fil du temps. Le marché ne saurait s’abstraire de l’ordre juridique et moral, s’autonomiser au point de devenir une fin en soi. Lorsque le marché et la morale entrent en conflit, c’est cette dernière qui doit primer.

Roger Scruton, parce qu’il est conservateur, est aussi écologiste. Continuer la lecture de Roger Scruton, conservateur britannique et critique du libéralisme

En attendant que les Verts deviennent écologistes…

Entretien avec Alain de Benoist

18495983À l’origine, l’écologie était plutôt de droite. Elle campe aujourd’hui à gauche, voire à la gauche de la gauche. Comment expliquer ce glissement de terrain ?

Avant d’être une idéologie, l’écologie est d’abord une science, fondée en 1859 par le naturaliste allemand Ernst Haeckel pour étudier les relations entre les êtres vivants et leur milieu naturel. La notion d’« écosystème » a été créée en 1935 par l’Anglais Arthur Tansley. En tant que préoccupation politique, l’apparition de l’écologisme est beaucoup plus tardive. Il a d’abord fleuri à droite, car la droite n’a jamais été fâchée avec la notion de « nature ». Laquelle ne s’est développée à gauche qu’à partir d’une mise en cause de l’idéal productiviste héritée de la pensée des Lumières. Aujourd’hui, on peut dire que l’écologie est à la fois conservatrice et révolutionnaire : conservatrice parce qu’elle vise à préserver des équilibres naturels menacés, révolutionnaire parce que cette préservation implique une rupture radicale avec le modèle de « développement » dominant.

L’ampleur du problème peut être difficilement contestée. Au-delà des polémiques stériles sur les causes, anthropiques ou non, du réchauffement climatique, la réalité est là : pollutions systématiques des paysages et des nappes phréatiques, fonte des banquises, déforestation de l’Amazonie, continents de déchets dérivant sur des océans de plus en plus acides, poissons nourris aux œstrogènes et aux matières plastiques, extinction des espèces, destruction de la chaîne alimentaire, etc. Il faut être d’une extraordinaire inconscience pour ne pas voir que la Terre devient une immense poubelle, et que c’est là une menace gravissime pour l’avenir.

On a longtemps cru que les réserves naturelles étaient inépuisables et gratuites. Elles n’étaient ni l’un ni l’autre. Les combustibles fossiles représentent plus de 80 % de l’approvisionnement énergétique de l’humanité. Or, le pétrole est en passe d’atteindre le « pic » au-delà duquel il ne pourra plus être extrait qu’à rendement décroissant, tandis que la demande ne cesse d’augmenter (elle sera, en 2035, de cinq milliards de tonnes par jour). Autrement dit, il en faudra toujours plus et il y en aura toujours moins, ce qui se traduira par une explosion des prix. La moitié seulement du pétrole étant disponible à l’achat par les pays qui n’en ont pas, une baisse de 20 % de la production dans vingt ans, conjuguée avec l’augmentation de la consommation intérieure des pays producteurs, se traduira mécaniquement par une diminution de 50 % de la part disponible pour les pays non producteurs, à commencer par la France, dont la facture énergétique est déjà de l’ordre de grandeur du déficit de sa balance commerciale. Compte tenu de la relation étroite existant entre la consommation d’énergie fossile et l’activité économique, c’est là un redoutable défi. D’autant que le « développement durable » ne fait que reculer les échéances et que les énergies dites renouvelables (éolienne, photovoltaïque, etc.) sont absolument incapables de prendre le relais.

La vérité est que, la Terre étant un espace fini, elle ne peut être le théâtre d’une croissance matérielle infinie : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel ! Et, n’en déplaise aux défenseurs de la « vie », il en va de même de la population, qui a déjà quadruplé au XXe siècle et augmente aujourd’hui d’un million d’habitants tous les quatre jours et demi, ce qui devrait nous faire passer de 7,2 milliards de bipèdes à plus de 11 milliards en 2100. Si l’on raisonne en termes d’« empreinte écologique », laquelle est égale au nombre d’habitants multiplié par la demande en ressources et en énergie, les États-Unis sont d’ailleurs actuellement le pays le plus peuplé de la planète…

Vous avez consacré un livre à la décroissance. Pourquoi ce sujet fondamental n’est-il jamais évoqué par les Verts ? La politique d’immigration massive relève aussi de l’écologie humaine, mais là, encore, les Verts n’abordent jamais la question…

Parce que les Verts, contrairement à ce qu’ils prétendent, n’ont que des préoccupations écologiques tout à fait cosmétiques. Ce sont plutôt des libéraux-libertaires, souvent de simples gauchistes ayant viré bobos. Il ne vous aura pas échappé que leurs prises de position en faveur du mariage homosexuel, de la légalisation des drogues douces, de la suppression des « stéréotypes de genre » et de toute barrière à l’immigration n’ont qu’un rapport pour le moins lointain avec l’écologie. Leur opportunisme contredit en outre leurs convictions affichées, puisqu’ils ont depuis longtemps choisi de devenir la roue de secours du Parti socialiste, qui est traditionnellement un parti productiviste. Ils apparaissent par là incapables de prendre leurs distances vis-à-vis de l’idéologie du progrès, qui est à l’origine même du saccage de l’environnement. Yves Cochet a toutefois eu le mérite de s’intéresser sérieusement à la décroissance. Et, tout récemment, José Bové a fait Continuer la lecture de En attendant que les Verts deviennent écologistes…

Municipales : la vidéo porno dont l’élu écolo est le héros

BESANCON – C’est un petit scandale qui agite la campagne municipale à Besançon, en Franche-Comté : un élu écologiste, proche du maire, est aussi le héros d’une vidéo pornographique. Ce dernier l’assure : c’est une vieille vidéo, qui n’était pas destinée à la diffusion sur Internet.

Après l’exhibitionniste, l’acteur porno. Décidément, la campagne des municipales à Besançon réserve bien des surprises. Après l’interpellation, il y a un mois, d’un conseiller municipal soupçonné d’exhibitionnisme, l’entourage du maire PS Jean-Louis Fousseret est éclaboussé par un nouveau scandale sexuel. Rien de condamnable, cette fois, au regard de la loi. Mais un tantinet gênant tout de même.

L’affaire est révélée par La Presse Bisontine. Une vidéo pornographique, comme il en existe des centaines de milliers, a été exhumée des entrailles du web. On peut y voir un beau jeune homme, surnommé « Rahan », en référence au héros préhistorique de bande-dessinée, « besogner » une jeune demoiselle en tenue d’Adam. Problème : ce dernier n’est autre qu’un élu écologiste bisontin, vice-président de la communauté d’agglomération de Besançon, dont nous tairons le nom.

Plus d’1,4 million de vues

L’homme ne nie pas. « C’est une sex-tape qui n’était pas censée être diffusée sur le web », se défend l’intéressé à la presse. Un argument un peu difficile à croire, au regard de la mise en scène « soignée » et des moyens mis en oeuvre pour le tournage de cette vidéo. Qui, d’ailleurs, a rencontré son public : le film de 14 minutes compte pas moins d’1,4 million de vues. Mais l’élu, alias Rahan, persiste : « Il n’y a rien de professionnel là-dedans ! »

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