Archives par mot-clé : Éloge littéraire d’Anders Breivik

Richard Millet: «J’envisage de quitter cette France que j’aime»

Richard Millet est sans aucun doute l’un de nos plus grands écrivains. Il faut lire « Le Renard dans le nom« , ou « La Gloire des Pythre » ou encore « Un balcon à Beyrouth » pour mesurer ce qui le sépare des écrivaillons prétentieux et sans envergure que les média nous imposent. Millet est chrétien. Par conviction religieuse il fera la guerre du Liban aux côtés de la communauté chrétienne. Millet est un homme attaché à une certaine grandeur français. Or,  quand il prend le métro le soir, Richard Millet ne reconnait plus la France qu’il aime. Et il le dit. Ce qui lui vaut d’être mis à l’index par un petit clergé médiatique et culturel, dangereusement omnipotent. Encore une fois, la France est en train de passer à côté de ses chances et de sa richesse…. et préfère tuer ce qu’elle a de plus grand au profit des plus médiocres. Dans l’interview qui suit, l’écrivain dit vouloir quitter la France qu’il aime… nous serions tentés de dire que c’est la France qu’il aime qui nous a tous quitté.

richar10

INTERVIEW Le Figaro- L’écrivain et éditeur se confie, un an après la controverse dont il fut l’objet.

Un peu plus d’un an après ce qu’on a appelé «l’affaire Millet», l’écrivain prolifique, éditeur prestigieux chez Gallimard, revient avec trois nouveaux livres publiés simultanément, tout comme en 2011 et en 2012. À cette occasion, nous l’avons rencontré dans les bureaux de son autre éditeur, Pierre-Guillaume de Roux, qui avait publié en 2012 l’objet du délit: Langue fantôme suivi d’Éloge littéraire d’Anders Breivik.

LE FIGARO. – Vous considérez-vous comme une victime ou comme un incompris?

Richard MILLET.Ce qui s’est passé il y a un peu plus d’un an a totalement bouleversé ma vie. À travers cette curée organisée, cette véritable chasse à l’homme, on a visé l’écrivain, et c’est l’un des éditeurs de Gallimard qui a trinqué. Certains ont voulu me faire payer ma liberté de parole sur la littérature française et sur certaines têtes d’affiche. Mais ce qui m’a le plus choqué et ébranlé, c’est qu’Éloge littéraire d’Anders Breivik n’ait pas été lu par mes détracteurs, ni même feuilleté, tout comme De l’antiracisme comme terreur littéraire, paru le même jour. J’ai été victime de l’opprobre jetée par une poignée d’écrivaillons et de journalistes, condamné au bannissement, et ce, à partir d’une non-lecture. Avec l’épilogue que l’on sait: ma démission contrainte et forcée du comité de lecture de Gallimard, maison où je suis désormais interdit de séjour, malgré le soutien d’Antoine Gallimard. Tout cela ­faisait désordre… J’y reste simple lecteur et éditeur. Désormais, on m’envoie les manuscrits par ­coursier…

Comment voyez-vous les choses, aujourd’hui?

J’ai songé et d’ailleurs j’envisage toujours de partir, de m’exiler, de quitter cette France que j’aime mais où presque plus rien n’est possible, où tout se délite, où le climat social est devenu délétère. Le Liban, où j’ai passé ma jeunesse, est une tentation. J’y réfléchis. Pourquoi, en 2012, ne m’a-t-on pas donné la parole pour me défendre, m’expliquer, à part le magazine L’Express?

Il n’y a eu aucun débat. Qu’en est-il de la défaite de la pensée? De la décadence de l’Occident? Il est devenu impossible d’évoquer ces grandes questions, tout comme les problèmes liés à l’immigration massive, sans être traité de fasciste. C’est un comble! On ne sait plus supporter le réel, sa noirceur. Il fallait une mise à mort symbolique. J’étais le coupable idéal. Finalement, cette lamentable «affaire» s’est révélée un symptôme, un révélateur de la déliquescence généralisée de notre société.

Suite à cette «affaire», avez-vous eu des regrets?

Je vis désormais dans une solitude extraordinaire, et je souligne l’épithète. Tout simplement, je voudrais être lu comme un écrivain et non être considéré comme un Continuer la lecture de Richard Millet: «J’envisage de quitter cette France que j’aime»