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Enquête : « L’islam radical infiltre le monde du travail en France »

Le journaliste Philippe Lobjois, co-auteur d’une enquête sur l’islam au travail et invité de la matinale d’Europe 1, mercredi, juge que la radicalisation en milieu professionnel a profité d’une impréparation des responsables de sécurité et des services de renseignement.

Une petite entreprise d’horticulture en Seine-et-Marne, créée par un couple. Arrive un premier salarié, qui affiche de plus en plus de signes religieux au fil du temps. Viennent ensuite un deuxième puis un troisième salarié. « Les patrons se sont rendus compte qu’ils faisaient la prière chez les clients, sur la pelouse. Ils ne peuvent pas les virer. » Voilà l’anecdote choisie sur Europe 1, mercredi, par le journaliste Philippe Lobjois pour illustrer l’islam radical dans le monde du travail, objet de son livre La Guerre secrète, co-écrit avec Michel Olivier aux éditions Fayard.

« On ne l’avait pas vu venir ». « Ce n’est pas du tout un fantasme et ça a pris une forme un peu pernicieuse ces dernières années, car on ne l’avait pas vu venir », a-t-il expliqué à propos de ce phénomène au micro de Nikos Aliagas. La radicalisation dans les entreprises est « un sujet tabou dans les entreprises », selon lui :
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Philippe Herlin : Les sociétés d’assurance mise en danger par la réglementation

Les obligations souveraines représentent déjà plus de 70% des actifs des sociétés d’assurance en France, mais ce n’est pas encore assez ! L’Etat a toujours plus de dette à placer et dépendre d’investisseurs étrangers et versatiles est toujours risqué. Les sociétés d’assurance ont beaucoup de moyens et elles gardent en général leurs obligations jusqu’à leur terme, voici de bons clients. La solution : leur interdire de diminuer ce pourcentage, et même les forcer à l’augmenter. Par quel moyen ? La réglementation.

« Solvabilité 2 » est actuellement en cours de finalisation, c’est l’équivalent de Bâle 3 pour les banques, c’est à dire des normes prudentielles s’imposant aux assureurs. « Solvabilité 2, dans sa version actuelle, empêche les compagnies d’investir dans les actifs à risques, à commencer par les actions » explique un professionnel. Les actions sont considérées comme un produit à risque et les assureurs doivent en conséquence mobiliser des fonds propres pour se protéger, mais comme par hasard, ce n’est pas le cas des obligations souveraines. « Si le recul de la part des actions dans leurs investissements s’élevait à 5 points pour le secteur de l’assurance, cela impliquerait le déplacement d’une masse de 300 milliards d’euros« , a estimé Michel Didier, président de l’institut Coe-rexecode (La Tribune). Voilà autant de perdu pour le financement des entreprise, et autant de gagné pour l’Etat !

On le sait, les Etats interviennent dans la rédaction des accords Solvabilité 2, soit directement, soit par l’intermédiaire des assureurs sur lesquels ils disposent d’une « influence » certaine. Nous avons donc affaire à un énorme conflit d’intérêt puisque les Etats sont juges et parties ! Pendant ce temps là, le bon peuple des épargnants croit que les normes prudentielles sont faites pour le protéger…

Les normes prudentielles concernant les banques répondent à la même logique. Résultat : le système financier finance de moins en moins les entreprises, alors que c’est normalement sa mission première.

Avec des Etats qui forcent les assureurs et les banques à acheter leurs obligations, le système financier tourne de plus en plus en circuit fermé, il devient autoréférentiel. C’est comme cela que se forme une bulle. Tant que les gouvernements font face à leurs engagements, tout va bien, sinon le système entier saute et les épargnants sont ruinés. Ce comportement correspond en fait à la logique profonde des Etats : moi ou le chaos.

 

Les grandes entreprises rattrapées par la crise

Le nombre de défaillances de sociétés réalisant plus de 2 millions de chiffre d’affaires est en forte hausse.Les secteurs de la construction, des transports, de l’immobilier et les restaurants souffrent particulièrement.

2012 sera une nouvelle année sombre pour les défaillances d’entreprises qui «demeurent à un niveau élevé», explique Maxime Lemerle, responsable des études macroéconomiques chez l’assureur crédit Euler Hermes. D’après ses calculs, 60.881 sociétés ont en effet jeté l’éponge entre octobre 2011 et octobre 2012. Les experts du concurrent Coface tablent quant à eux sur environ 60.000 défaillances. Soit une hausse de 4 % par rapport à 2011. Ce niveau est certes inférieur aux 64.110 comptabilisés en 2009, année proche du record historique de 1993 (64.814 défaillances) mais de nouvelles tendances, pour le moins inquiétantes, se dessinent.

D’abord, de plus en plus d’entreprises importantes jettent l’éponge. Selon Euler Hermes, les défaillances ont progressé en un an de plus de 29 % pour les sociétés réalisant plus de 15 millions de chiffre d’affaires. De plus de 23 % pour les sociétés entre 5 et 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Quant à celles qui réalisent entre 2 et 5 millions de chiffre d’affaires, les défaillances ont bondi de plus de plus de 13 %. Le fabricant de carrosserie SEG qui employait 358 personnes en Vendée et la société de services informatiques Alpes Software (677 salariés) en Isère ont ainsi fait faillite. En région parisienne, la défaillance de Game France, filiale d’un groupe britannique de jeux vidéo, a, quant à elle, touché près de 500 personnes.

15.200 défaillances en un an

Ces noms s’ajoutent à une liste déjà longue comprenant Neo Security (sécurité et gardiennage), Mory Team (transport routier) et Petroplus, dont le tribunal de commerce de Rouen a annoncé mardi qu’il déciderait dans deux jours s’il autorise ou non la prolongation d’un mois, jusqu’au 16 janvier, de l’activité.

Cette proportion croissante de grandes entreprises défaillantes explique pourquoi le tribut payé à l’emploi est si élevé cette année: 225.471 salariés touchés entre octobre 2011 et octobre 2012, alors que 200.000 sont en moyenne détruits chaque année depuis 2000, exception faite du pic de 2009 (255.000 emplois).

Quelques secteurs souffrent plus que d’autres. Les transports, l’immobilier, les services aux entreprises, les cafés, les hôtels et les restaurants affrontent la tempête. La construction qui représente un quart des défaillances connaît un léger répit. Mais les sinistres dans ce métier demeurent à un niveau élevé avec 15.200 défaillances en un an contre une moyenne de 6000 à 7000 en période normale. La distribution subit également de plein fouet la montée en puissance du commerce électronique tandis que l’agroalimentaire est pénalisé par la hausse des prix des matières premières.

Et après une baisse des défaillances en mai et juin comme l’a constaté mardi l’Insee, le rythme des faillites qui s’est accéléré depuis quelques mois devrait se poursuivre dans les prochaines semaines. «Novembre et décembre sont traditionnellement des périodes où les défaillances sont importantes avec environ 5500 défaillances par mois», constate Jennifer Forest, de la direction de la recherche économique groupe de Coface. Touchées une première fois par la crise de 2009, les entreprises les plus fragiles n’ont pas réussi à restaurer leur situation financière. N’étant plus assez profitables, elles sont à la merci d’un fournisseur incapable de payer. «Les entreprises qui sont touchées, sont notamment celles qui exportent sur le marché européen. Elles ont du mal à supporter de nouveaux chocs économiques», observe Maxime Lemerle.

Les premiers mois de 2013 s’annoncent donc difficiles. «Je ne prévois pas de retournement de tendance avant le deuxième semestre 2013», assure Jennifer Forest.

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