Archives par mot-clé : esclavage

Une descendante d’esclave porte plainte contre l’Etat français (audio)

Rosita Destival, une Française d’origine guadeloupéenne, descendante d’esclave, assigne ce mardi l’Etat pour crime contre l’humanité. Elle est soutenue par le Conseil représentatif des associations noires de France qui estime que le gouvernement n’a pas tenu les promesses faîtes en matière de réparations.

Depuis la loi Taubira adoptée en mai 2001, l’esclavage a été reconnu comme crime contre l’humanité. C’est donc pour crime contre l’humanité que Rosita Destival va assigner l’Etat français.

Si le CRAN a décidé de se joindre cette action civile, et s’il menace le gouvernement d’une « pluie de procès« , c’est parce qu’il estime qu’il n’y a pas eu d’avancée sur la question des « réparations » depuis des réunions en mai et en octobre à Matignon. […]

France Info

Colonisation de l’Algérie : rappel historique avec daniel Lefeuvre. (vidéo)

Profitez-en, une émission sur l’Algérie sans la présence du commis d’État et historien hémiplégique de la gauche bien-pensante, Benjamin stora, c’est rare. Rare aussi la parole de l’Historien Daniel Lefeuvre.

« C’est la colonisation française qui a supprimé l’esclavage dans toutes ses colonies »

Daniel Lefeuvre est l’auteur de Pour en Finir avec la repentance.

Traites négrières : la France en a assez que ses dirigeants lui fassent courber l’échine

Un « appel pour un débat national sur les réparations liées à l’esclavage » circule depuis peu sur internet. Daniel Cohn-Bendit, Olivier Besancenot, Eva Joly, Bernard Thibault et Jack Lang l’ont déjà signé. Selon ses promoteurs, dont le très influent Conseil représentatif des associations noires (CRAN), “il convient de relancer le débat sur les réparations (pour) répondre à l’héritage durable de l’esclavage colonial : racisme anti-Noirs, discriminations, inégalité».

Du côté des pouvoirs publics, Matignon réfléchit avec des associations intéressées aux moyens de réparer symboliquement et/ou financièrement les conséquences de la traite des Noirs : ces dernières heures, le cabinet du Premier ministre s’est engagé à organiser une réunion interministérielle pour discuter de la consistance de ces réparations. En visite officielle cette semaine au Sénégal, François Hollande a reconnu de son côté les « fautes » passées commises par la France, en citant précisément la traite négrière.

Sur la question de la repentance, spécialité malheureusement bien française, une offensive politique mettant en cause la responsabilité historique de la France est manifestement à l’œuvre dans les officines proches du pouvoir actuel et, de ce point de vue, l’on peut compter assurément sur le concours actif de Mme Taubira, – à l’origine de l’emblématique loi du 21 mars 2001 tendant à la reconnaissance comme crime contre l’humanité les traites négrières entreprises dans les océans Atlantique et Indien – pour nourrir la polémique à venir.

Pour autant, aujourd’hui comme demain, la France ne saurait se sentir coupable des fautes, ‘‘crimes’’ et autres malheurs qu’elle a pu avoir à connaitre durant sa très longue histoire. Toute perspective contraire serait insupportable.

En ouvrant la voie aux pires abus, le cocktail combinant les revendications mémorielles de toute sorte, rarement désintéressées politiquement, à la perception frelatée de l’histoire de France, polluée par ce péché de l’esprit que constitue l’anachronisme, s’avère à coup sûr explosif. Avec l’apparition inédite de réclamations relatives aux traites négrières et à l’esclavagisme pratiqué dans les anciennes colonies françaises, ne va-t-on pas assister demain, en poussant le raisonnement jusqu’au bout, à l’éclosion prolifique de demandes en réparation émanant de descendants, avoués ou se déclarant comme tels, de protestants victimes de la Saint-Barthélemy, de Vendéens martyrisés durant la Révolution française ou de survivants de l’insurrection malgache durement réprimée en 1947, en attendant les suppliques innombrables qui, bientôt, ne manqueront pas de s’élever sans mesure sur notre sol en souvenirs de la croisade des Albigeois (1208-1229), des grandes famines soviétiques (1932-1933) ou du génocide cambodgien (1975-1979) ? Plus près de nous, n’encourage-t-on pas de la sorte, inconsidérément, les probables revendications financières que le gouvernement algérien s’apprête à présenter à l’occasion du prochain déplacement de François Hollande à Alger pour  commémorer le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie ?

Sauf à laisser se multiplier demain, dans une vertigineuse compétition mémorielle, des réclamations de toute sorte, plus ou moins fantaisistes historiquement, notre pays ne saurait admettre sans danger que s’acclimate politiquement sur son territoire l’idée mortelle d’une  responsabilité collective de la France et de son peuple, laquelle, en transcendant allégrement les siècles, serait invoquée à tout bout de champ par d’innombrables victimes autoproclamées avec au surplus, comme conséquence inévitable, le risque de réécriture de l’histoire et le gel de toute recherche scientifique. A titre d’exemple, la loi Taubira relative à la stigmatisation de l’esclavage ne prend-t-elle pas en considération que les seuls ‘‘crimes’’ commis par les nations occidentales chrétiennes en laissant soigneusement de côté les actions perpétrées semblablement par les trafiquants arabes ou les chefs de tribus africaines, au risque de priver les historiens, par conformisme ou par crainte de possibles poursuites judiciaires, de leur indispensable liberté scientifique ?

Plus grave encore : propagées par des groupes de pression qui demeurent animés par d’étroits intérêts idéologiques, ces revendications s’inscrivent dans une logique communautariste qui heurte profondément notre tradition juridique, laquelle, se fondant sur le principe absolu d’égalité, refuse que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, définis par une appartenance d’origine, de culture, de langue ou de croyance. Tout bien considéré, la menace d’une fragmentation de l’unité nationale de notre pays est ici bien réelle, au risque d’emporter dans son sillage l’héritage insigne de notre admirable mémoire collective.

A l’heure où il importe moins de diviser les Français sur des questions du passé, qui les éloignent tant des défis considérables de ce temps, que de les réunir solennellement afin de les mobiliser autour d’un projet collectif grandiose qui requiert de tous une communion de pensée et d’action, l’incroyable appel à une réparation généralisée des dommages liés à l’esclavage sonne comme une faute politique majeure pour tous ceux qui entendent concourir à son funeste aboutissement. Sans ignorer la réalité historique de la traite négrière, connue, enseignée et légitimement commémorée depuis bien des années, non sans parfois quelques excès, nos compatriotes ne doivent en rien céder à cette manipulation idéologique qui, sous couvert d’une fausse générosité, ne visent en vérité, pour des motifs bassement clientélistes ou électoralistes, qu’à les culpabiliser à l’infini en leur renvoyant en permanence l’image souillée d’un pays diminué dont l’histoire humiliante serait définitivement discréditée par les crimes commis par leurs ancêtres. A l’instar de toutes les grandes et vieilles nations, notre pays ne doit pas rougir de son vénérable passé, pas plus qu’il ne doit laisser se développer en son sein ce détestable sentiment de haine de soi que les ennemis objectifs de la France s’emploient à cultiver avec tant d’impunité, à l’intérieur même de nos frontières.

Karim Ouchikh

Quand François Hollande cautionne le mythe de Gorée

A Gorée, la tête couverte de cendres et sacrifiant à la sempiternelle et de plus en plus lassante repentance, François Hollande a donc fait l’inévitable visite de la « Maison des esclaves ».

Or cette célébrissime bâtisse dans laquelle auraient été gardés prisonniers des centaines de milliers, voire des millions de malheureux, ne fut pas une « esclaverie ». De plus, elle semble n’avoir été construite qu’en 1783, soit plusieurs dizaines d’années après la fin du commerce esclavagiste européen dans cette Sénégambie où la seule traite encore pratiquée à l’époque l’était à destination de l’Afrique du Nord et du monde arabo-musulman…

L’attitude du président de la République est d’autant plus insolite que la presse a, et par le menu, rapporté comment il a soigneusement préparé son déplacement, se faisant même initier par des historiens aux secrets d’un continent qu’il ne connaît pas. Probablement aura-t-il été enseigné par ceux qui soutiennent que les ethnies africaines sont des créations coloniales… […]

Bernard Lugan, Boulevard Voltaire

Esclavage : Le Cran réclame à la France des «réparations symboliques, mémorielles, financières, sociales»

Interview de Louis-Georges Tin, président du Cran, qui est à l’initiative de l’ «Appel en faveur de réparations financières, éducatives ou mémorielles».

La France a mauvaise conscience. Mais l’esclavage est un crime contre l’humanité. Il est donc imprescriptible.

Pourquoi lancer cet Appel maintenant ?

La question des réparations est aujourd’hui essentielle. Elle se pose au niveau internationnal (ONU, Unesco, Brésil, États-Unis…). Il serait curieux qu’on ne puisse pas s’interroger sur le sujet en France.

Par ailleurs, le 12 octobre renvoie au 12 octobre 1492, le jour où Christophe Colomb a posé le pied en Amérique. Il amorce ainsi la colonisation du pays, et l’esclavage qui en découlera. Nous aimerions qu’à l’avenir, cette journée soit la journée internationnale pour les réparations.

Quelle est votre définition du mot « réparation » ?

Il y a mille et une façons de réparer. Il existe des réparations symboliques, mémorielles, financières, sociales… Il faut ouvrir un débat national sur le sujet. Trouver des modalités qui s’adapteraient à la France. […]

Pourquoi la question des réparations est-elle si peu étudiée en France ?

La France possède encore une mentalité coloniale. Elle évacue les questions qui dérangent. La loi Taubira de 2001 prévoyait un article sur les réparations. Il proposait d’organiser un comité de réflexion sur le dédomagement des victimes. Il a été écarté à l’unanimité en commission des lois. La voix parlementaire a échoué. […]

Respect Mag

Appel : «Les pays africains et arabes doivent reconnaître leur passé négrier !»

À l’occasion du 23 août Journée Internationale du Souvenir de la traite des noirs décidée par l’Unesco, la Fondation du Mémorial de la traite des noirs lance un Plaidoyer pour déclarer la Traite des Noirs et l’Esclavage Crime contre l’Humanité en direction des États du Maghreb et des pays arabes.

Pendant quatorze siècles l’Afrique noire a vécu une véritable chasse à l’homme qui a arraché au continent entre 15 et 17 millions d’hommes dans des caravanes par le Sahara pour le Maghreb ou par bateau vers la Péninsule arabique. Des bandes armées et des soldats venus du Maghreb fondent sur les populations de l’Afrique de l’Ouest essentiellement pour razzier, enlever, et vendre des femmes, des hommes, et des enfants exploités comme domestiques, artisans, mineurs, soldats dans les plantations, les mines, les palais et demeures bourgeoises du Maghreb, du Moyen et du Proche Orient. Les marchés aux esclaves se développent jusqu’au début du 20ème siècle, véritables usines de déshumanisation, à Tombouctou, à Marrakech, au Caire, à Bagdad, à Zanzibar, jusqu’à Istanbul.(1)

À mesure que le continent noir devient le principal réservoir d’esclaves des pays arabes se développe un racisme qui justifie l’esclavage : l’infériorité de l’homme Noir. C’est ainsi que préexiste et survit à cette tragédie une discrimination dont les descendants d’esclaves et les immigrés africains continuent de souffrir. De même que des formes d’esclavage moderne issues de cette histoire dans des pays comme la Mauritanie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, etc. (2)

Dans une région où la question de l’esclavage et de la traite négrière reste un sujet tabou, cette histoire douloureuse et créatrice est très peu interrogée par les pays africains et arabes qui peinent à rentrer ainsi dans la modernité de la mémoire et de la protection des droits de l’homme.

(1) Le Génocide voilé, Tidiane Ndiaye, Gallimard, 2008
(2) L’Esclavage en terre d’Islam, Malek Chebel, Fayard, 2007

Respect Mag