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Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

En visite à Bruxelles la  premier ministre slovène s’est voulue rassurante sur l’état de son pays. Les marchés redoutent un nouveau plan de sauvetage à 8 milliards d’euros.

La Slovénie ne sera pas la prochaine Chypre. C’est le message qu’ont martelé mardi la premier ministre slovène et le patron de la Commission européenne alors que les marchés financiers sont braqués sur le petit pays alpin. Nombre d’experts désignent en ­effet Ljubljana, plongée dans une nouvelle récession doublée d’une crise bancaire, comme la pro­chaine capitale à sauver de la faillite.

La Slovénie deviendrait, alors le sixième État membre de la zone euro à bénéficier d’une aide internationale après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

 Le chef du gouvernement slovène, Alenka Bratusek, nommée il y a seulement trois semaines à la suite d’un scandale politique qui a fait tomber son prédécesseur, a rencontré mardi à Bruxelles le président José Manuel Barroso et le président du Conseil, Herman Van Rompuy. Leader d’un parti de centre gauche, Alenka Bratusek, 43 ans, a succédé au conservateur Janez Jansa, accusé de corruption. Tentant de faire retomber la pression médiatique de ces derniers jours, la jeune femme a d’emblée déclaré, en allusion à Chypre: «Nous ne sommes pas un paradis fiscal» et «notre endettement est parmi les plus bas d’Europe». «Nous sommes déterminés à ­résoudre nos problèmes par nous-mêmes.»

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L’Espagne veut aussi instaurer une taxe sur les dépôts bancaires

Madrid pourrait lever auprès des banques une taxe de 0,2 % sur le montant des dépôts qu’elles détiennent. L’Espagne affirme que cet impôt nouveau n’a rien à voir avec celui de Chypre. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde…

Cet impôt ne sera pas en effet directement levé auprès des épargnants,

mais il sera levé sur les banques. Ce sont ces dernières qui se verront imposées sur l’ensemble de leurs dépôts. En théorie donc, les clients ne seront pas touchés.

(…) En ne frappant pas les épargnants directement, cette taxe ne devrait pas créer de panique. En Europe, elle est, du reste, demeurée inaperçue au milieu de l’affaire chypriote. Mais il n’empêche : Jaime Becerril, analyste chez JP Morgan, estime que cette taxe est « risquée » et arrive « à un bien mauvais moment. »

 

Pour lui, cette nouvelle taxe « n’est pas si différente de la taxe chypriote que le gouvernement espagnol l’affirme : elle pénalise l’épargne en période d’austérité. »

Il y aurait donc un risque de sorties de capitaux, même si la nature exacte des dépôts touchés par cette taxe est encore incertaine. Du reste, pour JP Morgan,

cette « incertitude » n’est jamais « la bienvenue » et pourrait « accélérer les retraits. »

 

(…) Certes, l’analyste ne s’attend pas à un « bank run » en Espagne. Mais, en s’inspirant de la comparaison avec le cas italien de 1992 où le gouvernement Dini avait frappé les dépôts d’une taxe de 0,6 %, il prévoit des retraits continus par les ménages de leur argent sur les comptes bancaires espagnols.

(…) Reste enfin que cette taxe pourrait apparaître comme la preuve que le cas chypriote n’est pas si « spécial » que l’affirment les Européens…

Latribune.fr

Espagne : Les citoyens meurent à crédit pour leurs banques

D’après une étude de la Plateforme des victimes de crédits hypothécaires (PAH), une association citoyenne, plus de 362.000 foyers espagnols ont été victimes de saisies immobilières depuis 2008, , entraînant dans plusieurs cas des suicides… Le gouvernement, en connivence avec les banques, refuse de modifier une loi sur les hypothèques obsolète et inhumaine.

Cette loi permet au créancier, les banques, de gagner sur tous les tableaux et de s’enrichir sur la misère. Pendant que le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lisait son discours sur l’état de la Nation, le 20 février dernier, une femme s’immolait par le feu dans une succursale bancaire de Castelló (région de Valence). Brûlée à 50%, elle serait une victime de plus des cas des saisies immobilières qui se multiplient dans le pays.

En Espagne, toute personne se retrouvant en défaut de rembourser son crédit immobilier, perd non seulement sa maison mais est condamnée à rembourser le reste du prêt concédé par la banque, prêt qui ne fait qu’augmenter avec les taux d’intérêt variables et les pénalités pour retard de paiement. L’issue est parfois fatale… Depuis l’été dernier, une quinzaine de personnes se sont défenestrées le jour où elles allaient être expulsées de leur domicile.

Pas un mot, pourtant, du chef du gouvernement sur ce sujet dans son discours. Sauf lorsque les députés de la gauche plurielle (minoritaires) ont insisté sur la nécessité de réformer la loi sur les hypothèques, l’une des plus drastiques et obsolètes d’Europe, datant de 1909. Les mouvements citoyens s’organisent pour freiner les expulsions et changer la loi.

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Crise en Espagne : l’heure est au bilan

Selon la Banque d’Espagne, l’économie espagnole a connu au quatrième trimestre son recul le plus marqué depuis plus de trois ans. Le PIB du pays a, en effet, baissé de 0,6 % au cours des trois derniers mois de 2012, par rapport au troisième trimestre. La banque souligne en particulier que la demande des ménages et des entreprises a chuté de 1,9 % par rapport au troisième trimestre.


Etat des lieux

 

Une situation économique qui trouve en partie son explication dans la politique de rigueur mise en place par le gouvernement de Mariano Rajoy. A titre d’exemple, depuis le 1er septembre la TVA a été augmentée et la prime de fin d’année des fonctionnaires a été supprimée. Sous la pression des marchés et de l’Union européenne, le gouvernement a multiplié les coupes budgétaires et les hausses d’impôts, pour tenter de ramener son déficit public de 9,4 % du PIB en 2011 à 6,3 % en 2012, puis à 4,5 % en 2013 et à 2,8 % en 2014.

 

Et ce n’est pas la hausse du chômage qui risque de relancer la consommation des Espagnols. Le niveau record du chômage, qui touche un quart des actifs, a indéniablement contribué à affaiblir la demande intérieure. La quatrième économie de la zone euro a en effet enregistré en janvier 132 055 chômeurs de plus qu’en décembre (+ 2,72 %). Sur un an, il y a eu 380 949 nouveaux demandeurs d’emploi (+ 8,28 %) pour arriver au total de 4 980 778 de chômeurs.

 

L’Espagne doit continuer ses efforts

 

Ces efforts consentis par les Espagnols ont cependant été salués par Mario Draghi qui n’a pas hésité à féliciter le gouvernement espagnol pour les progrès budgétaires réalisés. « La situation économique, la situation sociale sont difficiles et le peuple traverse une période pénible », a estimé le président de la Banque centrale européenne. « Mais l’Espagne est sur la bonne voie et aujourd’hui les banques en Espagne présentent un bilan beaucoup plus sain. Aujourd’huil’Espagne présente ce qui est probablement la reprise et la résolution du système bancaire la plus avancée de la zone euro », a-t-il ajouté.

 

Si l’Espagne a reçu 40 milliards d’euros de l’Union européenne afin d’assainir son secteur bancaire, le Fonds monétaire international estimait au début du mois de février que les risques qui pesaient sur l’économie espagnole, en particulier sur son secteur bancaire, restaient élevés. Aussi le FMI a-t-il exhorté les dirigeants espagnols maintenir leur politique de rigueur et de mettre « en œuvre sans exception » l’ensemble des réformes engagées.

 

Les Espagnols ne veulent plus de la rigueur

 

Mais les premiers concernés par cette politique de rigueur n’en peuvent plus. Le week-end dernier, deux grandes manifestations ont mobilisé, des milliers d’Espagnols en colère, dans une cinquantaine de villes, notamment à Madrid et à Barcelone. Samedi après-midi, ils manifestaient pour réclamer une nouvelle loi afin de mettre fin à la vague d’expulsions de propriétaires surendettés et ruinés par la crise. « Que se passe-t-il ? Nous n’avons pas de maison », scandaient-ils. En Espagne, 500 familles sont expulsées chaque jour de chez elles et récemment plusieurssuicides de propriétaires sur le point d‘être expulsés ont ému l’opinion publique.

 

Dimanche, ce sont des milliers de médecins et d’infirmières en blouse blanche qui sont descendus dans les rues de Madrid et de 15 autres villes d’Espagne, contre les privatisations des hôpitaux et les coupes budgétaires qui selon eux mettent en péril la santé publique. Le gouvernement régional de Madrid prévoit en effet de privatiser partiellement six des vingt grands hôpitaux de la région ainsi que 27 centres de santé, sur un total de 270. Un coup dur de plus pour les foyers les plus pauvres…

 

Les ONG appellent le gouvernement à lutter contre la pauvreté

 

C’est dans ce contexte, qu’Amnesty International, Greenpeace et Oxfam, ont interpellé, lundi 18 février, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, en lui demandant dans une lettre ouverte de placer la lutte contre la pauvreté parmi ses priorités : « Avec les politiques actuelles menées par le gouvernement, nous sommes en passe de devenir un pays plus pauvre, plus injuste et plus instable », ont écrit les trois organisations non gouvernementales.

 

« Les mesures adoptées par le gouvernement ont eu pour effet que presque deux millions de familles espagnoles n’ont plus aucun revenu et qu’une sur quatre vit dans la pauvreté ou dans des conditions d’exclusion sociale », ont ajouté les ONG qui exigent « une plus grande protection des droits des personnes » et « un changement dans la politique budgétaire et économique ». Reste à savoir si le gouvernement suivra les conseils de la Banque centrale européenne ou d’Amnesty International…

 

D’autres articles du même auteur sur le site de JOL Press

Espagne : Une mère désespérée s’immole dans une banque (vidéo)

En Espagne, une mère de 3 enfants âgée de 47 ans s’est immolée lundi 18/02 dans son agence Caixa dans la ville d’Almassora, un village de la province de Castellon.

Cette mère s’est aspergée de liquide inflammable, puis mis le feu, pour ensuite se diriger vers un employé de la banque en hurlant « Bande de salauds, vous m’avez tout pris ! » selon les premiers éléments de la télé espagnole.

La banque l’avait saisie suite à un crédit avec des échéances non remboursées.


Nouveau cas d'immolation en Espagne par euronews-fr

L’Italie, l’Espagne et la France inquiètent Coface

(…)En zone euro, Coface a dégradé l’Espagne et l’Italie, au même niveau que le Portugal et juste devant la Grèce. Ils se retrouvent ainsi les plus mal notés des pays avancés. En Italie, depuis fin 2007, le nombre de défaillances d’entreprises a doublé, atteignant 12.000, et il est sept fois plus important en Espagne, avec un crédit bancaire qui s’est effondré – passant de + 30% en croissance annuelle fin 2006 à une baisse de plus de 5% récemment. Les secteurs les plus risqués concernent la construction, la distribution, l’agroalimentaire et les métaux.

Risque de rupture sociale

(…) Pour le directeur général, le risque majeur dans cette Europe du Sud, touchée par des baisses importantes du PIB et un chômage très élevé, est avant tout social. «Cela va dépendre de la capacité de résistance des sociétés grecques ou espagnoles. Il y a un vrai risque de rupture, y compris politique.»

La situation de la France, placée sous surveillance négative en septembre, reste également fragile. Coface prévoit 62.000 défaillances en 2013, contre 45.000 avant la crise. Autre signal négatif, la taille de ces entreprises «malades» tend à augmenter.

«L’embellie trop courte entre fin 2009 et début 2011 n’a pas permis aux entreprises fragilisées pendant la crise de reconstituer leurs forces», ajoute Jean-Marc Pillu. À noter que l’écart se creuse avec le voisin allemand, chez qui les entreprises sont plus profitables (10% du PIB contre 7% dans l’hexagone) et présentent de meilleures capacités de financement. Sur 100 entreprises qui se créent, le taux de défaut est deux fois plus important en France.

lire l’article sur le Figaro

Bolivie : nationalisation des compagnies d’électricité de Iberdrola (Espagne)

Encore une  mauvaise nouvelle pour l’Espagne, décidément empêtrée dans des difficultés financières  de grande envergure.

Un malheur n’arrivant jamais seul, le président bolivien Evo Morales  a annoncé samedi la nationalisation des compagnies d’électricité détenues par le groupe énergétique espagnol Iberdrola.

Ces nationalisations, annoncées par un décret présidentiel, concernent les compagnies d’électricité Electropaz installée à La Paz et Elfeo située à Oruro, toutes deux appartenant à Iberdrola.

Motifs invoqués  par le président bolivien : les  prix  pratiqués par  Iberdrola  – ces derniers  étant plus élevés en zone rurale  qu’en ville –  tout en se plaignant également  d’un service inégal.

« Nous sommes contraints de prendre cette mesure afin que les tarifs de l’électricité soient uniformes » et que le service soit de même qualité dans l’ensemble du pays, a ainsi précisé Evo Morales.

En mai dernier, le président bolivien   avait  d’ores et déjà décidé d’exproprier la filiale du groupe espagnol Red Electrica Corporacion (REE).

Rappelons qu’en mai 2010, le président socialiste de Bolivie   avait annoncé la nationalisation de trois compagnies d’électricité détenues par des groupes français, britannique et bolivien. Ces mesures   s’intégrant alors dans sa politique de réappropriation des ressources naturelles.
« La police bolivienne a pris aujourd’hui le contrôle de trois entreprises de production électrique du pays, dont une filiale du groupe français GDF Suez, à la suite d’un décret de nationalisation« , avait  annoncé le chef de la police nationale, Oscar Nina.

Evo Morales  affichait alors nettement sa volonté que l’Etat  bolivien contrôle l’ensemble du secteur électrique, de la production à la distribution, estimant que « les services de base ne peuvent être gérés par le privé ».

Cette décision  avait conduit  les pouvoirs publics à contrôler 80% de la production nationale d’électricité. Etaient  alors notamment concernées Corani contrôlés à  50 % par Inversiones Ecoenergy Bolivia, filiale de GDF Suez, Guaracachi, dont le groupe britannique Rurelec PLC détenait alors 50% du capital et Valle Hermoso, du consortium bolivien Bolivian Generating Group. Ces trois sociétés étaient à cette  date les principaux producteurs d’électricité de Bolivie. Ils étaient apparus dans les années 1990 à la suite de la privatisation de l’ENDE, l’Empresa Nacional de Electricidad.
D’autres petites entreprises de production d’électricité devaient par ailleurs passer dans le giron public, en vertu de la mesure prise le 1er mai 2010,  jour  hautement symbolique en Bolivie. Rappelons en effet que la nationalisation du secteur des hydrocarbures avait été annoncée le 1 er mai 2006. 
Le gouvernement bolivien avait  parallèlement annoncé  que les groupes étrangers seraient dédommagés à hauteur de leur participation au capital des compagnies concernées, la somme correspondante devant être retenue sur les arriérés d’impôts. Morales avait  alors également  précisé que le gouvernement avait tenté en vain de convaincre les propriétaires de ces entreprises de vendre des parts à l’Etat.

Sources : AFP, Reuters

Elisabeth STUDER – www.leblogfinance.com

Hans Werner Sinn : L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro.

Lu sur le blog d’Olivier Demeulenaere

« Il est difficile de contester la compétence de Werner Sinn. On est loin des ronrons politiciens ou des phrases creuses des officiels. Président de l’IFO allemand de recherche économique, il a toutes les distinctions imaginables dans son pays. Chaire d’Economie et de Finances Publiques à l’Université de Munich, chercheur invité à la London School of Economics, à Princeton, à Stanford, etc.

Il vient de republier un entretien dans le Handelsblatt. Comme on en parle peu, nous en profitons pour combler cette lacune et rappeler ses positions : Ce sont celles de quelqu’un qui a accès à toutes les informations, même celles que l’on cache, et qui ne pratique pas la langue de bois. Il est l’ennemi de la bien-pensance européenne. Vous ne lirez pas cela chez les économistes payés par les banques ou dans les médias.

Si on lui demande est-ce que la politique de la BCE est efficace, il répond : «Tout ce que Draghi a fait, c’est d’expliquer aux investisseurs, aux banques, aux hedge funds que les contribuables des pays encore sains allaient payer et faire en sorte que eux puissent faire leur plein sur leurs créances »

Sur la fameuse Banking Union scélerate : « Cela collectivise les dettes des banques. Ces dettes sont trois fois supérieures à celles des souverains. Ce sont normalement les créanciers qui devraient supporter les pertes, pas les contribuables, pas les retraités, pas les épargnants. Les banques devraient être autorisées à faire faillite. L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro. Elle ne va bénéficier qu’aux financiers de Wall Street, de la City et à quelques institutions financières allemandes. Les banques continuent à fonctionner sur le dos des citoyens sous couvert de la solidarité ».

Nous ne pouvons qu’applaudir la démystification de cette solidarité que l’on nous jette au visage !

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Sur l’Espagne : « La dette extérieure de l’Espagne est supérieure à toute la dette des pays en crise réunis , avec un chômage aussi gros que la Grèce. C’est une terrible combinaison. »

Cela fait plusieurs années que Sinn alerte sur ce qu’il appelle le scandale des soldes Target 2 de la Bundesbank (le système Target 2 est le système de paiement interbancaire de la zone euro). Avant la crise, Continuer la lecture de Hans Werner Sinn : L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro.

Les dettes de l’Espagne et de l’Italie franchissent des records

La dette publique de l’Espagne a atteint un nouveau record historique fin septembre, à 77,4% du PIB, un niveau préoccupant du fait des taux d’intérêt élevés auxquels l’Espagne emprunte sur les marchés.

La dette du pays a augmenté de 10,7 points par rapport à la même période de l’année précédente, une hausse liée tant à l’administration centrale qu’aux 17 régions autonomes, a annoncé vendredi la Banque d’Espagne.

Le gouvernement prévoit que la dette publique atteigne 85,3% du PIB à la fin de l’année, contre 69,3% à la fin 2011, largement au-dessus de la limite fixée par le Pacte de stabilité de l’UE (60%). Cette prévision ne tient pas compte du prêt européen aux banques espagnoles, dont le premier volet de 37,5 milliards d’euros est attendu dans les prochains jours.

Si cette aide atteignait le maximum prévu (100 milliards d’euros), elle représenterait dix points supplémentaires pour la dette du pays. Le montant final devrait toutefois rester largement inférieur à ce plafond.

De son côté, la dette de l’Italie a franchi en octobre pour la première fois le cap symbolique des 2.000 milliards d’euros, selon un document publié vendredi par la banque centrale italienne.

La dette de l’Italie s’est établie à 2.014,693 milliards d’euros en octobre 2012 contre 1.995,143 mds EUR en septembre 2012, selon un supplément au bulletin mensuel statistique de la Banca d’Italia.

Selon les chiffres de la Banque d’Espagne, à la fin du troisième trimestre, la situation s’est aggravée pour l’administration centrale et la Sécurité sociale, qui cumulent une dette de 61,2% du PIB, 6,4 points de plus qu’un an plus tôt. Continuer la lecture de Les dettes de l’Espagne et de l’Italie franchissent des records

Olivier Delamarche : « Aujourd’hui le marché veut son petit cadeau de Noël »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 04 décembre 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Durant toute l’année il y a eut une succession de catastrophes incroyables, mais plus les mauvaises nouvelles tombent, plus le marché monte – L’année boursière 2012 va permettre à certains intervenants d’avoir encore un salaire pendant quelques mois – Ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis, ils se disent “on verra cela l’année prochaine”. »

« On continue de distribuer de l’argent à des gens qui ne nous le rendrons pas ! L’Espagne ne paiera jamais, la Grèce ne paiera jamais, on en est au 5e plan ! (…) On vous fait croire qu’avec 40 milliards ça y est c’est fini la vie est belle les banques espagnoles sont sauvées, je vous ai dit dès le départ que ça coutera 400 milliards, vous le verrez ! »

Espagne premier versement pour les banques de 37 milliards d’euros

Les banques espagnoles vont recevoir une première aide financière de 37 milliards d’euros de la part de la zone euro, un montant qui servira aux établissements nationalisés, a annoncé lundi le ministre espagnol des Finances Luis De Guindos.

« L’injection de fonds dans les quatre banques nationalisées sera de 37 milliards d’euros », a affirmé M. De Guindos à son arrivée à une réunion avec ses homologues de la zone euro, à Bruxelles.

Cette mesure va notamment concerner Bankia, la quatrième banque espagnole par les actifs, dont le sauvetage public de plus de 20 milliards a accéléré une aide européenne au secteur. Les trois autres banques concernées sont CatalunyaCaixa, Novagalicia et Banco de Valencia.

L’annonce du sauvetage historique de Bankia en mai avait précipité l’octroi en juin, par la zone euro, d’une ligne de crédit de 100 milliards pour l’ensemble du secteur bancaire espagnol.

Au total, la recapitalisation du secteur financier du pays « pourrait tourner autour de 40 milliards d’euros », a dit M. De Guindos.

Cette aide de la zone euro pèsera sur la dette du pays, a précisé le ministre, mais cette dette supplémentaire ne représentera qu' »un peu plus de 3,5% du PIB », a-t-il indiqué.

M. De Guindos a précisé lundi que le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, présentera mercredi « le plan de restructuration » des quatre banques nationalisées. Ce plan détaillera le montant exact des capitaux qui seront injectés dans chacune d’entre elles, ainsi que les conditions qui accompagneront cette recapitalisation, qui seront formalisées dans le mémorandum d’accord entre Madrid et Bruxelles.

La zone euro table sur un un versement de l’aide pour le secteur bancaire espagnol, via le Mécanisme européen de stabilité (MES), « début décembre », avait récemment indiqué le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Boursorama

Espagne: les handicapés dans la rue contre les coupes budgétaires

On fait les poches des plus faibles et d’une population innocente, alors que les banquiers espagnols viennent de recevoir un chèque de 37 milliard de la part de l’Europe… c’est à dire de nous.
Mais rassurez-vous l’Europe de Hollande, Merkel et sarkozy devrait nous apporter croissance, bonheur et prospérité.

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En Espagne, près de 15 000 personnes handicapées ont défilé ce dimanche dans les rues de Madrid. Une mobilisation pour dénoncer les mesures d’austérité décidées par le gouvernement. Ces coupes budgétaires touchent notamment le secteur de la santé, et cela affecte le quotidien des handicapés. Le gouvernement a notamment réduit le montant des allocations pour les personnes handicapées. Il a aussi réduit la voilure du système des aides à domicile.

Cette manifestation intervient à la veille d’une nouvelle grève du personnel de santé de la région de Madrid, là aussi contre les mesures d’austérité.

Espagne : les nationalistes catalans reculent face à la gauche indépendantiste

Les électeurs de Catalogne ont infligé, dimanche 25 novembre, un revers cinglant au président de leur région, Artur Mas. Ils ont toutefois voté massivement pour les partis favorables à un référendum sur l’avenir de cette puissante région du nord-est de l’Espagne.

Artur Mas, dont la coalition nationaliste de droite (CU) reste la première force du Parlement régional, a perdu son pari : en organisant ces élections anticipées, profitant de la poussée indépendantiste qui agite la Catalogne, il espérait conquérir une majorité absolue pour appuyer son projet de référendum. Mais son discours parfois ambigu, évitant le mot indépendance, et la politique de rigueur menée depuis deux ans par son gouvernement, sous l’œil de Madrid, a pu rebuter une partie de l’électorat, au point que sa coalition s’est effondrée bien en-dessous des prévisions des sondages.

Or, pour gouverner la région et mener à bien son projet dans les quatre ans, comme il l’a promis aux 7,5 millions de Catalans, il devra nouer de difficiles alliances et composer avec la forte présence des partis de gauche. CU (Convergencia i Unio) a obtenu 50 des 135 sièges du Parlement régional, contre 62 actuellement, selon des résultats partiels portant sur 80 % des bureaux de vote.

LA GAUCHE INDÉPENDANTISTE, LA GRANDE GAGNANTE

En revanche, le parti historique de la gauche indépendantiste catalane, ERC (Esquerra republicana de Catalunya), devient la deuxième force régionale. La parti double son score avec 20 sièges contre dix actuellement. Les socialistes deviennent le deuxième parti régional, avec 20 députés. Le Parti populaire (PP, droite), au pouvoir à Madrid, est quatrième avec 19 sièges.

Dans les rues de Barcelone flottaient dimanche la senyera, le drapeau catalan, rayé rouge et jaune, et l’estelada, le drapeau indépendantiste frappé d’une étoile blanche sur fond bleu. Nourri par la crise économique qui impose à sa population de lourds sacrifices sociaux, le mécontentement a éclos ces derniers mois dans cette région au fort caractère culturel et linguistique, réveillant de vieilles frustrations à l’égard de l’Etat central espagnol.

Face au refus de Madrid d’accorder à la Catalogne l’autonomie budgétaire accrue qu’elle réclame, le président de région a fait le pari du conflit ouvert avec l’Etat central. Mais une partie des électeurs, dimanche, voyaient ce scrutin comme un écran de fumée.

« Je pense que la campagne a été trop centrée sur la polarisation Catalogne-Espagne et qu’on aurait dû davantage parler d’autres thèmes, comme celui de la crise », selon Andreu Camprubi, un sociologue de 27 ans. « Avec la question de l’indépendance, on a réussi à faire que beaucoup de gens qui sont touchés par les coupes budgétaires n’y pensent plus », selon un électeur du petit parti de la gauche indépendantiste CUP.

En Espagne, grandissent les humeurs séparatistes

Au début de novembre, la Catalogne a présenté à Bruxelles le plan de l’accession à l’indépendance, la séparation avec l’Espagne et l’entrée, en l’Union Européenne. Le 25 novembre, les Catalans prendront part aux élections législatives régionales, où, le plus probablement, les séparatistes locaux remporteront la victoire. En demandant la souveraineté pour l’autonomie, ils intensifient, au dire des experts, la crise de l’intégration européenne.

Après la victoire aux élections régionales, les séparatistes veulent initier le référendum régional sur la séparation. Le chef du gouvernement de la province espagnole, Arthur Mas, en se produisant devant les fonctionnaires de l’UE, a déclaré que la Catalogne n’était pas la seule région, souhaitant obtenir l’indépendance. À son avis, ces derniers temps, les chances de la sortie de la Catalogne de l’Espagne, de la Flandre – de la Belgique, de l’Ecosse – du Royaume Uni ont, rudement, augmenté. En même temps, la Catalogne souhaite rester dans l’Union Européenne.

Cependant, Bruxelles a refroidi un peu l’ardeur des Catalans. En cas de leur séparation avec l’Espagne et la demande de l’entrée en UE, il leur faut se mettre à la fin de la liste d’attente, parmi les autres Etats souhaitant le faire et passer toutes les procédures prévues, pour cela. Cependant, les Catalans sont stimulés par l’intérêt économique, trouve le chef du Centre des études économiques de l’Institut de la mondialisation et des mouvements sociaux, Vassili Koltachov.

«Puisque l’UE impose de plus en plus aux pays la politique de l’austérité, à la population de certaines régions, il semble possible d’éviter ce cours impopulaire et pénible (mené de façon particulièrement active aujourd’hui en Espagne, en Grèce et au Portugal) tout simplement en sortant de ces pays. C’est ainsi qu’apparait le désir de la séparation. C’est la base du séparatisme moderne européen. Mais en même temps, j’ai de grosses craintes de voir ce référendum échouer. Parce que les gens redouteront sérieusement le pire».

Et les Catalans ont le droit de demander une attitude particulière envers eux. Car à un certain sens, ils sont des sponsors pour toute l’Espagne. De nouveau, Vassili Koltachov prend la parole : Continuer la lecture de En Espagne, grandissent les humeurs séparatistes