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La fin de l’Etat-nation, voilà leur rêve.

A la faveur de la crise, les eurocrates se sentent pousser des ailes. Leur rêve le plus fou est à portée de main: créer un gouvernement supranational qui pourrait décider de ce qui est bon ou mal pour chacun des pays adhérents à l’Union.

Dernièrement, Jean-Claude Trichet, directeur de la banque centrale européenne, a proposé de nous mettre sous protectorat en créant un ministre européen des Finances. Ce dernier serait doté d’un important budget fédéral, il assurerait la représentation auprès des institutions financières internationales et aurait un droit de veto sur des décisions nationales. (1)

C’est aujourd’hui au tour de l’ancien premier ministre de Grande-Bretagne, Tony blair, de proposer un président à l’Union Européenne.

Les eurobéats appliquent une méthode éprouvée en union soviétique par les apparatchiks de la dictature communiste: Si l’Union Européenne ne fonctionne pas, c’est parce qu’il n’y pas assez d’Europe.

En dépit de la volonté des peuples voilà ce qu’ils veulent:

Une union plus étroite et la disparition finale de l’Etat-nation.

Comme le souligne le journaliste Alasdair Palmer du Daily Telegraph, cette fuite en avant ne pourrait profiter qu’aux technocrates de Bruxelles en mal de reconnaissance et se ferait au détriment des peuples… mais qui se préoccupe encore du peuple ????

Vous ne trouverait peut-être rien sur les déclarations de Tony Blair dans la presse française. Ce silence complice n’est plus une nouveauté. La presse étrangère est parfois bien plus libre. Voilà donc la traduction de l’article d’Alasdair Palmer du Daily Telegraph.

A unified Europe will be great news for the Eurocrats

Une Europe unie : une bonne affaire pour les technocrates européistes.

La semaine dernière a vu son cortège de nouvelles désespérément familières en provenance de l’UE : des hauts fonctionnaires qui voyagent séparément en avion privé tout en faisant la morale au monde sur la nécessité de réduire les émissions de CO2 ; des parlementaires qui exigent une augmentation du budget et proposent de nouveaux impôts pour « harmoniser » davantage la situation des Etats de l’UE alors que des réductions budgétaires se font dans tout le continent.

La plupart des responsables politiques européens et la plupart des politiques mises en œuvre par l’UE manquent de légitimité et ils le savent. Quand Tony Blair a déclaré avec insistance qu’il fallait à l’Europe un « président élu », il exprimait donc la conviction profonde de presque toutes les personnes impliquées dans l’administration politique paneuropéenne, qu’une plus grande unité est meilleure pour tout le monde.

Peu importe que « le projet » manque de soutien populaire. Même le fait que les électeurs expriment leur préoccupation à propos (par exemple) de l’ouverture des frontières au sein de l’UE n’a pas le moindre effet sur la conviction des eurocrates qu’on ne peut aller que dans une direction : vers une union plus étroite et donc vers la disparition finale de l’Etat-nation.

Pourquoi soutenir que l’Etat-nation sera et doit être remplacé par les autorités européennes ? Tout revient aux propos apparemment anodins tenus par M. Blair la semaine dernière : « Il est raisonnable que les pays européens s’associent et se servent de leur poids collectif pour pouvoir exercer une influence ». Comment l’entité formée en « s’associant » en vient-elle à avoir une autorité politique légitime supérieure à celle des Etats-nations qui la constituent ? Cette question reste toujours sans réponse.

Il y a une raison évidente à ce silence assourdissant : pour la population de chaque pays, l’Etat et ses assemblées élues sont les seules institutions ayant compétence pour faire des lois qu’elle a approuvées. L’élection d’un président européen ne changera rien à cela. Elle ne fera que donner un semblant de vernis démocratique au projet d’unification alors qu’elle aura pour effet concret d’éroder le seul lien entre la façon dont les lois sont faites et la volonté du peuple. La législation qui émerge de Bruxelles ne possède pas ce lien. C’est pourtant ce sur quoi le projet européen s’est construit.

Un projet pour permettre aux eurocrates de se sentir importants

Je peux comprendre qu’une extension de l’Union européenne présente des bénéfices pour les responsables politiques du continent qui ont droit aux babioles qui vont avec leur fonction : cortèges d’automobiles, avions privés, officiels serviles et impression de pouvoir enivrante. Mais quelles sont les conséquences pour nous ?

Les partisans de cette idée affirment qu’une Europe unie sera une Europe puissante et pourra négocier de meilleurs accords en matière de commerce et de sécurité. La liberté des échanges entre les pays présente de gros avantages mais il n’est pas nécessaire pour y parvenir d’aller au delà d’une coopération entre les Etats. Il n’est certainement pas nécessaire de remplacer l’Etat-nation par une administration supranationale.

Et l’idée qu’une Europe unie sera mieux à même de défendre la sécurité et les valeurs de sa population est illusoire. « L’Europe » possède tout l’appareil d’une politique de défense unifiée : une administration de la défense, un ministère des Affaires étrangères et un ministre des Affaires étrangères.

L’opération libyenne a été décidée par l’UE mais comme Robert Gates, le ministre de la Défense américain sur le départ, l’a fait remarquer la semaine dernière, les pays européens sont incapables de l’organiser. La campagne de bombardements a nécessité « une augmentation considérable du nombre de spécialistes du tir, essentiellement américains, pour pouvoir se faire. » Après onze semaines de campagne, les pays européens « commencent à manquer de munitions et demandent une fois de plus aux Etats-Unis de venir à la rescousse. »

Si on en est là, c’est parce qu’il y a trop de pays européens qui entendent profiter des bénéfices de la coopération militaire mais sans être prêts à en partager les risques et le coût : ils veulent tout pour rien.

Ceci est d’une certaine façon rassurant, car cela montre que le projet d’union accrue échoue sur l’écueil de l’intérêt national. Ceci laisse entendre qu’au fond, il n’est rien de plus qu’un moyen destiné à permettre aux eurocrates de se sentir importants. Le drame, c’est qu’il risque ainsi de finir par détruire notre démocratie.

source

(1): http://www.prechi-precha.fr/2011/06/09/le-nouvel-age-du-colonialisme/

Jean-Jacques Rosa: « L’euro est un contresens économique »

L’économiste libéral Jean-Jacques Rosa s’exprime rarement dans les média. Ses positions ne sont pas assez économiquement correct. Seulement la situation de l’euro s’aggrave. Et c’est l’un des seuls ( avec Sapir, Gréau, Cotta…) a avoir penser sa chute et le retour à la monnaie nationale dans son livre « L’Erreur européenne » publié en 1998.
Aujourd’hui le Figaro a décidé de lui donner la parole. Les temps changent……

LE FIGARO. – Peut-on dire que la France est en partie malade de l’euro?

Jean-Jacques ROSA. – Oui, car vous ne pouvez pas appliquer la même politique monétaire, c’est-à-dire le même taux de change et le même taux d’intérêt, à des économies dont les trajectoires et les structures sont différentes. Notre économie n’évolue pas de la même façon que celle de la Grèce ou de l’Allemagne: les taux d’inflation divergent, les phases conjoncturelles ne coïncident pas, et il n’y a pas de taux de change idéal et unique, globalement applicable.

Le taux de change détermine vos exportations et vos importations, il est lui-même lié aux taux d’intérêt, et si vous n’avez pas le bon change par rapport aux conditions de votre économie, cela pénalise votre croissance. Tel est le point fondamental. La monnaie unique est un fiasco pour les économies nationales qu’elle a privées d’un amortisseur de crise essentiel dans les remous de la grande récession. Les eurosceptiques ont donc eu raison sur toute la ligne en cernant les nuisances à venir de la monnaie unique, mais la victoire de la raison a quelque chose d’amer.

Déplorez-vous qu’une politique d’intégration de l’Europe n’ait pas précédé sa construction économique ?

La politique peut corriger les inconvénients d’une même monnaie appliquée à des économies différentes. Aux Etats-Unis, par exemple, où le Massachusetts ne fonctionne pas comme le Texas, l’appareil étatique fédéral et l’impôt fédéral font que, lorsque le Texas est en plein boom, les rentrées fiscales provenant de cet Etat permettent de subventionner le Massachusetts qui est en récession. Les Etats-Unis peuvent donc supporter une monnaie commune qui, idéalement, ne convient pas à la fois au Texas et au Massachusetts, mais les transferts fiscaux permettent d’amortir le choc. Nous n’avons pas cela en Europe.

Faut-il des Etats-Unis d’Europe?

C’était l’objectif des fédéralistes, mais une telle construction n’est pas possible pour des raisons de fond. Les Etats-Unis se sont constitués au XIXe siècle, dans un contexte d’impérialisme et d’extension territoriale des nations. Un siècle et demi plus tard, et particulièrement depuis la révolution de l’information des années 1970-1980, nous observons l’exacte tendance inverse. L’Empire soviétique a éclaté. Les nations se fragmentent, on l’a vu en Europe de l’Est, et les nations qui ne comportent que quelques millions d’habitants sont le plus souvent prospères. Ainsi des pays nordiques, de la Suisse, du Canada ou de la Nouvelle-Zélande. Grâce à l’ouverture des marchés mondiaux et à la révolution de l’information, au lieu d’être un handicap, la petite dimension est devenue un avantage. Et les plus petits pays sont nécessairement plus ouverts au commerce extérieur. Dans un monde de libre circulation, même si elle vient d’un tout petit pays, une entreprise peut se développer et vendre sur tous les marchés de forts volumes à faible coût.

Une Europe fédérale aboutirait donc, selon vous, à une régression ?

Regardez l’Histoire: après la Première Guerre mondiale, dans une économie où les marchés étaient fragmentés et le protectionnisme de règle, le calcul économique consistait à dire: puisqu’il n’y a plus d’accès à un marché mondial, nous devons avoir notre grand marché impérial. Telles ont été les politiques de la Grande-Bretagne et de la France. Ces temps-là sont révolus. Il vaut mieux vendre partout dans le monde plutôt que de se limiter à un sous-ensemble régional.

À qui profite l’euro ?

Je me suis posé cette question dès l’écriture de L’Erreur européenne, en 1998, alors que la monnaie unique n’était encore qu’à l’état de projet. C’était un tel contresens économique! Pourquoi tous ces gens de gouvernement, fort intelligents, ont-ils choisi de s’engouffrer dans cette nasse? Il s’agissait à l’époque d’obliger les Européens réticents à construire un super-Etat, par l’artifice technique de l’union monétaire qui les contraindrait tôt ou tard à accepter aussi l’union budgétaire, et donc un Etat fédéral. Certains milieux patronaux ne sont pas demeurés en reste. L’euro a été soutenu de bout en bout par une coalition de dirigeants politiques, d’élites administratives, de responsables du grand patronat, parce que toutes nos industries européennes sont le plus souvent cartellisées.

L’intérêt d’un cartel est de fixer les prix ensemble, pour supprimer ainsi la concurrence, hausser les tarifs et dégager des profits plus importants. Le mouvement, élargi à l’Europe, est clair: un cartel national fonctionnera sans grand problème dans un espace fermé, sous la houlette d’autorités professionnelles adéquates. Mais dès que l’on ouvre les frontières, on se trouve aux prises avec des concurrents qui ne jouent pas le même jeu. D’où la tentation de reconstituer un cartel dans une zone plus large, avec ces nouveaux concurrents. Se pose alors le problème du contrôle des prix convenus. Si le taux de change bouge chaque jour, la tâche devient complexe. Il faut renégocier en permanence, alors que si vous supprimez les variations de change, tout redevient simple, comme à l’intérieur d’une seule économie nationale. La volonté de reconstituer le cartel industriel au niveau européen fonde la volonté de supprimer toute variation de change. Les Etats, finalement, considérés comme des entreprises, sont dans la même situation…

Cette simplification que vous reconnaissez n’a-t-elle pas des aspects positifs ?

Cela dépend pour qui ! Positifs assurément pour les cartels qui augmenteront leurs profits, mais certainement pas pour tous les autres joueurs: les cartels font monter les prix et contractent les volumes de production aux dépens des citoyens et des consommateurs. «Les gens d’une même profession, observe Adam Smith dans La Richesse des nations,ne se rencontrent que rarement, même pour s’amuser ou se distraire, sans que leur conversation n’aboutisse à quelque collusion au détriment du public…»

Manière élégante de faire du populisme…

Mais il arrive que le populisme ait raison. Il peut certes devenir outrancier et préconiser de fausses solutions, mais il reste qu’en démocratie écouter le peuple est le principe fondamental.

Le peuple va-t-il pour autant réclamer la suppression de l’euro ?

Je ne le pense pas dans l’immédiat, parce qu’il faut d’abord comprendre qu’une très large part de nos difficultés provient de cette erreur économique majeure, ce qui nécessite une assez bonne connaissance des mécanismes monétaires. Mais il n’est pas nécessaire d’être un expert pour sentir que quelque chose ne va pas et comprendre que nous faisons fausse route.

Que répondez-vous aux économistes qui voient dans l’abandon de l’euro une porte ouverte sur l’apocalypse ?

L’Etat et les entreprises ayant des dettes libellées en euros détenues à l’étranger, sortir de la monnaie unique et dévaluer le nouveau franc soutiendrait l’activité mais majorerait le poids de cette dette, exprimée désormais en francs. Les charges des contribuables et des entreprises en seraient alourdies, ce qui, en sens inverse, ralentirait la croissance. On pourrait alors envisager de ne rembourser ces dettes que pour partie (un défaut partiel de paiement), mais alors les créanciers internationaux ne nous feraient plus confiance, d’où difficulté accrue de trouver du crédit à l’étranger. Les taux d’intérêt augmenteraient, ce qui pénaliserait les finances publiques et l’activité des entreprises.

Tels sont les principaux arguments des tenants de la monnaie unique. À cela deux réponses: en abaissant le coût de nos produits à l’étranger, la dévaluation stimulera la croissance, et nous donnera par conséquent davantage de moyens pour le service de la dette.

La seconde réponse est conditionnelle: dévaluer l’euro préalablement à l’instauration d’un nouveau franc nous procurera tous les avantages de la dévaluation, mais sans majorer la dette extérieure. En effet, il ne sera plus nécessaire de dévaluer le nouveau franc après la sortie de l’euro, puisque la dépréciation de ce dernier aura déjà reconstitué notre compétitivité. Il n’y aura donc pas de nécessité de dévaluer le franc proprement dit, ni par conséquent de majoration de la dette extérieure.

La solution est là: dévaluer la monnaie unique pour en sortir ensuite sans dommages. Ce n’est nullement une utopie. Aujourd’hui, l’euro vaut à peu près 1,42 dollar. Lorsqu’il a été créé, c’était à parité: un dollar contre un euro. Il est même tombé à un moment à 0,85. Abaisser son prix en dollars n’est donc pas impossible à réaliser.

Comment expliquez-vous alors le dogme si souvent réitéré d’une monnaie forte ?

À quoi sert une monnaie forte sinon à abaisser le coût des emprunts à l’étranger? Avec une monnaie forte, les prêteurs se disent qu’ils ne seront pas volés au moment du remboursement, si bien qu’ils n’exigent pas de taux d’intérêt élevés. En revanche, avec une monnaie faible, les prêteurs exigeront des taux majorés pour compenser par avance une éventuelle perte de capital. La conclusion à en tirer est qu’une monnaie unique et forte est une redoutable machine à emprunter parce qu’elle abaisse le coût de l’emprunt. Le cas espagnol illustre parfaitement l’aspect pervers de cette facilité. Avec 6% d’inflation environ dans le pays et un taux d’intérêt fixé par la BCE à 2%, les ménages et investisseurs locaux empruntent au taux réel de -4%. D’où une frénésie d’investissement immobilier qui a provoqué un déséquilibre complet de l’activité nationale et de la position patrimoniale des emprunteurs. Ils sont allés beaucoup trop loin, puisqu’ils étaient subventionnés pour emprunter…

Globalement, au niveau européen, il ne faut pas non plus se cacher que ces facilités de financement ont exonéré certains gouvernements des efforts nécessaires en termes de réformes structurelles et de réduction des dépenses. Au lieu d’imposer une libéralisation de l’économie, l’euro a encouragé le statu quo et a paralysé les réformes véritables.

La France peut-elle concrètement retourner à une monnaie nationale ?

Tous les pays issus du démembrement de l’URSS l’ont fait. Du rouble, ils sont passés à des monnaies nationales. Dans les années 1990, après la scission de la République tchèque et de la Slovaquie, j’ai posé la question au président tchèque Vaclav Klaus de la difficulté de créer ainsi sa propre monnaie. Il m’a répondu en exactement deux mots: «Une semaine»… En une génération, une soixantaine de pays sont sortis d’une union monétaire. Aussi, lorsqu’on nous présente cette proposition comme une sorte d’horrible et exceptionnel fantasme, il faut bien prendre conscience qu’elle n’a rien que de très banal. Aujourd’hui, la monnaie est essentiellement scripturale, concrètement, des comptes en banque. Du jour au lendemain vous décrétez que votre compte de 3000 euros est désormais de 3000 francs…

À quoi correspondra exactement cette équivalence entre l’euro et le franc ?

Chez le boulanger, la baguette qui était à un euro, passera à un franc – à quoi cela sert-il? A restaurer la compétitivité internationale de nos entreprises. Cela se fera soit après une dévaluation de l’euro, comme je le préconise, avec de réels effets sur les importations, les exportations et la croissance, ou bien après la recréation du franc. Dans ce dernier cas, nous pourrons aussi en profiter pour rétablir notre compétitivité non seulement vis-à-vis des pays tiers, mais aussi vis-à-vis de l’Allemagne. Ce qui ouvrirait enfin de réelles perspectives de retour à une croissance soutenue dans un pays où l’exportation représente un tiers environ de l’acti vité totale. Le résultat de la sortie de l’euro ne peut qu’être positif, tant pour la croissance que pour notre capacité de remboursement de la dette, qui repose au bout du compte sur l’accroissement du revenu national.

Dans votre livre vous posez la question: comment tout cela va-t-il se terminer ?

Mal pour l’euro, j’imagine, mais les configurations potentielles des choix de chacun des 16 partenaires de la zone – entre sortie isolée et maintien dans un groupe restreint – sont trop nombreuses pour que l’on puisse deviner à l’avance le scénario le plus probable. Néanmoins, il y a urgence. L’euro étant surévalué par rapport au dollar, les industries françaises sont pénalisées par rapport à tous les pays dont la monnaie est liée au dollar. Nous sommes aussi surévalués par rapport à l’Allemagne, sans possibilité aucune de correction par le change. Cela fait beaucoup de handicaps pour nos exportateurs et nos industries concurrencées par les importations.

L’urgence n’est-elle pas plus pressante encore pour les PIGS ?

Avec des inflations plus élevées que la nôtre – et surtout que l’allemande -, une compétitivité fortement dégradée, des problèmes aigus de dette, certains de ces pays vont sortir très probablement de la zone euro. Je pense à la Grèce, mais aussi au Portugal, à l’Irlande, et peut-être même l’Espagne.

C’est une prédiction sérieuse ?

Pour les Grecs, assurément. Le pire est le problème du renouvellement de la dette qui arrive à terme. Il leur faudra réemprunter beaucoup entre 2012 et 2014. On multiplie donc les plans de prétendu sauvetage, alors qu’en vérité on alourdit encore leur dette en pourcentage du revenu national. Et les plans d’austérité contractent davantage l’activité écono mique, si bien que le rapport de la dette à la capacité de remboursement augmente au lieu de se réduire. Chaque prêt aggrave leur problème. D’où les réactions de rue à Athènes ou à Madrid. Pour s’en sortir, ils ne pourront que renoncer à rembourser une partie de la dette et dévaluer, c’est-à-dire sortir de l’euro.

Et nous ?

Seuls les pays les moins pénalisés par la monnaie forte pourraient rester dans l’euro: l’Allemagne et ses voisins, les Pays-Bas, l’Autriche. Si les moins bons débiteurs sortent, les marchés internationaux auront davantage confiance dans la monnaie unique. Je doute alors que l’on puisse obtenir une dévaluation importante de l’euro, comme je le souhaite. Or, à supposer que l’euro monte encore, la France devrait alors recourir à une dévaluation majeure qui augmenterait beaucoup sa dette externe. D’où la nécessité d’envisager une rapide sortie. Entre 2012 et 2014, nous allons vivre une phase critique. Si les pays du Sud sortent de la zone euro avant la France, ce sera mauvais pour nous.

Le cartel multinational de l’euro ne durera pas, la guerre de sécession a déjà commencé, dites-vous…

Oui, pour toutes les raisons évoquées précédemment: un ensemble de pays pour lesquels une monnaie unique n’est pas un élément positif peut malgré tout fonctionner s’il dispose d’un Etat central et de finances publiques fédérales, comme aux Etats-Unis. C’est ce qu’avaient en tête les partisans de l’euro qui voulaient construire un super-Etat continental. Malheureusement cette erreur de stratégie, historique, a produit des conséquences économiques désastreuses. On s’est engagé dans la voie conduisant à la centralisation pour s’apercevoir finalement qu’elle était impraticable du fait des disparités entre pays. La guerre de sécession a donc commencé.

Elle n’oppose pas uniquement des Etats entre eux, mais des populations soucieuses de leur niveau de vie, d’une part, et des Trésors publics, grandes banques et grandes entreprises, d’autre part, qui entendent défendre jusqu’au bout leur avantage d’emprunteurs et leurs cartels intra-européens. Cette guerre ne s’arrêtera qu’avec la dissolution de l’euro. Catastrophe économique oblige : le mouvement est amorcé.

Source

A LIRE aussi: Pourquoi il faut revenir au franc

L’explosion de la zone euro en perspective ? ( Vidéos )

La presse vient de publier trois articles révélateurs de la situation économique et financière dans laquelle se trouvent l’Europe et plus particulièrement la France. Des articles qui donnent encore plus de poids à ceux qui remettent en cause la Loi Rothschild de 1973, envisagent la sortie de l’Euro et la mise en place d’une politique protectionniste.
On constate qu’il est de plus en plus difficile pour les média de continuer à ignorer une vérité qu’ils ont pendant trop longtemps cherché à occulter. Les retournements de veste vont pouvoir commencer !.

Roubini prédit l’explosion de l’eurozone


Dans un article du Financial Times l’économiste Nouriel Roubini connu pour avoir, comme Maurice Allais, prévu la crise financière de 2008 estime que les pays de la périphérie européenne abandonneront l’euro d’ici cinq ans.
A l’instar de Marine Le pen ou de Nicolas Dupont-Aignan, Nouriel Roubini estime qu’il n’existe aujourd’hui qu’un moyen de restaurer la compétitivité des pays périphériques : quitter la zone euro, reprendre des monnaies nationales et déprécier. Un tel scénario parait aujourd’hui inconcevable, relève l’économiste selon qui rien ne dit que dans cinq ans une telle idée n’aura pas fait son chemin, d’autant plus si les économies des pays périphériques stagnent. A moins que l’idée d’une zone euro plus fédérale parvienne à percer, certains dirigeants européens appellent en effet à plus d’intégration européenne.
Continuer la lecture de L’explosion de la zone euro en perspective ? ( Vidéos )

Quand l’Europe nous propose le protectorat…

Depuis plusieurs mois, la crise de l’euro secoue l’Europe du Sud. Des mouvements sociaux de grandes ampleur ont traversé l’Espagne et la Grèce dont la note vient d’être encore dégradée par l’agence Moody’s. Au Portugal, la crise a pris une dimension politique conduisant à des élections législatives anticipées, le 5 juin. A l’issue de ce scrutin, le Parti Socialiste enregistre un revers sérieux. Il revient donc à une coalition de droite d’appliquer les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne. Au regard d’une aide de quelque 78 milliards d’euros, le Portugal devra mettre en œuvre de sévères hausses d’impôt, des réductions de dépenses publiques qui devraient avoir pour effet une augmentation du chômage qui atteint déjà 12,4% de la population active.

On constatera qu’aucune réflexion n’est engagée, ni au niveau de l’Union, ni au niveau des Etats membres sur le caractère durable et souhaitable de la zone euro. En revanche, le président de la Banque centrale européenne M. Jean-Claude Trichet vient de nous faire part de ses propositions – sinistres – pour l’avenir. Il s’agit tout simplement de créer un ministre européen des Finances, doté d’un important budget fédéral, assurant la représentation auprès des institutions financières internationales et ayant droit de veto sur des décisions nationales.

Le traité de Lisbonne a mis à mal la souveraineté des Etats membres sur le plan de la politique extérieure. Les propositions de M. Trichet reviennent à leur confisquer la souveraineté financière. Que sont des Etats qui ne disposent plus de la souveraineté internationale et de la souveraineté financière ? De simples protectorats. L’Union européenne n’est finalement rien d’autre que l’expression d’un nouvel impérialisme qui veut réduire les pays membres à un statut colonial.

Pour la dignité des hommes et des femmes de notre continent, au regard de notre longue histoire, pour le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il est temps d’arrêter cette machine infernale.

par Alain Bournazel, du Comité de rédaction des Cahiers de l’Indépendance.

Marc de Scitivaux de Greische: « Il s’agit de sauver l’euro jusqu’au dernier Grec vivant ! » (vidéo)

Ils vous disent: il faut aider les grecs. Nous sommes des Européens, et nous nous devons d’être solidaire… il n’y a pas d’autre solution. Faux. Tout ce qui est fait aujourd’hui se fait contre les Grecs. Et tout ce qui se fera demain, se fera contre les grecs. Ce qu’ils veulent c’est sauver l’euro… sur le dos des grecs. C’est sauver les banques… sur le dos des grecs.

Comme l’explique Marc de Scitivaux de Greische, (économiste français, fondateur et directeur de la publication des Cahiers verts de l’économie) dans cet extrait de l’émission Les clés de l’éco du dimanche 5 juin sur la chaîne i>Télé.

Marc de Scitivaux de Greische déclare une vérité que beaucoup de média et d’hommes politiques ou de pseudo-experts refusent de dire:

ll ne s’agit pas d’aider les Grecs ! Il s’agit de sauver l’euro jusqu’au dernier Grec vivant !

Et cerise sur le gâteau, Marc de Scitivaux de Greische préconise une sortie de l’euro avec une dévaluation comme solution vitale…. exactement comme l’avance Marine Le Pen et Dupont-aignan dans leur programme respectif….. mais quand c’est Marc de Scitivaux de Greische qui le dit ce n’est pas délirant, ni fasciste, ou réactionnaire, ou irresponsable… non, c’est juste la vérité !

Jacques Sapir : de la crise grecque à la fin de l’euro.

Petit à petit les choses se disent. Petit à petit on vous dit qu’on vous a menti. Jacques Sapir est économiste, il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation à l’EHESS. Il vient de publier au seuil  » la démondialisation  »
Pour lui l’Euro depuis sa création n’était pas viable. Il faut aujourd’hui sortir de l’Euro, et aller vers plus de protectionnisme. C’est ce que préconisait dans les années 90 Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie, ostracisé par les média parce que proche du FN.


Jacques Sapir de la crise grecque à la fin de… par elouvrier

La Grèce sur l’autel de l’Euro !

Pour sauver la Grèce et les grecs il n’y a qu’une solution: qu’ils sortent de l’EURO.
Quand va-t-on prendre au sérieux marine Le Pen et Nicolas dupont-aignan, les seuls qui ont su dire la vérité.

Marc de Scitivaux, économiste, vs Natacha Valla, chef économiste de Goldman Sachs. (i>Télé, 5/06/11)

Il ne s’agit pas d’aider les Grecs ! Il s’agit de sauver l’euro jusqu’au dernier Grec vivant ! »

L’UE contre la préférence nationale pour les notaires.

N’en déplaise aux grincheux de la gauche morale, en France la préférence nationale existe. Il est par exemple impossible pour un étranger de travailler dans les services publics, le concours d’entrée y est réservé aux seuls citoyens français. Idem pour les notaires.
Or la Cour de Justice de l’Union européenne a, dans 7 arrêts rendus le 24 mai 2011 (Aff. n°C-50/08), jugé que les Etats membres ne pouvaient pas réserver à leurs nationaux l’accès à la profession de notaire. Elle explique que « même si les activités notariales (…) poursuivent des objectifs d’intérêt général, celles-ci ne participent pas à l’exercice de l’autorité publique au sens du traité CE ».

En l’espèce, six Etats membres de l’Union européenne – la Belgique, l’Allemagne, la Grèce, la France, le Luxembourg et l’Autriche – réservent à leurs ressortissants l’accès à la profession de notaire, ce qui constitue selon la Commission européenne une discrimination fondée sur la nationalité interdite par le traité CE. Aussi, elle introduit des recours en manquement à l’encontre de ces Etats. En outre, la Commission reproche au Portugal, ainsi qu’aux Etats précités, sauf à la France, de ne pas appliquer aux notaires la directive sur la reconnaissance des qualifications professionnelles.

Encore une fois la préférence va à la discrimination positive !!!!

Source: Net-iris

Allemagne: l’Euro à terre.

Il y a encore quelques semaines toute personne qui osait remettre en cause l’euro passait pour un cassandre. Aujourd’hui au sein du sérail de la bienpensance, l’hypothèse de voir l’euro s’effondrer est de moins en moins tabou.

Ce week-end, dans l’émission « les clés de l’éco » (1) sur Itélé, l’économiste libéral Marc de Scitivaux a enfoncé le clou  » ceux qui avaient prévu lors de l’instauration de l’euro que celui-ci ne serait pas viable, comme Milton Friedman, avaient raison… et leurs analyses étaient absolument impeccables. »

Dans la classe politique française on ne peut compter que sur Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen pour apporter des réponses concrètes à une éventuelle disparition de la monnaie unique européenne.

( voir vidéo de l’émission « les clés de l’éco  » du 22 ami 2011: http://www.itele.fr/emissions/magazine/les-cles-de-leco)

Aujourd’hui c’est dans les pages du journal Le monde que l’on peut lire une tribune d’Elisabeth Humbert-Dorfmüller, consultante, spécialiste de l’Allemagne, et membre du PS et du SPD. Elle nous explique comment l’euro est sérieusement remis en cause Outre-Rhin:

Allemagne: l’Euro à terre.

Le débat existe depuis longtemps, mais il a commencé à prendre de l’acuité à l’occasion d’un succès en librairie d’un ancien patron de l’industrie [Hans-Olaf Henkel], fin 2010. Le livre s’appelle Sauvez notre monnaie ! (Rettet unser Geld !), et il préconise la partition de la monnaie européenne en euro du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Luxembourg, Finlande essentiellement) et euro du Sud (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce essentiellement).

Retraçant l’histoire de la monnaie commune, l’auteur souligne que l’euro est le fruit d’un deal franco-allemand qu’on peut réduire à l’équation : réunification allemande (revendication allemande) contre monnaie européenne (revendication française). L’euro est donc né parce que la France craignait une superpuissance allemande et pensait pouvoir la briser en l’impliquant dans une solidarité monétaire. Si Helmut Kohl voulait sa réunification, il n’avait pas le choix.

Tous les Allemands ne partagent pas cette analyse, mais voilà la force des best-sellers : un thème dont tout le monde parle, dans les médias ou dans le café du commerce, parvient à s’insinuer dans l’esprit de tous.

Dans les mois précédents, plusieurs tabous de la politique économique allemande avaient déjà été brisés : il y a d’abord eu dès 2009 les plans de relance imposés par les autres pays européens, France et Grande-Bretagne avant tout, qui allaient frontalement à l’encontre de la religion que la chancelière souhaitait imposer à tous, y compris ses partenaires de coalition sociaux-démocrates : une réduction constante des dépenses de l’Etat et la baisse des prélèvements obligatoires. Merkel fît mauvaise mine et accepta à la fin de coopérer pour éviter que la machine économique européenne sombre.

Puis, tout au long de l’année 2010, la Banque centrale européenne (BCE) a racheté des obligations de l’Etat grec pour que leur prix ne s’effondre pas. Cette décision a été prise exceptionnellement sans consensus au sein du Conseil des gouverneurs, et notamment avec le désaccord du président de la Bundesbank Axel Weber qui craignait que le bilan de la BCE, pilier de l’orthodoxie monétaire, se remplisse d’actifs de valeur douteuse. Weber a, quelques mois plus tard, démissionné de son poste et d’une possible succession à Jean-Claude Trichet. Le futur banquier central européen sera, avec très probablement l’Italien Mario Draghi, un représentant de l’Europe du Sud.

Ensuite, l’influence de l’Eurogroupe que certains n’hésitent pas à appeler un gouvernement économique, s’accrut. Si les Allemands pensaient encore éviter une coopération renforcée car ils ne veulent surtout pas d’un transfert décisionnel notamment dans les domaines budgétaire, fiscal et social vers une structure multilatérale, 2010 a été l’année de toutes les concessions pour eux.

Aujourd’hui, il n’y a guère que les directions des partis politiques établis (les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates, les libéraux et les Verts) qui argumentent en faveur du maintien de la zone euro dans sa configuration actuelle. La base a commencé à se mobiliser contre ce dogme officiel, et un nombre croissant de députés se singularisent en réclamant la fin des opérations de sauvetage monétaire. De toute façon, partout ailleurs, le démontage est en cours : des économistes influents, des grands journaux nationaux (Bild bien sûr et son tirage de 3 millions d’exemplaires, mais aussi les très sérieux FAZ et Die Welt) et, surtout, les innombrables talk-shows télévisés dont les Allemands sont tellement friands : tous considèrent déjà cette aventure monétaire comme un échec, et, en tout état de cause, comme préjudiciable aux équilibres économiques de l’Allemagne. Ainsi, les finances publiques seront à nouveau sur une mauvaise pente en cas de sauvetage de pays du Sud, alors même que l’Allemagne s’est dotée d’une obligation constitutionnelle de ne quasiment plus s’endetter à partir de 2016. Mais il y a aussi le spectre de l’inflation qui guette la zone euro en raison d’une politique de taux trop laxiste durant les trois dernières années.

Sur le plan plus émotionnel, la messe est également dite : pour une raison un peu mystérieuse, et en tout cas pas très compréhensible historiquement, les Allemands considèrent qu’ils sont les vaches à lait de tout le monde. Est-ce le traumatisme du Traité de Versailles de 1919 qui imposa des réparations impossibles à honorer à l’Allemagne ? Ou n’a-t-on pas besoin de chercher une référence historique, et est-ce tout simplement la cure économique des dix dernières années qui a donné la rage à ceux qui se sont serré la ceinture, sur le ton de « si j’ai souffert, d’autres le devront également ».

Le grand philosophe Jürgen Habermas constate en tout cas que cette nouvelle mentalité allemande s’est installée au moment de la réunification et s’est renforcée depuis l’élection d’Angela Merkel en 2005. Il parle d’un recul de la « culture de la réserve » au profit d’une « conscience auto-centrée », aussi dans le domaine de la politique européenne qui vise désormais à installer « une Allemagne européenne dans une Europe germanisée ».

L’opinion publique allemande semble imposer sa volonté d’agir en faveur de l’intérêt allemand avant tout, et la zone euro et sa gouvernance actuelle sont perçus comme contraires à cet intérêt. Tant que les dirigeants politiques ne s’émanciperont pas de cette pression, l’euro et la politique impulsée par l’Eurogroupe sont en danger de mort.

Elisabeth Humbert-Dorfmüller, consultante, spécialiste de l’Allemagne, et membre du PS et du SPD

Zemmour et Los indignados.

L’ Espagne va mal. A l’occasion des dernières élections municipales, les socialistes au pouvoir ont été sanctionnés pour leur politique d’austérité contre la crise et un chômage record.

Depuis plusieurs jours déjà, un mouvement spontané de chômeurs et de précaires s’est rassemblé autour de la Puerta del Sol. Ce sont les indignés. Selon El Païs ils seraient plus de 15.000 personnes a être concentrées autour de cet endroit symbolique de la capitale espagnole.
Qui sont-ils ?.
Los indignados sont en majorité des jeunes qui subissent de plein fouet les conséquences désastreuses des politiques européistes et mondialistes menées depuis de nombreuses années par la droite et par la gauche espagnole.

Jusqu’où ira la chute de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce ?????


"Z comme Zemmour" du 23 mai 2011 par rtl-fr

La Grèce est sous la dictature de l’euro.

Petit à petit les langues se délient. Certains commentateurs semblent se rendre compte que défendre l’euro n’est plus tenable. Dernièrement dans la rubrique « Indiscrets » du journal L’Express on pouvait lire ceci:

« La sortie de l’euro inquiète :

L’aveu émane d’un ministre : si le discours de Marine Le Pen sur la sortie de l’euro trouve tant d’écho dans la population, c’est bien parce qu’il s’appuie sur une réalité. ‘Notre monnaie est surévaluée et on n’a pas les moyens de la ramener à sa juste valeur, face aux Chinois et aux Américains’, note ce membre du gouvernement »

Sur BMF le Chroniqueur Nicolas Doze se lâche:

« La Grèce ne pourra pas rembourser sa dette, tout le monde le sait, personne ne le dit »

(BFM TV – Rubrique Eco du 18-05-2011)

Et ce n’est pas fini. Cette semaine dans le journal le Monde on a pu lire cette tribune de Stéphane Madaule essayiste et maître de conférences à Sciences Po Paris…. les temps changent…

La Grèce est sous la dictature de l’euro.

Décidément, la potion libérale imposée à la Grèce depuis mai 2010 ne passe toujours pas : allongement des délais de remboursement des prêts de 110 milliards d’euros accordés par les Européens et le FMI, dégradation simultanée de deux crans de la notation de la dette publique à court terme et à moyen terme par l’agence Standard&Poor’s, le 9 mai, rumeurs avec de plus en plus d’insistance de restructuration de la dette publique, déficit budgétaire toujours hors contrôle, activité en berne, climat social dégradé… Annoncé en 2000, « le bouclier euro » qui devait assurer notre prospérité à tous s’est progressivement transformé en un objet non identifié qu’il convient de soutenir à coups de milliards et qui est si fragile qu’il devient l’objet de toutes les attentions, de toutes les dépendances. Qu’on en juge.

Chaque Etat de l’Eurogroupe n’est plus libre de fixer sa propre politique économique, sa propre politique financière, et doit ajuster ses principaux ratios d’endettement et de déficit public sur le plus vertueux des Européens. A l’inverse et de manière symétrique, la fiscalité et les transferts sociaux qui sont encore de compétence nationale, doivent flirter avec le moins-disant, c’est-à-dire le gouvernement le plus libéral. Chaque attaque sur la dette souveraine d’un Etat de l’Eurogroupe – Grèce aujourd’hui, Irlande et Portugal demain, Espagne et Italie après-demain – renforce les mécanismes d’une gestion commune qui voit les pays forts prêter aux pays faibles, en échange de programmes d’ajustements structurels élaborés par eux sous la houlette du FMI, ce qui les dépossède progressivement de leurs souverainetés économiques respectives. Baisse des déficits, modération des salaires, réduction de la protection sociale et des services publics sont devenus « les incontournables » d’une bonne gestion de la dette souveraine en euro.

Alors que reste-t-il aux gouvernements de l’Eurogroupe en matière de liberté d’action face à la dictature d’un euro sujet de toutes les attentions. Que reste-t-il aux libéraux de tout poils qui nous vantaient les mérites de l’euro et se trouvent en retour progressivement corsetés dans un dédale de contraintes toujours plus nombreuses à respecter ?

Mais si le prix à payer pour l’euro avait pour contrepartie une croissance économique plus forte que celle d’autres zones économiques, si le prix à payer pour l’euro était compensé par un bien-être supérieur en Europe, on pourrait à la rigueur accepter des sacrifices. Mais rien de tout cela. Aucun bénéfice de ce type. Depuis 2000, la croissance de la zone euro est systématiquement plus faible que celle des grandes zones économiques comparables. Les inégalités s’accroissent et se creusent au sein de l’Union. Globalement, à l’exception de l’Allemagne, l’emploi industriel et l’activité en général fuient la vieille Europe qui essuie sans réagir les dumping social, environnemental et monétaire de ses principaux concurrents.

RÉPARTITION ÉQUITABLE DES EMPLOIS

Alors à court d’arguments, les thuriféraires de la zone euro s’échinent à nous convaincre que la sortie de l’euro ou la fin de l’euro serait une catastrophe, comme si un tel système était installé une fois pour toute sans possibilité d’en changer, comme si toute évolution de ce type signifierait la fin de l’Union. Mais le simple citoyen comprend bien que les Grecs aujourd’hui, comme les Irlandais et les Portugais demain, auront bien du mal en serrant « les boulons » de leurs dépenses publiques à devenir comme par enchantement aussi compétitifs que les Allemands ou les Hollandais. Ce dont les pays du Sud de l’Europe ont urgemment besoin, c’est d’un ajustement monétaire leur permettant de retrouver des chances d’activité par rapport à leurs principaux concurrents européens.

Le simple citoyen comprend bien que ce n’est plus la lutte contre l’inflation et le niveau de l’euro qui sont prioritaires mais plutôt la quantité et surtout la répartition équitable des emplois sur l’ensemble du territoire européen. Ils ne croient plus à ceux qui nous disent que toute protection est devenue impossible, un salarié sur quatre travaillant pour l’exportation. Pourquoi mentir par omission et ne pas dire que les produits importés ont une balance supérieure en emplois aux exportations, singulièrement pour des pays comme la Grèce.

La rentabilité de l’activité d’une entreprise multinationale est systématiquement supérieure hors zone euro qu’en son sein. C’est bien pour cette raison que les grands groupes européens se délocalisent, continuent à faire de larges bénéfices, mais paient de moins en moins d’impôts en Europe. D’ailleurs dans un tel système, attention à ne pas s’extasier trop vite devant les excédents commerciaux allemands ? Il peut s’agir d’un indice de fragilité future, un indice d’inadaptation qui verrait les entreprises allemandes handicapées à terme par une délocalisation insuffisante de leurs activités, la seule porteuse de forte rentabilité dans un système qui prospère sur le socle des inégalités dans les conditions de production ?

L’euro devait être un bouclier nous assurant plus de liberté, plus de prospérité, plus d’indépendance. Il est progressivement devenu un boulet qui bride chaque jour un peu plus, qui rigidifie nos politiques économiques et financière, là où l’inventivité et la flexibilité devraient être de mise. Il est curieux que les libéraux ne s’en rendent pas compte, eux qui sont si attachés aux libertés publiques ? Il est curieux que les républicains laissent tragiquement aux extrêmes le champ libre pour débattre de ces questions. Méfions-nous des symboles intouchables qui mènent dans l’impasse. Le sort réservé à la Grèce n’est pas de bon augure.

Stéphane Madaule est notamment l’auteur de Questions d’Europe dont la troisième édition est parue aux éditions l’Harmattan. Il a publié « L’Allemagne puissance » dans la revue Le Débat (n°162 – décembre 2010).

Stéphane Madaule, essayiste, maître de conférences à Sciences Po Paris

Intervention de Marine Le Pen en séance plénière au Parlement européen


Intervention de Marine Le Pen : Évolution de la… par polecom

CONTRE LES TABOUS INDISCUTÉS par Maurice allais

Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.
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