Archives par mot-clé : fonction publique

Fonction publique, la « tentation FN »

Le Front national s’intéresse de plus en plus à la fonction publique, qui pourrait représenter un vivier d’électeurs. Outre les policiers et militaires, le parti frontiste compte aussi séduire les professeurs et les hauts fonctionnaires. Enquête de Pierre-Antoine Durand avec Sophie Herbé et Pauline Revenaz

Les fonctionnaires étaient jusqu’ici l’un des viviers de l’électorat de gauche. Ils sont désormais de plus en plus tentés par le vote Front national. Selon la dernière enquête du CEVIPOF, près de 25% ont l’intention de voter pour Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Avec le gel de salaires, certains fonctionnaires ont été déçu par la gauche et ils sont inquiets par le discours de François Fillon sur les suppressions massives de postes.

Policiers et militaires votent déjà pour le FN, mais la nouveauté c’est l’intérêt des professeurs Continuer la lecture de Fonction publique, la « tentation FN »

«Plus on est en contact avec les usagers, plus la probabilité de voter FN est élevée»

Ce qui préoccupe la ministre de la fonction publique, c’est le résultat du vote FN chez les fonctionnaires; elle organise même des débats sur le sujet…. ça laisse songeur sur l’ordre des priorités que se donnent les socialistes quand ils sont aux manettes du pays.
Pourris, lamentables et irrécupérables.
7355337-europeennes-qui-a-vote-fn

Lu sur Libération.

Marylise Lebranchu préside ce mardi un débat sur la fonction publique, alors que l’extrême droite progresse parmi les fonctionnaires. Elle reconnaît une «vraie inquiétude», en tout cas «un sujet majeur». Et cherche «des mots» pour s’adresser à ces fonctionnaires qui basculent de plus en plus dans «l’adhésion au FN». Ce midi de début juillet, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, a convié Luc Rouban et Joël Gombin, deux chercheurs en sciences sociales, à discuter avec elle de la montée du vote Front national dans la fonction publique.

(…)Le premier à s’exprimer est Luc Rouban, sociologue, spécialiste de la fonction publique. Il n’hésite pas à parler d’«explosion du vote FN parmi les fonctionnaires de catégorie C [le bas de l’échelle, ndlr]». Au premier tour de la présidentielle, en 2012, Marine Le Pen en a attiré 30%. Chez les enseignants, elle est à 5%, à 6% chez les cadres. Un faible score, mais en très forte progression.

Aux européennes, 23% des fonctionnaires et salariés d’entreprises publiques ont voté FN, estime son collègue, Joël Gombin. Ce résultat est proche de la moyenne nationale. «C’est une vraie rupture, récente, par rapport à 2012», relève ce spécialiste des dynamiques du vote Front national. Pour l’universitaire, il n’y a plus de spécificité du comportement électoral des fonctionnaires envers le FN. Et les marges de progression existent. «Le Front national a volontairement ciblé ce segment, laissé en déshérence», poursuit-il.

(…)Et c’est derrière les guichets des caisses de la Sécurité sociale, à l’hôpital, ou dans les services sociaux, que les fonctionnaires sont le plus sensibles aux thèses frontistes. «Plus on est en contact avec les usagers, plus la probabilité de voter FN est élevée», argumente Joël Gombin. «Les rapports interpersonnels sont devenus source de stress et d’angoisse.» Encore plus pour ceux qui ont à gérer en face-à-face, et souvent sans grands moyens, la souffrance et les colères des citoyens, pour qui la demande de service public est «infinie».

Malaise. Marylise Lebranchu parle d’un «effet miroir du fonctionnaire qui s’assombrit». Continuer la lecture de «Plus on est en contact avec les usagers, plus la probabilité de voter FN est élevée»

L’étrange ressemblance de la fonction publique et du clergé

Gauche libérale

Notre pays a connu la révolution la plus radicale du continent européen. L’absolutisme monarchique et les ordres privilégiés ont été mis à bas, d’abord philosophiquement par le siècle des lumières, puis politiquement et économiquement par la révolution libérale de 89. Contrairement aux nombreuses autres nations qui ont progressivement vidé la monarchie de son pouvoir en conservant son apparat, la France a choisi une république prônant la liberté et l’égalité entre tous. Pourtant, curieusement, plus de deux siècles après cet événement d’importance planétaire, il semble que notre pays, toujours aussi républicain en apparence, redevient l’hôte des privilèges, dans le vrai sens du terme, à savoir des droits particuliers qui sont accordés aux uns et pas aux autres. Les principes libéraux de 89 ont été oubliés au fur et à mesure d’une remontée du dirigisme. L’absolutisme monarchique a été remplacé par un absolutisme social qui peut se permettre tous les excès, fort de la caution morale que lui donne son combat pour la « justice sociale ». Dans cette société qui produit quatorze mille pages de textes réglementaires par an et où les dépenses publiques atteignent 56% du PIB, les fonctionnaires jouent un rôle central qui n’est pas sans rappeler celui du clergé dans l’ancien régime.

Les fonctionnaires, comme les prêtres, ont un rôle moral, ils œuvrent pour le bien public et sont investis d’une responsabilité particulière. Leur mission fait appel à la vocation et à une certaine notion de sacrifice. Si le curé sauve les âmes en priant pour le salut de tous, le fonctionnaire agit pour la communauté et, depuis quelque temps, pour les « générations futures », forme d’au-delà et manière d’accéder à une rédemption républicaine.

Comme le clergé, les fonctionnaires sont chargés d’une « mission ». Les syndicats ne se trompent d’ailleurs pas sur le choix des mots, lorsqu’ils réclament plus de moyens pour le service public, ce n’est pas pour obtenir de meilleures « conditions de travail » comme dans le privé, non, c’est pour pour pouvoir exercer leur « mission de service public » dans de meilleures conditions. Car les fonctionnaires, comme les curés, ne travaillent pas : ils « exercent une mission », qui sans être divine est collective et publique.

Il est frappant de comparer le champ d’action de la fonction publique avec celui du clergé dans la société d’ancien régime. Continuer la lecture de L’étrange ressemblance de la fonction publique et du clergé