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Aquilino Morelle : le double discours permanent de la gauche morale

FIGAROVOX/HUMEUR – Mis en cause par Mediapart pour son rôle de consultant pour l’industrie pharmaceutique alors qu’il dépendait de l’Igas, Aquilino Morelle a démissionné. François-Xavier Bellamy fustige l’hypocrisie et le cynisme de la classe politique actuelle.

File picture Manuel Valls, France's current Prime Minister, and Aquilino Morelle, French politician and former person in charge of the presidential program, arriving at the Elysee Palace in ParisAquilino Morelle a démissionné. Mediapart dévoilait hier une enquête approfondie sur ce proche conseiller de François Hollande. Le personnage tient depuis plusieurs années un rôle central – et l’on peut se demander d’ailleurs pourquoi il aura fallu tant d’années pour que la presse s’intéresse à son passé et à ses pratiques.

Il serait inutile de s’en prendre à la personne ; ce qui compte, c’est ce qu’elle représente. Le trafic d’influence auquel s’est livré M. Morelle jette une lumière nouvelle sur l’acharnement aberrant de la majorité pour libéraliser l’utilisation des embryons humains par les laboratoires. Mais sa portée est plus large encore.

Le plus significatif, et le plus grave, c’est en effet la contradiction absolue avec ce qu’écrivait au même moment la future plume de François Hollande. En 2010, Morelle publiait dans Libération une tribune qu’il faudrait reprendre mot pour mot aujourd’hui. Il y fustigeait «le rapport incestueux entre le pouvoir et l’argent», dont il accusait la droite, tombée selon lui dans «le déni – d’un tel cynisme qu’il tourne à la naïveté – de ce qu’est un conflit d’intérêt.» Avec le recul, ces propos prennent une singulière tournure…

Ils révèlent surtout l’incroyable hypocrisie de leur auteur. Celui qui reprochait à la mondialisation «l’explosion indécente des rémunérations» se faisait alors payer 12 500 euros hors taxe pour un déjeuner d’influence. Et s’offrait ensuite le luxe de dénoncer la «perversion» de ces dirigeants «qui accumulent en quelques années une fortune en monnayant leur carnet d’adresses». On croit rêver. Que M. Morelle ait choisi de servir les intérêts privés de multinationales du médicament pour en tirer des bénéfices personnels, ce n’était peut-être ni très légal, ni très moral, mais cela ne regarde que les juges – et sa conscience. En revanche, qu’il ait, comme responsable politique, à quelques mois d’une campagne présidentielle, dénoncé publiquement ce qu’il pratiquait en privé, cela regarde le citoyen.

Car, pour reprendre encore ses mots, «cette affaire permet à tous de saisir le sens de ce qui s’est passé depuis l’élection présidentielle: un mensonge de campagne suivi d’une volte-face». En l’occurrence, il s’agit d’une volte-face généralisée. François Hollande et ses proches sont arrivés à leurs fins par un discours diamétralement opposé à leurs actes, passés et futurs. Non que l’exercice du pouvoir les ait contraints de renier leurs convictions: le reniement dont il est question n’est même plus à cette échelle.

De là vient ce climat de mensonge permanent dans lequel est plongée notre vie publique depuis 2012. Mensonge partout, sur tout, toujours: «Je n’ai jamais eu de compte à l’étranger.» «La courbe du chômage s’est inversée.» «La reprise économique est là.» «Ceci n’est pas un plan de rigueur.» «J’ai découvert ces écoutes dans la presse.» «La théorie du genre est une rumeur…» On pourrait poursuivre encore longtemps la litanie de ces mensonges lucides, conscients, publics, répétés «les yeux dans les yeux».

On pourrait leur pardonner de s’être trompés. Mais il ne s’agit pas de cela: ils nous ont trompés. D’où le sentiment de vertige qui saisit le téléspectateur un soir d’élections, l’impression absurde d’assister à un jeu de rôles inversé. Le Parti socialiste dénonçait hier les politiques de réforme: il organise maintenant des plans d’austérité. Ceux qui s’en prenaient au discours de Grenoble assument aujourd’hui les premiers arrêtés explicitement dirigés contre les Roms. François Fillon était attaqué quand il se rendait à la béatification de Jean-Paul II, mais Manuel Valls ira à sa canonisation. Supprimer les départements était une faute, c’est aujourd’hui un grand projet. Plus grave encore: la droite faisait l’objet d’un procès permanent de la part des

grandes consciences démocratiques, au point que Nicolas Sarkozy était accusé de vouloir créer une «monarchie républicaine» ; mais dans la République irréprochable de François Hollande, le chef du parti majoritaire est nommé par l’Élysée, les procureurs sont révoqués pour non-conformité politique, la figure principale de l’opposition est sur écoutes depuis des mois, des centaines d’opposants pacifiques sont jetés en garde à vue sans motif, et une jeune immigrée doit dénoncer ses amis parce qu’ils ont manifesté contre un projet de loi… Où sont passées les indignations d’hier?

La plus grande faute de ces gouvernants, c’est qu’ils auront fini de dévaluer la parole politique. L’acte le plus nécessaire à la vie démocratique, celui de faire confiance, est devenu impossible. Au fond, notre pays n’a que des atouts, et son potentiel extraordinaire, son intelligence, sa générosité n’attendent que de pouvoir s’exprimer ; il serait capable de relever tous les défis, sans le cynisme qui l’érode de l’intérieur. Car avec la dette, la crise et le chômage – qui en sont les résultats visibles-, nos dirigeants légueront à leurs successeurs un danger plus inquiétant encore, le poison mortel d’une défiance qui, en rendant tout engagement suspect, pourrait finir par dissoudre la société. Aquilino Morelle a démissionné, mais l’urgence est maintenant de tirer concrètement la leçon essentielle de ce nouvel épisode: il n’est pas de confiance sans conscience. Aucune «pédagogie» n’y changera rien. Quelles que soient nos convictions, soyons certains que nous n’avons pas d’avenir commun si nous n’apprenons pas à nous réconcilier avec le réel, pour retrouver dans l’exigence de la vérité la source d’une parole qui ne déçoit pas.

France Terre d’Asile, L’Humanité, Harlem Desir : elle est pas belle, la gauche morale ?

Lu sur Riposte Laïque
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Pendant que l’obscène campagne antiraciste orchestrée par la gauche, bat son plein, sans arriver à le faire, dans l’ombre, humanitaires, journalistes, députés, labellisés à gauche détournent l’argent du contribuable à des fins qui servent leurs propres intérêts.

Ce n’est pas nouveau, mais ça choque plus de la part d’une gauche qui donne à tout va des leçons de morale. Voici une liste non exhaustive des derniers manquements graves à l’éthique. Et encore, on ne nous dit pas tout, pour reprendre la fameuse phrase d’ Anne Roumanoff dans son facétieux « Radio bistrot »
– Du côte des humanitaires .
France Terre d’asile, a un directeur qui s’applique à lui-même le dicton : « Charité bien ordonnée… » Il est soupçonné de détournement de fonds publics

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/05/01016-20131205ARTFIG00526-le-directeur-de-france-terre-d-asile-dans-la-tourmente.php

L’association que dirige cet indélicat, France Terre d’asile, n’est pas dans le besoin : elle jouit d’un budget de 50 millions d’euros entièrement à base de subventions publiques (70% du ministère de l’Intérieur). Mais à un article du Monde qui pointait du doigt les associations les plus grassement subventionnées, France terre d’asile précise que ce ne sont pas des subventions, mais « des dotations en contrepartie de prestations réalisées dans le cadre de la mise en œuvre de politiques publiques ». Tout est question de langage.

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