Archives par mot-clé : Hugo Chávez

Venezuela: le modèle de Mélenchon fait naufrage. 20 morts et 600 prisonniers politiques

Il y a dix ans, quand vous disiez que la politique menée par Chavez était dramatique, Mélenchon vous traitez de fasciste et vous suspectait d’être un agent de la CIA. Aujourd’hui le président chaviste du Venezuela, Nicolas Maduro, est dans l’incapacité de contenir la crise qui couvait depuis des années et que Chavez a longtemps cacher grâce à la rente pétrolière. C’est tout un système social, économique et politique qui s’effondre. La réaction des autorités vénézuélienne n’est pas étonnante, c’est celle que les régimes socialistes appliquent à chaque fois: l’emprisonnement des opposants, les tirs à balle réelles sur la foule et les milices qui répriment…
Bilan: 20morts et 600 prisonniers dans un pays qui est l’un des plus riche au monde ( Le Monde: Venezuela : défilé silencieux en hommage aux vingt personnes tuées dans les manifestations)

Nous n’avons pas le droit, si nous sommes vraiment démocrates, de négliger le soutien qu’apporte Mélenchon à ces régimes socialistes qui basculent à chaque fois dans l’autoritarisme. Nous devons comprendre quels sont les ressorts qui font basculer ces pouvoirs dans l’horreur. Il n’y a pas de hasard. L’histoire politique du 19ème et du 20ème siècle nous informe sur ces impasses idéologiques. La vision romantique de l’homme, la philosophie politique faite de rousseauisme, d’égalitarisme et de messianisme révolutionnaire, la haine de la réussite et de la liberté individuelle, les solutions économiques collectivistes ( matraquage fiscal, confiscation par l’Etat des biens et des services, planification, protectionnisme communiste, paternalisme…) forment le socle théorique des délires de Mélenchon et de ses compagnons de route.

Ce qui se passe au Venezuela doit nous faire réfléchir sur la gauche qui Continuer la lecture de Venezuela: le modèle de Mélenchon fait naufrage. 20 morts et 600 prisonniers politiques

Pourquoi les Vénézuéliens de Paris sont consternés par Mélenchon.

Le candidat de la France insoumise érige le régime chaviste en modèle et a inscrit l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques dans son programme.

Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracaspour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. Dans un entretien accordé à Ouest France la semaine dernière, il déclarait: «Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien!» «Six affirmations et quatre purs mensonges», déplore Jose Ocariz, qui vit en France depuis une quinzaine d’années.

Une alliance en train de péricliter Continuer la lecture de Pourquoi les Vénézuéliens de Paris sont consternés par Mélenchon.

Mélenchon admire Maduro, Morales, Chavez, Castro… que des grands démocrates!

Voir aussi:

Michel Onfray  sur la mort de Fidel catsro et les pleureuses mélenchoniennes.

Rappel: Maduro vient de faire un coup d’État.

La vidéo qui suit résume bien les dérives dangereuses des engagements et du romantisme révolutionnaire de Mélenchon. Son programme économique, social et culturel serait pire que la ruine.

Souvenez-vous à la mort de Fidel Castro Mélenchon a versé un torrent de larme. Les intonations lyrique de son discours étaient d’une grossièreté confondante. Peu de gens se sont émus de ce soutien en faveur d’un dictateur qui a liquidé ses opposants et fait fusiller les homosexuels de l’île de Cuba.

N’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, les crimes de Fidel Castro ne sont pas un point de détail de l’histoire

Taguieff : le terrorisme intellectuel reste l’apanage de la gauche et de l’extrême- gauche(2/2)

Le philosophe s’interroge dans son dernier livre sur la persistance à gauche d’un antifascisme imaginaire hérité de la propagande soviétique des années 1950.

fascisme-antifaFigaroVox: Vous dénoncez dans votre livre la dissymétrie entre une «extrême droite» diabolisée et une extrême gauche pardonnée de ses excès. D’où vient ce «deux poids deux mesures»?

Pierre-André TAGUIEFF: C’est là un héritage de l’antifascisme soviétique, dont les idéologues et propagandistes, depuis les années 1950, n’ont cessé de marginaliser ou de calomnier en France la position antitotalitaire ou anti-extrémiste pour camoufler la criminalité du communisme, et permettre à la gauche de se «ressourcer» régulièrement en revenant à Marx ou à tel ou tel théoricien révolutionnaire et anticapitaliste (Lénine, Trotski, Gramsci, etc.). Il importe à une partie de la gauche de laisser ouverte la voie d’un retour éventuel à l’idée communiste, donc de ne pas diaboliser le communisme, en dépit de ses crimes, comme elle diabolise le fascisme, et plus particulièrement le nazisme. Cette gauche nostalgique suppose que l’idée ou l’utopie communiste est bonne en elle-même, et que seules ses réalisations historiques ont échoué. Alors qu’elle postule que le nazisme est en lui-même un mal, qu’il incarne même le Mal absolu. Ce traitement asymétrique est caractéristique de l’antifascisme dans toutes ses variantes, et nous rappelle que, comme l’avait bien vu George Orwell, la gauche est antifasciste mais non antitotalitaire. J’ajouterai qu’elle voit le «fascisme» là où il n’est pas (Raymond Aron et le général de Gaulle ont été traités de «fascistes»), et que, simultanément, elle ne voit pas le fascisme où il est, par exemple dans le chavisme tant admiré par Jean-Luc Mélenchon. Une admiration partagée par le polémiste Alain Soral qui se définit lui-même, pas seulement par provocation, comme «national-socialiste».

«Nous vivons dans un univers de spectres, où aux fascismes imaginaires font écho des antifascismes imaginaires d’aujourd’hui», écrivez-vous. Pourquoi l’antifascisme idéologique a-t-il survécu à la mort du fascisme politique alors que l’anticommunisme a, lui, disparu suite à l’effondrement du bloc soviétique?

L’antinationalisme est progressivement devenu la principale reformulation du vieil antifascisme. Mais les antinationalistes en sont venus à diaboliser la nation comme telle. C’est ce que j’ai appelé naguère, au début des années 1990, l’«antinationisme», qui s’est transformé en idéologie dominante dans les milieux européistes. La projection sur la nation de tous les traits répulsifs du «fascisme» en est le principe moteur. Dans la rhétorique de combat centrée sur la dénonciation des «eurosceptiques» ou des «europhobes», c’est bien le sentiment national qui est incriminé, au point d’être criminalisé. De la même manière, la reformulation antiraciste de l’antifascisme, qui se traduit principalement par la célébration de l’immigration comme méthode de salut, est centrée sur la diabolisation de la nation comme identité collective et souveraineté. Comme l’existence même des frontières nationales, la distinction simple entre nationaux et étrangers est considérée par les «antinationistes» comme un scandale.

Pour ces nouveaux utopistes, il faut que disparaissent les États-nations pour que l’humanité s’unifie à travers la multiplication des processus migratoires sans contrôles ni limites. Leur rêve est d’instaurer une démocratie cosmopolite, dans un espace post-national qu’ils s’efforcent de construire en délégitimant le sentiment national tout en érigeant l’immigration de masse en fatalité et en phénomène intrinsèquement bon ou bénéfique.

Il faut relever ce grand paradoxe: alors que jamais, depuis 1945, le nationalisme ne s’est Continuer la lecture de Taguieff : le terrorisme intellectuel reste l’apanage de la gauche et de l’extrême- gauche(2/2)

Mort d’Hugo Chavez, quelques réalités derrière la légende

Hugo Chavez vient de mourir. Les chefs d’Etat ainsi que les politiques semblent unanimes pour rendre hommage au « grand homme » et au « grand révolutionnaire ». Les hommages rendus traversent les clivages de l’extrême gauche (Jean-Luc Mélenchon : « Ce qu’il est ne meurt jamais ») à la droite nationale (Florian Philippot : « Chavez, c’était d’abord une volonté, un courage, à l’intérieur comme à l’extérieur de son pays »).

Mais derrière la légende et l’hagiographie, nous avons voulu en savoir un peu plus sur la réalité de la situation politique et économique du Vénézuela en posant quelques questions à Michaël Rabier, journaliste, correspondant en Colombie et au Venezuela. Chercheur à l’Institut Hannah-Arendt de l’université de Paris-Est Marne-La-Vallée. Avec Stephen Launay, il est l’auteur de « La révolution sans la révolution, Hugo Chávez et le socialisme du XXIème siècle », à paraître aux éditions Vendémiaire.

Hugo Chavez est devenu l’icône à la fois de l’altermondialisme de gauche et de l’antimondialisme de droite. A l’heure du bilan cette sanctification posthume est-elle justifiée ?
Je comprends bien pourquoi Chávez est devenu l’icône d’une certaine gauche, anticapitaliste et antilibérale, dans la mesure où il a fait sa carrière politique sur le renouvellement du mythe du « bon révolutionnaire » pour reprendre l’expression du regretté journaliste vénézuélien Carlos Rangel. En ce sens, il s’inscrit dans la « tradition » révolutionnaire, marxiste et tiers-mondiste, supposément typiquement latino-américaine, mais en réalité forgée par la mauvaise conscience des Européens, image sulpicienne dans sa version exotique – mais fausse, voire méprisante. Du côté de la droite nationale, mis à part la dilection de certains de ses partisans pour les uniformes militaires – caricature symétrique de la gauche altermondialiste à quoi ils réduisent souvent l’Amérique du sud –, je ne sais. Si ce n’est l’explication par son anti-américanisme obsessionnel… Que les Vénézuéliens sanctifient leur président qu’ils assimilent à la figure quasi divine du Libertador Bolivar, on peut l’entendre lorsque l’on connaît leur histoire politique, mais les autres ? A moins de rester prisonnier d’un rhétorique datant des années 70, je ne vois pas ce qu’a apporté Hugo Chávez au XXIème siècle, si ce n’est le recyclage de vielles lunes révolutionnaires et d’un tiers-mondisme victimaire. Continuer la lecture de Mort d’Hugo Chavez, quelques réalités derrière la légende