Archives par mot-clé : Irak

G.-W. Goldnadel : Les détracteurs de Trump oublient qu’Obama avait agi de même avec l’Irak !

Pour Gilles-William Goldnadel, les médias convenables se gardent bien de rappeler, à propos du décret anti-immigration de Donald Trump, que le président Obama lui-même avait interdit aux Irakiens d’entrer aux États-Unis en 2011, pour les mêmes raisons sécuritaires. Explications.

Aymeric Chauprade : “Je suis entré en politique pour aider Marine Le Pen à stopper le changement de population”

Aymeric Chauprade, géopoliticien français reconnu et auteur notamment de Géopolitique : Tendances et changements dans l’Histoire, a récemment publié une tribune sur la place de la France face à la question islamique, qu’il définissait comme une priorité. Récemment engagé aux côtés du Front National, avec lequel il a été élu au parlement européen, M. Chauprade a répondu à nos questions suite au débat qui a suivi sa prise de position radicale contre l’État islamique et, secondairement, en faveur d’Israël face au Hamas.

LBDP : Est-ce la mort de Dominique Venner qui dicte votre engagement politique aujourd’hui ?

A. Chauprade : Ce qui dicte mon engagement politique aujourd’hui c’est d’abord une réalité charnelle et sentimentale : une famille, des enfants auxquels je veux laisser un avenir français et européen. […]

Dominique Venner… m’a consolidé dans mon combat pour l’identité de notre civilisation.

Y a-t-il une différence de ligne entre le Chauprade géopoliticien indépendant et le Chauprade candidat du Front National ?

Une différence de ligne certainement pas. Je me suis engagé pour faire gagner mes idées et non pour en changer. Une différence d’approche et de traitement des idées oui et c’est normal. Le champ libre de la politique est plus réduit que le champ libre de l’écriture. Il y a des contraintes de formulations évidentes. L’autre différence c’est que l’écriture est tendue vers l’explication tandis que la politique est tendue vers la solution. […]

Je suis entré en politique avec un objectif simple : aider Marine Le Pen à arriver au pouvoir pour que celle-ci stoppe le changement de population qui est en train de nous vider de notre substance, de notre civilisation. […]

 

Votre récente tribune, « La France face à la question islamique », a été beaucoup critiquée par certains milieux, qui vous accusent entre autres de soumission à Israël. Qu’avez-vous à leur répondre ?

[…] Quant à l’accusation d’être soumis à Israël, comme d’ailleurs à un quelconque autre État, elle est grotesque. Je ne veux même pas mettre en avant l’argument suivant lequel j’ai voyagé dans tous les pays du Moyen-Orient sauf Israël, car je m’autorise à aller un jour dans ce pays et personne ne m’en empêchera. […]

Dans votre ouvrage « Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire », vous mettez en garde contre une vision monocausale du monde. N’avez-vous pas fait de même dernièrement par rapport à l’islamisme ? Continuer la lecture de Aymeric Chauprade : “Je suis entré en politique pour aider Marine Le Pen à stopper le changement de population”

Libye : Est-il encore possible d’empêcher la création d’un « État islamique d’Afrique du Nord » ?

Par Bernard Lugan (Ce communiqué peut-être repris à condition d’en mentionner la source)

Au point de vue militaire la situation libyenne a considérablement évolué depuis mon précédent communiqué en date du 17 août dernier.

80052_remerciement-a-nicolas-sarkozy-lors-d-une-manifestation-de-libyens-le-18-mars-2011-a-benghaziAu point de vue militaire la situation libyenne a considérablement évolué depuis mon précédent communiqué en date du 17 août dernier :

– A l’Est, en Cyrénaïque, l’offensive du général Haftar a été bloquée par les milices islamistes; le 22 juillet, à Benghazi, le quartier général de ses forces spéciales a même été pris d’assaut.
– A l’Ouest, en Tripolitaine, les milices de Misrata (Frères musulmans) et les salafistes de Tripoli surarmés par le Qatar et par la Turquie, paraissent prendre peu à peu le dessus sur les milices berbères de Zenten dans la région de l’aéroport principal de Tripoli. Le second aéroport de la capitale, celui de Maïtigua, est déjà contrôlé par les islamistes d’Abdelhakim Belhaj.

La stratégie des salafistes, des Frères musulmans et du Qatar est désormais claire : faire de la Libye une base de déstabilisation régionale. De fait, l’Égypte et l’Algérie sont directement menacées cependant que la Tunisie n’arrive pas à liquider les maquis des monts Chaambi. Quant au Maroc, il va être dans les prochains mois la cible d’un nouveau mouvement fondamentaliste baptisé Unicité et jihad au Maghreb al-Aqsa. Au Sud, le Mali, le Niger et le Tchad vont automatiquement subir la contagion de la situation libyenne.

Le processus de déstabilisation de la Libye a été très largement pensé et supporté par le Qatar qui, dans un premier temps, a utilisé Al-Jazira pour diaboliser le régime Kadhafi. Le bras armé de cet insatiable et arrogant petit émirat fut Nicolas Sarkozy qui, subverti par BHL, imposa l’intervention internationale en reprenant à son compte les mensonges d’Al-Jazira au sujet d’une menace inventée sur les populations de Benghazi.

La situation étant aujourd’hui ce qu’elle est, est-il encore possible d’empêcher la création Continuer la lecture de Libye : Est-il encore possible d’empêcher la création d’un « État islamique d’Afrique du Nord » ?

En 2011 SAS expliquait quelles seraient les conséquences de la chute de Kadhafi. (Extrait de: SAS Les fous de Benghazi)

En 2011 SAS expliquait quelles seraient les conséquences de la chute de Kadhafi. (Extrait de: SAS Les fous de Benghazi)

Il commet juste une erreur, il voit l’émergence du califat en Lybie, et non pas en Irak comme cela s’est passé par la suite.

Télécharger en PDF l’extrait de SAS « les fous de Benghazi »

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Ou lire la transcription ci-dessous:

Afin de contrer les Islamistes prêts à prendre le contrôle de la Libye post-Kadhafi, les Américains tentent de rétablir une monarchie constitutionnelle en Libye, avec le petit-fils du roi Idriss, renversé par Kadhafi.
Le prétendant au trône, Ibrahim Al Senoussi, qui habite Londres, vient au Caire pour prendre des contacts.
Or son vol échappe de justesse à un attentat avant son atterrissage au Caire. Un attentat réalisé à l’aide d’un missile venant de l’arsenal militaire Libyen.

Malko – Vous avez aussi découvert comment ce missile sol-air livré à la Libye de
Khadafi il y a treize ans, s’est retrouvé ici ?
Jerry Tombstone (CIA)– Nous avons une hypothèse plus que plausible. D’après les documents que nous avons récupérés à Tripoli, nous savons que le Strella était stocké dans une caserne de l’armée libyenne dans la ville d’Al Beida, à l’est de Benghazi. Deux jours après la « Révolution du 17 février » une foule d’insurgés en a chassé les soldats khadafistes et vidé le dépôt d’armes jusqu’à la dernière cartouche.
– Que sont devenues ces armes ?
L’Américain eut un sourire ironique.
– Nous en avons au moins retrouvé une. Les autres sont dans la nature.

Beaucoup ont été pillées par la population libyenne, d’autres sont vraisemblablement parties vers le sud, le Niger et le Mali, pour renforcer les katibas de l’AQMI (1). Les Services français nous ont signalé la présence de membres de l’AQMI dans la région de Benghazi, venus faire leur marché. Certaines sont parties pour l’Égypte. D’ailleurs, l’armée égyptienne a intercepté deux camions bourrés d’armes, des Kalachs, des RPG 7 et des munitions. Ce dont nous nous moquons. En revanche, c’est la première trace du stock de quarante Strella stockés à Al Beida.

– Ils n’ont pas été transférés à Gaza ?
Jerry Tombstone hocha la tête.

– It’s a distinct possibility (2). Mais pas forcément au Hamas. Il y a là-bas un groupe salafiste très actif, le Jund Ansar Allah, totalement radical. Il ne veut ni négociations avec les Israéliens, ni autre pouvoir que celui de Dieu. Ils ont proclamé, il y a quelque temps, l’Émirat Indépendant de Gaza, contre la volonté du
Hamas et sont intégrés au clan Dogmush, une puissante famille de Gaza. Ils sont financés par le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Yemen. Et surtout, ils ont
des liens avec la branche clandestine des Frères Musulmans égyptiens, le Tanzim Al Assazi, qui, eux, sont très proches d’Abu Bokatalla, chef d’une katiba takfiri, originaire de Darna.

Nous savons, par des écoutes, que Abu Bokatalla est très lié au Qatar et très actif à la construction d’un Émirat islamique en Libye. Donc, c’est possible que certains des Strella volés à Al Beida se soient retrouvés à Gaza. Cependant, cela n’inquiète pas trop les Israéliens. Ces Strella ne sont pas dangereux pour des appareils de combat modernes, bourrés de contre-mesures électroniques.

Malko écoutait l’exposé de l’Américain, de plus en plus perplexe.

– Vous voulez dire qu’on a voulu tuer Ibrahim Al Senoussi et sa maîtresse en
sacrifiant délibérément les autres passagers de ce vol ? Il y a d’autres méthodes pour
liquider un gêneur.

Jerry Tombstone lui jeta un regard de commisération.

– En 1990, les Services libyens ont placé une bombe – une valise piégée – sur un
vol de l’UTA reliant Libre-ville, N’Jamena et Paris. La bombe a explosé au-dessus
du Ténéré, tuant évidemment tous les passagers. Les Services libyens avaient appris
qu’un opposant notoire au colonel Khadafi devait se trouver sur ce vol.
Heureusement pour lui, il a raté l’avion, mais les autres passagers sont morts.
– Pour rien.

Un ange passa, un brassard noir autour des ailes.

– Ce doit être facile de tuer quelqu’un dans une ville comme Le Caire. Sauf s’il
dispose d’une protection rapprochée efficace.
– Certes, reconnut Jerry Tombstone, mais le meurtre ciblé d’un Libyen au Caire
aurait embarrassé les Frères Musulmans qui se présentent aux élections législatives
dans quelques semaines.
– Ils font profil bas.
– Abattre un avion de ligne, ce n’est pas faire profil bas…On peut mettre cela sur le dos des extrémistes Jund Ansar Allah de Gaza. Ils sont déjà venus attaquer des Israéliens près d’Eilat, à partir du sol égyptien. Même si ceux-ci sont aidés par des membres du Tanzim Al Assazi , la branche clandestine des frères Musulmans.

– Bien, conclut Malko, il y a quand même un gros point d’interrogation :
pourquoi avoir tenté d’assassiner Ibrahim Al Senoussi ?

Jerry Tombstone hocha la tête, avec la satisfaction d’un professeur à qui on pose
une question intelligente.

– C’est la bonne question ! reconnut-il. Bien entendu, mon homologue de Vienne
n’a pas mentionné l’opération « Sunrise » ?

– Non, confirma Malko.
Les Américains avaient la manie de baptiser leurs manips secrètes de noms
poétiques.

Jerry Tombstone émit un hennissement plein de retenue.

– Eh bien, je vais vous mettre au courant. En revenant un peu en arrière. Depuis
2003, lorsque le colonel Khadafi a renoncé à se procurer des armes nucléaires, sous
notre amicale pression, nous étions redevenus amis. Il était toujours fou, mais
c’était notre fou.
– L’amicale pression avait consisté à menacer Khadafi de vitrifier la Libye s’il
s’obstinait dans la recherche du nucléaire.

Jerry Tombstone continua de sa voix professorale.

– En plus, nous avions le même ennemi : les islamistes et Al Qaida. Il s’est mis à nous aider beaucoup… Nous aussi, d’ailleurs, en lui signalant des gens qui
pouvaient lui nuire et en lui fournissant du matériel d’écoute. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsqu’a éclaté la révolte du 17 février 2011 à
Benghazi. Nous n’étions pas trop inquiets, connaissant le rapport de force entre l’armée de Khadafi et ces manifestants, mal armés et pas entraînés.Seulement, la France a fait du zèle, par droit-de-l’hommisme et a entraîné la Grande-Bretagne dans une croisade anti-Khadafi.

» Vous connaissez la suite : Khadafi savait mater des opposants mais n’était pas
de force contre l’OTAN.

» Ensuite, nous avons très vite compris que, parmi les opposants à Khadafi, les
seuls organisés étaient les Islamistes de tous poils, les autres n’étant que des « idiots
utiles » comme aurait dit Lénine.

» L’Agence s’est mise à travailler sérieusement et a découvert un pot-aux-roses
inquiétant : le rôle du Qatar. Certes, officiellement, il avait pris le parti des rebelles, donnant de l’argent et des armes. Nous avons appris que, secrètement, l’Émir du Qatar, le Cheikh Hamad, avait décidé de mettre la main sur la « révolution libyenne ».

– C’est loin du Qatar la Libye, remarqua Malko. Et le Qatar n’a pas besoin de
pétrole, il en a…
– Certes, reconnut Jerry Tombstone, mais il y a un lien entre les deux pays : la
famille Salabi, des Libyens opposés à Khadafi, car islamistes bon teint. Trois frères.
» Ali Salabi fut jeté en prison par Khadafi dans les années 80. Libéré, puis exilé, il

se réfugia au Qatar où il fut accueilli à bras ouverts par un théologien des Frères
Musulmans, Youssef Al Qaradawi, qui prêche sur la télé Al Jezirah que prôner une
constitution laïque en Libye équivaut pour un musulman à commettre un crime
d’apostasie…

– Rassurant… remarqua Malko.
– Je ne vous le fais pas dire, enchaîna Jerry Tombstone. C’est Ali Salabi qui a
convaincu l’Émir du Qatar d’aider les rebelles anti-Khadafi.
» À commencer par son frère, Ismail Salabi, qui a fondé la Katiba du 17 février, Continuer la lecture de En 2011 SAS expliquait quelles seraient les conséquences de la chute de Kadhafi. (Extrait de: SAS Les fous de Benghazi)

Autre groupe terroriste de Gaza : le Jund Ansar Allah pire que le Hamas ?

Je suis étonné que la presse française fasse l’impasse sur Jund Ansar Allah, une organisation terroriste plus radicale que le Hamas et qui est à l’origine du califat de Gaza. Ce groupe voit d’un très bon œil le califat d’EIL en Irak, et a des intérêts dans la montée des violences. En 2012, dans SAS Les fous de Benghazi, Gérard de Villier démontre comment cette organisation, qui est en lien avec les frère musulmans et qui est financée par le Qatar, considère l’attaque de la Lybie par la France comme une très bonne nouvelle pour son projet politique.

Extrait d’un article de Times Off Israel

Après quatre semaines d’opération punitive israélienne, aérienne et terrestre, qui a fait près de 2 000 morts (dont environ 1 000 hommes armés, selon Israël) et détruit une grande partie de la bande de Gaza, le Hamas survit.

Pour Israël, cela pourrait ne pas être le pire cas de figure.

Parce que malgré son extrémisme violent, le Hamas régit un territoire, entretient un département de service social et contrôle les factions extrémistes plus réduites.

Grâce à des médiateurs, le Hamas et Israël ont conclu des accords en 2011 et en 2012, et en négocient un nouveau en ce moment-même au Caire.

Mais beaucoup d’organisations djihadistes compatriotes du Hamas à Gaza n’ont pas les mêmes intérêts. Pour la plupart, le seul objectif est de combattre, et pas seulement Israël, mais de propager le règne islamiste à travers le monde entier.

C’est pourquoi, au beau milieu du conflit le 28 juillet, le chef de la Defense Intelligence Agency sortant, le lieutenant-général Michael Flynn, a déclaré qu’à la place du Hamas pourrait s’installer « une entité comme l’EIIL », le groupe islamiste radical qui conquiert l’Irak et la Syrie.

« Si le Hamas était détruit et venait à disparaître, nous nous retrouverions probablement avec bien pire », a déclaré Flynn, selon Reuters.

(…)
Les groupes djihadistes

Un certain nombre de groupes djihadistes sont actifs dans la bande de Gaza. Ils sont favorables ou participent à l’objectif de l’État islamique et d’Al-Qaïda de rétablir un califat islamique international. Parmi eux, l’Armée de l’Islam, qui a participé à l’enlèvement de Shalit, et qui a kidnappé le journaliste de la BBC Alan Johnston en 2007.

Un autre groupe, Tawhid wal’Jihad, a tiré un certain nombre de roquettes sur Israël et est célèbre pour l’enlèvement et l’assassinat en 2011 de Vittorio Arrigoni, militant italien de l’International Solidarity Movement.

Un autre groupe, Jund Ansar Allah, a tenté d’attaquer Israël en 2009 et a déclaré Gaza émirat islamique cette même année, déclenchant un échange de tirs avec les forces du Hamas.

Un islamiste à un enfant d’origine belge : Tu veux être djihadiste ou martyr ?

Addendum 15 Aout:

« Tu préfères être jihadiste ou effectuer une opération suicide? »: l’enfant qui apparaît dans ce reportage est originaire de Saint-Josse (Belgique)

Suite à nos révélations, la commune de Saint-Josse avait ouvert une enquête pour identifier le jeune garçon qui apparaît dans un reportage sur l’organisation terroriste de l’Etat islamique . Nous apprenons qu’il a été formellement identifié et est bel et bien originaire de la commune de Saint-Josse-ten-Noode (Belgique).

L’homme qui est présenté dans le reportage comme étant le père de l’enfant, s’avère être son beau-père, un Français établi depuis 2009 à Saint-Josse-ten-Noode, a indiqué jeudi le parquet fédéral.

Le documentaire diffusé sur le site d’information Vice News, dévoile la vie au quotidien à Racca, une ville du centre de la Syrie tenue sous la coupe de l’État islamique (EI). On y voit notamment un homme surnommé ’Adbullah al-Belgian’ (Abdullah le Belge), qui serait parti depuis la Belgique pour combattre avec l’EI. Cet intervenant donne également la parole à un enfant qu’il présente comme son fils devant les caméras de Vice. Le père comme le garçon profèrent des menaces à l’encontre de ceux qu’ils qualifient d’infidèles.

Le parquet fédéral a pris connaissance de ce reportage et a ouvert une enquête en début de semaine afin d’identifier l’homme et le garçon. La police de la zone de Bruxelles-Nord (qui couvre les communes de Saint-Josse-ten-Noode, Evere, Schaerbeek) avait indiqué avoir également ouvert une enquête car selon certaines rumeurs, l’enfant aurait été scolarisé dans un établissement de Saint-Josse-ten-Noode.

Comme l’a écrit dès mardi La Capitale, le garçon, qui est âgé de 6 ans, a finalement été reconnu par une enseignante de l’école fondamentale francophone Joseph Delclef. L’homme présenté dans le reportage comme le père de l’enfant a également été formellement identifié. Selon Het Laatste Nieuws et De Morgen, il serait parti avec son beau-fils mais également avec son épouse et ses deux belles-filles. Le parquet fédéral n’a toutefois pas confirmé cette information.

Source

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Un islamiste à un enfant d’origine belge : Tu veux être djihadiste ou martyr ?
Cette vidéo n’est pas traduite mais elle n’est pas difficile à comprendre. En Irak un islamiste pose la question à un enfant d’origine belge si il veut devenir djihadiste ou martyr.


Islam :Tu veux être djihadiste ou martyr ? par prechi-precha

«La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français» par Aymeric Chauprade (FN)

«La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français» par Aymeric Chauprade (FN)

Il est loin le temps où le monde arabe rêvait de développement, de modernisation, de sécularisation d’un islam sunnite toujours menaçant pour les minorités chrétiennes et chiites. Ce temps là c’était celui du nationalisme arabe, de Nasser jusqu’à Saddam Hussein en passant par Hafez el Assad. Le temps de régimes autoritaires tournés vers le développement et qui offraient aux femmes, aux chrétiens et à toutes les minorités un rempart face au fondamentalisme sunnite autant que d’inéluctables perspectives d’ouverture démocratique si l’on avait bien voulu laisser les processus internes se dérouler à leur rythme historique. C’était aussi le temps où la cause palestinienne était encore une cause nationaliste et pas encore une cause islamique. Seulement voilà, de l’eau a coulé sous les ponts et l’Autorité palestinienne comme le Fatah ont été effacés par le Hamas.

Prendre acte de la disparition du nationalisme arabe

Ce temps des nationalismes arabes est bien révolu. Rongé par la corruption de ses propres élites, dévasté volontairement par la politique américaine (ennemie des nationalismes pétroliers) autant que par l’énorme erreur stratégique d’Israël avec lequel il aurait pu s’entendre pour assurer à la fois l’existence d’un État palestinien et la sécurité de l’État juif, le nationalisme arabe a signé son acte de décès.

En septembre 2001, la collusion probable entre une partie de l’État profond américain et l’État profond saoudien (ses services de renseignement), qui fut une sorte d’aboutissement paroxystique d’une alliance monstrueuse née dans la guerre d’Afghanistan face aux Soviétiques, créa une onde sismique mondiale. Le fondamentalisme sunnite se déchaîna tandis que les États-Unis, profitant de la « guerre contre le terrorisme » tentèrent d’opposer l’utopie d’un projet unipolaire à l’évidence du monde multipolaire.

Les partisans de la politique américaine purent successivement applaudir la guerre en Afghanistan contre des Talibans que Washington, Islamabad et Riyad avaient créés, la destruction du régime de Saddam Hussein à Bagdad, les révolutions colorées en Géorgie puis en Ukraine pour faire pièce à une Russie renaissante grâce à Vladimir Poutine, ou bien encore la politique d’isolement de Téhéran au prétexte d’une possible bombe iranienne.

Fiction occidentale, le « Printemps arabe » ne fut qu’un sombre festival qataro-saoudien. Le Qatar et ses amis « Frères musulmans » purent s’offrir les régimes Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, Kadhafi en Libye, la terreur et le chaos en Syrie. Quant à l’Arabie Saoudite, elle emporta le deuxième acte au Caire en éliminant, grâce aux généraux égyptiens, Morsi et ses Frères musulmans mais elle disputa au Qatar l’influence sur les groupes terroristes en Syrie.

Toute cette œuvre funeste d’égorgements, de décapitations, de viols des jeunes chrétiennes ou chiites vierges, d’exécutions sommaires, de prisonniers enterrés vivants, de vidéos macabres postées sur Youtube et téléchargées des dizaines de milliers de fois dans nos banlieues, tout cela nous le devons « à nos magnifiques alliés », nos nouveaux amis du Moyen-Orient, gorgés de pétro-dollars, le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Le bilan de Sarkozy et Hollande au Moyen-Orient : chaos islamiste et crimes contre l’Humanité

La dernière fois que nos gouvernants eurent un peu de bon sens au Moyen-Orient ce fut en 2003 quand Chirac refusa de s’associer à la guerre américaine en Irak. Certes notre politique était alors à la remorque de l’Histoire ; certes elle s’accrochait à des régimes finissants, mais c’était une politique « du moindre mal » et ce n’était déjà pas mal. Du moins nos ambassadeurs arabisants de l’époque, avant que Sarkozy et Hollande ne remplacent ceux-ci par des humanitaires naïfs quand ils n’étaient pas des hommes d’affaires cyniques, du moins ces vrais ambassadeurs (comme celui qui m’avait accueilli en février 2003 à Bagdad pour rendre à Tarik Aziz sans doute l’une de ses dernières visites) connaissaient-ils cet Orient compliqué et anticipaient-ils les horribles carnages communautaires qui devaient inéluctablement se produire en lieu et place des vieux régimes « laïcs ».

Nous avons le résultat de cette folie sous nos yeux et ce bilan n’est pas seulement le bilan de Washington. Non ce n’est pas seulement la faute de Washington car Sarkozy et Hollande (et avec eux Juppé et Fabius) portent une très lourde responsabilité dans les génocides communautaires (les chrétiens, les Alaouites, les chiites duodécimains, les Yazidis…) en œuvre aujourd’hui en Syrie et en Irak comme ils sont directement responsables des massacres tribaux en Libye.

Défendre militairement les Chrétiens d’Irak

À mes yeux Sarkozy et Hollande se sont rendus complices, par ces choix, de crimes contre l’Humanité. C’est à tout le moins ce qui devrait les disqualifier à jamais aux yeux des Français.

Sarkozy plus qu’Hollande d’ailleurs puisque c’est l’UMP qui, finalement, aura le plus brutalement rompu avec les fondamentaux gaulliens de la politique étrangère française pour nous aligner sur les politiques américaine, qatarie et saoudienne. Mais Hollande vaut-il mieux lui qui, en 2012, voulait envoyer notre armée attaquer l’État syrien, en tentant de nous refaire le coup américain des armes de destruction massive? Lui qui ne propose aujourd’hui comme seule aide aux Chrétiens d’Orient, face à la poussée de l’État islamique en Syrie et Irak, que l’envoi de colis alimentaires?

Nous devons aider les Chrétiens à rester chez eux, à défendre leurs villages, leurs églises, car ils étaient les premiers sur la Terre d’Orient. Je soutiens donc sans réserve les frappes militaires américaines contre l’État islamique et j’affirme que c’est l’intérêt et l’honneur de la France que de se joindre à ces frappes. Moi qui suis le premier à m’opposer à la folle politique des États-Unis en Ukraine, je sais aussi refuser le systématisme et dire que les Américains ont fait le bon choix en aidant le gouvernement irakien.

Mais la logique impose d’aller plus loin, d’avoir le courage d’accepter l’erreur occidentale en Syrie ce qui signifie s’allier à nouveau avec Bachar al Assad et l’aider à détruire les foyers islamistes qui gangrènent son pays.

Nous avons mené une guerre pour rien en Afghanistan dans laquelle de nombreux soldats sont morts pour la France et des milliers d’autres y ont perdu un membre, un œil, une aptitude physique ou mentale. Nos Rafales ont pilonné l’Armée régulière libyenne et nos hélicoptères lui ont infligé de lourdes pertes. Nos services spéciaux ont vendu, avec l’argent du Qatar des armes aux islamistes syriens dans le seul but de miner l’État syrien dans ses fondations. Devrions nous alors nous contenter d’envoyer quelques colis pour les Chrétiens d’Irak ?

Certes le principe de non ingérence est un principe essentiel auquel je tiens beaucoup. Mais je crois aussi au principe de solidarité civilisationnelle. La France reste à mes yeux la Fille aînée de l’Eglise, celle qui a secouru les Chrétiens du Liban en 1860, et ces chrétiens sont mes frères. C’est ce principe d’ailleurs qui me rend critique à l’égard du traitement injuste de De Gaulle à l’encontre des Harkis lesquels s’étaient battus pour la France. Je défends la reapolitik mais jamais contre l’honneur de la France. La France est une personne, elle a un honneur, pas seulement des intérêts. C’est donc ce principe de solidarité civilisationnelle qui peut justifier exceptionnellement l’ingérence.

Il faut choisir, soit nous accueillons ces pauvres gens au motif de la préférence chrétienne qui devrait être une évidence en matière d’asile, soit nous aidons activement (solution que Louis Aliot a préconisé le premier et qui a été malhonnêtement déformée par les médias en une forme d’indifférence à l’égard des chrétiens) les Chrétiens d’Orient à rester sur une terre où leurs prières en araméen s’entendaient à l’époque du Christ, six siècles avant l’apparition de l’islam.

Telle est donc ma position, que j’assume et que j’affirme, à savoir que la France devrait s’associer aux frappes militaires américaines pour soutenir l’armée régulière chiite et les Pershmergas kurdes dans leur combat contre l’État islamique.

Casser la dynamique califale et éliminer les djihadistes citoyens français

Il y a un enjeu essentiel dans la destruction de ce califat. C’est qu’il a muté du statut de califat régional au statut de califat mondial. Son calife s’est proclamé calife mondial et il a obtenu le ralliement de plusieurs imams radicaux influents dans le monde islamique sunnite, dont un en Indonésie le plus grand pays musulman du monde. Le risque de propagation est évident et les Américains l’ont compris. Il faut impérativement écraser sous un déluge de feu ces fous qui mutilent les femmes, les vendent comme esclaves sur les marchés de Mossoul, assouvissent sur elles leurs instincts criminels et inondent le monde de leurs vidéos macabres.

Vladimir Poutine a eu des mots aussi brutaux que de bon sens vis-à-vis de ces islamistes que les Russes ont combattu en Tchétchénie (tandis que les Américains les aidaient) ou qui ont massacré des dizaines d’enfants à Beslan. « Il faut butter les terroristes jusque dans les chiottes ». Ce n’est pas très politiquement correct mais c’est le meilleur programme face à l’islamisme.

Et ce programme ne doit pas s’arrêter là. Nous savons que près de 1000 djihadistes disposant de la nationalité française sont partis combattre en Syrie et en Irak et que beaucoup ont rallié le califat islamique. Nous ne devons pas les considérer comme des égarés mais comme des ennemis qui reviendront bientôt en France, forts de leur expérience militaire, l’esprit affranchi de toute limite après les exactions commises (viols, tortures, décapitations). Nous devons les éliminer in situ et ce devrait être le rôle de nos services spéciaux de s’en occuper dès maintenant. Nous ne pouvons prendre le risque d’attendre qu’ils reviennent. Arrêtés et emprisonnés en France ils seront de puissants moteurs de conversion à l’islam dans les prisons et donc un facteur supplémentaire de propagation du fondamentalisme islamique dans notre pays. Il revient la responsabilité à chaque nation européenne (France, Royaume Uni…) d’éliminer ses ressortissants djihadistes avant qu’ils ne reviennent.

Affronter la corruption de la politique et de l’économie française par le Qatar et l’Arabie Saoudite Continuer la lecture de «La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français» par Aymeric Chauprade (FN)

Sous l’impulsion de Sarkozy et BHL nous avons détruit la Libye. (Chevènement)

Sous l’impulsion de Sarkozy et BHL nous avons détruit la Libye. (Chevènement)
S’exprimant sur Europe 1 le 6 août dernier, au micro de Jean-Philippe balasse, l’ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur, actuel Sénateur du territoire de Belfort, a clairement accusé Nicolas Sarkozy et son généralissime BHL d’avoir détruit la Libye. Mais il n’a pas dit pourquoi ! On se contentera seulement de rappeler ici que peu de temps avant l’invasion de la Libye et l’assassinat du colonel Kadhafi, c’est contre la Côte d’Ivoire que Sarkozy a lancé ses mercenaires et sa soldatesque ! Sans doute pour les mêmes raisons !

L’ancien ministre de Mitterrand a porté un regard très lucide et courageux sur l’intervention colonialiste de la France en Libye, sous le prétexte fallacieux « d’éviter un bain de sang à Benghazi », un mensonge que l’ensemble de la presse écrite et audiovisuelle a bien vendu à l’opinion publique française à l’époque, mais qui ne passe plus aujourd’hui eu égard aux multiples scandales qui entourent cette très grave affaire d’Etat.

Pour Jean-Pierre Chevènement, «La Libye de Mouammar Kadhafi avait beaucoup de défauts mais elle exerçait un contrôle sur ses frontières» et, pourrions-nous ajouter, sur l’équilibre très fragile entre les différentes tribus dans ce pays foncièrement clanique. Critiquant frontalement le choix de l’opération militaire «sous l’impulsion de monsieur Sarkozy, peut-être de Bernard-Henri Lévy», Jean-Pierre Chevènement a ajouté que «Nous avons violé la résolution des Nations unies, qui nous donnait le droit de protéger les populations de Benghazi » mais « on est allé jusqu’au changement de régime.»

L’ancien ministre de la Défense, le seul haut responsable qui a osé s’opposer à la guerre contre l’Irak en 1991et qui a eu le courage de démissionner de son poste, a poursuit sa diatribe contre l’ingérence, en rappelant précisément le cas irakien : «L’ingérence est à la mode depuis très longtemps», a-t-il regretté en faisant une allusion à celui qui en a été le principal zélateur, Bernard Kouchner. «On vient aujourd’hui se plaindre du sort des chrétiens, je les connais, je suis allé les voir en 1990, je savais ce qui se jouait», a rappelé l’ancien ministre de la Défense.

«On a préféré la guerre à la paix, qui était possible…», déplore le Sénateur. «On pouvait Continuer la lecture de Sous l’impulsion de Sarkozy et BHL nous avons détruit la Libye. (Chevènement)

Libye : le bilan BHL / Sarkozy

C’était il y a trois ans ; autant dire hier pour les médias français, mais une éternité pour le peuple libyen. Le début des « Printemps arabes », l’armée française, bras armé de la démocratie à Tripoli, Kadhafi le monstre et Sarkozy le sauveur. Bon, certaines mauvaises langues prétendent que le premier aurait un peu financé le second à l’occasion de sa campagne présidentielle de 2007. Ce que les gens peuvent être méchants…

Director Levy and cast members pose during a photocall for the film Le Serment de Tobrouk at the 65th Cannes Film Festival

Aujourd’hui ? Aujourd’hui le chaos. À en croire l’agence Reuters : « En raison de l’insécurité à Tripoli, l’ambassade américaine a été évacuée ce samedi. 70 diplomates ont été transférés en Tunisie. Pour les habitants de Tripoli, cette situation de guerre replonge la ville à l’été 2011 lorsque les insurgés anti-Kadhafi avaient repris la capitale. “On manque de fioul, depuis une semaine. Il y a une pénurie d’eau. Il n’y a plus d’eau dans les robinets. […] La différence avec 2011, c’est qu’on était sûrs qu’on n’allait pas avoir un canon sur la tête”, rapporte un habitant. »

Dans le même temps, selon Le Parisien : « Plus de cent morts en deux semaines d’affrontement, des combats qui s’intensifient près de Tripoli et à Benghazi. […] La Libye est entrée dans un conflit d’autant plus menaçant qu’il présente des dimensions multiples, mélangeant facteurs locaux et internationaux. »

Il est donc un peu loin, le temps où Bernard-Henri Lévy posait devant les photographes, lors du Festival de Cannes, flanqué de deux « démocrates » libyens d’opérette, affublés de lunettes noires et de keffiehs, façon Dupond et Dupont dans les aventures de Tintin au pays de l’or noir. Même silence radio chez les protagonistes de l’époque, cette Continuer la lecture de Libye : le bilan BHL / Sarkozy

L’EIIL impose aux chrétiens d’Irak le statut discriminatoire de «dhimmi»

L’EIIL a imposé aux chrétiens d’Irak le statut discriminatoire de «dhimmi», les obligeant à payer un impôt élevé contre une garantie de protection.

Une bien triste nouvelle pour les derniers chrétiens de Mossoul, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), Daech selon son anagramme en arabe, vient de leur ordonner le payer le jizya, soit un impôt spécial dit de capitation, ce qui leur confère par la même un statut de citoyen de seconde zone.

Cet impôt, selon divers témoignages recueillis par téléphone à Mossoul auprès de familles chrétiennes, s’élève à 250 dollars par personne ayant un emploi, soit 500 dollars pour un couple. «Ils ont le choix entre payer, se convertir ou s’en aller», a indiqué lundi le père Issa Tahir, de la petite Eglise chaldéenne.

Cette obligation de payer le jizya fait du chrétien un dhimmi «un protégé», soit un citoyen non-musulman dans Etat musulman, lié à celui-ci par un «pacte de protection» obligatoire. Il s’adresse également à tout citoyen non-musulman à condition qu’il appartienne à une religion révélée (judaïsme, zoroastrisme, etc.). Il s’accompagne en général de certaines obligations discriminantes, d’une liberté de culte restreinte, de la perte de certains droits en échange d’une garantie de sécurité pour leur personne et leurs biens. […] Continuer la lecture de L’EIIL impose aux chrétiens d’Irak le statut discriminatoire de «dhimmi»

Après la prise de Mossoul par les djihadistes, l’Irak est au bord de l’implosion

Plus de 500 000 civils ont quitté la deuxième ville d’Irak après sa prise mardi par l’Etat islamique en Irak et au Levant. Les djihadistes font la loi.

Mossoul, la deuxième ville d’Irak, bordée de champs pétroliers, est tombée, mardi 10 juin, aux mains de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Des djihadistes se revendiquant de ce groupe, inspiré d’Al-Qaida, ont enchaîné, ces dernières semaines, les offensives sur des villes sunnites, multipliant attentats-suicides et prises d’otages, défiant les autorités de Bagdad, qui se sont révélées complètement dépassées par l’ampleur et la violence de ces assauts. Mercredi matin, cinq cent mille civils fuyaient la ville, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Face à des combattants rompus aux tactiques de guérilla urbaine, maniant aussi bien le lance-roquette que la voiture piégée, l’armée régulière irakienne n’a pas résisté longtemps à Mossoul. Si sa victoire se confirme dans le nord de l’Irak, l’EIIL ne représentera plus seulement le nom d’un groupe, mais un territoire bien réel qui ne cesse de s’étendre, des provinces irakiennes d’Anbar, de Ninive et de Salaheddine, jusqu’au nord-est de la Syrie.

De toutes les attaques menées en Irak par l’EIIL, depuis la prise de Fallouja, il y a six mois, celle contre Mossoul a été la plus spectaculaire et la plus déterminante. Les djihadistes ont lancé l’assaut, vendredi 6 juin à l’aube, aux portes occidentales de la ville. Selon les témoignages concordants d’habitants, leur victoire s’est dessinée dès l’après-midi. Vers 16 heures, un camion-citerne rempli d’explosifs s’est écrasé contre la façade d’un grand hôtel reconverti en caserne militaire, tuant plusieurs dizaines de soldats qui y avaient été rassemblés en prévision de la contre-offensive.

DÉSERTIONS EN MASSE

La violence, conjuguée à l’effet de surprise, aurait entraîné la débandade de l’armée et des désertions en masse. Les bâtiments de la police fédérale ont été brûlés ou abandonnés, intacts, avec armes et documents, aux assaillants. Dans la soirée, ces derniers contrôlaient déjà une grande partie de la rive ouest du Tigre qui partage la cité en deux.

Ils ont poursuivi leur avancée, franchissant le fleuve mardi matin, sans rencontrer d’autre résistance que celle des unités d’élite de l’armée irakienne qui n’ont pu, seules, faire le poids. L’EIIL s’est emparé des prisons de la ville et de ses alentours. Au total, plusieurs milliers de détenus ont ainsi été libérés, ajoutant au chaos et à la panique.

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Mais l’EIIL tient, parallèlement, à soigner son image auprès des populations locales. Des messages, diffusés par les haut-parleurs des mosquées, ont prévenu les habitants que quiconque tenterait de saccager ou de cambrioler les banques ou les bâtiments publics serait sévèrement châtié. Les familles ont été invitées à rester et à « supporter la situation quelques jours ». La peur, les bombardements sur les quartiers ouest, l’absence d’eau et d’électricité ont persuadé plusieurs milliers d’habitants de cette cité, qui en compte 1,5 million, à fuir vers la province voisine du Kurdistan irakien.

A la suite de la chute de Mossoul, des dizaines d’autres localités sont tombées, parfois sans qu’un coup de feu ne soit tiré. Les djihadistes ont ainsi pris Al-Charkat, son aéroport militaire et deux hélicoptères qui s’y trouvaient, selon une déclaration de l’EIIL. La base militaire de Ghezlani contenant de l’artillerie lourde est également passée sous leur contrôle, ainsi qu’Al-Awja, village natal de Saddam Hussein.

Baiji, stratégique en raison de ses raffineries de pétrole, ou encore Rabia, sur la frontière syrienne, qui permet de contrôler l’acheminement de combattants et d’armes entre les deux pays, sont aussi aux mains de l’EIIL. La liste ne cesse de s’allonger…

Dans son irrésistible montée en puissance de ces derniers mois, l’EIIL a dû modérer ses ambitions en Syrie. Le groupe y a été affaibli par des combats fratricides l’opposant aux djihadistes syriens du Front Al-Nosra et a subi plusieurs revers face à une coalition de brigades rebelles opposées au régime syrien mais qui ont fait de la lutte contre l’EIIL une priorité momentanée dans l’espoir d’obtenir l’aide militaire occidentale.


En Irak, la province de Ninive prise par les… par lemondefr

En Irak, en revanche, l’EIIL a réussi à s’imposer en nouant des alliances avec certaines tribus sunnites locales, les absorbant au sein de sa hiérarchie, tout en puisant dans son contingent de combattants étrangers pour multiplier les opérations kamikazes. C’est ainsi qu’un Français, « Abou Al-Kakaa Al-Françaoui » de son nom de guerre, s’est fait exploser à Mossoul le 19 mai devant un centre de la police fédérale.

« VENGEANCE DE DIEU »

D’après le cheikh Rafaa Mechine Al-Joumayli, chef d’une grande tribu d’Anbar se revendiquant chef militaire au sein de l’EIIL, il existe une coopération étroite entre l’EIIL, des chefs de tribus sunnites, d’anciens officiers baasistes de l’armée de Saddam Hussein et des groupuscules islamistes, réunis au sein de « conseils militaires révolutionnaires ». « Nous avons des différends idéologiques, reconnait le cheikh lors d’un entretien téléphonique avec Le Monde, mais nous avons les mêmes objectifs. » L’ennemi principal, affirme-t-il, n’est autre que le régime autoritaire du premier ministre chiite Nouri Al-Maliki.

En menant une politique sectaire contre les sunnites (minoritaires mais détenteurs du pouvoir central jusqu’à la chute de Saddam Hussein en 2003), ce dernier a joué un rôle non négligeable dans la radicalisation des tribus locales. Face aux manifestations, puis à l’insurrection des villes sunnites, ce dirigeant à poigne n’a pas hésité à envoyer des milices chiites, mieux entraînées et armées que l’armée régulière, mais tout aussi extrêmes dans leur discours et leurs méthodes que leurs ennemies djihadistes sunnites.

Enfin, la « stratégie » gouvernementale consistant à mener des bombardements intensifs, parfois aux barils d’explosifs à la manière de Bachar Al-Assad, a contribué à pousser les populations locales sunnites dans les bras de l’EIIL. Selon un habitant de Mossoul, qui a fui sa ville, « depuis des années, les milices de Maliki nous insultent et nous frappent à leurs barrages. Maintenant, elles voudraient notre aide contre l’EIIL ? C’est la vengeance de Dieu qui s’est abattue sur leur tête ! »

Nouri Al-Maliki a demandé au Parlement de décréter l’état d’urgence et assuré pouvoir reprendre Mossoul « en vingt-quatre heures ». En attendant, il a redéployé l’armée, concentrant l’essentiel des forces dans et autour de la capitale, Bagdad. L’Irak est au bord de l’implosion.

Le « Djihadistan », nouvel Etat islamiste au Proche-Orient

Ces valeureux soldats d’Allah nous ont été présentés, par les média-menteurs et l’UMPS, comme des rebelles et des insurgés qu’il fallait soutenir. Lors de notre intervention militaire en Libye orchestrée par Sarkozy, BHL et Kouchner, nous étions à leurs côtés. En Syrie nous les avons armés contre Bachar El Assad.

Tout ceci sous le commandement de Barack Obama qui ne faisait que prendre la suite de Bush à qui l’on doit la chute de l’Irak au profit des Islamistes les plus fous.

Il n’y a pas à dire, nous sommes gouvernés par de grands hommes intelligents.

La prise de Mossoul. dites-vous que tout ceci est la faute de Fabius, Hollande et sarkozy

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Taillé à coups de raids meurtriers et d’attentats, un nouveau « pays » voit le jour dans le monde arabe : appelons-le le « Djihadistan ». Il s’installe à cheval sur la Syrie (dans le nord-est du pays) et sur l’Irak (dans l’Ouest et le Nord). C’est un événement d’une portée considérable, non seulement pour la région, mais aussi pour l’Europe.

Profitant de l’affaiblissement, voire de l’éclatement, de ces deux ex-Etats forts du Proche-Orient, le groupe djihadiste que dirige l’Irakien Abou Bakr Al-Baghdadi, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ne cesse d’agrandir son domaine. Jamais Al-Qaida, même en Afghanistan sous le règne des talibans, à la fin des années 1990, n’avait contrôlé pareil territoire.

L’EIIL supplante Al-Qaida en puissance de feu et en moyens financiers. Prônant officiellement la même pureté islamiste sunnite et la même violence extrême, il peut modifier durablement la carte de la région – amputant la Syrie et l’Irak d’une partie de leurs provinces pétrolières. L’Europe ne peut rester indifférente : l’EIIL séduit des centaines, peut-être des milliers, de jeunes musulmans européens, venus se battre dans ses rangs, essentiellement en Syrie.

UN MINI-ETAT ENTRE SYRIE ET IRAK

Ces quatre derniers jours, les colonnes d’Al-Baghdadi  se sont emparées de Mossoul, la capitale du nord de l’Irak, au bord du Tigre, mettant la main sur toute la région de Ninive. Elles se sont installées à Fallouja, à moins d’une centaine de kilomètres à l’ouest de Bagdad, à Tikrit, à Samarra – bref, elles dominent la quasi-totalité du pays sunnite irakien.

En Syrie, l’EIIL a conquis toute une partie de l’est du pays, s’assurant une continuité territoriale avec son fief irakien. Ainsi, c’est un mini-Etat qui prend racine, levant l’impôt, rançonnant, pillant et vendant le pétrole en contrebande. Tel est le but d’Al-Baghdadi : recréer une base djihadiste, à l’instar de ce que fut l’Afghanistan pour Al-Qaida.

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