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L’Union européenne contre nos salaires

Par Roberto Fiorini

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

Ambitions de nivellement de la construction

A la sortie de la guerre cette idée d’amélioration du niveau de vie fut martelée aux peuples européens, notamment dans l’article 2 du traité de Rome : « … conduire à un relèvement accéléré du niveau de vie ». Pour y parvenir sont notamment engagées des politiques visant à tenter de réduire les déséquilibres entre les différentes régions d’Europe.

L’objectif sous-jacent était d’éviter de laisser des zones pauvres, ou le chômage augmenterait, car on savait que si le chômage augmentait, certaines entreprises seraient tentées de délocaliser au sein du marché unique sans frontières (encore à naitre). Les économistes savaient aussi que les salariés seraient prêts à accepter des salaires plus bas… s’ils étaient confrontés durablement au chômage. Au début, ils ont tenté de lutter contre cela.

La crise de 1973 avait fait de la lutte contre l’inflation une priorité absolue. La cible Continuer la lecture de L’Union européenne contre nos salaires

Grande-Bretagne : Le pays va t-il quitter l’Europe ? (vidéo)

L’européïste socialiste Jacques Delors a déclaré que l’Europe pourrait se passer de l’Angleterre. On a envie de lui répondre qu’on aurait pu se passer de Jacques Delors en Europe. La Grande Bretagne n’est pas dans l’euro. Et elle ne s’en porte pas plus mal. Même un peu mieux si on en croit les Échos:
A contre-courant de la tendance observée en zone euro, l’industrie britannique a rebondi contre toute attente en décembre enregistrant son plus fort rythme de croissance depuis septembre 2011.(…) « Le marché domestique reste le moteur de la croissance en décembre, même si les flux commerciaux internationaux semblent se stabiliser avec la reprise en Chine et aux Etats-Unis », a noté Rob Dobson, économiste chez Markit. La composante des commandes nouvelles a connu son plus fort rythme de croissance depuis mars 2011, grâce à la demande intérieure, tandis que la composante de la production a atteint un plus haut depuis avril 2011.

Fin de l’euro : Jacques Delors réécrit l’histoire pour sauver la face

Certains d’entre vous, ont peut être lu dans la presse, dans les pages intérieures et en petits caractères, ou même entendu à la radio quelque journaliste annoncer, en soupirant, que Jacques Delors a dit à la presse britannique que l’euro n’est pas viable et que la zone euro va couler avec lui. Ah, ah ! ah ! Si c’est le père de l’euro qui le dit… Mais n’exagérons rien, le bonhomme s’est toujours flatté d’être l’un des principaux architectes de la « monnaie unique » (1) et rien de plus que ça.

Maintenant qu’il ne fait plus de doute que cette monnaie d’occupation (ainsi que le disait Nicolas Dupont-Aignan) coure à sa perte, notre bonhomme a pris les devants et ne semble plus que soucieux de sauver la face en dégageant sa responsabilité. Ça avait commencé à l’été, au mois d’août, avec une déclaration au Monde puis au Figaro, dans laquelle il annonça que l’UE et sa monnaie sont au bord du gouffre (2). Un peu plus tard, c’est dans Le Point qu’il avait ajouté que cela n’est pas de sa faute, mais de celle des responsables politiques qui ont « tourné le dos aux faiblesses et aux déséquilibres des États membres ». (3) Par incompétence ou dogmatisme, sous-entendait-il ?
Bien entendu, Jacques Delors, lui, n’est pas un responsable politique. Un poète, peut-être ?

Ces déclarations faisaient suite aux gesticulations des messieurs et des dames qui ont pris la fâcheuse et dispendieuse habitude de s’exhiber dans des réunions archi médiatisées désignées par sommets du G20. Réunions qui n’accouchent de rien, « rien » aux yeux de Jacques Delors signifie qu’il n’en sort ni plus de fédéralisme ni plus d’Europe.
Si ledit Delors n’est pas un responsable politique et s’il a vraiment découvert sa vocation poétique sur le tard, il faudra peut-être que quelqu’un lui dise que le G20 n’est pas un organe exécutif, qu’il n’a pas de pouvoir législatif, ni aucun pouvoir, du reste. Juste un truc à produire des illusions mais qui, à coup sûr, alourdit nos impôts et la dette pharamineuse accumulée par ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé, pour le malheur des nos enfants et petits-enfants.
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