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Eric Zemmour Vs Jacques Sapir : Identité ou souveraineté ?

Sapir est d’une naïveté et d’une mauvaise fois accablante (l’exemple qu’il prend des banlieues et de Toulouse est d’une affligeante bêtise). Zemmour est le plus clairvoyant; il ne se fait aucune illusion sur les habitudes électorales. Les blocs électoraux ne se déplacent pas et ne s’emboîtent pas comme des Légos. Ce débat prouve qu’il n’y a rien à attendre d’une utopique association entre souverainistes de gauche et souverainistes de droite.

Au-delà de la question identitaire ou de souveraineté, l’essentiel pour le camp national est la stratégie à mettre en place afin de dépasser le populisme qui ne pourra jamais satisfaire les attentes des couches supérieures; les seules qui aujourd’hui peuvent nous faire gagner.


Souveraineté ou identité ? La question divise et pourrait surtout déterminer la politique française des prochaines années. Le polémiste Eric Zemmour et l’universitaire Jacques Sapir ont confronté leurs vues à notre antenne.

A l’intention des français inquiets d’une sortie de l’Euro et qui n’ont aucune raison de l’être (J.Sapir)

Effaré par l’ampleur des méconnaissances, mais aussi parfois par la mauvaise foi, des journalistes et des hommes politiques qui s’expriment sur la question de la sortie de l’Euro, j’ai décidé de rassembler ici certaines des principales questions qui se posent.

On peut parfaitement comprendre que nos concitoyens se posent des questions sur une possible sortie de l’Euro et un retour au Franc, et ce d’autant plus que désormais 5 des candidats à l’élection présidentielle de mai 2017 (soit Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan, Le Pen et Mélenchon) en parlent.

Ces questions sont légitimes. Ce qui, par contre, ne l’est pas est le sentiment de panique que l’on cherche à produire dans l’opinion française sur ce sujet.

Il devrait être de la responsabilité des journalistes et des hommes politiques (du moins de certains) de ne pas chercher à indûment inquiéter les français. Constatant que ce n’est pas le cas, que très souvent des propos contradictoires avec des textes officiels de l’Union européenne sont tenus, j’ai décidé à publier cette suite de questions-réponses pour éclairer le débat.

Comment va se faire le passage de l’Euro au Franc ? Continuer la lecture de A l’intention des français inquiets d’une sortie de l’Euro et qui n’ont aucune raison de l’être (J.Sapir)

Jacques Sapir: Le choix mortifère de François Fillon

NDLR: Comme Marine Le Pen, François Fillon a l’avantage de la clarté. Lui  désire rester dans l’euro. Il sait donc qu’il ne pourra pas jouer sur la monnaie. Sa seule variable d’ajustement sera  par conséquent la contrition des salaires, l’austérité sur les service publics et dans un premier temps l’aggravation de la dette; cocasse de la part d’un homme qui disait il y a 7 ans être à la tête d’un état en faillite.

Son objectif est celui de la commission européenne: adapter l’économie française aux réalités de la zone euro.

Fillon fait le paris qu’au bout de deux ans de purge, et une hausse du chômage comme de la dette, la croissance repartira.

Or cet impact récessif du programme de Fillon peut avoir des effets catastrophiques au delà des deux ans. Car pour qu’il y ait un retour de croissance il faudrait qu’il y ait une économie expansive dans les pays qui entourent la France. Ce fut le choix fait par Schroder en Allemagne. Cela n’a marché que parce que les pays environnants étaient dans une démarche expansive. Or à l’heure actuelle tous les pays de la zone euro sont dans une politique récessive.

Le choix de Fillon peut s’avérer être une thérapie de choc qui  tuera le malade sans même avoir essayer de le guérir.

Et c’est sans compter l’abandon de notre souveraineté fiscale (que Fillon envisage) ou encore l’augmentation des taux sur nos emprunts… en toute objectivité il faut dire que le choix Fillon peut s’avérer être le plus dramatique

Les Français vont donc devoir prendre des décisions claires et décisives pour leur avenir.


Extrait d’un article de l’économiste Jacques Sapir

(…)

Mais, le projet de François Fillon n’est pas sans poser de graves problèmes, en particulier dans ses aspects économiques et sociaux. Et l’on doit critiquer ces propositions et les projets comme on l’a fait ces derniers jours[5].

François Fillon veut en réalité adapter complètement la France au cadre de l’Euro et, de ce point de vue, ses propositions sont cohérentes, qu’elles concernent l’âge de la retraite, la durée du travail, l’alourdissement de la fiscalité, la diminution drastique du nombre des fonctionnaires, ou la réforme de la sécurité sociales. Mais, si ses propositions sont cohérentes, elles sont aussi catastrophiques en réalité non seulement pour la France mais au-delà pour les pays européen qu’elles enfonceront encore un peu plus dans la dépression[6]. Elles entraîneraient une forte hausse du chômage en France et auraient des répercussions désastreuses dans toute l’Europe. Il ne faut pas oublier que la France reste la seconde économie de la zone Euro. L’entrée de la France dans une récession qui devient probable avec le projet de François Fillon aura des conséquences néfastes sur les autres économies de la zone.

Ces propositions sont équivalentes à ce que fut la politique de Pierre Laval en France, de Ramsay MacDonald en Grande-Bretagne, du Continuer la lecture de Jacques Sapir: Le choix mortifère de François Fillon

L’Euro, raison délirante (J.Sapir)

Les différentes révélations sur les conditions dans lesquelles a été arraché l’accord, et il vaut mieux parler de diktat entre la Grèce et ses créanciers illustrent bien ce que l’on pouvait en penser à chaud. Cet accord est un véritable désastre pour l’ensemble de ses signataires, et pour la Grèce en premier lieu. La longue interview donnée le mercredi 14 juillet dans la nuit par Alexis Tsipras à la télévision d’Etat ERT le confirme[1]. Il avoue d’ailleurs que cet accord est un « mauvais accord ». L’analyse qui en est faite sur son blog par l’ex-Ministre des finances, M. Yannis Varoufakis va dans le même sens[2]. De plus, le Fonds Monétaire International a rendu publique une note d’analyse, qui avait été communiquée à TOUTES les parties en présence dès le 6 juillet et qui montre de manière irréfutable que cet accord n’est pas viable[3]. Dès lors se dévoile une autre face du drame qui s’est déroulé dans la nuit du 12 au 13 : tout ceci ne sert à rien. Un autre accord devra être trouvé rapidement, et la perspective d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro reprend force[4]. Le Ministre des finances allemand, M. Schäuble l’a lui-même reconnu, ainsi que l’ancien gouverneur de la Banque Centrale de Belgique[5]. Cela rend les proclamations de succès de notre Président a faites à Bruxelles le matin du 13 particulièrement dérisoires. Le vote qui s’est déroulé au Parlement français l’est tout autant. On demande aux députés de se prononcer sur un accord que l’on sait inapplicable. Les députés du PCF, d’abord enclin à voter oui, n’est-ce pas Pierre Laurent ? pour des raisons alimentaires, se sont ainsi ressaisis et devraient voter « non ». Le drame ici se marie à l’absurde.

L’Euro avant la Grèce, l’Euro avant la France

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A nouveau l’Euro

euro centA entendre les femmes et les hommes du gouvernement français, tout va bien. Certes, et ce n’est pas un petit « certes », il se profile une nouvelle raclée électorale dans le cadre des élections départementales (feu les cantonales…). Mais, ceci n’est que péripétie. Non, décidemment tout va bien car l’Euro a fortement baissé (il se négocie actuellement autour de 1,10 US Dollar), ce qui devrait instantanément relancer la croissance…Que des personnes de responsabilité (nous n’osons dire de raison) puisse prononcer ces discours sans en mesurer la contradiction avec ce qu’ils disaient il n’y a que quelques mois est à tout point sidérant. Qu’ils puissent s’en tenir à ce niveau plus que primitif de raisonnement est à tout point inquiétant.

La baisse de l’Euro et l’impact sur la croissance

Depuis maintenant près d’un an l’Euro effectivement baisse par rapport au Dollar. Il est passé ainsi d’un taux de change de 1,36 USD à 1,10 USD. C’est une dépréciation importante. Notons qu’elle n’a pas induit de « catastrophes », comme on en prévoyait pour contrer ceux qui appelaient à une dissolution de la zone Euro pour que l’on puisse justement librement déprécier la monnaie. Très curieusement, on se fait désormais les apôtres d’un Euro faible après avoir chanté sur tous les tons, et sur l’air des lampions, les soi-disant vertus d’un Euro fort. On dira qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Assurément, mais encore faudrait-il que l’on nous expliquât comment ces mêmes vertus se sont transformées en vice et le vice d’un Euro faible en vertu. Il y a quelques années, dans un débat télévisé, Christian Estrosi, alors Ministre, avait prétendu qu’une dépréciation ferait monter les prix de nos produits exportés. J’avais salué – ironiquement bien sûr – cette révolution dans la science économique qui renvoyait deux cents années de travaux, de Keynes à Ricardo, à la corbeille à papiers. Ou peut-être fallait-il incriminer les nombreuses chutes du Ministre, qui fut dans sa jeunesse un fort bon coureur motocycliste pour cet égarement temporaire (mais dans son cas le temporaire se situe dans le temps long). Le regard atterré des autres participants en disait long sur les inquiétudes que nous inspirait l’état clinique de ce pauvre Christian Estrosi.

Nous voici revenu à des conceptions plus robustes. Une dépréciation monétaire avantage l’industrie nationale car elle induit une baisse relative du prix des exportations et inversement une hausse relative du prix des importations. Et donc de ce point de vue, on ne peut saluer la baisse actuelle de l’euro sans donner raison à ceux qui défendaient, depuis des années, la nécessité d’une dévaluation (ou plus exactement d’une dépréciation monétaire). Mais il convient alors de pousser le raisonnement à son terme. Une dépréciation monétaire est avantageuse dans la mesure où elle se produit par rapport à nos principaux partenaires commerciaux. De fait, la France réalise à peu près 50% de son commerce dans la zone Euro, mais certains pays beaucoup plus : le chiffre est de l’ordre de 65% à 70% pour l’Espagne et l’Italie. La dépréciation de l’Euro n’avantage donc que les industries qui sont confrontées à une concurrence provenant de la zone Dollar. C’est la raison pour laquelle ses effets sont, et seront, plus que limités. Le principal problème se situe en fait dans la zone Euro.

La compétitivité à l’intérieur de la zone Euro

En fait, il faut regarder l’accumulation des déséquilibres qui se sont constitués dans la zone Euro en raison de l’impossibilité des pays de déprécier (ou de l’apprécier) leur monnaie. Un indicateur possible nous est fourni par l’évolution des coûts unitaires du travail, coût qui incluent l’évolution de la productivité et celle des salaires. Un pays peut avoir de faibles hausses des salaires mais peut perdre en compétitivité (mesurée par les coûts unitaires du travail) car ses gains de productivité sont inférieurs à ceux de ses partenaires commerciaux.

De ce point de vue, il est intéressant de comparer l’évolution des coûts unitaires du travail à ceux de l’Allemagne, qui est le pays « pivot » dans la zone Euro. C’est ce que l’on a fait à partir des données de l’OCDE.

Graphique 1

A - coutunit

Source : Base de données de l’OCDE.

On voit que la dépréciation qui serait nécessaire aujourd’hui serait de 12% pour le Continuer la lecture de A nouveau l’Euro

Assassinat à Moscou par Jacques Sapir

Il est aujourd’hui prématuré de vouloir désigner un coupable dans l’assassinat de Boris Nemtsov, mais au vu de l’émotion que cet acte odieux a provoqué, on peut néanmoins poser un certain nombre de questions. Ayant connu personnellement Nemtsov au début des années 1990, quand il fut élu maire de Nijni-Novgorod, puis l’ayant rencontré à plusieurs reprises jusqu’à son entrée au gouvernement, j’ai été ému, comme bien d’autres.

Je n’oublie pas non plus que le ralliement de Nemtsov aux idées libérales qui avaient cours en Russie à cette époque en fit un des responsables (même s’il ne fut pas, et de loin, le principal responsable) de la détestable politique économique qui conduisit le pays à la ruine et sa population à la misère, jusqu’à la crise financière de 1998. A partir de 2004, et de la « révolution orange » en Ukraine, il s’était rapproché de l’équipe de Victor Ioutchenko et des « pro-occidentaux » en Ukraine, au point de devenir un éphémère conseiller du gouvernement ukrainien. Son opposition à Poutine l’avait conduit à fréquenter les milieux oligarchiques et des gens étranges à Kiev. Plus récemment, il avait pris fait et cause pour le mouvement dit « de Maïdan » et il critiquait la position du gouvernement russe à propos de la crise ukrainienne.

Son opposition systématique à Vladimir Poutine l’avait marginalisé et il était bien moins connu que d’autres figures de l’opposition comme Zyuganov (le dirigeant du Parti Communiste de Russie ou KPRF), Alexeï Koudrine, l’ancien ministre des finances, ou même Navalny. Aux dernières élections son micro-parti avait eu moins de 1% des suffrages et, de fait, n’avait aucun poids. Il n’était donc nullement « la » principale figure de l’opposition à Vladimir Poutine comme on cherche à le présenter en France et aux Etats-Unis, mais, en dépit de son jeune âge (il avait 55 ans) il était en fait un « homme du passé ». Il faut avoir ces éléments en tête quand on réfléchit à « qui aurait eu intérêt à tuer Nemtsov ».

Un meurtre mis en scène ?

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« Sarkozy et l’Europe : moi et le néant » (J. Sapir)

Lu sur le blog d’Olivier Demeulenaere

J’ai hésité à reprendre cet article de Jacques Sapir, tant la tribune de Sarkozy dans Le Point relève en effet au mieux de la propagande, au pire du néant…

« Dans le numéro 2175 du magazine Le Point, l’ex-Président Nicolas Sarkozy vient de faire sarkozy-europe-moi-neantparaître un long article sur l’Europe, qui complète et répond à la tribune que le Président François Hollande avait fait paraître dans le journal Le Monde. Cette tribune, après un plaidoyer pro domo sur l’identité française (mais qui doute donc de celle de M. Sarkozy ?), s’articule autour de 5 points.

Le premier est l’affirmation que « l’Europe, c’est la paix ». On retrouvait la même affirmation dans l’article de François Hollande. Il est indiscutable que l’Europe occidentale a connu la paix depuis 1945. Ce ne fut pas le cas dans les Balkans, qui font partie de l’Europe, et qui ont été déchirés par des guerres pendant une dizaine d’année. Mais c’est aussi le cas de l’Amérique du Sud où les trois grands pays du Continent, l’Argentine, le Brésil et le Chili, sont en paix depuis longtemps. À tout prendre, il y eut moins de conflits en Amérique Latine qu’en Europe au XXème siècle, même s’il y en eut, connus ou pas. Cette situation particulière de l’Europe occidentale, on la doit à la coupure de l’Europe en deux blocs qui résulta de la seconde Guerre mondiale, puis à l’accession de la France au statut de puissance nucléaire qui gela définitivement toute possibilité de guerre en Europe occidentale.

Par contre, l’Union européenne a eu un effet destructeur sur les pays à sa périphérie, ce que l’on a constaté dans les années 1990 avec l’ex-Yougoslavie, et aujourd’hui en Ukraine. Il est donc faux et mensonger de prétendre que seule l’Union européenne garantirait la paix, et cette paix existe sur des continents où il n’y a pas de grand projet d’Union. Cette affirmation est cependant courante chez les européistes. Elle sert d’argument d’autorité. Il est particulièrement grave qu’un ancien Président la reprenne et néglige de signaler le rôle éminent que joua, et que continu de jouer, la dissuasion nucléaire française dans l’équilibre européen, dissuasion dont il eut pourtant la responsabilité. Cela discrédite en partie son argumentaire.

Le second point qu’il souligne est le rôle de l’Europe pour « mettre à la raison » les dirigeants européens. Mais, où est la raison quand on voit les résultats de la politique économique européenne, et des mesures décidées par les différents chefs d’État, dont Nicolas Sarkozy, de 2009 à 2012 ? Le chômage atteint 28% en Grèce, 26% en Espagne, et il s’approche, en chiffres réels, des 14% en Italie et en France. Où se trouve la raison quand on voit que l’Union européenne a été largement ouverte à la spéculation financière internationale, et qu’elle est incapable de s’en protéger ? Ce que Nicolas Sarkozy qualifie de raison, c’est la folie en réalité d’un système économique largement ouvert et complètement financiarisé. C’est cette folie, et les conséquences de cette folie, comme la pauvreté, le chômage, que refusent les peuples. Continuer la lecture de « Sarkozy et l’Europe : moi et le néant » (J. Sapir)

Un économiste proche de Jacques Sapir rejoint Marine Le Pen

addendum : Communiqué de Presse de Philippe Murer, Conseiller économique de Marine Le Pen

Ancien sympathisant du Parti Socialiste, je relève l’incapacité des formations politiques traditionnelles, PS et UMP, à concevoir et proposer des solutions pour relancer la croissance, redresser les comptes du pays, faire baisser un chômage massif qui devient un cancer pour notre société.

En tant qu’économiste ayant travaillé depuis des années sur le protectionnisme intelligent au sein de l’association « Manifeste pour un Débat sur le Libre Echange », et la sortie de l’euro initiée par « l’Appel de Düsseldorf » avec des économistes français et allemands, je m’engage au côté de Marine Le Pen au sein du Rassemblement Bleu Marine. Son programme économique est le seul programme courageux, réaliste, ayant pris à son compte tous les thèmes à même de sortir la France et les Français des difficultés.

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L’économiste Philippe Murer, qui a travaillé avec Jacques Sapir, rejoint Marine Le Pen au nom de «l’intérêt général».

«Parce que la crise économique s’approfondit sans cesse; parce que la souffrance et la détresse de mes compatriotes me sont insupportables; parce que la République est malade, je souhaite engager toutes mes forces dans la vie politique pour aider mon pays à se relever.» Philippe Murer annonce jeudi, par un communiqué, les raisons de son engagement auprès de Marine Le Pen où il souhaite développer un collectif sur la transition énergétique.

Avec Jacques Sapir, l’économiste avait cosigné une brochure de la fondation Res Publica de Jean-Pierre Chevènement sur les «scénarii de la dissolution de l’euro». Contacté par Le PhilippeMurerFigaro, Philippe Murer explique qu’il a rencontré Marine Le Pen pour la première il y a deux ans et demi dans le cadre de conférences. «Je sentais qu’ils travaillaient beaucoup et qu’ils avaient notamment suivi les bouquins de Sapir et toutes les évolutions de la pensée économique» souligne-t-il. Selon lui, faire le pas de s’engager au FN n’a pas été «vraiment compliqué» car les travaux qu’il a réalisés sur la transition énergétique lui semblent «parfaitement concevable si l’on pratique aussi le protectionnisme dans le secteur en accédant à l’argent de la Banque de France pour financer de gigantesques investissements.»

Quant à l’impact de cet engagement sur le plan professionnel, il s’interroge: «Vais-je me faire taper dessus? Peut-être mais notre pays le mérite car il est tellement en difficulté qu’il est important de s’engager». Considéré comme un souverainiste, Philippe Murer fut aussi «sympathisant socialiste» jusqu’en 2007. Il avait participé à certaines réunions publiques organisées avant la primaire pour soutenir la candidature de Laurent Fabius face à Nicolas Sarkozy. Mais il s’est écarté du PS car ce parti l’a «énormément déçu» et il considère qu’il «ne correspond pas du tout aux besoins du pays» alors que «le programme gaullien de Marine s’adresse à tous les Français» selon lui.

Une «honnêteté rigoureuse»

Aujourd’hui, Philippe Murer, membre du groupe d’économistes franco-allemands (L’appel de Düsseldorf qui avait plaidé pour le démontage de l’euro) dit s’engager au nom de «l’intérêt général». Selon lui, le Front national pourrait annoncer des choses prochainement sur la transition énergétique. Marine Le Pen lui a confié l’animation d’un nouveau collectif sur ce sujet mais aussi sur les relances économiques. «Nous apporterions de vraies solutions concrètes à l’opposé des écologistes qui ne chiffrent jamais ce qu’ils annoncent» promet l’économiste en devinant que ces idées feront partie du programme politique du FN.

Observant le «choix personnel» de Philippe Murer, l’économiste de gauche Jacques Sapir confie: «Je lui ai dit que je pensais qu’il faisait une bêtise car cela risque de lui coller à la peau et de le barrer dans sa carrière personnelle. Cela est très mal vu dans les milieux universitaires». Mais Jacques Sapir ajoute: «Je préfère qu’il y ait des gens comme lui chez Marine Le Pen plutôt que d’autres. Je ne lui enlève absolument pas ma confiance. Nous nous connaissons depuis plusieurs années. Nous avons travaillé ensemble et il a toujours été d’une honnêteté rigoureuse. C’est quelqu’un d’une grande valeur mais il aurait mieux fait d’apporter ses travaux au Front de gauche…»

Jacques Sapir et Jean-Michel Naulot sur Radio Courtoisie : « L’euro et les systèmes monétaires » (Audio)

Très intéressante émission de radio courtoisie avec comme invités Jacques Sapir, économiste et Jean-Michel Naulot, ancien banquier, ancien membre du collège de l’Autorité des marchés financiers (AMP).

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Partie 1:

[audio:http://www.prechi-precha.fr/wp-content/mp3/sapir1.mp3]

Partie 2:

[audio:http://www.prechi-precha.fr/wp-content/mp3/sapir2.mp3]

Jacques Sapir : Manuel Valls, erreur de casting et faute politique

Pour l’économiste Jacques Sapir, non seulement Manuel Valls n’est pas l’homme de la situation, mais la ligne politique qu’il incarne ne résoudra pas la crise. Un seule solution pour lutter contre le chômage et retrouver la compétitivité : sortir de l’euro.

Au lendemain de ce qu’il faut bien appeler l’une des pires défaites subies par la «gauche de gouvernement» dans des élections locales, une défaite qui vit des villes gouvernées par les socialistes pendant plus de 100 ans passer à droite (comme Limoges), le Président s’est décidé à remercier le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault et à nommer à sa place Manuel Valls. Le discours dans lequel cette décision importante fut annoncée fut pénible à entendre et encore plus à regarder.

Un homme fatigué, au visage inexpressif, récitait ces banalités que savent trouver les politiques en ces moments-là, tel un oncle de province venu à un enterrement d’un vague cousin et qui récite sans trop y croire des condoléances. On a eu droit à «gouvernement de combat», et «équipe resserrée», des mots qui n’ont strictement aucun sens et qui sont usés d’avoir trop servi.

La voix était mal posée et le Président buta à deux reprises sur les mots, comme si la décision lui coûtait. Et il est vrai que pour un homme d’habitudes, dont il est dit qu’il n’aime pas trancher, c’était tailler dans le vif que d’annoncer une telle nomination. Pourtant, cette décision pourrait s’avérer une redoutable erreur, et l’obliger à faire sous peu des choix qui seront autrement plus dramatiques.

Une erreur de casting Continuer la lecture de Jacques Sapir : Manuel Valls, erreur de casting et faute politique