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« Le vrai coût de l’immigration » : Jean-Paul Gourévitch répond à l’Express

Dans un dossier au titre choc « Le vrai coût de l’immigration » , le magazine hebdomadaire l’Express du 14 novembre 2012 consacre une longue interview à Xavier Chojnicki, qui remet en cause les travaux réalisés par Jean-Paul Gourévitch pour Contribuables Associés. Nous lui donnons la parole, puisque l’Express n’a pas jugé bon de l’interroger.

Le Cri : Que Pensez-vous de la méthode du journal, un peu cavalière, de dénigrer vos travaux sans pour autant vous laisser la parole ?

J-P Gourévitch : L’Express a le droit d’interviewer sur les comptes de l’immigration le seul Xavier Chojnicki « coauteur d’une étude qui fait autorité » , il a aussi le devoir de vérifier la véracité des propos rapportés. Il ne suffit pas de titrer « les chiffres contre les clichés » ou de souligner malignement qu’une étude est « souvent citée par Marine le Pen » pour la décrédibiliser.

Si l’Express avait lu toutes les monographies publiées par Contribuables Associés il aurait constaté que les propos qui nous sont prêtés sur la contrefaçon, la prostitution ou l’aide publique au développement sont inexacts. Enfin, concernant la sous-estimation des recettes provenant des enfants d’immigrés, que Monsieur Chojnicki souligne, nous avons pris en compte ses remarques dans notre dernière monographie à paraître à la fin du mois de novembre.

Le Cri : Xavier Chojnicki annonce que l’immigration rapporte au budget de l’Etat, comment arrive-t-il à cette conclusion étonnante ?

JPG : La grande différence entre ses estimations et les nôtres vient de ce qu’il se fonde sur des chiffres de 2005 et nous sur ceux de 2010 à 2012. Il fait également l’impasse sur les coûts de l’immigration irrégulière, les coûts de structure, les coûts sécuritaires, les coûts sociétaux et même la plus value apportée au PIB par le travail des immigrés.

Depuis 2010, Xavier Chojnicki (avec son équipe) proclame que l’immigration rapporte 12,4 milliards d’euros à la France, équation reprise avec enthousiasme par la presse bien-pensante. En 2012, il s’en tient plus prudemment à « un gain net de 3,8 milliards d’euros ».

Le Cri : Les conclusions de votre prochaine monographie sont bien différentes, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

JPG : Selon nos dernières estimations, le déficit de l’immigration se monte à 8,760 milliards d’euros : 5,551 pour l’immigration régulière et 3,209 pour l’immigration irrégulière. Il convient également d’y ajouter les investissements de l’Etat et des collectivités locales pour 8, 652 milliards d’euros dont la rentabilité est nulle (pas de réduction de la pression migratoire par l’aide au développement des pays d’origine) ou difficilement mesurable (concernant la politique d’intégration). In fine, l’immigration représente donc un coût net de 17,4 Milliards d’euros pour la France.

Source : Le Cri.fr

La seule immigration illégale : une facture de 30 milliards d’euros pour la France

Le quotidien algérien El Watan (Le Matin) publie un article fort intéressant sur le coût de la seule immigration irrégulière auquel s’ajoute le coût de l’immigration légale.

Expulser ou apporter une aide au retour volontaire des migrants illégaux revient six fois moins cher que de les garder sur le territoire français. Environ 15 % du déficit de toute l’immigration, plus de 30 milliards d’euros, sont imputables à l’immigration irrégulière.

C’est la conclusion à laquelle a abouti l’expert international sur l’Afrique et les migrations, Jean-Paul Gourévitch, au terme de sa récente étude, où est décortiqué le « prix de revient » de l’obsession du rêve européen. L’embauche de migrants irréguliers est, d’emblée, l’un des meilleurs indicateurs des retombées de la présence étrangère illégale dans l’Hexagone, fait observer l’auteur. Ainsi, est-il indiqué dans cette étude dont El Watan a été destinataire d’une copie, 5 % des 70.000 entreprises, contrôlées en 2010, utilisent une main-d’œuvre étrangère sans titre de travail pour un coût total s’élevant à 1,7 milliard d’euros.

Allant dans le détail, cet expert, qui a à son actif plusieurs ouvrages consacrés à l’Afrique et aux aspects sociaux et économiques de l’immigration en France, estime les pertes générées à 1 milliard en termes de cotisations sociales pour emploi d’étrangers sans titre, 609,6 millions de manque à gagner dû au travail illégal d’étrangers sans titre, 40 millions de coût supporté par l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest), 6,3 millions en termes d’interpellations et 5,9 millions pour les contributions non recouvrées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) pour emploi d’étrangers sans titre. Pour mieux sensibiliser les politiques sur l’impact de l’immigration illégale sur l’économie française, M. Gourévitch mettra en exergue les dépenses publiques induites par la prise médicale des migrants irréguliers, considérant, à ce titre, l’Aide médicale de l’Etat (AME) comme étant une exception à l’échelle européenne, car aux étrangers en situation irrégulière, elle consacre les mêmes droits que les titulaires de la Couverture maladie universelle (CMU).

En 2010, fait-il savoir, l’AME était de l’ordre de plus de 620 millions d’euros sur les 662 millions représentant le coût global des soins de santé, dont ont pu bénéficier les migrants irréguliers vivant sur le territoire français. Pour le spécialiste en migration, 2010 est l’année de tous les records, puisque de seulement 77.589 en 2000, le nombre de bénéficiaires est passé à 202.403, portant les dépenses de l’Etat de 75 à 623 millions d’euros. Autre souci, autre dimension. Dans la même étude, l’accent est en outre mis sur la scolarisation des élèves et étudiants en situation irrégulière. En la matière, la France compte aujourd’hui pas moins de 10.000 élèves sans papiers (4.800 en maternelle ou en élémentaire, 4.300 au collège et 900 au lycée) dont la scolarisation revient à près de 57 millions d’euros. Le nombre d’étudiants en situation irrégulière s’élève, quant à lui, à 5.800 pour un coût avoisinant les 55 millions d’euros.

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