Archives par mot-clé : Les Républicains

Éric Zemmour : « La dernière chance de la droite ? »

LES INSOLENCES D’ÉRIC ZEMMOUR – La droite républicaine ne veut pas en démordre et veut se redresser seule, selon notre chroniqueur. Mais le FN a repris tout l’héritage du RPR.

« Comment refaire le RPR alors que la place est déjà prise ? Comment reconstruire un mouvement populaire (le fameux métro à six heures de Malraux) alors que les ouvriers et employés ont pris l’habitude de voter pour Marine Le Pen ? Comment ne pas rester enfermé dans un ghetto de retraités privilégiés habitant les métropoles ? Faut-il oser s’allier au FN pour sortir l’électorat populaire de son enfermement ? »

« Mais la droite républicaine ne veut pas en démordre : elle se redressera seule. Elle reprendra le programme de la droite de toujours en matière de sécurité et d’immigration, et cela suffira pour rallier les Français. Avec un zeste de baisse d’impôts. Ce fut la méthode de Sarkozy en 2007. Mais Sarkozy n’a jamais passé le « karcher » qu’il avait promis. Et si Sarkozy avait, sans le savoir, laissé passer la dernière chance de la droite ? »

Le Figaro

Propagande et manipulation : Les images cachées du Congrès des Républicains (huées, chaises vides)

Pour le lancement des Républicains, le congrès de samedi devait répondre à deux mots d’ordre : « sobriété » – scandale Bygmalion oblige – et « unité » – primaire oblige. Question image : les organisateurs avaient donc tout prévu. C’est le parti qui a fourni les images officielles de l’événement aux chaînes de télévision. Un bon moyen d’éviter de montrer ce qui n’était pas dans la ligne politique du mouvement ? L’œil du 20h était là pour le vérifier.

Si Nicolas Sarkozy a prôné le rassemblement, tous les militants ne semblaient pas du même avis. Certains ont par exemple ostensiblement hué l’ancien Premier ministre François Fillon, allant jusqu’à le qualifier de “traître ». Des mouvements d’humeur qui ont échappé aux caméras de l’ex-UMP…

Autre problème pour les Républicains, la foule de militants était plus clairsemée que prévu. Mais là encore, la réalisation maison du congrès des Républicains n’a montré que ce qu’elle voulait. En réalité, le fond de la salle était complètement vide, tout comme l’énorme tente en extérieur sous laquelle étaient diffusés les discours des ténors des Républicains.

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Ne dévoyons pas la République

Ils commencent vraiment à nous fatiguer, à mettre la République à toutes les sauces. La République, la RES PUBLICA, c’est le bien commun, ce qui réunit les membres d’une nation autour d’un État dont ils sont citoyens.

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Les trois formes de gouvernement distinguées par Aristote – la monarchie, l’aristocratie et la démocratie, suivant le nombre des détenteurs du pouvoir – sont des modalités de la république. C’est aussi le titre le plus connu de Platon qui traduit Politeia, l’ensemble des citoyens réunis par une Constitution. Montesquieu a, au contraire, opposé la république à la monarchie et au despotisme pour faire de la première le règne de la vertu, de la seconde celui de l’honneur, dans le sens romain de la course aux honneurs, et de la troisième celui de la crainte. La république vertueuse de Robespierre coïncidant avec la Terreur, il semblerait que notre régime soit plus proche de la monarchie que de la république, tant le pouvoir est mal partagé, monopolisé par une minorité d’ambitieux, mais compensé aussi par de réelles libertés.

D’une certaine manière, la monarchie constitutionnelle est la meilleure des républiques, puisque seule la première place est interdite à l’ambition, et que la démocratie « règne » dans le gouvernement. Le Royaume-Uni n’a pas changé de régime depuis 1688 et même 1660… Les deux ou trois partis qui alternent au pouvoir n’ont pas changé de nom pour faire oublier leurs turpitudes. Celui qui incarne la droite détient même un record de longévité, puisque le Parti conservateur fut créé en 1834 à partir du groupe parlementaire Tory, qui existait depuis le XVIIe siècle. Il est troublant qu’au pays de la droite la plus bête du monde, ceux qui parviennent à attirer les suffrages des conservateurs aient peur du mot. Mais ils craignent aussi le mot « droite » et finissent par avoir honte du nom de leur parti.

C’est ainsi que l’UMP va devenir « Les Républicains ». Il est absurde d’employer ce terme, qui devrait désigner tous les membres de la République, pour désigner ceux d’un parti. Il est ridicule de sombrer dans un mimétisme américain pour des raisons publicitaires plus qu’idéologiques. Il s’agit d’échapper à « l’UMPS », de chiper le terme à la gauche, tout en partageant avec celle-ci l’idée qu’un parti puisse être plus républicain qu’un autre. Singer l’éléphant n’a aucun sens.

Aux États-Unis, il voulait dire « partisan d’un État fédéral fort » par opposition aux démocrates plus soucieux des libertés locales, et cela au XIXe siècle ! Ensuite, les idées ont évolué, le Parti républicain nordiste a conquis le sud et vice versa. Chez nous, les politiciens ne changent pas d’idées. Ils n’en ont pas. Alors ils changent d’étiquette. Nos politiciens ont pour les USA les yeux de Chimène. On célèbre la vieille amitié américaine autour de la traversée de l’Atlantique par la copie de L’Hermione, le bateau de La Fayette. Bel hommage à la Royale, la flotte française qui, rivalisant encore avec les Anglais, accula Cornwallis à la reddition de Yorktown en synergie avec Washington et l’armée royale commandée par Rochambeau. La Fayette, par la suite, se rendit aux Autrichiens pour échapper à la Terreur. Les États-Unis nous firent un peu la guerre pendant « notre » Révolution. La leur était une aube. La nôtre un crépuscule, au moins pour la place de la France dans le monde par rapport aux puissances anglo-saxonnes.
Christian Vanneste