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La réussite de la visite de Marine Le Pen au Liban irrite les médias français…

Tribune pour Boulevard Voltaire de , Historien et politologue Spécialiste du Moyen-Orient – Directeur des éditions Godefroy de Bouillon

La visite de Marine Le Pen au Liban est une réussite et cela irrite visiblement les médias français qui cherchent, depuis 48 heures, à minimiser son ampleur et la surprenante (pour eux) sympathie, notamment chez les chrétiens, avec laquelle elle a été accueillie.

Depuis lundi, ils nous glissent de petites phrases laissant entendre que Marine Le Pen n’est pas reçue comme n’importe quelle personnalité politique étrangère – ce qui est totalement faux.

On compare sa visite au chef de l’État (chrétien) avec celle d’Emmanuel Macron et l’on constate qu’elle n’a pas été reçue dans son bureau mais dans un grand salon, ce qui serait un signe d’une réception a minima. En réalité, c’est juste le contraire, tous les grands chefs d’État sont reçus dans le grand salon, et ce sont les visites moins formelles qui ont lieu dans un bureau privé.

Et puis on précise qu’aucun diplomate français n’est allé à sa rencontre, tout en indiquant que le candidat marcheur a été accueilli à l’ambassade de France, où il a passé ses nuits. Très intéressantes, ces informations, mais on a oublié de nous dire à quel titre le candidat Macron utilise les locaux de la République et pourquoi il se permet de se loger aux frais du contribuable français.

On fait tout un tapage du communiqué du Premier ministre (musulman sunnite) qui met en garde contre tout amalgame entre islam et terrorisme et rappelle les traditions française sur les droits de l’homme. Or, il est évident que la ligne politique du Premier ministre, homme lige de l’Arabie saoudite, n’est pas celle du FN, et le fait de le rencontrer démontre une volonté de dialogue.

Enfin, il est tout de même curieux qu’un fidèle de l’Arabie saoudite donne des leçons de droits de l’homme. Continuer la lecture de La réussite de la visite de Marine Le Pen au Liban irrite les médias français…

Liban: Marine Le Pen rencontre le président Michal Aoun et le premier ministre Saad Hariri

Le groupe Etat islamique se rapproche du Liban

Pour convaincre les Américains et les Européens de l’indispensabilité de son implication militaire en Syrie, la Russie invoque le danger grandissant représenté par le groupe Etat islamique. La France avance les mêmes arguments. Effectivement, malgré des milliers de raids menés par la coalition internationale, l’organisation d’Abou Bakr al-Baghdadi progresse dans le nord d’Alep face aux rebelles islamistes. Dans le centre, elle se rapproche du Liban.

La Russie ne fait plus un secret du renforcement de sa présence militaire en Syrie. Ce sont les médias et les responsables américains qui révèlent, au compte-gouttes, l’importance du déploiement russe dans ce pays : agrandissement de la piste d’un aéroport près de Lattaquié et installation de logements préfabriqués capables d’accueillir des centaines de soldats, déploiement de sept chars modernes T-90, arrivée de quatre chasseurs-bombardiers…

Après avoir tenté, timidement, de minimiser l’importance de ce déploiement, la Russie a reconnu qu’elle livrait effectivement des armes et de l’équipement militaire à l’armée syrienne conformément à des contrats conclus par le passé. Puis les dirigeants russes ont annoncé qu’ils étaient disposés à envisager l’envoi de troupes au sol si le gouvernement syrien en faisait la demande. Dans le même temps, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, déclarait que Damas n’excluait pas une telle éventualité. Les autorités syriennes ont par ailleurs confirmé la livraison de nouvelles armes russes, « qui ont montré leur grande efficacité sur le terrain ».

La Russie invoque la « menace terroriste »

 Des sources bien informées à Damas et à Beyrouth affirment que l’armée syrienne a reçu, ces dernières semaines des dizaines de transports de troupes de type BTR 82 A, des camions Ural, de l’artillerie, des pièces de rechange pour hélicoptères et avions de combats, des systèmes de communication électronique et d’énormes quantités de munitions. Ce matériel est acheminé par un pont aérien, qui se poursuivra jusqu’au 24 septembre, et par des navires russes qui accostent dans le port de Tartous, où la Russie dispose d’une base navale depuis 1971.

Face aux critiques des Américains, la Russie invoque la « menace terroriste » constituée par l’organisation de l’Etat islamique (EI), le Front al-Nosra (la branche syrienne d’al-Qaïda) et d’autres organisations extrémistes. Elle a invité les Etats-Unis et les pays européens à coopérer avec elle pour lutter contre le terrorisme. « La priorité aujourd’hui est à la nécessaire union de nos forces contre le terrorisme. Sans cela, il est impossible de résoudre d’autres problèmes urgents, comme celui des réfugiés », a déclaré le président Vladimir Poutine, mardi 15 septembre au Turkménistan.

Dans le même temps, Moscou annonçait que 2 400 Russes combattaient dans les rangs du groupe EI et d’autres groupes, ce qui fait des ressortissants de la Fédération de Russie le plus gros contingent d’étrangers évoluant au sein de l’organisation terroriste. De plus, les groupes d’obédience islamique dans le Caucase ont prêté allégeance au « calife » de l’organisation, Abou Bakr al-Baghdadi. Il devient clair, dans ces circonstances, que la volonté de la Russie de combattre l’EI pourrait être légitime.

Le groupe EI déjà présent au Liban

Le renforcement de la présence russe en Syrie intervient, d’ailleurs, à un moment où le groupe EI avance dans le nord d’Alep face aux rebelles islamistes soutenus par la Turquie et les pays arabes du Golfe, mais aussi se rapproche du Liban. Peu de médias évoquent ce dernier point, qui a pourtant été soulevé, la semaine dernière, par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, pour justifier la participation de la France aux frappes de la coalition contre l’organisation Etat islamique en Syrie.

De graves développements militaires se sont produits sur le terrain ces dernières semaines et sont passés inaperçus aux yeux de l’opinion publique. Mais les experts et les diplomates en saisissent l’importance. Alors que l’armée syrienne concentrait son effort sur la protection des derniers champs gaziers de Chaër et de Jazal, encore sous le contrôle du gouvernement autour de Palmyre, les combattants de l’EI fonçaient dans le désert au sud-est de la ville antique. Le 6 août, ils prenaient al-Qaryatayn, une bourgade de 35 000 habitants, située à 85 kilomètres au sud de Homs et à 160 kilomètres de Palmyre. Al-Qaryatayn constitue un carrefour important reliant les territoires contrôlés par l’organisation dans la campagne à l’est de Homs et l’est de la région montagneuse du Qalamoun, dont une partie est adossée à la frontière libanaise.

Avec la prise de cette localité, le groupe Etat islamique peut désormais acheminer des renforts et du ravitaillement entre ces deux zones. En poussant plus à l’Ouest, l’organisation jihadiste pourra ouvrir des voies pour approvisionner son maquis du Qalamoun occidental, où sont stationnés entre 500 et 800 combattants. Ce fief jihadiste est à cheval à la frontière syro-libanaise. Il longe le Liban sur une distance de 35 kilomètres entre les localités libanaises de Qaa et de Ersal, dans la plaine orientale de la Békaa.

Des voies de ravitaillement ouvertes vers l’Irak Continuer la lecture de Le groupe Etat islamique se rapproche du Liban

Une publicité danoise anti immigration dans la presse libanaise

Le gouvernement danois a publié dans la presse libanaise un communiqué qui informe sur le durcissement des mesures s’appliquant aux réfugiés, afin de dissuader les candidats à l’immigration.

Valeurs actuelles évoquait au mois d’août la campagne de publicité anti immigration que le ministre de l’Immigration et l’Intégration danois a décidé de publier, dans la lignée de celle faite par l’Australie en octobre 2014.

Une campagne destinée à la presse libanaise

Cette campagne a donc été lancée : le gouvernement danois a acheté des espaces publicitaires dans des journaux du Liban, pays qui compte actuellement près d’1,2 millions de réfugiés. Trois quotidiens arabes et un quotidien écrit en anglais comportent ainsi la publicité dissuasive.

Un communiqué qui informe sur le durcissement des règles envers les réfugiés

Le communiqué se veut informatif en indiquant les changements apportés par le nouveau gouvernement envers l’émigration au Danemark. « Le Danemark a décidé de durcir les règles s’appliquant aux réfugiés » avertit en premier lieu la publicité.

Réduction de 50% des allocations sociales accordées Continuer la lecture de Une publicité danoise anti immigration dans la presse libanaise

Liban : Une participation de Paris à une opération en Syrie exposerait les militaires français

Malgré les difficultés diplomatiques, en particulier au Conseil de sécurité des Nations unies, et la mise hors-jeu des Britanniques, le président Hollande a indiqué, ce 30 août, au quotidien Le Monde, ne pas exclure une intervention militaire en Syrie avant le 4 septembre prochain, jour où le Parlement sera convoqué en session extraordinaire pour débattre de la situation syrienne.

Cette opération, a précisé le chef de l’Etat, ne viserait pas “à libérer la Syrie ou à renverser le dictateur (ndlr, Bachar el Assad)” mais à porter un “coup d’arrêt” à “un régime qui commet l’irréparable sur sa population”.

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Pour les partisans d’une intervention, il s’agit, en “punissant” le régime de Bachar el-Assad pour sa responsabilité encore présumée dans l’attaque chimique du 21 août dernier dans les faubourgs de Damas, d’éviter que lui ou d’autres aient à nouveau recours à ce type d’armes. D’autres espèrent qu’elle permettra de renverser le rapport de forces sur le terrain en faveur de la rébellion, elle-même divisée. Cela étant, il n’est nullement question, selon les déclarations des présidents Hollande et Obama, d’en arriver là.

Seulement, l’équation syrienne est extrêmement compliquée. Et pour les opposants à cette intervention – qui ne sont pas forcément de farouches admirateurs de Bachar el-Assad ou même encore de Vladimir Poutine – lancer des frappes, même pendant un temps limité, ne servirait à rien, si ce n’est à obtenir une situation pire qu’avant. En clair, ce serait mettre un coup de pied dans un nid de frelons et ce n’est pas la meilleure chose à faire.

Le temps où l’ancien président Sarkozy évoquait “l’harmonie insoupçonnée” entre les différentes communautés qui se côtoyaient à Damas grâce à la “spécificité  d’un régime autoritaire laïque” (Libre, Robert Laffont/ XO Editions, 2001) est désormais révolu. Car le conflit syrien est une guerre civile impliquant Kurdes, arabes sunnites, chrétiens, alaouites et druzes.

Mais il tend aussi à s’internationaliser, avec l’engagement du Hezbollah chiite, allié de Bachar el-Assad, de combattants iraniens (probablement) et de jihadistes venus de l’extérieur prêter main forte à leurs homologues syriens (ndlr, pour rappel, ces derniers n’ont pas effrayé plus que ça le régime syrien quand il les laissait passer en Irak, à l’époque où les Américains y étaient encore présents… Mais passons).

En outre, des puissances étrangères se font ainsi une guerre par procuration, l’Arabie Saoudite et le Qatar tentant de damer le pion à l’axe chiite (donc Téhéran) qu’ils redoutent sans doute plus que tout, en soutenant telle ou telle faction rebelle. Qui plus est, il y a des intérêts dont on ne parle que très peu. Comme par exemple ce projet de Doha de faire passer un gazoduc via la Syrie et la Turquie afin d’exporter son gaz vers l’Europe sans passer par le détroit d’Ormuz, à la merci d’un coup de sang iranien. Seulement, Bachar el-Assad s’y était opposé… Mais pour ce qui concerne uniquement la France, intervenir en Syrie s’avère encore plus délicat que pour les États-Unis. Et pourquoi spécialement la France ? Parce que, et Zone Militaire l’a déjà souligné, elle compte 900 militaires au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), déployés en plein fief du Hezbollah, s’est engagé totalement aux côtés de Bachar el-Assad. Autrement dit, ils sont dans la gueule du loup.

Par le passé, des soldats français ont déjà été visé par les chiites libanais, Continuer la lecture de Liban : Une participation de Paris à une opération en Syrie exposerait les militaires français