Archives par mot-clé : libéralisme

Marion Maréchal : “Ce que j’aurais dit au Medef si on m’avait laissé y aller”

Cette tribune est parfaite. Elle définit exactement ce que devrait être le libéralisme. Je plussoie à chacune des lignes de ce texte.

Marion Maréchal a aussi compris l’importance qu’ont pris les médias du net. Elle ne s’exprime plus qu’à travers le prisme des réseaux sociaux et de sites amis. Et elle a raison. On ne tire aucun avantage à donner une légitimité à un journal en lui adressant une tribune quand le reste du temps il vous crache dessus pour le plus grand bénéfice des mondialistes et des immigrationistes.


J’ai failli, en ce jour, débattre à l’université d’été du Medef. Du moins, avant que je ne devienne la spectatrice amusée de mon débarquement, subi avant même que j’aie définitivement validé ma participation. Dans ce monde, le politiquement correct l’emporte manifestement sur la politesse la plus élémentaire. J’aurais dû débattre du « populisme » ou plutôt, il me revenait de le représenter. Mais le progrès des progressistes s’arrête aux portes du débat contradictoire. 

Certains ont néanmoins tenté de justifier mon invitation par mon étiquette « libérale ». Un qualificatif tantôt infamant, tantôt valorisant selon le commentateur. La difficulté du dialogue dans cette démocratie tient pour partie au fait que ce type de mot valise ne recouvre pas nécessairement la même réalité, ni le même sens dans la bouche de ceux qui l’utilisent.

Ce terme « libéral», selon qu’il renvoie à une doctrine économique ou à une philosophie politique, recoupe des notions variées voire contradictoires selon les époques.  Je n’ai pas l’espace ici de revenir sur ses différentes acceptions dans l’histoire des idées politiques ou de la pensée économique. Je m’en tiendrais donc à ce qui ne fait pas débat : son étymologie. Libéralisme découle du mot liberté.

De fait, s’il est bien une question fondamentale pour moi en économie, c’est celle de la liberté. L’une des premières choses que fit le général de Gaulle en arrivant au pouvoir en 1958 fut de s’atteler au redressement économique et financier de la France. En l’occurrence, il ne se soumettait pas à je ne sais quel diktat capitaliste, il n’était pas non plus obsédé par une vision comptable du remboursement de la dette : il agissait en patriote soucieux de l’indépendance française. Le Général avait simplement compris qu’un budget public sain est la condition de la liberté politique. Car Continuer la lecture de Marion Maréchal : “Ce que j’aurais dit au Medef si on m’avait laissé y aller”

Bistro Libertés avec Charles Gave : Faut-il commémorer mai 68 ?

Charles Gave incarne le libéralisme dans lequel je peux me reconnaitre. Il prouve que l’on peut s’opposer au mondialisme, à l’immigrationisme et au consumérisme sans sombrer dans le communisme le plus con et la posture petite bourgeoise anti-moderne comme celle de la catho barbante Charlotte d’Ornellas.
Le discours de Gave devrait être celui du FN… si les membres de ce parti étaient un peu malin.

Roger Scruton, conservateur britannique et critique du libéralisme

Sur Roger Scruton

Lire aussi: Roger Scruton: «Le progrès dans la science, la tradition dans les arts, la continuité dans la morale»
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Roger Scruton :«Notre héritage est aussi la propriété de ceux qui ne sont pas encore nés»

Ou bien: Roger Scruton : «Le Brexit est un choix éminemment culturel»


Chronique de Brice Couturier sur France Culture

Le marché, condition nécessaire, mais pas suffisante à l’exercice de la liberté.

Nous disposons enfin en français d’un ouvrage de Roger Scruton, De l’urgence d’être conservateur, traduit par Laetitia Strauch-Bonart, une spécialiste du conservatisme.

Je ne sais pas si Roger Scruton, probablement le plus éminent penseur conservateur britannique actuel, exerce une quelconque influence sur la politique du gouvernement conservateur britannique. Lui-même a déploré dans des interviews n’avoir été ni lu ni même consulté par les thatchériens. Il avait pourtant publié, en 1980, The Meaning of Conservatism, l’année suivant le retour des conservateurs au pouvoir. A cette époque, explique-t-il aujourd’hui, le Parti conservateur se passait de philosophie. Son idéologie se résumait à l’apologie du marché, prônée par des think tanks comme l’Institute for Economic Affairs. Or, selon la philosophie conservatrice, si le marché est une des conditions nécessaires à l’exercice de la liberté, il n’est pas suffisant.

Déjà, à cette époque, Scruton mettait en garde contre les illusions du libéralisme économique. Comme les libéraux, Scruton juge que le marché procède d’un ordre spontané. Mais en tant que conservateur, il le conçoit comme l’une des institutions dont nos sociétés se sont dotées au fil du temps. Le marché ne saurait s’abstraire de l’ordre juridique et moral, s’autonomiser au point de devenir une fin en soi. Lorsque le marché et la morale entrent en conflit, c’est cette dernière qui doit primer.

Roger Scruton, parce qu’il est conservateur, est aussi écologiste. Continuer la lecture de Roger Scruton, conservateur britannique et critique du libéralisme

Emmanuel Todd: Le protectionnisme est une branche de la pensée libérale.

Mélenchon semble avoir découvert les vertus du protectionnisme après l’avoir ouvertement dénigré et assimilé à du fascisme.
Aujourd’hui, soucieux de faire comme Marine le Pen – peut-être ira-il jusqu’à se teindre en blonde – le notable de l’insoumission met en avant un protectionnisme solidaire (sic) qu’il présente comme une réponse au libéralisme.

Or le protectionnisme devient un isolationisme s’il s’accompagne de mesures économiques de gauche comme celles que proposent Mélenchon.
Pour que le protectionisme ne soit pas un danger il faut l’utiliser avec parcimonie dans un environnement libéral d’économie de marché.
C’est la grosse différence qui existe entre le projet Gaullo-colbertiste et libéral de Marine Le Pen et celui de Mélenchon qui réhabilite la planification socialiste.
Cette différence n’est pas anodine. Si le programme de Marine le Pen peut poser des difficultés et demandera des efforts, il n’est pas dangereux. Tel n’est pas le cas de celui de Mélenchon. Appliqué à la lettre le programme du petit père sans peuple serait une bombe à retardement comme on peut le voir dans le Vénézuela de l’après Chavez.

Emmanuel Todd, qui soutient le protectionnisme et la sortie de l’euro et ce bien avant que Mélenchon trouvent ces deux idées à son goût, ne dit pas autre chose.

Qui est ce Friedrich List que cite Tood: c’est ici

Répliques: Y-a-t-il une alternative à la société libérale? (Avec J.C. Michéa)

Le libéralisme est le grand sujet d’étude et d’inquiétude de Jean-Claude Michéa. AprèsL’empire du moindre mal, Le complexe dOrphée, et La gauche et le peuple, échange épistolaire avec Jacques Julliard, il publie aujourd’hui Notre ennemi le capital

Aussi enthousiaste que Michéa est critique, Matthieu Laine , auteur du Dictionnaire amoureux de la liberté, vient de préfacer une Anthologie des discours de Margaret Thatcher Discours et conférences (1969-1992) Margaret Thatcher et le titre de cette préface est : France, cet impérieux besoin de Thatcher.

J’imagine que la discussion sera vive entre mes deux invités et, pour commencer, je leur demanderai de donner leur définition du système économique et social sous lequel nous vivons aujourd’hui.

Bibliographie: Continuer la lecture de Répliques: Y-a-t-il une alternative à la société libérale? (Avec J.C. Michéa)

Marine Le Pen: je souhaite que mon programme permette de dire: « heureux comme un entrepreneur en France »


François Fillon, un conservateur du 19e siècle

La Tribune

Conservateur ? Ultralibéral ? Réactionnaire ? Modéré ? Gaulliste ? Thatchérien ? François Fillon, désormais candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle de 2017, a été cuisiné à toutes les sauces. Laquelle est la plus juste ? Au-delà des étiquettes, il peut être utile de revenir aux inspirations du nouveau chef de file de la droite et à sa tradition historique. Et pour cela, il convient évidemment de revenir au programme qui lui a permis, à la surprise générale, d’emporter deux tiers des voix lors de la primaire.

La réaction est désordre

Pour comprendre d’où vient François Fillon, il faut examiner ses positions sur la société française. Sur ce plan, on l’a souvent décrit comme un « réactionnaire ». C’est, en réalité, inexact. Certes, le nouveau candidat propose un retour sur quelques points de la loi Taubira, mais ce retour est partiel et ne porte que sur une loi récente. Pour le reste, il n’y a pas de remise en cause des évolutions de la société depuis la fin des années 1960. « S’il est bien entendu indispensable de défendre les valeurs familiales qui fondent notre société, il est aussi nécessaire de prendre en comptes ses évolutions », explique le projet de François Fillon qui, par ailleurs, consacre un chapitre aux droits des femmes et au renforcement de la lutte contre le « sexisme ». Un authentique réactionnaire chercherait non seulement à revenir sur la loi Taubira, mais également sur tout l’héritage de « mai 68 » en favorisant le retrait des femmes de la vie active ou en revenant sur le droit à l’avortement, par exemple. Rien ne dit que ce soit les convictions profondes de François Fillon, mais ce n’est pas son programme. Continuer la lecture de François Fillon, un conservateur du 19e siècle

L’Union européenne contre nos salaires

Par Roberto Fiorini

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

Ambitions de nivellement de la construction

A la sortie de la guerre cette idée d’amélioration du niveau de vie fut martelée aux peuples européens, notamment dans l’article 2 du traité de Rome : « … conduire à un relèvement accéléré du niveau de vie ». Pour y parvenir sont notamment engagées des politiques visant à tenter de réduire les déséquilibres entre les différentes régions d’Europe.

L’objectif sous-jacent était d’éviter de laisser des zones pauvres, ou le chômage augmenterait, car on savait que si le chômage augmentait, certaines entreprises seraient tentées de délocaliser au sein du marché unique sans frontières (encore à naitre). Les économistes savaient aussi que les salariés seraient prêts à accepter des salaires plus bas… s’ils étaient confrontés durablement au chômage. Au début, ils ont tenté de lutter contre cela.

La crise de 1973 avait fait de la lutte contre l’inflation une priorité absolue. La cible Continuer la lecture de L’Union européenne contre nos salaires

La gauche, sa vie, son œuvre, par Jean-Claude Michéa

Dans son dernier essai, Les Mystères de la gauche, l’auteur de L’Enseignement de l’ignorance et d’Orwell, anarchiste tory explique pourquoi la gauche est le meilleur allié du libéralisme moderne.


Vous écrivez que le ralliement de la «gauche officielle» au culte du marché concurrentiel et de la croissance illimitée n’est pas une parenthèse mais «l’aboutissement logique d’un long processus historique» dont le moteur n’est autre que cette métaphysique du Progrès et du «Sens de l’histoire» héritée des Lumières. Le capitalisme est-il selon vous l’enfant des Lumières ?

La réponse est donnée par l’histoire ! Loin d’être une idéologie «conservatrice» ou «réactionnaire», le libéralisme économique d’Adam Smith est né au cœur même de la philosophie écossaise des Lumières. Et la plupart des Encyclopédistes (de Voltaire à Turgot) étaient persuadés que le «doux commerce» apporterait au monde entier la paix, la liberté et la prospérité matérielle. C’est tout aussi vrai, bien sûr, du libéralisme politique et culturel. C’est pourquoi on ne peut pas comprendre la modernité capitaliste sans mobiliser les idées de Progrès (la «mondialisation» comme avenir inéluctable de l’humanité), de Raison (le primat du calcul économique et le culte de l’innovation technologique à tout prix) et de liberté individuelle (le droit de chacun à vivre selon ses seuls caprices, qu’elles qu’en soient les conséquences sur la vie commune). C’est ce qui explique que la gauche – dont l’ennemi originel n’était pas le capitalisme naissant, comme pour les socialistes, mais l’Ancien Régime et le pouvoir traditionnel de l’Eglise («le cléricalisme, voilà l’ennemi !») – a toujours eu le plus grand mal à se démarquer de l’idéologie libérale des Lumières.

La «croyance religieuse en un sens de l’histoire et du progrès matériel illimité» cherchant à faire table rase du passé, que vous imputez au libéralisme, n’est cependant pas son apanage. Elle caractérise parfaitement, par exemple, l’expérience communiste en URSS.

Cette croyance naïve (puisque les ressources de la planète sont limitées) est précisément celle qui a rendu possible, au lendemain de l’affaire Dreyfus, l’alliance tactique contre les puissances de l’Ancien Régime (encore très actives jusqu’en 1945) entre la gauche au sens originel du terme (autrement dit, celle qu’incarnaient, sous la troisième république, le parti radical et la franc-maçonnerie voltairienne) et cette fraction importante du mouvement ouvrier qui, dans le sillage de Marx, considérait la grande industrie capitaliste comme la «base matérielle» logique de la société socialiste (la plupart des marxistes  rejetaient, en effet, l’idée que l’agriculture paysanne, l’artisanat, la petite entreprise voire le mouvement coopératif puissent jouer le moindre rôle dans une telle société).

C’est pourquoi la mise en pratique par Lénine, Trotsky et Staline (dans des circonstances Continuer la lecture de La gauche, sa vie, son œuvre, par Jean-Claude Michéa