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L’interview de Jean-Marie Le Pen à Rivarol

La cabale qui s’est déclenchée dès la parution de l’hebdomadaire Rivarol daté du 9 avril 2015 traduit, si l’on y réfléchit bien, une véritable attaque contre la liberté de la presse et la liberté d’expression. Les médias, la classe politique, les membres du gouvernement, les hauts dirigeants du Front national, tous, souscrivant au totalitarisme ambiant, se sont ligués pour dénoncer le « scandale » : le président d’honneur du FN, Jean-Marie Le Pen, aurait tenu, lors d’un entretien avec la rédaction de Rivarol, des propos « insupportables ». Comme toujours dans ce genre de diatribe, ceux qui hurlent le plus n’auront pas lu la livraison de Rivarol du 9 avril. Aussi, dans un souci de bonne information, Polémia a décidé de publier in extenso cet entretien pour que le public puisse, posément, à l’écart de tout esprit partisan, juger par lui-même. On rappellera néanmoins qu’il y a exactement trois mois, le 11 janvier 2015, le président de la République, entouré de tout son appareil et de plusieurs chefs d’Etat étrangers, défilait dans une rue de Paris à la tête d’un immense cortège pour la LIBERTÉ D’EXPRESSION !
Polémia


Document : Rivarol, n° 3183 du 9 avril 2015

L’interview a été relue et validée avant publication par le président d’honneur du Front national

RIVAROL : Quel bilan faites-vous du second tour des élections départementales pour le Front national ?

Jean-Marie LE PEN : Il fallait s’attendre à ce que les résultats ne correspondissent pas tout à fait à notre très grand succès du premier tour. Le FN, conformément aux textes officiels du ministère de l’Intérieur, est bien le premier parti de France ayant réuni au premier tour plus de 25% des voix et plus de 5 millions de suffrages. Il est devant l’UMP et le PS. Je ne parle même pas des petites formations quasiment inexistantes comme les Verts ou Debout la France de Dupont-Aignan. Le FN a réalisé un très beau parcours au premier tour mais, s’agissant d’un scrutin majoritaire à deux tours, nous avons été apparemment battus le 29 mars au soir car nous avons obtenu 62 élus sur 2054.

On fait des gorges chaudes là-dessus mais c’est ignorer que les conseils généraux sont composés de personnalités politiques connues, implantées, le plus souvent maires d’une commune dans laquelle elles font tout naturellement 60 ou 70% des voix, comme l’ont fait d’ailleurs les maires du FN dont la gestion était critiquée médiatiquement et qui, en moyenne, ont rassemblé 75% des électeurs.

Il faut savoir par ailleurs que ces conseils généraux sont composés d’hommes et de femmes se connaissant depuis des années et qu’il existe entre eux des relations d’amitié, de sympathie, des connivences établies. Nous avions un sortant contre 2053 et nous avons eu quand même une soixantaine d’élus, ce qui n’est pas rien. Le résultat a été excellent, supérieur même à ce que l’on pouvait espérer, ce type d’élections locales au scrutin majoritaire à deux tours étant certainement le plus difficile qui soit pour un mouvement comme le nôtre qui ne dispose encore que de peu de notables.

« Je ne suis pas homme à ramper »

R. : Une nouvelle polémique politico-médiatique s’est déclenchée le 2 avril à la suite des propos que vous avez tenus sur BFM-TV en réponse à Jean-Jacques Bourdin, et qui reprenaient ceux que vous aviez déjà exprimés sur les chambres à gaz le 13 septembre 1987 sur RTL, le 5 décembre 1997 en Allemagne, en avril 2008 au mensuel Bretons et en mars 2009 au Parlement européen. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour contestation de crimes contre l’humanité. Le ministre de l’Intérieur et celui de l’Education nationale vous ont condamné, tout comme la classe politique tout entière. Des associations se constituent parties civiles contre vous (SOS-Racisme, UEJF, LICRA…) et même au Front national les principaux responsables ont solennellement condamné vos déclarations, à commencer par la présidente du mouvement et ses lieutenants. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

J.M.L.P. Je ne suis pas homme à changer d’avis ni à ramper. J’ai sur cette question une opinion que je crois justifiée. Ceux qui s’appuient sur ce genre d’opérations pour porter jugement ont le plus grand tort. J’ai cessé de marcher à quatre pattes depuis l’âge de 18 mois. Je ne suis pas l’homo a plat ventrus.

La politique, comme la vie, c’est un combat. Si l’on ne veut pas prendre de coups, on ne choisit pas d’être boxeur. Parce que si on choisit d’être boxeur, on sait qu’on peut gagner mais qu’on prendra beaucoup de coups. Le champion du monde, quand il descend du ring, avec sa ceinture de champion à la main, a le visage bosselé. Parce qu’il vient de combattre contre le meilleur du monde après lui, son challenger. Il ne sort pas intact. Il a gagné comme un combattant, en acceptant d’être blessé, parfois d’être défiguré. Si l’on ne veut pas prendre de coups, mieux vaut rester ou rentrer chez soi, c’est plus sage.

« Je reste candidat à la présidence de la région PACA »

 R. : Plusieurs responsables du Front national (le secrétaire général Nicolas Bay, le vice-président et numéro 2 du mouvement Florian Philippot, le cofondateur de Gay-Lib et président du collectif Culture Sébastien Chenu) ont expliqué dans les media audiovisuels, jeudi 2 et vendredi 3 avril, que votre candidature comme tête de liste du Front national pour la région PACA pourrait être remise en question par la commission nationale d’investiture à la suite de vos dernières déclarations et que d’autres candidatures que la vôtre pourraient se faire jour car vous vous seriez mis en marge du mouvement et de son actuelle ligne politique. Quelle est votre réaction ?

J.M.L.P. Je suis candidat tête de liste pour mettre à la porte les socialo-communistes. Je rappelle que j’ai fait aux dernières élections européennes, il y a moins d’un an, plus de 33% des voix dans la région PACA. Je suis donc légitime pour conduire la liste du Front national dans cette région où, de surcroît, je suis conseiller régional et président du groupe FN depuis 1992.

R. : Et êtes-vous également candidat à la présidence de la région PACA pour succéder au socialiste Michel Vauzelle ?

J.M.L.P. Je suis candidat à la présidence de la région PACA par la logique des choses.

R. : Cette condamnation appuyée et solennelle par les dirigeants du Front national du Fondateur et Président d’honneur du mouvement a eu lieu le Jeudi Saint (jeudi 2 avril), le jour où Jésus a été trahi par Judas qui lui a donné un baiser fielleux au jardin des Oliviers pour le livrer au Sanhédrin. N’est-ce pas là un hasard assez étrange ?

J.M.L.P. L’on n’est jamais trahi que par les siens.

Perméabilité des nouvelles générations à la vulgate

R. : A la suite de vos déclarations controversées, Florian Philippot a expliqué que le FN devait s’occuper des préoccupations quotidiennes des Français, du chômage, du pouvoir d’achat, de l’insécurité, de l’islamisme et qu’il ne fallait pas parasiter le message du mouvement par des déclarations intempestives et provocatrices sur la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est oublier que les problèmes de la France sont en grande partie liés à la chape de plomb sur son passé et sur celui de l’Europe. Car au nom de la Shoah on ne peut pas maîtriser l’immigration et inverser les flux migratoires car, nous dit-on, ce serait déporter les immigrés comme furent naguère déportés les juifs ; on ne peut pas défendre la famille et les valeurs traditionnelles car c’est faire du pétainisme ; on ne peut pas critiquer l’influence de la franc-maçonnerie et d’autres lobbies « puissants et nocifs » dans la vie politique car ce serait faire du vichysme ; on ne peut pas contester la condamnation de la France par Chirac au Vél’ d’Hiv’ en 1995 car ce serait manquer de respect aux « victimes de la Shoah » ; on ne peut pas dénoncer les incessantes réparations financières réclamées à la SNCF ni dénoncer le rôle de la finance internationale anonyme et vagabonde car ce serait être suspect d’antisémitisme.

N’est-ce donc pas une vision erronée de croire que l’on peut totalement éviter de parler du passé d’autant que les media et l’Education nationale le ressassent sans cesse et que les journalistes posent régulièrement des questions sur ces sujets ? N’est-ce pas une faiblesse, un manque de formation intellectuelle et doctrinale et aussi sans doute un déficit de courage de la plupart des formations de droite nationale et populiste en Europe de céder à la pression médiatique, certes très forte, sur ces questions-là, comme l’a fait lamentablement en son temps un Gianfranco Fini en Italie ?

J.M.L.P. Les nouvelles générations qui n’ont pas connu la guerre sont plus perméables que les anciennes au discours médiatiquement dominant et à une vision manichéenne de l’histoire, comme le faisait déjà remarquer François Mitterrand à Georges-Marc Benamou : « Jeune homme, vous ne savez pas de quoi vous parlez. »

Par ailleurs, en France, nous sommes en campagne électorale permanente car il y a une ou plusieurs élections quasiment chaque année. Le Front national est donc naturellement très impliqué dans des problèmes électoraux. C’est à la fois sa force et sa faiblesse :

Sa force parce que c’est ce qui lui permet d’apparaître, d’être présent dans la vie publique, de faire connaître ses propositions et sa vive contestation des politiques conduites. Le fait de trouver des candidats, de les former aux techniques électorales absorbe une grande partie de l’activité du Front national, non seulement de son activité physique, civique mais aussi intellectuelle, conceptuelle ;

Sa faiblesse parce que le temps pris pour préparer des élections, trouver des candidats (près de 8.000 aux dernières départementales, excusez du peu !), ce qui est une nécessité, se fait forcément un peu au détriment de la formation doctrinale.

Les pétainistes sont des Français comme les autres

R. : Les dirigeants du FN ont vivement contesté votre affirmation selon laquelle il y avait aussi au Front national d’« ardents pétainistes » ?

J.M.L.P. J’ai toujours œuvré à la réconciliation des Français. Comme le disait avec une grande dignité le président Georges Pompidou, interrogé en conférence de presse sur la grâce partielle qu’il avait accordée à Paul Touvier : « Allons-nous éternellement entretenir saignantes les plaies de nos désaccords nationaux, le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entredéchiraient et même s’entretuaient ? »

Pour ma part, comme je l’ai déjà dit, je n’ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître. L’on a été très sévère avec lui à la Libération. Et je n’ai jamais considéré comme de mauvais Français ou des gens infréquentables ceux qui ont conservé de l’estime pour le Maréchal. Ils ont selon moi leur place au Front national comme l’ont les défenseurs de l’Algérie française, mais aussi les gaullistes, les anciens communistes et tous les patriotes qui ont la France au cœur.

R. : Etes-vous favorable comme l’actuelle direction du FN à la retraite à soixante ans ?

J.M.L.P. J’ai essayé d’expliquer à Marine Le Pen et à ses conseillers que c’était une erreur. C’est ridicule de demander la retraite à 60 ans alors que moi, à la tête du FN, pendant des décennies, je l’ai demandée à 65 ! J’étais en avance, encore que les Allemands sont aujourd’hui à 67 ans ! L’équilibre démographique désastreux de l’Europe boréale, c’est-à-dire celle qui va de Brest à Vladivostok, est suicidaire et implique de reculer l’âge légal de la retraite. En politique on ne doit jamais sombrer dans la facilité ni faire de la démagogie. Il ne faut pas tomber dans le ridicule de paraître défendre le système de retraite à 60 ans parce que même si l’on y apporte des amodiations (comme les 40 ans d’annuités), elles ne sont pas audibles politiquement. Pourquoi s’accrocher là-dessus ? Je leur ai dit : « Rectifiez le tir. » En vain pour le moment. Continuer la lecture de L’interview de Jean-Marie Le Pen à Rivarol

La gauche, Mitterand, Pétain et Vichy (vidéo)

La gauche a voté les pleins pouvoirs à Pétain. Celui-ci avait des opinions républicaines et de centre gauche. Et pour diriger la France il forme un gouvernement constitué… de gens de gauche. (lire aussi: Le gouvernement de Vichy et la rafle du Vel d’Hiv )

Voilà l’assemblée nationale qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal, sur 147 de la SFIO (ancien parti socialiste), seulement 36 ont voté contre:
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Voir la liste des 569 parlementaires majoritairement de gauche ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain

Mitterand fut décoré de la francisque, la plus haute distinction de Vichy. C’est en avril 1943, que le Maréchal Pétain la lui remet pour « services rendus à l’État français ». Le nom de François Mitterand figure sur le répertoire des récipiendaires sous n° 2202. Ses parrains ont été Simon Arbellot, ancien journaliste au Temps et au Figaro devenu directeur des services de presse de Vichy, et Gabriel Jeantet, un ancien cagoulard, ami de Mitterrand.

Pour obtenir cette décoration, il faut en faire la demande en remplissant un formulaire sans ambiguïté : « Je fais don de ma personne au maréchal Pétain comme il a fait don de la sienne à la France. Je m’engage à servir ses disciplines et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre. »

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Dans sa jeunesse François Mitterand fut très proche des militants d’extrême droite. Dans une lettre retrouvée dans ses archives, François Mitterrand fait même l’éloge du SOL (Service d’Ordre Légionnaire), groupe paramilitaire chargé de pourchasser les ennemis du régime.

François Mitterrand a été maréchaliste et plein de confiance et d’admiration pour l’homme Pétain, notamment à la lecture d’une de ses lettres à sa sœur, rédigée le 13 mars 1942 et dans laquelle il écrit : « j’ai vu le maréchal au théâtre […] il est magnifique d’allure, son visage est celui d’une statue de marbre. »

Sous le septennat de François Mitterrand, la tombe du maréchal a été fleurie pendant plusieurs années consécutives entre 1984 et 1992. Cette pratique a cessé après des protestations de la communauté juive, notamment.

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