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Communiqué de Presse d’Historiens spécialistes de la guerre d’Algérie contre une motion du conseil de Paris à propos du 8 mai 1945 à Sétif

Voir: Repentance : L’UMP vote le vœu Front de Gauche en faveur de la reconnaissance des « massacres » de Sétif

A propos du 8 mai 1945 à Sétif

Le Conseil de Paris a voté une motion qui soutient que « la très grande majorité des
historiens français » ayant écrit sur la répression de l’insurrection du 8 mai 1945 « atteste
d’un bilan de dizaines de milliers de victimes arrêtées, torturées et exécutées sommairement».

Les historiens et chercheurs ne peuvent consentir à se laisser ainsi utiliser à l’appui de
manoeuvres politico-mémorielles.

Nous demandons que les élus et les gouvernants acceptent de lire ce que les historiens disent de ces événements. Qu’ils lisent donc Charles-André Julien, Charles-Robert Ageron, Mohammed Harbi, Annie Rey-Goldzeiguer, Bernard Lugan, Jean Monneret, Gilbert Meynier, Roger Benmebarek, Guy Pervillé, Jean-Pierre Peyroulou, Roger Vétillard…

Ils sauraient alors que l’explosion de violence de mai 1945 avait pour origine un projet d’insurrection nationaliste (Harbi, Rey-Goldzeiguer) dans le but d’installer dans une « zone libérée » un gouvernement provisoire algérien présidé par Messali Hadj principal dirigeant du Parti du Peuple Algérien. Ce gouvernement devait siéger à la ferme Maïza près de Sétif (Benmebarek, Vétillard). Mais l’évasion ratée de Messali qui était en résidence surveillée à
Reibell et son transfert à Brazzaville ont modifié ces plans.

L’émeute de Sétif n’est pas due à l’indignation provoquée parmi les manifestants par la mort du porte-drapeau Saâl Bouzid mais à une véritable insurrection armée qui a fait 23 morts et 80 blessés européens à Sétif dont le régisseur du marché Gaston Gourlier tué 2 heures avant le début de la manifestation (Vétillard) et d’autres par armes à feu dans les minutes qui ont suivi les altercations entre forces de l’ordre et manifestants. Les forces de l’ordre interviennent et ramènent le calme en moins de 2 heures : 35 manifestants sont tués, des dizaines sont blessés.

Au même moment, et dans plusieurs endroits parfois sans lien évident avec la manifestation de Sétif, d’autres soulèvements ont lieu dans une vingtaine de localités de la région (Périgotville, Chevreul, Kerrata, Lafayette, Sillègue, El Ouricia…) : plus de 60 Européens sont tués.

A Guelma, la manifestation interdite débute à 18 heures et se heurte aux forces de police. Le porte-drapeau est tué, plusieurs manifestants, 2 policiers et 1 gendarme sont blessés. Le lendemain, dans une dizaine de villages de la région, les Européens sont agressés. Il y Continuer la lecture de Communiqué de Presse d’Historiens spécialistes de la guerre d’Algérie contre une motion du conseil de Paris à propos du 8 mai 1945 à Sétif