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Présidentielle 2012 : vers la sur-normalisation des médias

Les médias français sont hyper politiquement corrects. Mais sous la pression de la concurrence d’Internet, certains journalistes avaient su prendre une certaine liberté de ton : Eric Zemmour, Eric Naulleau, Elisabeth Lévy, Robert Ménard ou Frédéric Taddéi. Leur épuration est en cours. Parce que le politiquement correct ne peut pas affronter un débat à la loyale. Parce que le Système repose sur la scénarisation d’affrontements fictifs. Parce que Nicolas Sarkozy et l’UMP ont électoralement intérêt à être opposés à des journalistes politiquement corrects. Explications.


Médias de marché ? Non médias d’influence !

Les épurés – ou ceux dont les dirigeants de l’audiovisuel réduisent la surface médiatique – ont un point commun : ils font de l’audience. A ce titre, ils se croyaient protégés par leur succès. A tort. Les médias ne sont pas financés par leurs spectateurs et leurs auditeurs. Le rôle des médias n’est pas d’informer mais d’influencer commercialement ou politiquement par la publicité et la « communication ». Patrick Le Lay avait résumé cette mission d’une formule choc : « le rôle de TF1 est de vendre du temps de cerveau humain disponible à Coca-Cola. »

Dans cette logique, il ne s’agit pas de faire réfléchir les gens mais de les endormir. Ruquier (« On n’est pas couché ») reprochait souvent à Zemmour et Naulleau leur excès de critique avec cette formule : « ce n’est pas bon pour la promotion ». La promotion de spectacles ou de livres politiquement corrects.

Le politiquement correct ne peut survivre que dans le déni de débat

La tâche des défenseurs du politiquement correct est immense : il leur faut faire croire que l’immigration est une chance pour les Français, le libre échange mondial un bienfait pour l’emploi, et le mariage gay une avancée naturelle. Or la meilleure manière d’imposer le déni de réalité, c’est le déni de débat.

De ce point de vue, les épurés sont quadruplement dangereux :

ils montrent qu’un autre discours que le discours officiel est possible ;

ils surclassent par la qualité de leurs arguments et leur vivacité d’esprit leurs adversaires ;

ils sont une menace pour les petites cylindrées intellectuelles, type Jean-Michel Aphatie ou Alain Duhamel ;

et surtout ils risquaient de faire école.

L’épuration en cours sonne donc comme un rappel à l’ordre des journalistes. C’est ce qu’on appelait à l’époque soviétique une reglaciation.

Le Système repose sur la scénarisation d’affrontements fictifs

En Occident le système mondialiste repose sur la mise en concurrence d’équipes politique défendant des projets quasi similaires. Ces oppositions sont scénarisées. Il faut faire croire aux citoyens que remplacer l’équipe A par l’équipe B, en attendant de remplacer l’équipe B par l’équipe A changera quelque chose. Les médias ont pour fonction d’intéresser les électeurs. Avant d’être un événement politique, l’élection présidentielle est un spectacle.

Le rôle des médias est de façonner l’affrontement entre les candidats susceptibles d’être élus au regard des exigences du système dominant : DSK versus Sarkozy, ou Sarkozy versus Aubry ou Hollande. De ce point de vue, Marine Le Pen n’a pas à être traitée comme les autres contrairement à ce que pensaient les journalistes en cours d’épuration. Pour faire carrière, les journalistes n’ont pas à se comporter en observateurs mais en militants : à l’image de Caroline Fourest qui sature l’espace médiatique en publiant une biographie politique sur Marine Le Pen… suivie d’un manuel de combat.

Ce ne sont pas les électeurs qui ont le droit de décider qui peut être président de la République. Ce sont d’abord les médias. Et derrière eux les puissances d’argent qui les contrôlent : la finance, les banques et l’industrie du luxe.

Paradoxalement Sarkozy et l’UMP ont besoin de journalistes politiquement corrects

Il peut paraître paradoxal qu’alors que Nicolas Sarkozy s’apprête à faire une campagne électorale axée à « droite », les journalistes les moins politiquement corrects soit épurés. Mais ces journalistes sont épurés précisément parce qu’ils montraient les faux semblants de l’opposition entre l’UMP et le PS. Et que pour l’UMP et Sarkozy la meilleure manière de passer pour « à droite » c’est d’être interrogé par des journalistes politiquement corrects et si possibles de gauche. Car ceux-ci s’intéresseront à leurs déclarations, non à leurs actes. Ils les critiqueront du point de vue politiquement correct, non du point de vue populiste. Ils rentreront donc parfaitement dans le plan com’ sarkozyste. Ce n’est pas hasard, si Ivan Rioufol est jusqu’ici épargné : lui prend au premier degré les affrontements virtuels entre l’UMP et le PS.

Une présidentielle aseptisée ?

Les télévisions s’apprêtent à organiser des débats convenus présentés par des personnalités appropriées : Alain Duhamel, Yves Calvi ou Laurence Ferrari. Les radios se mettront au diapason.

Reste à savoir quel rôle jouera Internet dans la bataille.

Andrea Massari

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Joffrin Vs Ménard: l’omnipotence médiatique de gauche !

J’ignore si le livre de Ménard «Vive Le Pen» vaut la peine d’être défendu. Mais la clameur par laquelle il a été accueilli me le rend d’ores et déjà sympathique. Quelle consternation !
Quel hurlement d’indignation ! Quelle colère fiévreuse !… écumant de rage, le poil dressé, les petits caniches édentés de la bien-pensance ont sorti les crocs.

Laurent Joffrin pleurniche. Dans un édito (1) dont il a le secret, le petit télégraphiste du libéralisme (2) se dit déçu de voir Robert Ménard défendre la liberté d’expression de la famille Le Pen. Pour Joffrin, c’est une infamie. Ménard était bien utile à la démocratie quand il donnait le sentiment d’être de gauche, maintenant qu’il partage des idées avec la droite nationale, il devient nuisible à la liberté… et tel un parrain de la Cosa Nostra Joffrin juge qu’il est temps de lui dire Adieu.
Voilà résumé le sectarisme stalinien du pouvoir médiatique en place depuis plus de trente ans. Trente ans de connivence. Trente ans de politiquement correct. Trente ans de conformisme. Trente ans de pensée univoque et sans relief.

Mais depuis quelques temps de nouvelles figures s’imposent dans le paysage audiovisuel français. Le mur de Berlin de la presse française se fissure…. et Joffrin, comme tous ses petits copains, tente de colmater les brèches…
Alors ils vilipendent. Ils dénoncent. Et eux, qui n’ont eu de cesse de détruire la République, en appellent à un sursaut citoyen.
La méthode est bien rodée : toute personne ayant tenu une parole contraire au dogme imposé par la cléricature médiatique se voit proscrit et jeté en pâture à la meute aboyante des cerbères de la gauche morale.

Ménard n’ignore pas que les Le Pen ne sont pas de bonnes victimes pour la gauche. Ils peuvent tout subir, ils ne trouveront personne dans les média pour prendre leur défense. La cabale anti-Le Pen est devenue un réflexe pavlovien, un certificat de rebelle-attitude, une posture de journaliste sans peur et sans reproche. La réaction de Joffrin au livre de l’ancien directeur de Reporter Sans Frontière en est une illustration presque caricaturale. Sans même avoir lu l’ouvrage de Ménard, joffrin, commère payée pour hululer sur tous les toits, s’est mis à alerter ses petits camarades du danger à venir.

A gauche on préfère prendre la défense des anciens terroristes reconvertis dans le mauvais polar. Partir à la rescousse d’un pédophile devenu ministre de la culture ou écologiste soixante-huitard réincarné en vache sacrée du libéralisme libertaire. On se dit fier de sa jeunesse maoïste, de son passé stalinien, de ses rêves juvéniles de révolutions cubaine et on ne cache pas son admiration puéril pour le courage Guevariste. On refait l’histoire quand ça nous arrange à gauche. On s’invente un passé de résistant en cachant son héritage de collabo. Les amitiés de la gauche avec les dictateurs de la pire espèce ne sont pas si dramatique. On peut même se glorifier d’avoir porté des valises à des indépendantistes sanguinaires. Il est aussi permis de tromper le peuple en le livrant à une bureaucratie européenne carnassière et ne jamais avoir recours au référendum, tout en donnant des leçons de démocratie à la terre entière. On a même vu des syndicats exclurent des adhérents pour délit d’opinion…. c’est bath la gauche !!

Et le plus épatant, c’est que personne n’a jamais eu à se repentir. Les radios, les télés, les journaux sont au garde à vous. Un mot d’ordre et c’est une kyrielle de journalistes lobotomisés qui se mettent à ramper pour sauver la République en danger. Normal. De ce côté là de l’échiquier, on a lu Gramsci. Et grâce à ce talentueux communiste on sait que l’État ne se résume pas à son seul appareil politique. Il est également composé d’appareils à dominante idéologique, la « société civile » – comprenant les forces culturelles (l’Université, les artistes, les intellectuels, les média, les associations…) sur laquelle la gauche se doit d’exercer son hégémonie et maintenir une pression politique qui ressemble à s’y méprendre à du terrorisme intellectuel.

C’est un confort qui est loin d’être négligeable. Ainsi, la gauche et ses média de propagande, peuvent en toute impunité désigner ceux et celles qui sont dignes d’être, ou pas, dans le giron de sa République.
Pour y figurer, il est nécessaire d’adhérer au multiculturalisme, à la submersion immigrationiste, à la diversité émancipatrice, au libéralisme gentil, à l’Europe souriante, et à l’Euro libérateur… telle est la nouvelle règle pour avoir le droit d’être désigné comme républicain par la gauche et ses journalistes assujettis.

Ménard peut bien publier son brûlot «Vive Le Pen», cela fait trente ans que les contre feux sont allumés… et ils ne sont pas prêt de s’éteindre… à moins qu’en 2012 ?!?

Jérôme Cortier

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/opinion/20110401.OBS0595/l-edito-de-laurent-joffrin-adieu-menard.html

(2)si aujourd’hui le livre de R.Ménard a pour titre « Vive Le Pen », dans les années 80 Joffrin jubilait en criant « Vive la crise ». Il fut en effet l’un des journalistes de Libé qui faisait parti de l’émission « Vive la crise » animée par Yves Montant. Une émission à la gloire du libéralisme économique. A l’époque Joffrin rédigea un texte pour le supplément de Libé qui avait pour titre « La pédagogie de la gaffe. » Il serait intéressant de savoir ce que Joffrin pense de la pédagogie de la baffe.

http://www.20minutes.fr/article/261190/crise-financiere-Quand-Yves-Montand-et-Laurent-Joffrin-criaient-Vive-la-crise.php