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Jean-Claude Michéa : «Le capitalisme conduit à la transgression de toutes les valeurs héritées»

Penseur iconoclaste, l’auteur de L’Enseignement de l’ignorance et du récent Complexe d’Orphée en appelle face à un capitalisme transgressant toutes les limites et toutes les valeurs à la défense d’un héritage culturel et à une certaine dose de conservatisme.

Dans l’entretien qu’il a donné au journal toulousain l’Opinion indépendante, il nous donne un aperçu de l’analyse qu’il développe dans tous ses derniers livres.

La droite libérale elle-même ne manque d’ailleurs jamais d’accuser ses adversaires officiels d’«immobilisme» et d’ «archaïsme». Or c’est précisément cet univers en chantier perpétuel (où «tout ce qui était sacré – dit encore Marx – est profané») que la gauche culturelle (disons, pour la saisir sous sa face la plus caricaturale, celle des Inrockuptibles ou du Grand journal de Canal +) ne cesse de présenter comme «conservateur», «traditionaliste», voire irrigué par une culture chrétienne et patriarcale. Une situation aussi surréaliste serait assurément incompréhensible si on négligeait de prendre en compte les effets de ce qu’Orwell nommait l’ «idéologie». Sous ce nom, il désignait le curieux processus d’enfermement psychologique, et moral, qui conduit régulièrement certains sujets – généralement dans le but de préserver leur confort intellectuel ou leurs privilèges mandarinaux – à se rendre délibérément aveugles à la réalité qu’ils ont sous les yeux. Là où les gens ordinaires ouvriront la fenêtre pour connaître le temps qu’il fait, l’idéologue laissera ses volets fermés, préférant chercher l’information manquante sur l’un des nombreux sites Internet tenus par sa secte. C’est ainsi que, depuis des décennies, des armées d’universitaires de gauche s’efforcent avec une constance admirable d’établir (statistiques d’Etat à l’appui) que l’insécurité urbaine n’est qu’un simple fantasme entretenu par les médias, qu’aucun facteur psychologique ou culturel n’entre en jeu dans la délinquance moderne ou même que le niveau scolaire des élèves ne cesse de monter.

Suite de l’entretien.
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Jean-Claude Michéa : le complexe d’Orphée (vidéo)

Très proche de la pensée de Marcel Mauss et grand admirateur de Georges Orwell, Jean-Claude Michéa est sans aucun doute l’un des penseurs les plus intéressants de ces 20 dernières années. Longtemps maintenu dans la confidentialité d’un lectorat attaché à ses productions souvent iconoclastes, Michéa est aujourd’hui invité dans quelques média.
Il publie ces prochains jours « le complexe d’Orphée », un livre dans lequel il continue à dénoncer la Gauche et sa religion du progrès qui lui empêche de regarder dans le rétroviseur et éprouver le moindre pincement de cœur pour le monde d’hier, qu’elle juge forcément réac.
Il s’en prend au mépris manifesté par la gauche morale pour la culture populaire et l’accuse d’avoir abandonné les ouvriers au profit des minorités et des immigrés.

Jean-Claude Michéa propose une nouvelle fois son « anarchisme tory », inspiré de la pensée d’Orwell qui ne fut pas seulement l’auteur de 1984 mais aussi un penseur politique brillant. C’est grâce à cet « anarchisme-conservateur » que Michéa construit une Gauche à la fois radicale et conservatrice qui accepte de regarder en arrière et qui ne considère pas les mœurs des gens ordinaires avec l’œil hautain de certains bourgeois des grands centres urbains.


les matins – Jean-Claude Michéa par franceculture