Archives par mot-clé : Michel Onfray

Michel Onfray – Marcel Gauchet : Macron est « le plein d’un vide »

En exclusivité pour « l’Obs », les philosophes Marcel Gauchet et Michel Onfray décryptent les raisons du succès de l’ancien ministre de l’Economie. Non sans critiquer son pari risqué de cultiver l’ambiguïté.

De quoi Emmanuel Macron est-il le nom ?

Marcel Gauchet. Personne ne le sait, même pas lui. Emmanuel Macron est l’un de ces hommes politiques qui se nourrissent d’une situation, d’une conjoncture, bien plus qu’ils ne la créent. Macron est indéfinissable et se veut tel. […]

Michel Onfray. Le futur d’Emmanuel Macron est à chercher dans son passé, qui est déjà presque un passif. […]

Dans son discours de Lyon, le 4 février, Macron a fait de multiples références à nos grands hommes, notamment au général de Gaulle…

Onfray. De Gaulle pensait que l’économie était au service de la politique. Chez Macron, c’est l’inverse.

Gauchet. En l’état actuel des choses, Macron serait plutôt un Jean Lecanuet qui aurait coiffé le képi du Général.

Emmanuel Macron peut-il continuer ainsi en ménageant tous les électorats ? Continuer la lecture de Michel Onfray – Marcel Gauchet : Macron est « le plein d’un vide »

Quelques extraits du prochain livre de Michel Onfray « Décadence »

Quelques extraits du dernier livre de Miche Onfray, « Décadence », parus cette semaine dans le magazine Le Point.

Le livre sera en vente dés le 11 janvier.


La fable de Jésus

Le judéo-christianisme, qui nomme notre civilisation en train de s’effondrer, s’est constitué pendant mille cinq cents ans en essayant de donner une forme à ce Christ conceptuel. Cette forme, c’est notre civilisation. Il aura fallu des disciples à ce Christ sans corps, des artistes pour donner corps à ce verbe sans chair, des empereurs pour contraindre à croire à cette fiction, des croyants ayant fini par souscrire à cette fable pour les enfants, et des philosophes qui, petit à petit, ont douté un peu que cette histoire fût vraie. Certes, Jésus a encore plusieurs milliards de disciples sur la planète. Mais une hallucination collective a beau être collective et rassembler de vastes foules, elle n’en demeure pas moins une illusion. Comme Isis et Osiris, Shiva et Vishnou, Zeus et Pan, Jupiter et Mercure, Thor et Freia, Baptiste et Jésus sont des fictions. Les civilisations se construisent sur des fictions et on ne sait qu’il s’agissait de fictions que quand les civilisations qu’elles ont rendues possibles ne sont plus. Plus on croit à ces fictions avec force, plus la civilisation est puissante. La courbe de la croyance épouse celle de la civilisation : la fable de Jésus est généalogique des mille cinq cents ans de la nôtre.

Eusèbe et Constantin, couple maléfique

Eusèbe et Constantin inventent un couple maléfique : la tête pensante et le bras armé, l’intellectuel avec ses livres et ses discours, le chef de guerre avec ses armées et ses soldats, le philosophe avec ses arguties et le prince avec son épée, l’un qui parle et prêche, l’autre qui fait couler le sang au nom des mots du premier. Cet attelage maléfique inaugure également cette idée sanglante que l’histoire a un sens que voudrait la Providence mais à laquelle il faudrait tout de même forcer le bras pour aller plus vite, plus loin, mieux. Si le plan de l’histoire est écrit, pourquoi ne pas se contenter de son développement ?

Car Eusèbe célèbre Constantin, qui a raison de détruire et de faire Continuer la lecture de Quelques extraits du prochain livre de Michel Onfray « Décadence »

Michel Onfray: « Les jours de la civilisation occidentale sont comptés »

Article de l’AFP

Les jours de la civilisation occidentale sont comptés, affirme le philosophe Michel Onfray dans « Décadence », un livre au titre volontairement provocateur à paraître le 11 janvier chez Flammarion.

« La civilisation judéo-chrétienne européenne se trouve en phase terminale », soutient le philosophe athée, qui assure avoir constaté ce phénomène « comme un médecin le ferait d’une desquamation ou d’une fracture, d’un infarctus ou d’un cancer ».

Pavé de 650 pages, « Décadence », sous-titré « de Jésus au 11-Septembre, vie et mort de l’Occident », entend raconter l’histoire de la civilisation judéo-chrétienne des origines à nos jours au risque, parfois, de raccourcis hasardeux.

 

(…)L’auteur ne cache pas son admiration pour le travail de Samuel Huntington et son « Choc des civilisations » (1996), un livre, écrit Onfray, « validé par le réel » bien qu’il fut « déconsidéré lors de sa parution en France par l’intelligentsia parisienne ».

 

(…) L’Occident, estime le philosophe, ne vit désormais que dans le consumérisme. Or, fait-il remarquer « qui, à ce jour, donnerait sa vie pour les gadgets du consumérisme devenus objets du culte de la religion du capital? Personne ».

« On ne donne pas sa vie pour un iPhone. L’islam est fort, lui, d’une armée planétaire faite d’innombrables croyants prêts à mourir pour leur religion, pour Dieu et son Prophète. »

Le philosophe libertaire pourfend aussi le libéralisme qui, selon lui, « est un facteur d’enrichissement des riches et, la plupart du temps, d?appauvrissement des pauvres ». « L’Europe est à prendre, sinon à vendre », écrit-il.

« L’effondrement du judéo-christianisme en Europe, la baisse du taux de fécondité de sa population couplée à la +Résurgence de l’Islam+ et à l’augmentation de son taux de fécondité, témoigne en faveur de l’islam porteur d’une nouvelle spiritualité européenne capable de disposer de la puissance avec laquelle se constituent les civilisations nouvelles », prévoit l’auteur du « Manifeste hédoniste », qui dénonce tout à la fois le concile Vatican II qui « a fait de Dieu un copain à tutoyer » et la libéralisation des moeurs.

« Les législations postchrétiennes qui libèrent la sexualité et la Continuer la lecture de Michel Onfray: « Les jours de la civilisation occidentale sont comptés »

Michel Onfray sur la mort de Fidel Castro et les pleureuses de gauche

Michel Onfray : « Houellebecq a raison »

« Le débat en France n’est plus possible. » C’est ce qu’avait affirmé Michel Onfray en novembre dernier pour justifier le report de la parution de son livre Penser l’islam, chez Grasset. Accusé par les uns d’islamophobie et par d’autres d’être récupéré par les djihadistes, le philosophe athée avait en effet jugé qu' »aucun débat serein » n’était plus possible sur le sujet. À l’occasion de la parution de l’ouvrage en Italie vendredi 5 – il sortira finalement dans l’hexagone en mars – Michel Onfray a accordé une interview au Corriere della Sera.

« Je trouve sidérant que notre élite journalistique et mondaine, intellectuelle et parisienne, si prompte à traiter de sexiste quiconque refuse d’écrire professeure ou auteure, n’ait rien à dire au viol de centaines de femmes par des hordes d’émigrés ou d’immigrants, comme on ne dit plus, car le politiquement correct impose migrants », répond-il alors que le journaliste lui demande quelle a été sa réaction aux agressions sexuelles du 31 décembre, à Cologne. « La France a renoncé à l’intelligence et à la raison, à la lucidité et à l’esprit critique. Houellebecq a raison : nous vivons déjà sous le régime de la soumission. »

Un chef de guerre sans testostérone

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Alain de Benoist : « Je me sens plus à gauche que Manuel Valls ! »

Source: Le Point

La polémique fait rage entre Onfray et Valls. En jeu, l’intellectuel étiqueté (très) à droite Alain de Benoist. Nous lui avons demandé ce qu’il en pensait.

Alain-de-Benoist-P Le Point : Ce week-end, Manuel Valls a déclaré : « Quand un philosophe connu, apprécié par beaucoup de Français, Michel Onfray, explique qu’Alain de Benoist – qui était le philosophe de la Nouvelle Droite dans les années 70 et 80, qui d’une certaine manière a façonné la matrice idéologique du Front national, avec le Club de l’horloge, le Grece – […] vaut mieux que Bernard-Henri Lévy, ça veut dire qu’on perd les repères. » Manifestement, le Premier ministre préfère BHL à vous. Comment réagissez-vous à ses déclarations ?
Alain de Benoist : Avec une certaine surprise, car c’est un propos inattendu. La question que je me pose est la suivante : pourquoi le Premier ministre, qui est en pleine campagne électorale, croit nécessaire, dans sa campagne électorale, de s’en prendre à Michel Onfray ? C’est un peu surréaliste. J’ai l’impression que Michel Onfray, dont Manuel Valls essaye de faire croire qu’il se « droitise » – ce qui à mon avis est tout à fait faux -, est le symbole d’une gauche restée fidèle à ses engagements de gauche. Onfray est un peu la statue du commandeur, il ne cache pas le mépris qu’il a pour la gauche sociale, libérale, réformiste incarnée par Manuel Valls. Il a été plus proche dans le passé du Front de gauche, donc, en s’en prenant à lui, Manuel Valls essaie de se débarrasser de quelqu’un qui le gêne parce qu’il lui donne mauvaise conscience.

Deuxièmement, Manuel Valls lui reproche de préférer Alain de Benoist à BHL, je note que Michel Onfray n’a jamais dit cela. Il a dit qu’il préférait une idée juste émise par Alain de Benoist plutôt qu’une idée fausse émise par BHL, ce qui ne me paraît pas être une déclaration stupéfiante et révolutionnaire, mais, apparemment, cela pose des problèmes à Manuel Valls.

« J’ai l’impression que Manuel Valls a complètement pété les plombs »

Troisièmement, voir Manuel Valls me faire cette publicité un peu involontaire est étonnant, car je ne doute pas qu’il ne connaît pas une ligne de ce que j’ai pu écrire dans ma vie. Il recopie les fiches qu’on lui a transmises. Je n’ai jamais fait partie du Club de l’horloge, il m’attribue la paternité de la matrice idéologique du FN, ce qui a dû bien faire rire les gens du Front. Bref, il parle de ce qu’il ne connaît pas. J’ai l’impression qu’il a complètement pété les plombs. C’est un homme ambitieux et nerveux qui fait des coups de menton un peu mussoliniens, mais cette espèce de mauvaise humeur perpétuelle cache plutôt un Continuer la lecture de Alain de Benoist : « Je me sens plus à gauche que Manuel Valls ! »

Il faut sauver (avec ou sans réserves) le soldat Onfray

18/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Michel Onfray peut irriter, c’est certain, mais il est impossible de lui reprocher ce que l’on reproche aux habituels philosophes “médiatiques” : soit une facile afidation aux pouvoirs du moment, un manque de sincérité dans l’expression de leur pensée ou une posture systématiquement politiquement correcte.

Libertaire depuis sa jeunesse, le philosophe normand est resté fidèle à cet idéal. Fuyant les séductions des cercles de pouvoir, qu’ils soient politiques, culturels ou universitaires, il s’est pendant deux décennies contenté d’un emploi de professeur de philosophie en lycée professionnel. Lorsqu’il a fondé l’Université populaire, il a eu le panache et la cohérence d’en prendre la présidence à titre bénévole.

Travailleur acharné, qui a percé médiatiquement grâce à son Traité d’athéologie (beaucoup plus subtil que ce que le titre en laisse apercevoir), il poursuit depuis de nombreuses années ce qu’il appelle lui-même une Contre-Histoire de la Philosophie. Non content de Continuer la lecture de Il faut sauver (avec ou sans réserves) le soldat Onfray

Michel Onfray : «Je découvre avec stupéfaction les racines très concrètes de la fumeuse théorie du genre …»

Je découvre avec stupéfaction les racines très concrètes de la fumeuse théorie du genre popularisée dans les années 90 aux Etats-Unis par la philosophe Judith Butler qui ne cache pas l’inscription de sa pensée dans la lignée déconstructiviste de Foucault, Deleuze-Guattari et Derrida.

onfrayEn 1966, les époux Reimer consultent le docteur John Money (1921-2006), sexologue et psychologue néo-zélandais spécialiste de l’hermaphrodisme à l’université américaine Johns Hopkins. Cet homme affirme depuis 1955 que l’identité sexuelle biologique du mâle ou de la femelle ne suffit pas à constituer le genre sexuel du garçon ou de la fille – la thèse cardinale de la Théorie du Genre. Le problème des Reimer ? La circoncision de David pour des raisons médicales, un phimosis, l’un de leurs jumeaux, a raté : la cautérisation électrique a brûlé le pénis, la verge est calcinée.

Le Docteur Money saisit l’occasion pour prouver expérimentalement la validité de ses hypothèses théoriques. Il invite les parents à éduquer David comme une fille. David devient Brenda. Il subit un traitement hormonal. Quatorze mois plus tard, on lui retire les testicules. Elle est habillée en fille, traitée comme telle. A six ans, il semble devenu une fille. John Money publie des articles et des livres pour défendre la théorie du genre avec ce qui est devenu dans la littérature spécialisée « le cas John / Joan ».

(…) Judith Butler fait le tour du monde en défendant ces délires. La presse de la bienpensance française de gauche lui ouvre largement ses colonnes. De la même Continuer la lecture de Michel Onfray : «Je découvre avec stupéfaction les racines très concrètes de la fumeuse théorie du genre …»

Florilège vidéo de Michel Onfray contre l’Islam. (vidéos)

« L’islam n’est pas une religion de paix et d’amour ! » (LCI)

Quand on dit l’islam des lumières, pourquoi pas des lumières sans l’islam

« Ben écoutez les choses sont claires. C’est dans le coran. Moi j’ai lu le coran. J’ai lu les hadiths du Prophète, j’ai lu un biographie de Mahomet et les choses sont très claires. Je tiens à jour des fiches très précises et j’ai effectivement des fiches antisémitisme, homophobie, sexisme, éloge de l’inégalité, célébration de la guerre. »

Michel Onfray : C’est l islam qui est un problème
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Michel Onfray banni d’une exposition sur Camus par Aurélie Filipetti pour déviance idéologique

Ancien soutien du NPA dont il a divorcé par refus du sectarisme puis ensuite du Front de Gauche qu’il a également quitté pour cause d’adulation trop appuyée au communisme à la sauce sino-cubaine, ainsi que pour la forte proximité du parti de Jean-Luc Mélenchon avec la mouvance islamiste, le peccamineux Michel Onfray est devenu ces derniers temps l’un des hommes à abattre.

Après avoir tapé sur le sacro-saint Dr Freud et sur Jean-Paul Sartre qu’il aurait le mauvais goût de ne pas aduler, voilà qu’il avait récidivé en acceptant d’être commissaire d’une exposition sur Camus devant avoir lieu en 2013 à Aix-en-Provence pour le centenaire de la naissance de l’écrivain.

Choisi par la maire UMP Maryse Joissains-Masini, Michel Onfray, connu pour son admiration pour l’écrivain, avait été préféré à l’historien et ancien trotskyste Benjamin Stora un peu trop pro-FLN.

Stora, en effet, n’hésite pas quand cela arrange sa position, à « oublier » ou à passer sous silence certains faits historiques d’importance, à seule fin de faire passer les membres du FLN pour de doux agneaux innocents, quand ils étaient en réalité coupables des pires atrocités et qu’ils ont tué bien plus d’Algériens – leurs frères de patrie et parfois de religion – à eux seuls que les Français n’en ont jamais tués. Et il faut voir avec quelle cruauté…

Aurélie Filipetti, notre ministre de la Déculture, celle-là même qui considère notre pays comme étant « la France moisie, la France rancie », n’a que peu goûté au choix de la mairie. Dans une attitude plus proche de la sale gamine faisant un caprice plutôt que de l’attitude digne que sa position exige, elle a donc décidé en boudant de se retirer de l’exposition en lui refusant à la fois sa présence et sa contribution financière.

Il faut noter au passage que celle-ci a semblé moins regardante lorsqu’il s’est agi d’inaugurer ces jours-ci une plaque à la mémoire d’Elsa Triolet et Louis Aragon, une cérémonie durant laquelle elle a salué Continuer la lecture de Michel Onfray banni d’une exposition sur Camus par Aurélie Filipetti pour déviance idéologique

Onfray ne votera pas Mélenchon : il a horreur de la Terreur

(…) L’idée selon laquelle une même personne répète inlassablement son éternel credo comme si elle était dans l’impossibilité de se renouveler, a été invalidée à 100% et devinez par qui ? Par le supposé « philosophe médiatique » dont je pensais jusque là qu’il avait fait de l’anticléricalisme et de l’antifreudisme ses thèmes de prédilection, je veux parler bien sûr de Michel Onfray.

Et voilà que notre rebelle hédoniste déboulonne non pas Dieu, ni Freud, ni je ne sais quelle figure incarnant l’ordre symbolique, mais lance ses anathèmes contre Robespierre et Saint-Just dont la radicalité sanguinaire, explique-t-il, affleure en permanence sous les références du candidat du Front de Gauche.

Quel renversement d’entendre Michel Onfray, condamner la lecture soboulienne de la Révolution pastichée par Mélenchon.

Quel paradoxe réconfortant de voir ce partisan de la démocratie directe en appeler aux Girondins, à Condorcet et donc à la modération, à la représentation.

Et comme si les fantômes des royalistes et des contre-révolutionnaires venaient lui souffler la réplique, il traite, avec raison, Robespierre et Saint-Just de massacreurs, et Carrier, celui qui a mis au point les noyades de Nantes, de « Eichmann de la Révolution française ».

Puis il se fait plaisir en dézinguant les analyses dogmatiques de ces confrères et concurrents, Badiou et Zizek, qui s’efforçent à réhabiliter la vertu de l’Incorruptible et donner l’absolution au communisme version bolcheviks. (…)

Mais là où il pousse la lucidité à son comble c’est lorsqu’il dénonce le traitement médiatique réservé aux références culturelles des extrêmes.

Et en écoutant ainsi Michel Onfray s’offusquer devant le scandale provoqué par Le Pen citant Brasillach et le mutisme de la presse devant la mise au pinacle des théoriciens et praticiens de la Terreur par Mélenchon

, je me suis dit qu’il avait peut-être été finalement touché par la grâce. Ai-je raison, ai-je tort ? Dieu seul le sait…

Causeur