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Manuel Valls a demandé à la DCRI de surveiller les militaires opposés au mariage gay

Le Canard Enchaîné affirme dans son édition du 22 mai 2013, que deux enquêtes sont actuellement en cours au sein des armées, qui visent essentiellement ceux qui voient d’un œil favorable le mouvement de la “Manif pour tous”.

“Troublé par le nombre d’enfants d’officiers parmi les jeunes interpellés”, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, “a demandé à la DCRI de s’informer sur ce que ces ‘agités’ (sic) manigançaient”, écrit le Canard Enchaîné.

L’autre enquête a été confiée à la DPSD (Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense) afin de “repérer les meneurs au sein de l’Institution” militaire.

« L’activisme des militaires antigays a été jugé assez sérieux pour que le gouvernement ordonne deux enquêtes », affirme le journal satirique.

L’objectif serait de surveiller les militaires ayant des liens avec l’Institut Civitas, une organisation catholique proche de l’extrême-droite et qui se veut aussi être un mouvement politique (4 officiers généraux en 2e section siègent à son conseil d’administration) ou encore avec le Bloc Identitaire.

Nous, jeunes officiers, sommes inquiets des gaspillages et des coupes budgétaires commis au détriment de la capacité opérationnelle

Des militaires qui citent Marc Bloch et son excellent livre l’étrange défaite, méritent d’être entendus. Et on peut faire confiance en leur honnêteté.

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Normalement soumis au devoir de réserve, une dizaine de lieutenants de l’armée française publient, sous couvert d’anonymat, une tribune sur francetv info. Ils interpellent l’opinion publique sur le budget de l’armée et dénoncent sa mauvaise répartition. Voici leur texte :
A leurs concitoyens,

Marc Bloch, dans L’Etrange Défaite, a dénoncé les dysfonctionnements administratifs de l’armée et l’abandon moral des élites françaises des années 1930. Marc Bloch fut aussi un officier exemplaire pendant deux guerres mondiales, et un résistant de la première heure fusillé par les nazis. Nous nous réclamons de lui car il était un vrai soldat et un analyste lucide des travers qui avaient précipité la France dans la défaite.

Nous sommes de jeunes officiers de l’armée française, issus de différents recrutements et appartenant à différents corps. Nous nous sommes tous engagés pour défendre nos compatriotes, les intérêts et les valeurs de la France.

A l’heure où l’on demande à la Patrie des sacrifices financiers pour essayer de ralentir la faillite de l’Etat, à l’heure où l’armée française au Mali, pour la première fois depuis des décennies, défend à la fois les intérêts économiques de la France, les valeurs universelles de notre Patrie, et l’immense majorité de la population d’un Etat contre une minorité alliée à des islamistes étrangers, à l’heure où le monde entier réarme, à l’heure où nos ennemis, dissimulés ou agissant en pleine lumière, menacent la paix d’Etats légitimes, à l’heure où l’armée est professionnelle, performante, respectueuse des conventions internationales et des lois, à cette heure, aujourd’hui, l’armée française est menacée de déclin.

De l’extérieur, des forces étrangères, qui manipulent nos gouvernements, diffusent dans l’opinion française l’idée que l’armée n’est plus nécessaire, que ses effectifs peuvent être réduits, que ses moyens peuvent diminuer, que son matériel et son armement peuvent être désuets.

A l’intérieur, des hommes, des officiers supérieurs et de prétendus « hauts » fonctionnaires bloquent la nécessité d’une réforme juste, nécessaire, qui nuirait aux intérêts de généraux, de colonels et d’énarques, mais qui serait néanmoins salutaire et dont les seuls prémices suffiraient à lancer le signal d’un redressement.

Les faits que nous souhaitons porter à l’attention du peuple sont connus, publics, issus des travaux de la Cour des comptes, du Conseil supérieur à la fonction militaire ou de simples blogs de militaires ou d’anciens militaires. Nous souhaitons que ceux qui, sans bien connaître le fait militaire, ont néanmoins de l’estime pour leur armée, s’intéressent au sort qui lui est fait, et que ceux qui la connaissent apprennent que des lieutenants et des capitaines, n’ayant aucun intérêt financier à se manifester comme nous le faisons, veulent se faire entendre et veulent que le peuple français décide souverainement du comportement que doit adopter l’armée française.

Aujourd’hui dans cette armée, 5 500 généraux qui devraient être à la retraite sont artificiellement maintenus en activité dans un statut appelé la « 2e section ». Dans le même temps, des dizaines de milliers d’emplois de militaires du rang et de sous-officiers sont supprimés.

Aujourd’hui, trop d’officiers sont toujours recrutés, alors que, déjà, des centaines de colonels n’ont pas de commandement. Pour les occuper avant leur retraite (où ils partiront travailler dans le secteur privé, après que leur sera versée une juteuse prime de départ), ces officiers supérieurs sont remisés à des postes administratifs qui deviennent autant d’obstacles bureaucratiques à l’efficacité opérationnelle.

La troupe n’est pas exempte de reproches. Un système très complexe d’indemnités et de fausses contreparties dissimule mal des iniquités qui nuisent au moral des soldats. Le système de solde doit être réformé en profondeur, et simplifié.

Les acteurs privés de la Défense sont essentiellement français. Au lieu d’effacer les dernières traces de notre autonomie industrielle, il faut augmenter le budget de la Défense, et réarmer. Les emplois civils concernés se comptent par milliers. Les répercussions financières, par milliards. Contester cela, c’est contester que Total et Areva n’ont pas d’intérêt à exploiter des gisements de matières premières.
Ce réarmement doit prioritairement concerner l’équipement individuel des soldats. Il ne s’agit pas du programme Félin, qui les alourdit de dizaines de kilos, mais de gilets pare-balles, de chaussures, de robots, de drones, de munitions, de fusils d’assaut, de treillis de qualité. Ce choix stratégique doit être imposé par le Parlement aux groupes du complexe militaro-industriel. La France a besoin de capacité opérationnelle. Pour retrouver une réelle capacité de projection, l’armée a besoin de transporteurs blindés, d’un deuxième voire d’un troisième porte-avions, d’hélicoptères et d’un deuxième groupe aéronaval. Elle a besoin de blindés sur roues, de matériel chirurgical.

A court terme, bien sûr, tout cela est cher. Mais le prix de l’indépendance est bien inférieur au coût du déclin.

Nous, jeunes officiers du mouvement Marc Bloch, inquiets des gaspillages et des coupes budgétaires commis au détriment de la capacité opérationnelle, n’avons pas la prétention de tout savoir ni de tout bouleverser, car c’est au peuple de le décider.

Cinq mesures peuvent lancer le signal d’un redressement qui pourra préserver la place de la France dans le monde, ses intérêts et ses valeurs universelles.

1. Augmentation significative du budget de la Défense. Financement d’équipements individuels tactiques efficients.

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Défense : bases militaires, sous-marins et centres équestres, l’armée est dans le viseur du gouvernement.

La France s’enfonce dans la crise. Depuis quelques temps on constate que l’État a du mal à payer ses agents, et plus particulièrement ses militaires. Il semblerait donc qu’un plan d’économies drastiques soit à l’étude : Division par trois du nombre de bases militaires, baisse du nombre de recrues, budget du nucléaire « désanctuarisé », mission externalisées, recours à des agences privées…

Quand un État commence a taper dans ses dépenses militaires c’est qu’il n’est plus maitre de son destin. Dans un article du Point datant de fin septembre on apprenait aussi qu’un tiers des tableaux d’avancement seront supprimés:

La lettre de cadrage budgétaire envoyée le 31 juillet dernier aux ministres par le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault contenait une bombe à retardement. Les états-majors planchent depuis début septembre sur les annexes non publiées de ce document.

Une mesure imposée par Bercy risque de provoquer un séisme parmi l’ensemble du personnel : dans l’annexe de sa lettre de cadrage, Matignon annonce une suppression de 30 % des avancements au choix prévus en 2013, au risque de jeter cul par-dessus tête le fragile édifice des carrières militaires.

C’est-à-dire que le tiers des promotions au grade supérieur – à tout le moins celles qui ne dépendent pas mécaniquement de l’ancienneté – ne se produiront pas.

Aujourd’hui c’est journal Le Parisien qui dévoile les pistes évoquées dans le livre blanc de la Défense pour 2014-2019, qui visent à économiser un milliard d’euros par an sur le budget militaire.

Voici les principales pistes d’économies qui tiennent la corde dans le livre blanc de la défense :

Diviser par trois le nombre de bases militaires. En janvier 2011, les bases militaires de défense françaises ont été réorganisées autour de 60 sites. L’idée serait d’aller bien plus loin, en rabotant jusqu’à 20, d’où de sacrées économies sur plusieurs budgets (tâches administratives, essence, et… effectifs des états-majors).

Armée de terre : entre 5000 et 10000 recrues de moins par an. L’armée de terre, qui recrutait entre 15000 et 20000 hommes par an au début des années 2000, n’en recrutera selon nos informations « que » 10000 en 2012 et 2013. Et le livre blanc devrait encore accentuer cette décrue. Les effectifs fondraient avant tout en Guyane, Nouvelle-Calédonie et Polynésie. La force terrestre « projetable » de 30000 hommes serait, elle, aussi rabotée. La France privilégierait à l’avenir de nouveaux modes opératoires, drones en tête.

Le budget du nucléaire « désanctuarisé ». Le budget de la dissuasion nucléaire — 3,4 Mds€ en 2012, soit 10% du budget annuel de la Défense — pourrait être revu à la baisse. La France serait notamment susceptible de renoncer aux missiles embarqués sur des chasseurs Mirage 2000 et Rafale (2,6 Mds€ d’économies en quinze ans selon un récent rapport), et même passer de quatre à trois sous-marins nucléaires, ce qui marquerait la fin d’un dogme : entretien de ces sous-marins oblige, la France ne pourrait plus être présente en mer 365 jours par an.

Davantage de membres permanents au Conseil de sécurité de l’ONU. La France, comme les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, participe aux opérations extérieures menées sous mandat de l’ONU. Une obligation onéreuse : le montant réel de ces opérations a atteint 1,2 Md€ en 2011, et 870 millions en 2012. Relever le nombre de membres de 5 à 7, voire à 10 membres, permettrait de mieux répartir cette charge. Si le Brésil et l’Inde rêvent de faire partie du club, restera à convaincre d’autres Etats membres réticents.

Le Centre sportif d’équitation militaire de Fontainebleau sur la sellette. Situé à Fontainebleau (Seine-et-Marne), le prestigieux CSEM forme et entraîne les militaires de l’armée française, afin de participer à des compétitions équestres de haut vol.

Moins de fanfares militaires. Une vingtaine de formations musicales permanentes, employant plus de 1000 musiciens, participent aux cérémonies militaires et se produisent lors de festivals. Leur nombre serait diminué, tout comme celui des dizaines d’écoles de formation des officiers et des militaires du rang.

Des missions externalisées … la suite sur le Parisien

voir aussi: Armée française : la ruine en héritage ?