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Bonne nouvelle : un peu partout en Europe, des monnaies locales apparaissent . (audio)

À Naples, la municipalité a annoncé  la création du Napo pour épauler l’euro. En Grèce, quelques villes se servent d’une monnaie alternative pour aider les habitants à affronter le saccage organisé par la troïka. En France les monnaies complémentaires se multiplient : la mesure à Romans Bourg de Péage, La Commune à Roanne, le sol violette à Toulouse, à Aubenas c’est la bogue, ou bien le Déodat en Lorraine. Le site internet, Monnaies locale complémentaire  recense l’ensemble de ces monnaies et tente de mutualiser les expériences qui sont en cours un peu partout dans l’hexagone.

Présentation su Sol Violette par Jean-Paul Pla, Conseiller Municipal délégué à l’économie sociale et solidaire de la ville de Toulouse.

durée : 9mn

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Ces initiatives  sont un retour aux sources de la création monétaire. En effet, ce n’est que depuis le XIXe siècle que nous vivons dans un régime de monnaie étatique unique.Du coup on imagine qu’aucune autre monnaie ne peut circuler sur un même territoire.  C’est une erreur historique et économique majeure.

Depuis les premières civilisations, nous vivons dans des systèmes monétaires diversifiés, et c’est seulement à l’occasion de la mise en place de l’étalon or « strict », qu’ils prirent fin. L’idée de remettre en circulation des monnaies complémentaires est une idée libérale défendue par Hayek dans son livre « Denationalisation of Money » (lire à sujet l’intervention de l’économiste libéral  Gérard Dréan à l’institut Turgot) . Il y voyait la possibilité pour le peuple de retrouver une autonomie face à la suprématie des États. Ironie de l’histoire, ce sont souvent des anti-libéraux qui reprennent aujourd’hui l’idée des monnaies locales complémentaires.

Toutefois pour que ces systèmes monétaires alternatifs soient  efficients,  il faudrait que les états reviennent à leurs monnaies nationales,  tout en maintenant l’euro comme monnaie commune. L’objectif étant de créer une concurrence monétaire comme le préconise l’économiste libéral conservateur, Philippe Herlin.

Ancien membre du Front National, Philippe Herlin est aujourd’hui à l’UMP où il défend une ligne libérale conservatrice. « Prix Spécial du jury » du 24 ième prix Turgot pour son livre « Finance, le nouveau paradigme« , il est chargé de cours au Conservatoire national des Arts et Métiers et a publié récemment un ouvrage « Repenser l’économie » dans lequel il évalue l’hypothèse de monnaies complémentaires à l’Euro et il y défend aussi l’or.

Une monnaie complémentaire, ou locale, est une monnaie gérée par une association qui circule dans une zone géographique donnée. Chaque particulier ou commerçant est libre d’y adhérer et de l’utiliser « en complément » de la monnaie officielle. Il n’a aucun caractère obligatoire, il faut que l’acheteur et le vendeur souhaitent l’utiliser, la monnaie officielle garde sa prééminence. Elle ne verse aucun intérêt, elle est donc destinée à la circulation et non pas à la thésaurisation. Son cours peut être relié à la monnaie officielle, ou à des biens réels (le WAT au Japon, qui vaut 1 kWh d’électricité produit par des énergies renouvelables).

Ces monnaies permettent de réaliser des transactions qui ne se feraient pas dans la monnaie officielle. Elles favorisent la fixation et la relocalisation de l’activité économique. Elles apportent – on le mesure – un surcroît d’activité et de pouvoir d’achat, ainsi qu’une plus grande résilience du système financier dans son entier (un système monétaire diversifié « amortit » les crises financières). Ces monnaies connaissent Continuer la lecture de Bonne nouvelle : un peu partout en Europe, des monnaies locales apparaissent . (audio)