Archives par mot-clé : Nation

Robert Redeker : «Le but de la politique est la continuation de la nation dans la durée»

Le mot de «valeur» est prisé à gauche comme à droite. Le philosophe Robert Redeker dénonce l’usage de ce terme galvaudé qui dissimule une faillite de la politique et le triomphe du vide idéologique.

Professeur agrégé de philosophie, Robert Redeker est écrivain. Il a notamment publié Le soldat impossible (éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2014) ; Bienheureuse vieillesse (éd. du Rocher, 2015) et dernièrement L’École fantôme (éd. Desclée De Brouwer, 2016).

Le mot «valeur» est partout en politique. On parle sans cesse des valeurs de la République. Qu’y a-t-il derrière l’omniprésence de ce mot ?

Pas grand-chose de consistant. Les valeurs ne sont ni des idées, ni des concepts, ni des principes. L’invocation politique rituelle des valeurs est une mode très récente. Plongez-vous dans la littérature politique d’il y a une trentaine d’années seulement, écoutez les discours d’alors, vous constaterez l’absence de ce recours obsessionnel aux valeurs. Au lieu de révéler ce que l’on pense, le mot valeur le dissimule. Pourquoi? Parce qu’il est aussi vague qu’abstrait. […]

On fait de la politique pour la nation, pour la France, pour le peuple, pour le social, pour l’histoire, jamais pour des valeurs. Les valeurs ne constituent ni la réalité d’un peuple ni un projet de société, ces objets de la politique. Elles sont trop inconsistantes pour définir un projet de cette nature.

Les valeurs ne sont que le cadre à l’intérieur duquel la politique peut se déployer. Elles ne sont pas un programme, elles sont des bornes. Les valeurs sont hors politique, elles sont extra-politiques. Loin d’avoir affaire aux valeurs, la politique rencontre les projets, les réalités et, par-dessus tout, la nation et le souci du bien commun.
À gauche particulièrement, ce mot est dans toutes les bouches…

La rhétorique creuse des valeurs est le linceul dans lequel a été enveloppé le cadavre de la gauche. C’est une thanatopraxie, le maquillage du cadavre. Cette fatigante psalmodie sur les valeurs évoque les récitations funéraires. C’est parce qu’elle est morte, parce qu’elle n’a plus rien à dire, plus rien à proposer pour l’avenir à partir de son passé (le socialisme), que la gauche se gargarise, de tréteaux en tribunes, avec les valeurs. […]

Une civilisation est-elle définie par des valeurs, des coutumes, des attachements ? Continuer la lecture de Robert Redeker : «Le but de la politique est la continuation de la nation dans la durée»

Fillon et l’Europe, pas si souverainiste que ça

François Fillon a voté non à Maastricht en 1992. Dans son programme sur l’Europe, il fait plusieurs fois référence à Charles de Gaulle et plaide pour une Europe des Nations. Mais sur le plan économique, son logiciel reste le même, hormis un plus grand contrôle de la BCE, actuellement irréaliste.

François Fillon a beaucoup évolué depuis le référendum sur le traité de Maatricht auquel il a voté non, au côté de Philippe Seguin. Dans une tribune publiée par le Monde en mars 2012, on est en pleine campagne électorale, il affirme: « Aujourd’hui je défends l’idéal européen de toutes mes forces« . Et il explique que c’est la crise financière, le chaos à portée de main, la prise de conscience que l’édifice européen est fragile qui a forgé sa conviction.

Pendant la campagne des primaires, l’Europe n’a pas été un sujet central, mais il y consacre une rubrique sur son siteFrançoisFillon2017. Sa vision de l’Europe explique t-il, c’est « une EUROPE DES NATIONS, garante de notre souveraineté« . C’est un peu contre intuitif comme ça, si on est dans l’Europe et qu’on respecte des règles communes, on perd en souveraineté, mais NON, selon François Fillon qui cite plusieurs fois le général de Gaulle dans ses propositions détaillées sur l’Europe, il est possible de faire autrement.

Je suis ainsi pour une Europe des nations, une Europe qui, dans la lignée de celle voulue par le Général de Gaulle, soit garante de notre souveraineté. Mais je défends aussi l’urgence d’une France souveraine au sein d’une Europe qui partage des valeurs communes et un objectif commun : celui de notre souveraineté vis-à-vis de nos autres partenaires. Pour cela, l’Europe devra concentrer son action sur quelques domaines bien définis et laisser la liberté aux Etats nations de se gouverner comme ils l’entendent sur une majorité de sujets, en respect du principe de subsidiarité.

Bien… sauf que sur les sujets économiques, il n’y a pas de remise en cause du logiciel existant, pour utiliser un mot que j’ai beaucoup entendu lors de la soirée des primaires.

Non à Maastricht, Oui à l’Euro

Continuer la lecture de Fillon et l’Europe, pas si souverainiste que ça

Pour le président du Parlement européen : « L’UE doit surmonter ses nationalismes face à la crise migratoire »

Rappel: ce monsieur est un socialiste comme Valls, Macron, Aubry, Mélenchon…. cela veut dire qu’ils travaillent à la disparition des Nations souveraines.


 

L’Union européenne a adopté différentes mesures pour répondre à la crise migratoire. Mais la mise en œuvre de ces actions peine à se concrétiser. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, explique ces difficultés.

La Révolution, la République, la France (Émission « Répliques » sur France Culture)

Invité(s) d’Alain Finkielkraut :
Mona Ozouf, directeur de recherche au C.N.R.S., auteur de nombreux ouvrages sur la Révolution française, la République et la littérature.
Patrice Gueniffey, directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales

La Révolution est l’échec des Lumières.

Pour Mélenchon, les « nouvelles branches » aiment mieux la France que les « vieilles souches »

Mélenchon est une andouille masochiste. D’abord pour n’avoir jamais pris son ticket de retour au Maroc. Ensuite pour vivre dans un pays dont le passé le dégoûte.

Jusqu’où aller pour vider de sa moelle la colonne vertébrale de la France, pour effacer le sentiment de se sentir français ?

Jean-Luc Mélenchon a trouvé : Cet amour [de la France] ne s’attache à aucun paysage en particulier, aucun terroir, aucun terrier. Juste l’idée. »

« Juste l’idée » : tout le contraire des Hollandais, qui chaque été viennent en France profiter des montagnes qu’ils n’ont pas chez eux. Des Asiatiques pour qui Paris symbolise le summum du romantisme. Tout le contraire des Allemands pour qui Méditerranée et Atlantique sont les destinations de prédilection. Bref, avec Mélenchon, ce sont 84,7 millions de touristes qui viennent en France sans avoir préalablement rêvé de la France. Qui n’ont cliqué sur aucun site touristique d’aucune région. La France, un pays comme un autre, jouée à pic et pic et colégram sur un planisphère. On y croit.

La France, « juste l’idée ». Pour son Tanger natal, c’est autre chose, « une ville extraordinaire avec toutes les nations du monde » qui lui aurait donné « un pli ». Quand la France des années 60, celle dans laquelle il a débarqué plus tard avec ses parents, « c’était l’horreur » : « la France des campagnes était extraordinairement arriérée par rapport au Maroc des villes », en Normandie « les malheureux souffraient d’un alcoolisme épouvantable ». Et que pense M. Mélenchon de son Tanger multiculturel où, au XXIe siècle, des Marocains attaquent des sans-papiers noirs africains à la machette ?

Pourtant, il prétend l’aimer, la France. Parce que les siens ont choisi d’être français. Continuer la lecture de Pour Mélenchon, les « nouvelles branches » aiment mieux la France que les « vieilles souches »

Taguieff : le terrorisme intellectuel reste l’apanage de la gauche et de l’extrême- gauche(2/2)

Le philosophe s’interroge dans son dernier livre sur la persistance à gauche d’un antifascisme imaginaire hérité de la propagande soviétique des années 1950.

fascisme-antifaFigaroVox: Vous dénoncez dans votre livre la dissymétrie entre une «extrême droite» diabolisée et une extrême gauche pardonnée de ses excès. D’où vient ce «deux poids deux mesures»?

Pierre-André TAGUIEFF: C’est là un héritage de l’antifascisme soviétique, dont les idéologues et propagandistes, depuis les années 1950, n’ont cessé de marginaliser ou de calomnier en France la position antitotalitaire ou anti-extrémiste pour camoufler la criminalité du communisme, et permettre à la gauche de se «ressourcer» régulièrement en revenant à Marx ou à tel ou tel théoricien révolutionnaire et anticapitaliste (Lénine, Trotski, Gramsci, etc.). Il importe à une partie de la gauche de laisser ouverte la voie d’un retour éventuel à l’idée communiste, donc de ne pas diaboliser le communisme, en dépit de ses crimes, comme elle diabolise le fascisme, et plus particulièrement le nazisme. Cette gauche nostalgique suppose que l’idée ou l’utopie communiste est bonne en elle-même, et que seules ses réalisations historiques ont échoué. Alors qu’elle postule que le nazisme est en lui-même un mal, qu’il incarne même le Mal absolu. Ce traitement asymétrique est caractéristique de l’antifascisme dans toutes ses variantes, et nous rappelle que, comme l’avait bien vu George Orwell, la gauche est antifasciste mais non antitotalitaire. J’ajouterai qu’elle voit le «fascisme» là où il n’est pas (Raymond Aron et le général de Gaulle ont été traités de «fascistes»), et que, simultanément, elle ne voit pas le fascisme où il est, par exemple dans le chavisme tant admiré par Jean-Luc Mélenchon. Une admiration partagée par le polémiste Alain Soral qui se définit lui-même, pas seulement par provocation, comme «national-socialiste».

«Nous vivons dans un univers de spectres, où aux fascismes imaginaires font écho des antifascismes imaginaires d’aujourd’hui», écrivez-vous. Pourquoi l’antifascisme idéologique a-t-il survécu à la mort du fascisme politique alors que l’anticommunisme a, lui, disparu suite à l’effondrement du bloc soviétique?

L’antinationalisme est progressivement devenu la principale reformulation du vieil antifascisme. Mais les antinationalistes en sont venus à diaboliser la nation comme telle. C’est ce que j’ai appelé naguère, au début des années 1990, l’«antinationisme», qui s’est transformé en idéologie dominante dans les milieux européistes. La projection sur la nation de tous les traits répulsifs du «fascisme» en est le principe moteur. Dans la rhétorique de combat centrée sur la dénonciation des «eurosceptiques» ou des «europhobes», c’est bien le sentiment national qui est incriminé, au point d’être criminalisé. De la même manière, la reformulation antiraciste de l’antifascisme, qui se traduit principalement par la célébration de l’immigration comme méthode de salut, est centrée sur la diabolisation de la nation comme identité collective et souveraineté. Comme l’existence même des frontières nationales, la distinction simple entre nationaux et étrangers est considérée par les «antinationistes» comme un scandale.

Pour ces nouveaux utopistes, il faut que disparaissent les États-nations pour que l’humanité s’unifie à travers la multiplication des processus migratoires sans contrôles ni limites. Leur rêve est d’instaurer une démocratie cosmopolite, dans un espace post-national qu’ils s’efforcent de construire en délégitimant le sentiment national tout en érigeant l’immigration de masse en fatalité et en phénomène intrinsèquement bon ou bénéfique.

Il faut relever ce grand paradoxe: alors que jamais, depuis 1945, le nationalisme ne s’est Continuer la lecture de Taguieff : le terrorisme intellectuel reste l’apanage de la gauche et de l’extrême- gauche(2/2)

Cambadélis, patron du PS : « les frontières n’ont plus de sens aujourd’hui » (vidéo)

Superbe, tout est dit : s’il n’y a plus de frontières, il n’y a plus de France. Cambadélis vient d’avouer le projet des fédéralistes européens.

Voter socialiste, Mélenchon, les verts NPA, et autres internationalistes, c’est se rendre complice de la destruction de tout ce que nos ancêtres ont construit.

Camabdélis devrait lire Régis Debray « Éloge des Frontières »


« Marine Le Pen est nationaliste » par Europe1fr

Pour la gauche il y a le bon nationalisme et le mauvais. Par exemple le FLN,  que la gauche a soutenu dans ses pires atrocités, est un bon nationalisme. En revanche le français qui se bat pour préserver son identité et sa souveraineté c’est un salop de fasciste….

Comprenne qui pourra

Jacques-Faizant

Ça me fait penser à ce que disait Hollande sur le protectionnisme :

Alain Finkielkraut : « Il n’y a pas de nation sans préférence nationale »

On se demande à quoi joue Finkie. Il parle comme Marine Le Pen, mais ne rate aucune occasion de la fustiger…. Quand aura-t-il le courage de mettre ses actes en conformité avec ses idées comme l’a fait avant lui son ami renaud Camus ?

Alain Finkielkraut devrait savoir qu’à trop craindre l’excommunication du clergé médiatique, on en devient ridicule et on perd toute crédibilité…

————-

Source : Le Nouvel Économiste

Il est inquiet, Alain Finkielkraut. Inquiet et aussi, passablement agacé. En cause : les menaces qu’il estime peser aujourd’hui sur la société française et notre incapacité à les reconnaître et à les nommer ; à voir la réalité et à la dire. En tête de sa black-list, – livrée en octobre dernier dans L’Identité malheureuse – le phénomène de “désaffiliation” qui sévit en France depuis que s’y érodent l’idée d’enracinement sur un territoire, celle d’appartenance à un peuple et jusqu’à celle de nation elle-même.

6568175-la-france-selon-finkielkrautDepuis qu’il voit se profiler l’avènement d’une société “multiculturelle et post-nationale” et, avec elle, le risque d’assister au recul du vivre-ensemble, à l’effacement du citoyen et à la généralisation d’une vision purement économique des individus et des liens qui les unissent. Une vision réductrice et dangereuse parce que niant la réalité des différences culturelles et, ose celui qui ne craint pas de déplaire, du fait que “toutes ne sont pas nécessairement compatibles”.

Pour la contrer, le philosophe pointe les dangers – la montée de la francophobie, de l’ultra-subjectivisme, du “risque culturel”… -, dénonce les incohérences – celle qui pousse à refuser l’idée de frontière mais qui incite à militer pour l’exception culturelle, celle qui implique de célébrer la diversité mais qui requiert de nier les différences… – et, au final, en appelle au courage de chacun. Celui qui s’impose, estime-t-il, pour “soustraire la pensée à la tyrannie de la bien-pensance”. Celui sans lequel, il en est persuadé, on verra la société française basculer d’une “communauté de destin” à “une juxtaposition de particularismes”. Ame sensible…

Il est clair que la société française se désagrège petit à petit. Il s’agit, plus encore qu’une “déliaison”, d’une sorte de désaffiliation s’expliquant en partie par le fait qu’on a voulu, en France, neutraliser le sentiment d’appartenance à une nation, à un peuple. Mitterrand avait lui-même résumé cette tendance en affirmant : “Le nationalisme, c’est la guerre.” Cette phrase me paraît injuste à plus d’un titre.

D’une part parce qu’on ne peut mettre sur le même plan la philosophe Simone Weil écrivant l’enracinement et Charles Maurras, théoricien de la révolution nationale et du pétainisme, tout comme on ne peut comparer le rapport à la nation du général de Gaulle et celui du maréchal Pétain. D’autre part, parce que dès lors que disparaît le sentiment d’appartenance à une nation, c’est l’idée même d’une communauté politique qui entre en crise. Il n’y a pas de citoyen du monde, c’est une évidence. Une nation est un espace qui n’est pas infini mais qui, au contraire, est délimité par des frontières faisant qu’au sein de ces frontières, ce qui arrive à l’autre vous arrive à vous-même : les inondations récentes en Sardaigne ont été une catastrophe nationale et non une catastrophe européenne !

Si vous vous élevez au-dessus de cette idée de nation, vous pensez avoir vaincu vos préjugés mais en réalité, vous vous êtes libéré de toute obligation à l’égard de votre pays, si bien que vous n’êtes plus, face au monde, qu’un touriste ou qu’un consommateur. Ce qui représente un des périls de notre époque.

La notion de frontières
Nous sommes traumatisés par les horreurs du XXe siècle mais celles-ci devraient nous maintenir en alerte sur certaines réalités. Le geste inaugural de la Seconde Guerre mondiale fut, on semble l’avoir oublié, les troupes de la Wehrmacht repoussant dans un grand éclat de rire les barrières séparant l’Allemagne de la Pologne, car cette guerre était une guerre impériale contre les nations européennes, au mépris des frontières et, par-delà des frontières géographiques et historiques, au mépris de toute limite. Hitler, c’est l’hubris totalitaire. La démesure. Je crois donc qu’une mémoire véritablement respectueuse de ce qui s’est passé devrait nous emmener à réhabiliter la notion de frontières, ce que nous avons beaucoup de mal à faire.

L’affaire Léonarda en est une illustration. L’interpellation et l’expulsion de cette jeune fille ont ému les lycéens lesquels ont reçu, dans leur mouvement de protestation, le soutien de plusieurs politiques et surtout de nombreux artistes qui, justement, militent pour l’ouverture des frontières. Parmi eux, notamment, des cinéastes tels qu’Arnaud Desplechin, qui sont à l’avant-garde du combat pour la régularisation des sans-papiers, que le mot même de frontière hérisse et qui ne méprisent rien tant que l’idée d’enracinement. Ils sont de plain-pied dans le monde global : très bien ! Mais ces personnalités militent, avec la même ardeur, pour l’exception culturelle. Or qu’est-ce que l’exception culturelle sinon la préférence nationale en matière de cinéma ?

La préférence nationale

C’est une réalité : il n’y a pas de nation sans préférence nationale. Si cette préférence nationale conduit à rejeter l’étranger, elle doit bien entendu être combattue ; mais si elle conduit à faire la différence entre le citoyen avec ses droits et ses devoirs et, précisément, l’étranger, elle est absolument légitime. Car la France est un pays et tout le monde ne peut être français de même que tout le monde ne peut être américain, cela n’aurait pas de sens. Prenez l’Italie. Le pays évoque une civilisation raffinée, une culture cinématographique, une langue, des villes extraordinaires.

On comprend bien, dès lors, que l’Italie n’est pas un droit de l’homme mais une civilisation Continuer la lecture de Alain Finkielkraut : « Il n’y a pas de nation sans préférence nationale »

Houria Bouteldja (PIR) : «Cette nation telle qu’elle existe, nous ne l’acceptons pas telle qu’elle est» (Vidéo)

Le site musulman reçoit reçoit Houria Bouteldja, membre du Parti des Indigènes de la République.

Il y a deux catégories qui se font face : le Blanc et l’Indigène.

L’islamophobie est un racisme d’Etat, un racisme structurel.

Notre territoire politique n’est pas la nation française. Cette nation telle qu’elle existe, nous ne l’acceptons pas telle qu’elle est.

«Cette société, cet Etat, nous souhaitons le transformer, c’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas intégrationnistes».

oumma

Un cancre nommé Valls

Lu sur Causeur

Pour combattre le FN, est-on obligé de réécrire l’Histoire de France ?

“Historiquement, c’est la gauche qui a inventé la Nation en 1789.” Cette petite phrase, prononcée devant un parterre de journalistes, n’a pas suscité l’ire de la droite lors de la visite du ministre de l’Intérieur sur les nouvelles terres mosellanes de Florian Phillippot. Cet ancien haut-fonctionnaire incarnant le virage républicain et gaulliste du FN, la “rediabolisation” médiatique du parti de Marine Le Pen voulue par la gauche passait par là. Sans doute Manuel Valls cherchait-il aussi à réaffirmer son positionnement à gauche mis à mal ces dernières semaines par Cécile Duflot et Christiane Taubira.

BILAN2013-VALLS

Seuls France Info et Le Monde y ont trouvé à redire. Peut-être parce que, face à la montée du Front National, Manuel Valls avait à cœur de reconquérir auprès des élites de gauche le concept de Nation. Lequel a été progressivement abandonné par celles-ci dans les années 80 au profit d’idéaux dits plus modernes, l’Europe fédérale et le multiculturalisme.

Cette volonté de renouer avec la nation n’est pas nouvelle au PS. Ségolène Royal en 2007 avait troublé son parti avec des thématiques très tricolores. Car la concurrence mémorielle n’est pas seulement historique. Elle est aussi symbolique et agite les communicants de la trempe de Manuel Valls. Elle a pour enjeu de conserver à gauche les grands mythes fondateurs de la III° République comme une chasse gardée.

La gauche républicaine, incarnée par Jules Michelet, Paul Bert et Jules Ferry, avait construit un grand roman national autour de l’école laïque. Jusqu’à ce que leur version de la Révolution soit magistralement battue en brèche par François Furet, en particulier à l’occasion de son bicentenaire. La Révolution française n’était pas “une table rase du passé” sur le modèle marxiste mais l’aboutissement d’un long processus de libéralisation et de centralisation politique. Aujourd’hui cette interprétation tocquevillienne de L’ancien régime et la révolution fait consensus.

À rebours de ce consensus, le sectarisme un peu vieux jeu de Manuel Valls, cherche à cliver et à rallumer la guerre idéologique droite/gauche de la fin du XIX° siècle. Il vise à écarter la “mauvaise” moitié des français de leur Histoire.
En rejetant la droite vers l’ancien régime et en s’accaparant 1789, Manuel Valls va contre Continuer la lecture de Un cancre nommé Valls

France, inventaire avant liquidation : allons gaîment vers l’ « Europe des Régions »

Extrait d’un texte lu sur Causeur.

(…) Et dire qu’il y eut, en plus, à un moment, de la part de la commission Balladur de 2009 l’idée de passer de 22 à 15 régions pour, tiens, tiens, tiens, « être de taille européenne ». A l’époque, les socialistes qui pressentaient leur victoire totale aux élections de 2010, avaient hurlé à la manipulation politicienne de la droite pour limiter la casse. Et pourtant, aujourd’hui, Alain Rousset et l’Association des Régions de France ne réclament rien d’autre. Alain Rousset parle même d’une « Europe des Régions » : comme ça, les choses son claires. Si en plus, comme c’est prévu dans cet « acte III », les régions vont acquérir le pouvoir « d’adapter la loi », ca va même aller très vite.

Il est vrai que l’idée de s’intégrer dans l’Union Européenne par le biais des régions est une idée formidable. On voit déjà le pouvoir de balkanisation de la commission de Bruxelles qui, en poursuivant sa politique suicidaire d’austérité, est en train de faire exploser l’Espagne, la Belgique et le Royaume Uni avec des démangeaisons flamandes, catalanes et écossaises de plus en plus fortes.
Ce sera un peu plus compliqué en France, où si l’on peut se sentir Breton, Alsacien ou Corse, ceux qui éprouvent un fort sentiment rhône-alpien, centrien, pays-de-loirien, ou pacaien sont plus rares. Mais ça viendra, on peut compter assez vite sur le clivage entre les régions riches et les régions pauvres pauvres pour faire éclater l’ensemble. Combien de temps les riches franciliens devenus quasi autonomes accepteront-ils de payer pour les pauvres nord-pas-de-calaisiens ?

On peut en effet compter sur l’UE pour aider à oublier cette désastreuse solidarité qui faisait la nation française, cette vieille chose belliqueuse et universaliste. Après tout, l’UE est prix Nobel de la Paix, non ? Même si cette paix-là fait en l’occurrence davantage penser à la citation de Tacite : « Ubi faciunt solitudinem, pacem appellant », ou si vous préférez, « Où ils ont créé le désert, ils appellent cela la paix. »

UE : la technocratie européenne et le scepticisme européen.

Pour relancer la construction européenne, Herman van Rompuy et Mario Monti proposent un sommet extraordinaire. Mais alors que le manque de démocratie dans le fonctionnement de l’UE est de plus en plus critiqué, cette idée venant de deux dirigeants non élus est plutôt malvenue, note fort justement le politilogue espagnol Jordi Vaquer dans le quotidien espagnol El Pais du 11 septembre.

Mario Monti, président du Conseil italien, et Herman van Rompuy, président du Conseil européen, ont lancé le 8 septembre l’idée d’un sommet extraordinaire à Rome. On y évoquerait l’avenir de l’idée européenne et l’on réfléchirait aux moyens d’enrayer les populismes et l’euroscepticisme. Une question importante, à l’heure où les partis populistes de tous bords, non contents de gagner de plus en plus de pouvoir, ont une capacité grandissante à façonner l’opinion publique. Leur cheval de bataille : dire non à l’intégration européenne au nom du peuple et de sa souveraineté. Mais cette initiative provient de deux dirigeants qui ont une faible légitimité démocratique et pourrait s’avérer mal venue si elle met dans le même panier les différents populismes et la critique indispensable des méthodes actuelles de l’UE.

Si la question n’était pas aussi sérieuse, le paradoxe pourrait faire sourire : les deux seuls leaders à siéger au Conseil européen sans avoir eu à affronter le verdict des urnes proposent un sommet pour faire sortir l’opinion publique de l’erreur de l’euroscepticisme. Ils le font après avoir participé au Forum Ambrosetti, rencontre qui réunit chaque année le gratin des politiques et des hommes d’affaires italiens et internationaux dans un hôtel luxueux au bord du lac de Côme. Un évènement qui, à l’image de Davos, réunit les élites politiques et économiques pour parler du cours des affaires du monde loin des casse-pieds de la plèbe.

La méthode Monnet remise en cause Continuer la lecture de UE : la technocratie européenne et le scepticisme européen.

Jacques Attali : Pour un passeport européen et une nationalité européenne

Afin d’en finir avec la concurrence fiscale au sein de l’Union, il faut créer enfin la nationalité européenne.

Après le débat sur  » le tapis rouge  » que M. Cameron voudrait poser sous les pieds des entrepreneurs français et la demande de nationalité belge faite par Bernard Arnault, et d’autres débats du même genre dans d’autres pays, on entre dans une période très dangereuse pour la France et pour l’Europe.

S’il serait désastreux pour la France de chasser ses élites par une fiscalité confiscatoire ou par un discours hostile à l’enrichissement, il serait tout aussi suicidaire pour tous les pays de l’Union Européenne de s’arracher leurs citoyens par des surenchères fiscales ou sociales. Ce serait oublier que nos destins sont liés et qu’aucun pays de notre continent ne pourra maintenir son niveau de vie si celui des autres baisse.

Il est donc urgent de changer de paradigme, de sortir de cette absurde concurrence, pour mettre en place une véritable nationalité européenne, avec un passeport européen. […]

L’Express

Barroso : l’UE doit évoluer vers une fédération d’Etats-nations

L’Europe doit évoluer vers une « fédération d’Etats-nations », comme rempart au nationalisme et au populisme, a affirmé mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

« Nous avons besoin d’avancer vers une fédération d’Etats-nations », a-t-il dit dans son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen.

« C’est de cela que nous avons besoin, c’est notre horizon politique«

, a-t-il ajouté.

Un tel objectif est nécessaire « parce que je pense qu’en ces temps d’anxiété, ce serait une erreur que de laisser les nations en proie au nationalisme et au populisme », a expliqué M. Barroso.

Il a souligné que la création d’une fédération d’Etats-nations allait « à terme nécessiter un nouveau traité ».

M. Barroso a plaidé pour que l’UE prenne, dans l’attente, « des mesures concrètes avec une union politique à l’horizon ».

Boursorama

La France ou le chaos par Paul-Marie Couteaux

Tribune de Paul-Marie Couteaux, président du SIEL, porte parole et soutien de Marine Le Pen. (1)

Si la campagne présidentielle est si médiocre, n’est-ce pas justement parce qu’elle n’est guère présidentielle ? Un jour, on semble choisir un ministre de l’Intérieur, un autre, un ministre des Finances, quelquefois, un responsable de la prévention routière. Faut-il rappeler que, tous les cinq ans, l’élection présidentielle donne au peuple français l’occasion de déterminer tout autre chose, l’essentiel de lui-même et sa perpétuation comme acteur de l’histoire – sans quoi la politique n’aurait plus d’intérêt et les élections pas davantage.

Le regretté Michel Jobert comparait le président de la République à un sémaphore, repère immobile et solennel indiquant les grandes orientations qui éclairent et ordonnent. De cette fonction, qui est bien celle d’un chef d’État, découle une autre, celle de garder la Constitution, par là de veiller au bon fonctionnement des institutions, autrement dit la sauvegarde du cadre politique, autrement dit la France – en quoi sa fonction est sacrée : sans la sauvegarde de ce cadre, il est illusoire de fixer une politique, quelle qu’elle puisse être ; le contenant est la condition du contenu – lequel ressort d’un autre niveau, ce programme de gouvernement que fixera un mois plus tard une majorité législative.

Il est curieux que, à l’heure où le cadre politique ne va plus guère de soi, où ne sont plus tout à fait certaines les réponses à la question “Y a-t-il une France ? ”, ces conditions premières du politique n’affleurent nulle part dans ce qu’il est convenu d’appeler le “débat”.

Or, pardon du truisme, pour mener une politique, encore faut-il qu’il y ait un État, que la nation soit souveraine, qu’elle puisse décider du maintien ou de la disparition de ses frontières, de la restauration, du partage ou de l’abandon de ses moyens d’action politique, à commencer par la légitimité, donc l’autorité des dits “pouvoirs publics”, seule façon d’imposer un bien commun aux féodalités de tous ordres et de mener à l’extérieur une politique étrangère, dotée de ses propres instruments diplomatiques et militaires ; et, en toile de fond, qu’il y ait une civilisation, originale en ce qu’elle est fidèle à ses legs, traditions et valeurs, cette civilisation française sans laquelle l’existence de la nation, donc de l’État, ne se justifie plus, n’est sous-tendue par rien.

Le “grand débat sur l’identité”, l’une des rares bonnes initiatives du quinquennat, ayant sombré dans l’insignifiance et le ridicule, le moment était propice pour revenir sur ces fondamentaux, pour reprendre un terme que candidats et partis s’appliquent à eux-mêmes sans songer que les seuls fondamentaux qui importent sont ceux de la France, les leurs propres se situant fort en aval.

De cet essentiel-là, qui se soucie – à part ceux que l’on nomme dédaigneusement “souverainistes” ?

La morne campagne s’est perdue dans les détails – presque toujours de nature sociale ou économique, selon la pente d’une époque matérialiste qui veut croire mordicus que toute question politique n’a de solution que par l’argent, singulièrement la dépense publique – réflexe socialiste servi ad nauseam plus de trente ans durant avec l’heureux effet que l’on aperçoit, la banqueroute – et d’abord la paralysie de l’État dans sa graisse.

Faut-il redire que, pas davantage que le souci social ne saurait répondre aux problèmes sociaux (quel argent redistribuer ? ), le souci économique ne répond aux problèmes économiques – Continuer la lecture de La France ou le chaos par Paul-Marie Couteaux

Europe : vers un retour au national !

L’éditorialiste, Simon Jenkins, du journal britannique The Guardian (…de gauche), évoque, le 15 septembre dernier, le spectre d’un défaut de paiement grec qui constitue un tournant pour une UE arrogante et dominatrice. Le retour à une dimension plus nationale est donc une perspective positive, estime un chroniqueur britannique.

J’avais peut-être tort. Je croyais que les gouvernements européens dépenseraient sans compter, qu’ils imposeraient une austérité sans limite afin de sauver autant de banques que possible de leur témérité et de leur folie. Car toutes ces banques étaient trop grosses pour sombrer, et aucune dette n’était si importante qu’elle ne pouvait être épongée. L’Europe était aux mains des banquiers.
Continuer la lecture de Europe : vers un retour au national !