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Panthéon : « Hollande n’a fait que montrer sa petitesse », dit Éric Zemmour

On attendait un grand discours présidentiel au Panthéon mercredi 27 mai. Pour Éric Zemmour, l’exercice est raté.

Les panthéonisations représentent des moments importants, pour l’histoire de la France comme pour le parcours d’un homme politique. François Hollande était donc attendu pour faire un grand discours mercredi 27 mai. « C’était fait pour, insiste Éric Zemmour. Hollande ne pouvait pas se manquer. L’histoire c’est son truc, nous murmurent depuis des jours ses communicants. »

Mais pour Éric Zemmour, le Président est passé à côté. « Les grands mots étaient tous de cérémonie, aussi bien alignés que les cercueils drapés de tricolore. Il ne manquait rien… Sauf l’essentiel. Le style, le talent, l’âme », juge le journaliste.

Que manquait-il selon Éric Zemmour ? « Le texte était à la fois solennel et ennuyeux », estime-t-il. Il souligne que François Hollande buttait sur certains mots, que son discours sonnait creux. « Il était comme absent, flottant dans un costume trop grand pour lui », lance le journaliste. Et d’ajouter : « On passait de Victor Hugo à Séguéla, de Chateaubriand à Marc Lévy. » Le journaliste conclut : « Hollande a voulu s’égayer dans la cour des grands, il n’a fait que montrer sa petitesse. »
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Panthéon : comment les politiques utilisent le passé

ANALYSE – François Hollande a choisi quatre nouveaux pensionnaires pour le Panthéon: Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. L’écrivain Christian Combaz constate que les choix de nos dirigeants sont souvent dictés par leurs intérêts du moment.

Les esprits oublieux ou négligents qui, à cause de Voltaire et Rousseau, gardent de leurs souvenirs universitaires l’impression que le Panthéon est peuplé d’une majorité d’écrivains et d’artistes devraient se procurer la liste des 74 impétrants qui vient de passer à 78: la domination des hommes politiques et des militaires y est écrasante, ce qui justifie la phrase du fronton: «Aux grands hommes la Patrie reconnaissante». (Rappelons au passage que l’âge classique, lorsqu’il parlait des Grands hommes, n’éprouvait pas le besoin de préciser «hommes et femmes», c’était implicite.)

Il s’agit donc d’honorer la Patrie, cette notion située à mi-chemin entre le territoire et le contrat social, qui justifie le fait de recevoir sous le dôme des écrivains comme Hugo, Zola, Malraux, visiblement sur un autre critère que le talent puisque ni Chateaubriand, ni Marcel Proust n’y sont jamais entrés, pas plus qu’aucun de nos musiciens, à croire que Gounod, auteur de Gloire immortelle de nos aïeux, ne méritait pas de reposer parmi eux. Alexandre Dumas y a fait une arrivée remarquée il y a quelques années, alors que Balzac aurait été mieux indiqué, mais là encore, les raisons qui ont présidé au choix de ce transfert ont été dictées par des considérations conjoncturelles extrêmement discutables. Nous avons appris à cette occasion que Dumas fut un grand métis autant qu’un grand écrivain, ce que les trois quarts des lycéens français ignoraient encore, mais la République, visiblement, semblait résolue à faire feu de tout bois, voire à souffler sur un tas de cendres, pour nous infliger l’une de ces leçons publiques de tolérance dont le concert médiatique et les plateaux d’éditorialistes ont le secret . Nos historiens de la littérature croyaient jusqu’alors qu’il suffisait d’honorer Dumas pour son génie, mais non, il fallait qu’il le fût désormais malgré ses cheveux crépus. Pour un peu, on nous

aurait convaincus que sa carrière avait failli être compromise par la couleur de son teint. Il a Continuer la lecture de Panthéon : comment les politiques utilisent le passé