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Philippe de Villiers a encouragé Nicolas Dupont-Aignan à rallier Marine Le Pen : « Ne fais pas l’erreur que j’ai faite en ne la rejoignant pas à temps »

Il aura hésité toute la campagne présidentielle. Philippe de Villiers a vanté la « carrure présidentielle » de Marine Le Pen, il a assuré que le FN actuel correspondait au « programme du RPR en 1988 », il n’a pas exclu de la soutenir, il a même lâché un petit hashtag sur Twitter (#Marine2017) mais il n’a jamais officiellement appelé à voter pour la candidate frontiste avant le premier tour. Et visiblement, il l’a regretté. Dans un article du Monde du jeudi 25 mai, on apprend que le président du Mouvement pour la France (MPF) a appelé Nicolas Dupont-Aignan pour l’encourager à rallier Marine Le Pen lors de l’entre-deux-tours, et de ne pas reproduire son « erreur » :

Ne fais pas la même erreur que j’ai faite en ne la rejoignant pas à temps.

Malgré la demande du maire de Béziers Robert Ménard, le président du MPF n’a pas osé officialiser son soutien à Marine Le Pen « pour ne pas nuire au Puy-du-Fou ». Continuer la lecture de Philippe de Villiers a encouragé Nicolas Dupont-Aignan à rallier Marine Le Pen : « Ne fais pas l’erreur que j’ai faite en ne la rejoignant pas à temps »

Jean-claude Michea, penseur capital.

On ne peut que se réjouir de l’effervescence et des débats provoqués par le penseur français le plus stimulant de ces vingt dernières années et dont l’écho ne cesse de grandir. Une performance d’autant plus éclatante que cet agrégé de philosophie a choisi d’enseigner dans un lycée de Montpellier jusqu’à sa retraite en 2010 et qu’il s’est toujours tenu à l’écart des joutes médiatiques spectaculaires en refusant toute apparition télévisuelle. Comme quoi, l’influence réelle d’un intellectuel n’est pas toujours proportionnelle à sa présence dans les médias de masse. Pour preuve, dans un récent essai, Les Nouveaux enfants du siècle, Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro et animateur du FigaroVox, évoque l’existence d’une «génération Michéa» dans la jeunesse intellectuelle hexagonale. Quant à Ariane Chemin, dansLe Monde, elle analysait son influence sur «des jeunes gens antimodernes» animant revues ou sites Internet (de sensibilité conservatrice, décroissante, catholique tendance «Manif pour tous» ou autre) qui tiennent l’auteur deL’Enseignement de l’ignorance pour leur maître à penser.

Évoquons encore les hommages à Michéa rendus par Eric Zemmour (qui le cite régulièrement depuis des années), Elisabeth Lévy, Patrick Buisson ou Alain de Benoist, le «père» de la nouvelle droite. Plus à droite, selon certains médias, Marine Le Pen et sa nièce Marion se sont mises aussi à la lecture de ses œuvres sous l’injonction de leurs conseillers respectifs. Il y a évidemment quelque paradoxe à voir une partie de la droite célébrer un penseur invoquant le socialisme originel, Proudhon ou Marx.

Pour faire court, certaines idées de Michéa peuvent être relayées dans les pages «Débats» du Figaro, mais pas dans les pages politiques ou le cahier «saumon» du journal de Serge Dassault. D’ailleurs, Michéa a souvent exposé la schizophrénie d’une droite qui vénère le marché tout en maudissant la culture qu’il engendre (par exemple la destruction de l’école et des savoirs classiques).
Par un phénomène à front renversé finalement logique, la pensée anti-libérale de Michéa a été assez vite prise sous les feux de critiques venues de la gauche, ou plus exactement de diverses gauches : Continuer la lecture de Jean-claude Michea, penseur capital.

Patrick Buisson : « La France de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires »

Patrick Buisson analyse le résultat de la primaire pour Le Parisien :

L’élection à droite est un succès. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie ?

Non, car les partis se servent des primaires comme d’une procédure de relégitimation pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle. Les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire. Ne vont voter que les inclus, les catégories favorisées, les retraités. Ce qui ne fait qu’aggraver la crise de la représentation en renforçant le poids politique des classes privilégiées, alors qu’il faudrait rouvrir le jeu démocratique.

Si on vous suit, François Fillon, c’est la droite sans le peuple…

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la droite. La bonne, c’est que la droite redevient la droite en se libérant partiellement de l’hégémonie idéologique de la gauche avec l’écrasante défaite de Juppé. La mauvaise, c’est que la droite ne semble pas en mesure pour l’instant d’élargir sa base sociologique. La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l’emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés, s’il veut disputer l’électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. C’est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007. C’est une équation très difficile à réaliser.

 

Quel conseil lui donneriez-vous ?

De sortir de sa contradiction qui est l’incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme. Le risque pour Fillon, c’est d’être perçu comme le candidat du patronat et des classes dominantes, le candidat de la « mondialisation sauvage ». On voit bien l’espace carcéral symbolique dans lequel le FN et la gauche vont chercher à l’enfermer. Or, son succès s’explique par deux facteurs : il est apparu capable de restaurer la fonction présidentielle dans sa dignité et sa sobriété. Et il a attiré un électorat davantage préoccupé par l’abrogation de la loi Taubira que par la suppression de l’ISF.

Croire que Fillon a été élu sur son programme économique est un contresens qui se paiera au prix fort. Continuer la lecture de Patrick Buisson : « La France de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires »

Répliques: Le peuple et les élites avec Patrick Buisson et Alain Minc.

Tout oppose Alain Minc l’auteur , entre autre, de la mondialisation heureuse, et Patrick Buisson qui vient de publier La cause du peuple . Et pourtant, entre 2007 et 2012, ils ont été les conseillers du même Prince Nicolas Sarkozy. Ils ne le voyaient pas aux mêmes heures, ne lui tenaient pas le même discours , ils ne lui faisaient pas les mêmes suggestions. Et pourtant le fait est là et ce fait constitue un paradoxe qui demande d’être élucidé. Aussi demanderai je sans tarder à mes deux invités quel bilan ils tirent de leur expérience. Que représente pour vous , messieurs, le moment Sarkozy.?

Intervenants

  • Patrick Buisson : Journaliste français, né le 19 avril 1949 à Paris. Spécialiste des études d’opinion, conseiller de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy
  • Alain Minc : Essayiste, conseiller en entreprise Ancien président du conseil de surveillance du Monde

source

Patrick Buisson : « Le peuple est une réalité complexe et composite. »

Le livre de Buisson est le meilleur livre politique de ces trente dernières années. Lisez-le.

L’analyse de Buisson sur la tactique adoptée par Sarkozy est elle aussi très brillante:

 » Nicolas Sarkozy est en train de se tromper de campagne. On subodore ce que sera le périmètre électoral de la primaire. Iront voter essentiellement les inclus, c’est à dire ceux qui ont une relation de proximité avec la politique. Pas la France périphérique de Mr Guilluy, pas la France des invisibles, elle votera à la présidentielle celle-là. Donc en faisant cette campagne populiste et en s’adressant finalement à ce qui doit-être un exercice de suffrage censitaire, Nicolas Sarkozy fait une erreur d’analyse qui va lui couter très cher. »


Patrick Buisson: Sarkozy et Hollande se sont deux frères jumeaux, deux présidents-selfies

Patrick Buisson sur Nicolas Sarkozy: « L’adhésion aux idées est inexistante chez lui »

(…) L’attaque n’est pas nommée, mais elle est claire: Nicolas Sarkozy est plus que jamais dans son viseur. Dans son livre, Patrick Buisson accuse notamment Nicolas Sarkozy d’avoir laissé, en 2006, des « bandes de blacks et de beurs » agresser des « jeunes blancs » anti-CPE pour reprendre le contrôle de la situation face à son rival Dominique de Villepin.

« Ce sont les propos de Nicolas Sarkozy, et je les rapporte très fidèlement », affirme Patrick Buisson. « Ces propos, je n’ai pas eu besoin de les enregistrer: il les racontait très volontiers, et à d’autres que moi. C’était l’un de ses faits d’armes, son Waterloo. »

« On était dans l’agitation, la mise en scène » Continuer la lecture de Patrick Buisson: Sarkozy et Hollande se sont deux frères jumeaux, deux présidents-selfies

Ce que contient vraiment le livre de Patrick Buisson

Saïd Mahrane a lu « La Cause du peuple ». Ce n’est pas qu’un florilège de petites phrases mais l’histoire d’une alliance impossible entre l’auteur et Sarkozy.

La Cause du peuple de Patrick Buisson est d’abord l’histoire d’une phénoménale duperie. Qui pouvait croire que Nicolas Sarkozy et son conseiller, le premier, étaient en totale harmonie ? Sarkozy, maurrassien ? Jamais. Tout juste un suiveur tâtonnant. Buisson, un pragmatique libéral ? Au plus, un tacticien au sang-froid qui s’en remet toujours au coup d’après. Les convictions de Buisson sont aussi solidement ancrées dans son être que la spontanéité émotionnelle l’est chez Sarkozy. Ils se sont donc menti pour le meilleur et pour le pire.

Cette histoire est celle de deux « amis » qui n’ont, en réalité, jamais « fait couple », en dépit des succès, des échecs et des déclarations d’amour (« Je t’aime, mon Patrick ! ») La lecture du pavé buissonien laisse pantois : durant cinq ans, soit les années qui nous importent le plus, la France fut dirigée par un binôme aux intérêts divergents, aux représentations du monde diamétralement opposées. On relate ici la version de l’ancien journaliste de Minute, et seulement. Version, disons-le, qui se rapproche, s’agissant de l’organisation des réunions et des comportements de chacun, de ce que nous rapportaient jadis des témoins de premier ordre.

Buisson n’était en fait pas un gourou, tout au plus un « soutien psychologique », doué quand il s’agit de requinquer son interlocuteur et de lui fournir une ligne directrice – bien souvent amendée. « Une boussole », « un capteur », tel qu’il se définit, muni d’une « baguette de sourcier ». Son ancien employeur, qui fut aussi le chef des armées ? Un homme serait gouverné par ses seules humeurs, ses pulsions, ses envies, son affect. L’instant, pour Sarkozy, compterait plus que tout et, s’il faut convoquer l’histoire, Jeanne d’Arc et Péguy, c’est toujours pour mieux servir cet instant présent.

La mission de Buisson

Patrick Buisson pensait pourtant tenir, en la personne du candidat UMP, le parfait véhicule politique de ses idées, lesquelles vont chercher dans le tréfonds de l’histoire ; Nicolas Sarkozy s’imaginait, quant à lui, travailler avec un simple communicant des idées, meilleur que les autres, un peu illuminé, au pedigree bien français, qui, en outre, parle bien et serait pour lui un formidable « logiciel électoral ». Ils ont feint, l’un comme l’autre, d’être tels qu’ils auraient aimé se voir, jusqu’à la rupture de 2014. Mais soyons précis : si l’existence des enregistrements cachés de Buisson n’avait pas été révélée, les deux hommes travailleraient encore ensemble…

Dans ce livre au titre sartrien, on découvre qu’un monde les sépare. Ils ne parlent pas la même langue. Leurs dieux n’ont pas la même expression. Leurs natures sont différentes. Idem pour leurs ambitions (se faire élire, et seulement élire, pour l’un ; réveiller l’âme des morts qui ont fait la France, pour l’autre). La Cause du peuple, dont les médias ont principalement retenu les phrases vachardes à l’encontre de Jacques Chirac, François Fillon, François Baroin et d’autres, est un pur livre de doctrine politique. Le sondeur y reprend à son compte le terme de « France périphérique » – qu’il ethnicise à outrance – pour signifier à chacun que le peuple qui fait l’élection vit non à Paris, mais dans ces petites villes et ces zones rurales, où la mondialisation impose toujours le pire. Le pire étant, selon Buisson, le multiculturalisme entraînant une insécurité identitaire et, du même coup, un vote FN.

« Le temps était aux entrepreneurs en démolition qui (…) liaient la dissolution du fait français dans la globalisation, l’Europe ou le multiculturalisme à l’avénement de cette humanité mondialisée que promettait une religion du progrès pourtant à l’agonie ». Mission de celui qui se voulait l’interprète attitré de « cette France des gueux et des manants » ? « M’efforcer de restituer un état civil à des idées qu’ils [les experts en démolition, NDLR] croyaient avoir été bannies pour l’éternité des plus hautes sphères du pouvoir ».

La « ploucophobie » de Carla

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