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Sauver l’euro : une politique « criminelle » selon un prix Nobel d’économie

Pour les prix Nobel Joseph Stiglitz (photo) et Paul Krugman, la politique économique menée par les dirigeants européens rend la récession inévitable. De ce constat, le chroniqueur de Marianne 2 Roland Hureaux tire deux conclusions : le cycle de récession dans lequel s’est engagée l’Europe inquiète tous ses partenaires. De plus, les psychologies des peuples de la zone euro sont trop différentes pour que la réussite économique de l’Europe soit assurée.

« Criminelle », rien de moins : c’est ainsi que Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, qualifie la politique actuelle de l’Europe visant à sauver l’euro et basée sur toujours plus de rigueur : politique d’Angela Merkel comme de François Hollande, malgré les velléités de politique de croissance de ce dernier, politique de Draghi, de van Rompouy et de Barroso. Le raisonnement est clair : les politiques menées par l’Europe – et particulièrement celles qui sont imposées aux pays faibles – ne peuvent qu’entraîner l’Europe dans la récession : « Les conséquences de cette précipitation de l’Europe vers l’austérité seront durables et probablement sévères. Si l’euro survit, ce sera au prix d’un chômage élevé et d’une énorme souffrance, notamment dans les pays en crise. »

Il ajoute que « la souffrance que l’Europe, notamment celle des jeunes et des pauvres, est en train de subir, n’est pas nécessaire ». « C’est ainsi que le plus grand atout d’une société, son capital humain, est en train d’être gaspillé voire anéanti. » « Il n’est aucun exemple d’une grande économie – et celle d’Europe est la plus grande au monde – qui se redresse grâce à l’austérité. » C’est ainsi que l’illustre économiste va jusqu’à dire que « l’obstination de ses dirigeants dans l’ignorance des leçons du passé est criminelle ».

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De quoi l’Europe souffre-t-elle ? par le prix Nobel Paul Krugman

Voilà un article du Prix Nobel d’économie de 2008 Paul Krugman pour la RTBF info que vous ne lirez peut-être jamais dans la presse française. C’est donc une tribune à lire avec la plus grande attention, car hormis Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Jacques Rosa, Jacques Sapir, gerard Lafay ou feu Maurice Allais, personne en France n’ose tenir ce discours. On aimerait d’ailleurs que François Lenglet le petit télégraphiste de l’UMP/PS si sourcilleux sur les mesures techniques du programme de ses invités dans le cadre de l’émission « Des paroles et des actes » prenne deux minutes pour lire un prix Nobel… peut-être qu’il gagnerait en courage et que sa duplicité ne serait plus qu’un mauvais souvenir.

( Attention: Quand Paul Krugman parle de républicain, ce sont ceux que l’on désigne comme étant des libéraux en France)

la création de l’euro a engendré un faux sentiment de sécurité parmi les investisseurs privés, libérant de gigantesques mouvements de capitaux non durables dans les pays émergents de l’Europe. En conséquence de ces mouvements, les coûts et les prix ont augmenté, l’industrie est devenue non compétitive et les pays qui avaient un commerce à peu près équilibré en 1999 se sont alors mis à accumuler d’importants déficits commerciaux. Puis la musique s’est arrêtée.

Si les pays en développement avaient encore leur propre monnaie, ils pourraient et ils utiliseraient la dévaluation pour retrouver rapidement la compétitivité.

Lisbonne, Portugal – Ici, tout va très mal puisque le taux de chômage dépasse les 13 %. C’est encore pire en Grèce, en Irlande et d’une certaine façon en Espagne et l’Europe toute entière semble glisser vers une nouvelle récession.

Pourquoi l’Europe est-elle devenue le malade de l’économie mondiale ? Tout le monde connaît la réponse. Malheureusement, la majeure partie de ce que les gens savent n’est pas la vérité – notre discours économique est plein d’histoires fausses quant aux maux dont souffre l’Europe.

Si on lit un éditorial à propos de l’Europe – ou, comme trop souvent, un article censément factuel – on y rencontrera très certainement l’un des deux récits que je me représente comme le récit républicain et le récit allemand. Aucune de ces deux histoires ne colle à la réalité.

Le récit républicain – et c’est l’un des thèmes centraux de la campagne de Mitt Romney – veut que l’Europe ait des problèmes car elle en a trop fait pour aider les pauvres et les moins chanceux, et que nous assistons aux derniers souffles de l’état Providence. D’ailleurs, cette histoire est une histoire révérée par les républicains depuis très longtemps : en 1991, lorsque la Suède souffrait d’une crise bancaire causée par les dérèglements (ça vous rappelle quelque chose ?), le Cato Institute a publié un rapport triomphant démontrant que c’était l’échec du modèle de l’état Providence.

Ai-je mentionné le fait que la Suède, qui possède toujours un état Providence très généreux, est aujourd’hui un pays ultra performant, avec une croissance économique plus rapide qu’aucun autre pays développé ?

D’ailleurs, faisons cela de manière systématique. Regardons les 15 pays européens qui utilisent l’euro (laissons Malte et Chypre de côté) et classons-les selon le pourcentage de leur PIB qu’ils ont dépensé pour des programmes sociaux avant la crise. Est-ce que les pays GIPEI (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie) se démarquent par leur état Providence particulièrement clément ? Pas du tout ; seule l’Italie était dans les cinq premiers et même à ce niveau-là, son état Providence était plus faible que celui de l’Allemagne. Des états Providence excessivement généreux ne sont donc pas la cause des problèmes.
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Pour le prix Nobel Paul Krugman le système euro est voué à l’échec

Dans une tribune publiée aujourd’hui dans le New York Times, Paul Krugman se moque de nos intelligents qui, de plateaux télé en réunion de la dernière chance, se ridiculisent de plus en plus.
Le prix Nobel considère que l’euro est une ineptie économique et financière. Il n’est pas le premier à le dire, l’économiste et prix Nobel Maurice Allais l’avait souligné il y a bien longtemps déjà. Mais ce dernier était libéral, en faveur du protectionnisme et contre l’immigration… pas vraiment le profil qui peut plaire à la caste qui monopolise les débats depuis 30 ans dans l’hexagone.

Paul Krugman partage l’analyse de Dupont-Aignan et de Marine Le Pen; pour lui les statuts qui régissent la banque centrale européenne sont une aberration et la situation actuelle de l’Italie risque bien de faire s’effondrer tout ce château de carte idéologique.

La triste vérité est que le système euro semble de plus en plus voué à l’échec. Et une vérité encore plus triste est que vu comme le système se comporte, l’Europe se porterait sans doute mieux s’il s’écroulait plutôt aujourd’hui que demain.

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