Archives par mot-clé : Philippe Herlin

PHILIPPE HERLIN : “TERRORISME : TOUT VA SE JOUER EN FRANCE !”

Philippe Herlin est docteur en économie. Il a publié de nombreux ouvrages sur la dette ou l’uberisation des banques. Dans un domaine où on le l’attendait pas forcément, il rédige un essai décapant intitulé :”J’étais pas au courant que c’était des terroristes !”. Dès le départ, l’auteur focalise l’attention du lecteur sur le propriétaire de l’appartement où se sont retranchés les terroristes du Bataclan et du Stade de France : Jawad Bendaoud. L’attitude de Bendaoud devant les caméras est emblématique d’un Islam qui justifie le mensonge par la Taqiya. Dans sa critique de l’Islam, Philippe Herlin évoque prioritairement la Taqiya mais aussi un corps de pensée figé dans le passé et qui s’exprime en contradiction totale avec celui des sociétés démocratiques. L’auteur, appelant à la rescousse Alexandre del Valle, Maurice G. Dantec, Jean Baudrillard et beaucoup d’autres affirment que l’Islam est un nouveau totalitarisme.

Non, la situation de la Grèce ne s’améliore pas !

Ces jours-ci les médias reprennent en boucle l’idée que la situation de la Grèce s’améliore car, figurez-vous, elle a dégagé un excédent budgétaire primaire (c’est-à-dire que sans compter les intérêts de la dette, le budget de l’Etat est en excédent). La France n’y arrive pas, la Grèce si, formidable. Cette fois c’est sûr, pour l’Europe la crise est finie et la reprise est là, puisque même la Grèce s’en sort ! C’est ce que l’on peut croire si on se limite au titre de cette dépêche Reuters reprise sur le NouvelObs. Mais il faut la lire jusqu’au bout… Seul, à notre connaissance, L’Agefi dénonce cette mascarade : « La Commission européenne s’est livrée mercredi à des contorsions statistiques pour permettre à Athènes d’afficher un excédent primaire. Il faut dire que l’an dernier encore, les aides au secteur financier ont miné les comptes grecs. Le déficit grec passe ainsi de 12,7% à 3,2% quand on lui soustrait l’effort consenti pour les banques, et à un excédent de 0,8% une fois déduits quelques autres «éléments particuliers» et les intérêts de la dette. »

Bien sûr, si on fait abstraction du secteur bancaire, les choses vont mieux ! C’est tout simplement grotesque. Qu’en est-il en réalité ? Le déficit budgétaire passe de 8,9% du PIB en 2012 à 12,7% du PIB en 2013, tandis que la dette publique passe de 157,2% du PIB en 2012 à 175,1% du PIB en 2013. Autrement dit, la situation de la Grèce se détériore de façon accélérée entre 2012 et 2013 et rendra inévitable une nouvelle restructuration de sa dette, ce qui impliquera encore des charges financières pour les autres pays de la zone euro. Mais cela il ne faut surtout pas le dire avant les élections européennes du 25 mai, ça risquerait de profiter aux eurosceptiques. Alors l’UE lance un plan comm en manipulant les chiffres. Pitoyable.

Philippe Herlin

SCOOP : le nombre d’adhérents de l’UMP divisé par trois !

Philippe Herlin, économiste libéral et membre de l’UMP.

Il circule sur le Net une petite news du Parisien nous expliquant que Jean-François Copé se félicite de l’augmentation du nombre d’adhérents de l’UMP, « avec 2.600 nouveaux adhérents en une semaine », et certains médias la reprennent sous cette forme sans se poser de questions. Incidemment, mais sans en tirer toutes les conséquences, cette dépêche de RTL.fr fait un rappel bien utile qui permet de remettre les choses en perspective : l’UMP comptait 251.000 adhérents fin 2013 contre seulement 88.000 aujourd’hui, soit une division par trois ! Ce résultat catastrophique est en ligne avec un taux de réadhésion de 30% annoncé par Le Point en juin 2013. Pour sa part, Paris Match signalait, en juillet 2013, les « drôles de calcul de Copé » qui continuait de comptabiliser les adhérents n’ayant pas renouvelé leur carte… En réalité, cette annonce bidon, ce storytelling à deux balles, cette autocongratulation de M. Copé sert à remettre discrètement les compteurs à zéro, ou presque, et à fixer le chiffre de 88.000 comme nombre d’adhérents, en espérant qu’il monte à l’avenir. L’UMP a désormais à peine plus d’adhérents que le Front National, une splendide performance à porter au crédit de son président.

L’UMP doit lever l’interdiction des alliances locales avec le FN

Après le premier tour des élections municipales, tous les commentateurs ont convenu de la baisse du PS, du bon résultat du l’UMP et de la poussée du FN. Effectivement, mais il faut insister sur les deux derniers points : l’UMP (tout comme l’UDI) ne réalise pas de véritable percée, aucun « nouveau nom » n’apparaît au soir de cette élection et cette formation est incapable d’inquiéter la gauche, pourtant en recul, à Paris, Lyon ou Lille. La performance c’est le FN qui la réalise en multipliant ses scores par deux ou trois par rapport aux municipales précédentes et en réussissant des cartons dans de nombreuses villes (Hénin-Beaumont, Béziers, Fréjus, Forbach, Tarascon, Perpignan, Avignon, etc.). Lorsque le FN présente une personnalité connue (Florian Philippot, Louis Aliot, Gilbert Collard, Robert Ménard) ou bien implantée (Steeve Briois, David Rachline à Fréjus, Valérie Laupies à Tarascon), le candidat UMP est balayé de la même façon que celui du PS. Il faut se rendre à l’évidence : le Front National constitue l’élément le plus dynamique de la droite.

Dans ce cadre, l’interdiction par l’UMP de toute alliance locale avec le FN est stupide car elle coupe en deux de façon artificielle l’électorat de droite ; un électorat qui, lui, y est favorable selon tous les sondages récents, dont le dernier en date. Elle empêche de donner un grand coup de balai à la gauche municipale. Elle traduit un mépris pour les électeurs FN que ceux-ci font payer au deuxième tour lors d’un duel PS/UMP (par exemple Hollande-Sarkozy…). Elle est incompréhensible car au niveau local les différences de programme entre UMP et FN sont faibles, et en réalité convergent autour des thèmes de l’insécurité et de la baisse des impôts.

Et cela n’empêcherait en rien de refuser tout accord au niveau national, tant il est vrai que les différences sur les programmes économiques demeurent irréconciliables, nous sommes bien d’accord.

Ce refus d’alliances locales est aussi dangereux car ce premier tour montre l’émergence Continuer la lecture de L’UMP doit lever l’interdiction des alliances locales avec le FN

Menaces sur les comptes bancaires, suite : vers des faillites préventives ?

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Membre de l’équipe rédactionnelle de Goldbroker.com

Nous avions évoqué il y a un mois dans cet article les menaces pesant sur les comptes bancaires après les prises de position inquiétantes de l’Union européenne, du FMI et du Comité de Bâle, l’instance chargée d’élaborer les normes prudentielles pour les banques. Voici un nouvel élément à verser au dossier : la déclaration de la française Danièle Nouy, présidente du mécanisme de supervision bancaire européen (placé sous l’autorité de la BCE), chargé d’effectuer les stress-tests bancaires dans le courant de cette année et dont les résultats seront annoncés en novembre.

Oui bien sûr, les stress-tests bancaires réalisés jusqu’ici par l’Union européenne n’ont été qu’une vaste blague, les banques irlandaises et Dexia les avaient brillamment passés peu de temps avant de se déclarer en faillite. Mais cette fois le ton a l’air de changer. Dans une interview au Financial Times sur la santé du système bancaire européen, Danièle Nouy affirme en effet tranquillement : « Nous devons admettre que certaines banques n’ont pas d’avenir ». Tout simplement. Elle ajoute ensuite qu’elle ne croit pas à des fusions de banques bien portantes avec d’autres plus fragiles, et qu’il faudra donc procéder à la faillite organisée de ces établissements.

Le message a le mérite d’être clair. Ces paroles martiales indiqueraient-elles un changement de point de vue du superviseur bancaire ?

Formulons une hypothèse : les stress-tests bancaires seraient cette fois utilisés pour détecter les banques les plus malades et les déclarer en faillite avant même qu’elles puissent le faire elles-mêmes et ainsi alerter les déposants et propager la panique.

D’autant que, comme nous l’avions dit, une autre personnalité éminente (Sabine Lautenschläger, vice-présidente de la Bundesbank et candidate au directoire de la BCE), a récemment déclaré que la zone euro devait être capable de définir en l’espace d’un week-end un plan de restructuration d’une banque en péril. Ainsi, avant même que les difficultés d’une banque soient vraiment connues et médiatisées, la faillite serait prononcée par le superviseur bancaire, et les comptes des déposants ponctionnés, le tout en 48 heures, conformément au nouveau mode de règlement des crises bancaires que fait avancer l’Union européenne. Ce serait en quelque sorte la « faillite préventive » (comme George Busch avait ses « guerres préventives »).

Ce changement de ton explique-t-il l’agitation qui règne en ce moment en Italie ? Comme s’il fallait Continuer la lecture de Menaces sur les comptes bancaires, suite : vers des faillites préventives ?

LTRO = QE, ou comment la BCE fait en réalité la même politique que la Fed

ar Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

On lit régulièrement dans la presse, ou en entend de la part de responsables du monde bancaire ou politique, que la BCE ne rachète pas d’obligations souveraines contrairement à la Fed, sous-entendu « nous les Européens nous sommes plus vertueux que les Américains ». C’est totalement faux.

La BCE finance une partie de la dette des Etats, comme la Fed, mais elle utilise une voie détournée : les banques. La BCE n’acquière pas directement de la dette étatique, effectivement, mais elle prête de grande quantité d’argent aux banques qui ensuite achètent de la dette de leur Etat. Ce qui revient exactement au même.

En avril dernier, l’Etat slovène devait absolument émettre 1,1 milliards d’euros pour se financer. Personne ne veut de ce papier vu la situation catastrophique du pays, les créances douteuses équivalent à 20% du PIB, le système bancaire est donc virtuellement en faillite. Qu’à cela ne tienne, la BCE prête ce 1,1 milliard aux banques slovènes qui s’empressent de souscrire à l’émission de dette de leur pays ! Quelle différence avec la Fed qui achète directement la dette de l’Etat fédéral ? Aucune. Et continuons : Continuer la lecture de LTRO = QE, ou comment la BCE fait en réalité la même politique que la Fed

Après les élections allemandes, le retour de la crise de la zone euro ?

Après les élections allemandes, le retour de la crise de la zone euro ?

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

Dans l’attente des élections nationales allemandes, il ne fallait pas parler des problèmes de la zone euro. Angela Merkel ne veut surtout pas perdre des voix en évoquant ce sujet. Son ministre des finances a avoué malencontreusement au cours de la campagne qu’il faudrait encore aider la Grèce, mais de seulement 10 milliards d’euros, pas de quoi s’inquiéter.

692388Mais dimanche cette comédie va prendre fin. Non, la Grèce n’aura pas besoin de seulement 10 milliards d’euro mais de beaucoup plus. Le pays s’enfonce dans la crise, il ne pourra pas rembourser sa dette et c’est vers un nouveau plan de restructuration qu’il va falloir s’acheminer. Et ce sera encore plus compliqué que la fois précédente car c’est désormais la Banque Centrale Européenne qui détient une grande partie de cette dette, il faudra donc aussi la renflouer pour éviter qu’elle ne brûle tous ses fonds propres. Le reste est détenu par les fonds d’aide (FESF, MES) garantis par les Etats européens, et il leur faudra également remettre de l’argent dans ces structures.

Il y a aussi le Portugal qui ne s’en sort pas non plus et ne pourra pas rembourser les 78 milliards d’aide apportés par l’Union européenne et le FMI en mai 2011. Le taux à dix ans dépasse les 7%, la situation n’est pas soutenable. La encore la restructuration va Continuer la lecture de Après les élections allemandes, le retour de la crise de la zone euro ?

Et si la planche à billets repartait de plus belle ? (Philippe Herlin)

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

Le sentiment général penche vers une diminution de la « planche à billets » des grandes banques centrales occidentales, et il s’appuie sur les déclarations officielles de la Fed qui envisage de réduire son Quantitative easing (QE). Pour l’instant ce n’est qu’une hypothèse, évoquée par son président Ben Bernanke, mais elle a suffit à perturber les marchés, notamment avec le rapatriement de capitaux des pays émergents, ce qui entraine une baisse importante de leurs devises. Quoi qu’il en soit, chacun convient que la banque centrale américaine ne peut pas continuer à injecter 85 milliards de dollars créés ex nihilo tous les mois dans l’économie.

Mais ce sentiment a aussi produit un autre effet, la remontée des taux longs, aux Etats-Unis et en Europe. Le taux à 10 ans américain frôle les 3%, et celui de l’Allemagne les 2%. Rien de grave, mais il ne faudrait pas que cette hausse se prolonge car le poids de la dette deviendrait littéralement écrasant pour le budget fédéral américain. Il y a par contre un effet qui n’a pas été atteint par ce Quantitative easing, c’est une vraie reprise économique, même si le gouvernement et la Fed tentent d’en vendre l’idée, le « sentiment » justement.

A partir de ce constat inquiétant, quelle est la marge de manœuvre de la Fed ? Baisser Continuer la lecture de Et si la planche à billets repartait de plus belle ? (Philippe Herlin)

L’or retrouve tranquillement son éclat

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

Quelle bande de sacrés farceurs chez Goldman Sachs ! Au mois d’avril, la banque d’affaires conseillait à ses clients de vendre leur or et elle prévoyait une baisse importante de son cours. Effectivement, dans les semaines qui suivirent, le cours de l’once d’or reculait. Ceux qui avaient suivi ses conseils étaient alors persuadés d’avoir réalisé une bonne opération.

130427orCependant le cours de l’or semble avoir touché un plus bas fin juin à 1200 dollars l’once, et il remonte régulièrement depuis, pour atteindre les 1400 dollars actuellement. Les inquiétudes croissantes sur la plupart des marchés (émergents, obligataires, actions), sans même parler de la Syrie, constituent bien sûr un contexte favorable. Et comme les planches à billets des banques centrales continuent à tourner de par le monde (la Fed ne sait pas comment sortir de son QE), on peut être très confiant à moyen et à long terme.

Ceux qui ont vendu juste après l’avis émis par Goldman Sachs doivent maintenant se dire qu’ils ont agit un peu trop rapidement. Effectivement. Mais le pire c’est que, selon Zero Hedge, la banque s’est mise, au même moment, à acheter de l’or ! A partir du mois d’avril, « The Firm » a ramassé quantité d’ETF-or pour en devenir le 7e plus grand détenteur au monde. Elle se met ainsi en position de largement profiter de la hausse future.

Il est vrai que ces pauvres client dupés auraient du creuser un peu la question, ils se seraient alors rendus compte que la baisse des cours était provoquée par des ventes d’or-papier en blocs, comme s’il fallait « casser » le marché, mais que les ventes d’or physique ont toujours continué à progresser. Il ne fallait pas s’inquiéter de cette faiblesse des cours. Goldman Sachs a bien joué, sur le dos de ses clients, et ceux qui ont conservé leur or, ou en ont profité pour se renforcer (il est encore temps), également.

Durant le premier semestre, la Fed et les autorités économiques nous vendaient une reprise économique vigoureuse, et dans ce cadre la baisse de l’or s’avérait être un indicateur flagrant du retour de la confiance, quitte à ce qu’elle soit un peu provoquée en sous-main. Mais le 20 juin, l’annonce de l’éventuelle fin du Quantitative easing par la Fed fait chuter le Dow Jones. Depuis l’indice phare évolue en dents de scie, l’hésitation domine. Dans le même temps les marchés émergents ont perdu leur attrait, et chacun s’interroge sur la bulle obligataire. La Fed a d’autres chats à fouetter, d’autres dossiers chauds à gérer (y compris la succession de son président), et l’or se remet à remonter, tranquillement.

La baisse significative de l’or durant le premier semestre de cette année n’apparaîtra sans doute bientôt que comme une péripétie, une pause. Son cours s’est mis à monter à partir de 2002 quand la Fed a commencé sa politique laxiste, désormais les grandes banques centrales sont coincées avec leurs planches à billets, la « reprise » n’arrivant pas. L’or continuera en conséquence à progresser, tranquillement et assurément.

 

Vive la révolte fiscale !

Intervention de Philippe Herlin le jeudi 29 août à l’université d’été du Medef. La question qui m’est posée à cette table ronde est : La France, un pays en faillite ? Oui ou non ?

La France est-elle un pays en faillite ? La réponse est non. Aujourd’hui l’Etat se finance sans problème sur les marchés.

Mais derrière la question, on comprend l’inquiétude. La France pourrait-elle faire faillite ? La réponse est oui, malheureusement.

Cependant il faut bien s’entendre sur les termes. Un Etat ne fait pas faillite, il fait défaut.
On n’a jamais vu un Etat disparaître, comme une entreprise, parce qu’il ne pouvait pas payer sa dette. Un Etat fait défaut, c’est-à-dire il annonce à ses créanciers qu’il ne peut pas les payer. Et comme il détient le monopole de la force légale, personne ne peut l’y obliger. Nous avons de nombreux exemples historiques de ce genre d’événements.

Une nouveauté de notre situation économique actuelle est que cette possibilité n’est plus réservée aux Etats. Elle concerne aussi les grandes banques, que l’on nomme justement « too big to fail », « trop grosses pour faire faillite ». La BNP ne peut pas faire faillite, sinon l’économie française s’écroule. Son bilan se monte à 2.000 milliards d’euros, c’est le même chiffre que le PIB de la France (même si on compare un stock et un flux). Les chiffres sont équivalents pour le Crédit Agricole et la Société Générale. Et cette situation n’est pas saine du tout. Pour la décrire, Adam Smith, l’auteur de La Richesse des nations, a créé le terme d’aléa moral.

En l’occurrence, les dirigeants de ces banques sont incités à prendre des risques, et à augmenter les bénéfices, donc leur bonus, sachant qu’en cas de crise grave, la banque sera sauvée par l’Etat.
Et on se retrouve ainsi avec des banques de plus en plus grosses, et avec des risques qui Continuer la lecture de Vive la révolte fiscale !

Un nouveau danger pour les banques : la remontée des taux

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

Les banques du Japon, de la zone euro et des Etats-Unis détiennent d’importants portefeuilles d’obligations souveraines. Cet encours représente 20% du PIB au Japon, 18% en zone euro, 12% aux Etats-Unis. Pourtant il n’est aucunement dans les missions des banques d’acquérir des obligations souveraines, alors pourquoi le font-elles ? Essentiellement parce que ça arrange les Etats. Ils doivent financer leur déficit, il leur faut donc trouver des acheteurs, si possible locaux, que l’on connaît et sur lesquels on peut exercer une certaine influence.

1307630792_la_bourse_de_tokyo_clot_sur_un_plongeon_de_515

Comment ? Par exemple, les normes prudentielles négociées à Bâle stipulent que lorsqu’une banque fait un prêt à une entreprise, elle doit garder des liquidités en sécurité. Par contre elle n’a aucunement besoin de geler du cash si elle achète une obligation souveraine d’un grand pays bien noté ! Donc si ce placement rapporte autant que le crédit à l’économie, pourquoi se fatiguer ?

D’une façon générale, les grands Etats endettés ont développé des relations que l’ont peut qualifier d’incestueuses avec leurs grandes banques. Beaucoup ont été sauvées de la faillite lors de la crise de 2008, depuis les Etats les convainquent facilement de participer au renflouement de leurs comptes…

On est ici en plein dans un mécanisme autoentretenu en circuit fermé, autrement dit bullaire. La bulle obligataire n’est pas une vue de l’esprit. Tout pourrait continuer longtemps de cette manière si les taux ne se mettaient pas à remonter. Or précisément, on assiste depuis avril 2013 à une hausse généralisée des taux, pas seulement dans les pays en difficulté mais aussi en Allemagne ou aux Etats-Unis. Les raisons de cette remontée sont multiples, les politiques monétaires expansionnistes finissent par générer des anticipations de hausse de l’inflation, la persistance de la crise augmente la prime de risque, la « reprise » annoncée mais qui n’arrive pas contribuant à ce climat délétère. Et, on le sait, une remontée des taux fait baisser la valeur du portefeuille obligataire, ce qui se traduit par des moins values en capital qui réduisent les fonds propres des banques.

La banque Natixis a calculé ce que cela impliquerait sur le bilan des banques. Une hausse Continuer la lecture de Un nouveau danger pour les banques : la remontée des taux

Que vaut l’accord européen sur le sauvetage des banques ? (Ph. Herlin)

Article d’Atlantico via Olivier Demeulenaere

Atlantico : Les ministres des finances européens sont parvenus à un compromis dans la nuit de mercredi à jeudi 27 juin, acceptant des règles pour renflouer ou liquider les banques en épargnant les contribuables. Après plus de six heures de discussions, un accord a finalement été trouvé sur le degré de flexibilité laissé à chaque Etat, qui constituait jusqu’ici un point de blocage. Que faut-il en penser ?

Philippe Herlin : Il s’agit d’un accord en trompe l’œil. Comment fonctionne-t-il ? Les pertes seront d’abord supportées par les créanciers et les actionnaires à hauteur de 8% minimum du passif des banques. Autrement dit, pour une banque dont le passif est de 100 milliards d’euros, créanciers et actionnaires se verront imposer au moins 8 milliards d’euros de pertes. Une fois cette condition remplie pourra intervenir des fonds d’aide européens de type MES, ce deuxième niveau d’intervention ne pourra pas dépasser 5% du passif de la banque. Calculons : 8 plus 5 font 13. C’est tout.

bank

Mais si une banque se trouve en situation de faillite, la perte sera nettement supérieur à 13% du passif ! Donc les déposants paieront. On nous dit que seuls les compte de plus de 100.000 euros seront sollicités. Il faut bien comprendre que ce chiffre n’a aucun sens : pour un particulier il est élevé, et de fait la plupart des gens se croient à l’abri. Mais pour une entreprise ou une PME ce seuil est très bas, et en conséquence ponctionner les comptes de plus de 100.000 euros revient à voler la trésorerie des entreprises, et donc à provoquer une récession, on le voit à Chypre. Par ailleurs, annoncer une limite de 100.000 euros va inciter les particuliers et les entreprises à ouvrir plusieurs comptes de façon à passer sous ce seuil, il n’y aura ainsi plus beaucoup de comptes supérieurs à cette somme ! Il faudra donc « taper » dans les comptes situés en dessous.

De toute façon il faut bien comprendre que si les comptes de moins de 100.000 euros ont été protégés à Chypre c’est uniquement parce que l’Europe et le FMI ont apporté 15 milliards d’euros d’aide. Mais pour un pays comme l’Espagne ou la France il faudrait une somme bien supérieure que personne ne pourrait apporter, résultat tous les comptes seraient ponctionnés !

Une note de l’analyste financier Steven Englander (Citi FX) a souligné que depuis début mai, les gains de banques européennes par rapports aux banques américaines étaient en baisse. Les banques européennes se portent-elles plus mal que les banques américaines ? Continuer la lecture de Que vaut l’accord européen sur le sauvetage des banques ? (Ph. Herlin)

France : les déficits publics deviennent hors de contrôle

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

6a01053544d24f970c017c33b8c7b7970b-800wi

La France est en train de perdre pied, elle vient de basculer de l’autre côté de la courbe de Laffer : les augmentations d’impôts non seulement ne rapportent rien, mais on constate même une baisse des rentrées fiscales. L’économiste américain Arthur Laffer (né en 1940) est devenu célèbre pour avoir modélisé ce phénomène : lorsque les impôts et les taxes sont déjà élevés, leur augmentation conduit à une baisse des recettes fiscales parce que les agents économiques surtaxés sont incités à moins travailler (ou à augmenter leur recours au travail au noir). Illustration concrète, les 30 milliards de taxes et impôts votées par le gouvernement de François Hollande n’ont servi à rien, on n’en voit pas trace ! Si l’impôt sur le revenu progresse un peu, les recettes de TVA baissent, de même les taxes sur l’essence et l’impôt sur les sociétés. Au final les recettes fiscales s’affichent en retrait par rapport à l’année précédente.

Le pire c’est que le ministère des finances ne s’explique pas cette déconvenue car selon Continuer la lecture de France : les déficits publics deviennent hors de contrôle