Archives par mot-clé : Philippe Martel

Renaud Camus: Non, le Grand Remplacement n’est pas une « vision complotiste » !

Marine Le Pen, dans une interview au JDD parue ce dimanche, estime que « le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste ». Fait-elle, selon vous, une interprétation erronée de votre analyse ?

Totalement erronée, en l’occurrence ; et ce n’est pas « selon moi », parce que mon analyse, je la connais, et il n’y est nulle part question du moindre complot. J’ai beaucoup de respect pour Marine Le Pen, j’admire son courage, sa détermination, son patriotisme et son sens politique mais, sur ce point particulier, c’est son sens politique qui lui joue des tours. Elle aura voulu, j’imagine, par prudence, ne pas paraître assumer un syntagme, Grand Remplacement, dont elle a craint qu’il ne parût trop radical. Hélas, ce n’est pas l’expression Grand Remplacement qui est radicale, c’est la sinistre réalité de ce qu’elle désigne. Le Grand Remplacement n’est pas une théorie, ce n’est pas un concept, à peine une notion, moins encore un fantasme, comme dit la presse remplaciste, ou une « vision complotiste ». Plût au ciel que ce fût tout cela, et rien d’autre ! C’est ce que nos yeux constatent tous les jours et que les sociologues de cour s’acharnent à nier : le simple fait que dans nos rues, nos rames de métro, nos écoles, nos écoles maternelles et nos maternités surtout, sur des pans entiers du territoire, il y avait un peuple et que, à sa place, il y en a un ou plusieurs autres.

Accuser tel ou tel d’entretenir une « théorie du complot » ou une « vision complotiste », c’est un vieux procédé rhétorique de journalistes qui ne connaissent pas leur dossier pour déconsidérer des thèses qu’ils veulent étouffer. Je regrette de voir Marine Le Pen y avoir recours, comme si elle voulait se concilier les remplacistes : une tâche impossible. Je n’ai jamais parlé de complot. On me reproche au contraire, en général, d’être flou sur les causes du Grand Remplacement. Et là c’est moi qui suis prudent, car j’essaie d’unir, pas de diviser. En fait je crois à un faisceau convergent d’intérêts et d’interdits qui, tous, tendent à la fabrique de l’homme remplaçable, interchangeable à merci. Mais si je ne devais nommer qu’une seule cause elle me vaudrait un point Godwin, car je dirais : Hitler. À force d’opérer et de réopérer l’Europe du cancer hitlérien, on lui a enlevé la plupart des organes indispensables à sa survie.

Son directeur de cabinet, Philippe Martel, répondant à Aymeric Caron, a tweeté que « le
grand remplacement n’est pas une théorie, c’est un phénomène démographique ». Cela ne peut pas être les deux choses en même temps ?

Je suis, comme d’habitude, entièrement d’accord avec mon vieil ami Philippe Martel, ou lui avec moi. Parler de « théorie » ne sert qu’à se rassurer. La conquête coloniale de l’Afrique au XIXe siècle, le Grand Dérangement des Acadiens au XVIIIe, l’Occupation de la France par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, ce ne sont pas des théories : ce sont des phénomènes historiques.

Pour contester vos propos, ou ceux qui déplorent les conséquences d’une immigration massive, on cite toujours les statistiques de l’INSEE. Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, estime qu’en terme de « flux récents d’immigration », la France est parmi « les pays occidentaux où les niveaux sont les plus bas ». Qui a tort, qui a raison ?

J’ai eu souvent l’occasion de le dire : sociologie et statistiques sont au remplacisme ce Continuer la lecture de Renaud Camus: Non, le Grand Remplacement n’est pas une « vision complotiste » !

L’ex-chiraquien Michel Bulté soutient le FN à Paris

La vedette du jour, Michel Bulté, tête de liste dans le 19e arrondissement, est placée à la gauche de Wallerand de Saint-Just, chef de file du Front national pour les élections municipales à Paris. Dans le café en face du BHV où le FN a donné rendez-vous pour présenter son programme, jeudi 16 janvier, malgré un gros pilier qui bouche la vue, le show dépote. C’est lui, la « surprise », promise par M. de Saint-Just et éventée par Libération dès le 5 décembre.

Avec sa veste en tweed, sa pochette, son air allègre de « ressuscité », l’ancien adjoint à l’urbanisme de Jean Tiberi répète les formules bien huilées dont il régale la presse depuis quelques jours. « Après mes soucis de santé, raconte cet acteur municipal, j’ai eu le syndrome Good bye Lenin ! », film dans lequel une femme se réveille d’un coma après la chute du Mur de Berlin. « J’ai trouvé une UMP déchirée, décapitée, divisée, une grande lose parade », débite le tonton flingueur.

Michel-Bulte_scalewidth_961Quant à l’UMP qui se présente à Paris avec Nathalie Kosciusko-Morizet, « elle s’adosse sur un centre moribond que j’ai bien connu et qui n’a pas grand chose à proposer ». En 2008, l’ancien et fugace maire du 19e arrondissement, élu sous les couleurs du RPR, avait perdu son siège de conseiller de Paris sur une liste de Marielle de Sarnez, MoDem. (…)

UN ARGUMENTAIRE TOUT PRÊT

Au réveil, donc, illumination et direction le Rassemblement bleu marine (RBM), ou, version Bulté, « Rassemblement bon pour le moral ». L’ancien séguiniste s’est laissé prendre la main par Philippe Martel, ex-collaborateur d’Alain Juppé désormais au FN – Juppé dont il fut colistier aux régionales.

Désormais, il ne désespère pas de rallier à sa cause Jean-Jacques Giannesini, chef de file de l’UMP dans le 19e, qui vient de quitter le logement social qu’il occupait depuis vingt ans : « Je tends la main à l’UMP. C’est une personne de qualité, j’ai travaillé avec lui, oui je souhaite qu’il me rejoigne. » Ainsi va l’ancien trois quarts aile du Biarritz Olympique dans la mêlée.

Philippe Martel (FN) : « Les Français ne savent plus très bien qui ils sont, à quelle identité se rattacher »

Il peut s’en passer, des choses, au cours d’un déjeuner. Un proche d’Alain Juppé peut par exemple se changer, par une recette inattendue, en proche de Marine Le Pen. Présenté à la présidente du Front national par son camarade de promotion à l’ENA, Paul-Marie Coûteaux, Philippe Martel, ex-militant du RPR qui n’avait jamais voté FN, a ainsi décidé de rejoindre le parti d’extrême droite. Lui qui avait dirigé le cabinet du maire de Bordeaux au Quai d’Orsay dirigera désormais celui de la candidate frontiste. […]

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Le Point.fr : Pourquoi cette « conversion » au FN ?

Philippe Martel : Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant, mais bien sûr, il faut rejoindre le Front national. Ça a été une lente évolution. La première chose, c’est la présidentielle de 2002. J’ai voté Chirac, mais j’ai été troublé par les réactions hystériques à l’arrivée de Le Pen au second tour. Le refus du débat, cet anathème jeté sur quelques millions d’électeurs, j’ai trouvé ça profondément antidémocratique. Ensuite, il y a eu chez moi une prise de conscience de ce qu’était en train de devenir l’Europe. Je me suis rendu compte que les institutions européennes telles qu’elles avaient évolué cachaient des politiques économiques ultra-libérales non adaptées au modèle français de tradition colbertiste et de moins en moins adaptées à la mondialisation. En 2005, pour la première fois, j’ai voté non à une question européenne. […]

Pourquoi ne pas agir au sein de l’UMP ?

Il y a des gens qui essayent, comme Henri Guaino ou Jacques Myard. Mais dans une UMP qui, idéologiquement, est complètement « UDFisée », c’est impossible de faire passer ce type d’idées. Avec tous ces présidentiables (bientôt, même Nadine Morano va se sentir pousser des ailes !), je crois de toute façon que l’UMP a vocation à exploser pour revenir à une dualité politique traditionnelle : un parti relevant plutôt de la droite orléaniste, centriste et libérale, et un parti qui relève davantage de la droite bonapartiste, comme le RPR autrefois.

Et Alain Juppé ?

J’ai travaillé longtemps pour lui et n’ai jamais eu à me plaindre, il a été un excellent patron. Ce que je constate simplement sur le plan politique, c’est qu’il a considérablement évolué. À l’époque du traité de Maastricht, il avait hésité, ça ne lui était pas complètement naturel d’être pour. Maintenant, c’est un européiste militant. Je l’ai dit et je le maintiens, il s’est boboïsé. […]

Contestez-vous que le FN soit un parti d’extrême droite ?

Aujourd’hui, ça me paraît aussi excessif et aussi mal placé que de dire que François Hollande est un homme d’extrême gauche ! L’extrémisme se juge aux propositions, pas au ton du discours. Si vous prenez le programme du FN, que vous regardez point par point, vous ne trouvez aucune mesure extrême.

Sortir de l’euro, c’est assez extrême ! Continuer la lecture de Philippe Martel (FN) : « Les Français ne savent plus très bien qui ils sont, à quelle identité se rattacher »

L’ancien collaborateur d’Alain Juppé explique pourquoi il rejoint Marine Le Pen

INTERVIEW – Philippe Martel, 58 ans, haut fonctionnaire, qui fut proche de Juppé et de Chirac, dirige le cabinet de la présidente du FN. Extraits d’un entretien à paraître dans leJDD.

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Comment un énarque qui a milité au RPR en première ligne auprès de Jacques Chirac et d’Alain Juppé rejoint-il Marine Le Pen?

J’ai servi Jacques Chirac à la mairie de Paris, Alain Juppé au RPR puis au Quai d’Orsay. Et même en ces temps de repentance, je ne regrette rien. J’ai d’ailleurs conservé beaucoup d’amis de cette époque, anciens ministres, membres de cabinets ou fonctionnaires. Mes opinions politiques, sauf sur l’Europe, n’ont guère varié. On ne trouvera pas la moindre trace d’antisémitisme ou de racisme en moi, mais je considère que l’immigration est un énorme problème économique, social et culturel. En 1983, Juppé affirmait : « Il faut cesser de culpabiliser ceux qui, de bonne foi, veulent réfléchir au problème de l’immigration et ne pas instruire d’emblée contre eux un procès en sorcellerie. » Trente ans plus tard, je pense mot pour mot la même chose.

Vous vous dites gaulliste et vous adhérez au FN, parti antigaulliste…

Je suis un gaulliste chez Marine Le Pen et je considère que Florian Philippot est bien plus à sa place à Colombey qu’Anne Hidalgo. Je crois aussi que Marine Le?Pen est la mieux placée pour réduire la fracture que la terrible affaire algérienne a créée à droite. Qui parle aujourd’hui de la nation, de la souveraineté? Qui dénonce vraiment les écoutes américaines? Et, à l’inverse, qui nous a fait réintégrer les commandements militaires de l’Otan ? La vérité, c’est que le gaullisme s’est dissous dans l’UMP. Ce regroupement d’ultralibéraux et de colbertistes, de fédéralistes et de souverainistes m’a toujours semblé incohérent. Mettre Philippe Séguin, Alain Madelin, Jacques Myard et Pierre Méhaignerie dans le même parti, ça ne marche pas.

Depuis la révélation par L’Express de votre ralliement au FN, comment réagissent vos amis? Continuer la lecture de L’ancien collaborateur d’Alain Juppé explique pourquoi il rejoint Marine Le Pen

Un ancien chef de cabinet de Juppé rejoint Marine Le Pen

Les énarques n’ont pas toujours eu bonne presse au Front national. Coupables de trop représenter une certaine élite que le parti dénonce. Pourtant, avec l’ascension rapide de Florian Philippot au sein du parti de Marine Le Pen, les choses sont peut-être en train de changer.

Ainsi, selon une information parue dans les colonnes du Point du 18 juillet, le vice-président du FN ne sera plus le seul énarque du parti à la rentrée de septembre. Il sera rejoint, au sein de « l’équipe rapprochée de Marine Le Pen », par Philippe Martel.

Agé de 57 ans, cet énarque a été chef de cabinet… d’Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères de 1993 à 1995. […]

Europe 1