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Industrie : Quand la France perd ses fleurons

La preuve que Montebourg ne sert à rien et que son discours comme l’intitulé de son ministère (ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique) sont de la poudre aux yeux pour les gogos. Avec les socialistes nous nageons en plein délire orwellien: le ministère chargé de sauver l’industrie sert à la détruire ou à la vendre au plus offrant.

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Plusieurs groupes tricolores sont récemment allés chercher leur salut à l’étranger, sans provoquer beaucoup d’émoi du côté des pouvoirs publics…

Alstom lorgné par les Américains , le cimentier Lafarge qui va installer son siège en Suisse, Publicis qui se cherche un double point de chute fiscal à l’étranger pour sceller ses noces avec l’américain Omnicom, PSA Peugeot Citroën qui vient d’accueillir son nouvel actionnaire de référence chinois et jusqu’aux marques de cochonnailles Justin Bridou-Cochonou désormais dans le panier du chinois WH, numéro un mondial du porc : en quelques mois, plusieurs groupes tricolores sont allés chercher, d’une façon ou d’une autre, leur salut à l’étranger.

N’en déplaise au discours ambiant sur le patriotisme économique, ces opérations se sont souvent conclues sans opposition particulière des pouvoirs publics, voire parfois avec des encouragements officiels.

A lire aussi : Alstom dans le viseur de l’américain General Electric

Créé dès 1833 en Ardèche, Lafarge avait jusqu’à présent grandi à coup d’acquisitions à Continuer la lecture de Industrie : Quand la France perd ses fleurons

Marine Le Pen dit-elle vrai sur les pressions de General Motors sur PSA ?

France info s’intéresse à la vérité quand c’est trop tard. ça fait longtemps que Marine Le Pen accuse l’actionnaire Général Motors d’avoir fait perdre l’un des marchés les plus juteux de Peugeot. Nous vous le disions nous même en juillet dernier : Après peugeot, Obama oblige Renault à quitter l’Iran. (+vidéo du représentant CGT)

La France a obtempéré aux injonctions de la firme américaine. Le but pour l’oncle Sam était d’empêcher Peugeot d’être le constructeur de totomobiles favoris des Iraniens. C’est réussi. Aujourd’hui que les rapports avec l’Iran s’améliorent, l’Amérique compte bien se réserver le marché pour elle toute seule, et nous on compte nos chômeurs….

Maintenant que les chinois viennent de mettre la main sur la marque au Lion, il ne faudra pas s’étonner quand demain nos usines partiront en masse au  pays de la muraille de Chine.

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 Alors qu’un groupe chinois entre dans le capital de PSA, la présidente du Front national craint pour l’indépendance du constructeur français. Elle affirme « que quand General Motors est entré dans le capital de PSA, sa première exigence a été de demander d’arrêter de fournir le marché iranien, un débouché considérable pour PSA ». Vrai ou faux ? Réponse ici.

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Vrai

PSA n’a jamais voulu le reconnaître. Il a toujours affirmé que ce sont les sanctions internationales contre l’Iran qui l’ont obligé à stopper les ventes à ce pays. Mais une grande partie de la presse économique et des analystes du secteur confirment que l’américain General Motors a exigé début 2012 que PSA gèle ses ventes à l’Iran, grand ennemi des Etats-Unis.

Pierre Paturel, spécialiste du secteur automobile au cabinet d’études économiques Xerfi rappelle plusieurs éléments troublants. « PSA n’avait aucun intérêt à arrêter les ventes à destination de l’Iran. Il ne faut pas oublier qu’à ce moment là, PSA vendait environ 460.000 voitures à l’Iran. C’était son 2eme marché mondial et cela représentait 800 millions d’euros de chiffre d’affaire, quelque chose d’énorme ». Pierre Paturel ajoute que « comme par hasard, PSA déclare qu’ils vont arrêter de vendre des véhicules à l’Iran pile au moment où General Motors annonce qu’il va effectivement entrer dans le capital de PSA« .

Arrêt brutal

Jusqu’à début 2012, PSA vendait des kits de montage qui étaient assemblés en Iran. Ca représentait l’équivalent de 460.000 véhicules en 2011. L’arrêt des ventes a pénalisé à la fois le consommateur iranien susceptible d’acheter une voiture du groupe français, mais aussi les iraniens qui travaillaient dans les usines d’assemblage.

Renault

Un autre élément accrédite la thèse des pressions de General Motors, il s’agit de l’attitude de Renault à cette époque. Début 2012, Renault n’a pas stoppé son commerce avec l’Iran. Aucune nouvelle sanction internationale ne l’obligeait à le faire.
En revanche, l’été dernier (en juillet 2013), Renault a finalement du arrêter ses ventes en avouant clairement que les Etats-Unis faisaient pression en menaçant de sanctions Nissan, qui est appartient à Renault, et qui est présent sur le marché américain.

Levée des sanctions

Au final, les ventes de PSA et Renault en Iran sont aujourd’hui quasi nulles, alors que les deux groupes français tenaient 40% du marché iranien en 2011.

Aujourd’hui, les sanctions internationales sont en passe d’être levées et les constructeurs américains sont maintenant dans les starting-blocks pour conquérir le marché iranien. La concurrence sera rude pour PSA et Renault.

FranceInfo

PSA-Renault : le grand plongeon

La production en France des deux constructeurs a chuté de 32 % au premier trimestre 2013.

La production cumulée de Peugeot, Citroën et Renault dans l’Hexagone a chuté de 32 % au premier trimestre pour tomber à environ 350 000 véhicules, selon des données publiées mardi par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). La production nationale de PSA a même reculé de 35,7 % sur un an à 230 337 unités, indique le CCFA. En revanche, le recul est limité à 23,7 % pour Renault, dont la production a atteint 118 060 véhicules.

Au niveau mondial, la production de PSA recule de 18,8 % à 712 936 unités, alors que celle de Renault limite sa chute à -7,9 %, soit 658 587 voitures et utilitaires légers fabriqués. Si la marque Renault souffre (- 10,8 %), la production des Dacia, qui sont réalisés hors de France, a augmenté de 23,7 %. Continuer la lecture de PSA-Renault : le grand plongeon

Peugeot crée 1000 emplois en Espagne mais ferme à Aulnay-sous-bois

La défense du « produire en France » encouragée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a ses limites, comme le démontre l’actualité du groupe PSA. La firme automobile française, qui fabrique les Peugeot et Citröen, fermera son site parisien d’Aulnay-sous-bois en 2014, mais embauche 1000 personnes à Vigo, au nord-ouest de l’Espagne.

La mise à profit de la compétitivité espagnole par les consommateurs et acteurs économiques français, cruellement présente dans les Pyrénées-Orientales, où le différentiel de prix et de coût de travail est criant, se manifeste à plus grande échelle. Ainsi, le constructeur automobile français PSA, fabriquant les véhicules de marque Peugeot et Citroën, prépare pour 2014 la fermeture définitive de son usine d’Aulnay-sous-bois, en région parisienne, tout en maintenant son site de production de Madrid.

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Cette unité située dans le quartier de Villaverde, au Sud de la capitale espagnole, emploie 3100 personnes et produit près de 150.000 véhicules par an, dont 74 % destinés à l’exportation, notamment en territoire français.

A Vigo, la plus grande usine PSA à l’étranger Continuer la lecture de Peugeot crée 1000 emplois en Espagne mais ferme à Aulnay-sous-bois

La production de Renault et PSA Peugeot Citroën en France s’écroule

La production de Renault et PSA en France a encore chuté lourdement au troisième trimestre. Elle a été réduite de moitié par rapport à 2005. Renault ne fabrique plus que 17,5% de ses véhicules dans l’Hexagone.

Ca ne s’arrange pas! La production  des constructeurs automobiles tricolores en France a encore chuté de 11,6% au troisième trimestre (voitures et utilitaires légers), selon les chiffres du CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles). Un plongeon dû à… Renault. Le groupe au losange a diminué ses fabrications de 23,6% à moins de 100.000 unités, après -20%  au deuxième trimestre et  et 12,6% au premier. Carrément. La part de la France dans la production totale de Renault a même atteint au troisème trimestre un point bas historique: elle ne représente plus que 17,5% des volumes globaux! On a les records qu’on peut.

Dégringolade continue

PSA Peugeot Citroën, lui, ne réduit sa production hexagonale que de 5,2% sur le troisième trimestre. Il est vrai qu’il avait largement anticipé la crise en la réduisant de 22,4% au deuxième. PSA produisait au troisième trimestre 35% de ses véhicules dans l’Hexagone.

Au total, la production de Renault et PSA en France aura dégringolé de 13,2% sur les neuf mois, dont -18,2% pour Renault et -11% pour PSA. Aïe! Une vraie catastrophe. Ces chiffres sont d’autant plus mauvais que les constructeurs germaniques ont diminué de 2,8% seulement leur production en  Allemagne (voitures particulières seules) sur onze mois). L’Allemagne produit aujourd’hui presque 3,5 fois plus de véhicules que la France. Certes, les deux groupes automobiles tricolores avaient déjà connu des scores aussi mauvais en 2009. Mais, la production auto en France de Renault et PSA a globalement été divisée par deux… par rapport à 2005!

Production totale en recul Continuer la lecture de La production de Renault et PSA Peugeot Citroën en France s’écroule

Et si l’Algérie entrait dans le capital de PSA Peugeot Citroën…

Voilà comment fonctionne l’économie en Europe : la commission européenne donne 45 millions d’euros à l’Algérie. Et cette dernière s’achète des parts de peugeot avec l’assentiment de François Hollande et des marchés financiers. Elle n’est pas belle la vie ? Après avoir baissé son pantalon devant l’Allemagne lors des négociations sur la recapitalisation d’EADS, le gouvernement français cherche maintenant à vendre une partie de Peugeot aux oligarques Algériens corrompus par la manne des pétrodollars….

on creuse, on creuse, on creuse….

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Et si l’Algérie entrait dans le capital de PSA Peugeot Citroën…

Source : la tribune

Et si l’Algérie, qui veut à tout prix se doter d’une industrie automobile, volait au secours de PSA? L’idée d’une participation algérienne au capital du constructeur français commence à faire son chemin entre les deux pays. Le sujet a même été évoqué lors de la visite à Alger fin novembre de l’envoyé spécial du président François Hollande pour les relations économiques entre les deux pays, Jean-Pierre Raffarin. « La France accepte bien volontiers que des intérêts algériens entrent au capital de ses entreprises, grandes ou petites. Cela relève de la décision des autorités algériennes et des entreprises concernées. C’est un sujet qui a été abordé au cours de récents contacts franco-algériens », a déclaré Jean-Pierre Raffarin à l’issue de sa visite au quotidien TSA.

L’Algérie au capital de Peugeot ? La Bourse séduite…

Le titre du français PSA Peugeot Citroën bondissait mercredi à Paris, soutenu par un article du site d’informations économiques Latribune.fr évoquant une possible entrée de l’Algérie au capital.

Pour l’Elysée, cela serait faire d’une pierre deux coups : renforcer la coopération économique avec l’Algérie tout en apportant de l’argent frais à un fleuron national mal en point…

La hausse du titre PSA intervient également alors que le groupe envisage 1.500 départs naturels non remplacés d’ici à mi-2014, qui s’ajouteront aux 8.000 postes supprimés dans le cadre de sa restructuration annoncée en juillet, a-t-on appris mardi de sources syndicales.

Pendant ce temps Général Motors met doucement la main sur PSA

Peugeot ferme son usine parce que les Etats-Unis lui ont interdit de vendre des voitures en Iran. La situation est catastrophique comme vous le savez, eh bien vous ne devinerez jamais, qui arrive pour aider PSA? General Motors bien sûr… John Reed écrit dans le FT: « PSA and General Motors announced plans to join forces on four vehicle projects and to start purchasing parts together, primarily in Europe, the biggest steps yet in their eight-month-old carmaking alliance ». C’est une manière détournée de pénétrer le réseau de vente de PSA, un peu comme VW et Skoda, vous voyez? Lire ici pour assister à cette très belle opération menée de main de maître par les Américains.

source

Peugeot : l’intervention de l’État fait plonger l’action

Le gouvernement envisage de sauver la banque PSA ( hé oui le groupe peugeot c’est aussi une banque d’affaire) en échange d’une révision du plan de licenciement prévu dans la filière automobile. Un projet qui risque de faire plus de mal que de bien.  Non seulement le plan de l’État ne va pas plaire aux marchés mais aussi à l’Europe.

Lire l’article du Figaro

(…) Mais le titre est très vite repassé dans le rouge (-7% à 10H30) au plus bas depuis 26 ans. Les mesures qui accompagnent cette aide destinée à éviter une dégradation par les agences de notation de la note de l’établissement financier dispensateur de crédit au sein de Peugeot n’ont rien de très réjouissant. La première d’entre elle concerne la non distribution de dividende aux actionnaires pendant toute la durée du plan.

«Il a été décidé, pendant la période de la garantie de l’État, de ne pas procéder à des distributions de dividendes ou à des rachats d’actions, et de ne pas attribuer aux membres du directoire d’options de souscription ou d’achat d’actions ni d’actions gratuites», a indiqué le constructeur automobile dans un communiqué.

L’autre condition est la nomination de deux administrateurs, un représentant de l’État et un des pouvoirs publics. Ceci signifie que l’État compte bien influer sur la gouvernance du groupe, en s’opposant notamment aux nécessaires mesures de restructuration qui s’imposent, notamment en matière de fermeture de sites de production.

Cet hypothèque risque surtout de peser sur les négociations en cours avec General Motors qui vont reprendre aujourd’hui. En Allemagne, certains responsables politiques songent déjà à déposer un recours à Bruxelles pour s’opposer à l’intervention de l’État français chez Peugeot, qui pourrait avoir pour conséquence un maintien artificiel des sites de production en grande difficulté. Cela, alors que l’Europe a au contraire besoin de réduire ses capacités de production.

 

lire la suite sur le Figaro

Arnaud Montebourg, une erreur de casting dans le système hollandais?

En utilisant la restructuration de l’outil de production de PSA, Arnaud Montebourg, souhaite s’imposer face au symbole français que constitue la famille Peugeot. Mais sa marge de manoeuvre reste faible au sein du gouvernement Ayrault.

Nous avons écrit et réécrit que François Hollande allait se recentrer très rapidement et même se renier publiquement. Tout ce qui se passe depuis son élection va dans ce sens. Nous n’avons nul mérite dans notre prédiction, car depuis le premier jour, tout est joué, gravé.

D’abord parce que le projet d’Hollande ne tenait pas debout, n’avait aucune cohérence. Il reposait sur des présupposés contradictoires ou irréalistes. Comme tel, il n’était pas destiné à tracer la voie de l’action future mais à séduire, à plaire et à capter des voix. Le vrai projet était ailleurs, dans le non-dit. Dans l’escamoté.

Ensuite parce que pour l’essentiel il reposait sur des conditions qui ne dépendaient pas de la France mais de l’Allemagne. La France n’est pas maitre de son destin, déjà dans la continuité elle ne l’est pas, mais elle l’est encore moins si elle désire changer d’orientation. Elle n’en  a pas les moyens financiers.

Enfin parce que la coalition politique et sociale qui a porté Hollande au sommet est hétéroclite, sociale démocrate pour une part, bourgeoise pour une autre part, kleptocrate pour le solde. Hollande n’a pas mandat pour changer la société malgré son thème, ” Le changement c’est maintenant”. Son seul vrai thème d’action quand l’on y regarde de plus près, c’est le thème de l’aggravation de la fiscalité, symbole de gauche , mais en réalité demande de droite. Demande de droite car il faut réduire les déficits, rembourser les banques, donner des gages de bonne et sérieuse gestion. La vraie grande droite est d’autant plus pour la hausse des impôts qu’elle en paie peu, étant.délocalisée ou structurée de façon complexe, intouchable.

Les nominations de Pierre Moscovici et Michel Sapin sont à considérer comme révélatrices sous l’aspect qui nous intéresse. L’ironie est que Hollande et Moscovici ont écrit un ouvrage, intitulé si nos souvenirs sont bons,”L’heure Des Choix”, ouvrage qui prend le contrepied de la politique rigoureuse de Pierre Bérégovoy…. Sapin , on s’en souvient a été promu ministre de l’Economie et des Finances … par Pierre Bérégovoy. Tout ceci montre bien que l’on est loin de la cohérence idéologique ou programmatique, on est dans la Realpolitique. Et dans la cuisine partisane.

Nous laisserons Sapin pour l’instant , nous aurons suffisamment l’occasion d’y revenir. Ce qui nous intéresse c’est Pierre Moscovici. Il a été nommé Ministre de l’Economie et des Finances, malgré un passé lointain très “Rouge”.

Son passé proche, ses références le sont beaucoup moins.

Pierre Moscovici était jusqu’à ces derniers temps vice président du grand lobby patronal français, créé nous semble- t- il à l’initiative de DSK, lobby patronal dont le nom est “Cercle de l’industrie”. La mission de ce lobby est de faire valoir les intérêts des entreprises françaises auprès des instances européennes. Ce type d’activité est tout à fait dans les cordes de DSK qui, on s’en souvient faisait déjà ce genre de choses pour l’ancienne Compagnie Générale des Eaux, ce qui lui a valu quelques soupçons.

L’ironie de la situation est que Moscovici était donc vice président d’un cercle patronal d’influence alors que le président en est … Philippe Varin , le sinistre patron de Peugeot si on en croit Montebourg.

Le Cercle de l’Industrie travaille étroitement avec le MEDEF, l’ALEP, l’Institut de l’Entreprise . La plupart des grandes entreprises sont membres du Cercle et elles sont représentées par leur président directeur général , président , ou directeur général . En très bonne place parmi les membres figure… vous l’avez deviné Peugeot.

Ce n’est pas nous qui critiquerons le fait que grâce à sa vice présidence du lobby patronal , Pierre Moscovici connait bien les problèmes des entreprises. Nous nous plaignons régulièrement du fait que les politiciens parlent de choses dont ils ignorent tout, donc , ici, au contraire, nous saluons positivement.

L’ennui est que Montebourg n’est absolument pas du même sérail. Il a fait une campagne très à gauche lors des primaires socialistes contre Hollande et absolument rien ne le conduit à la compréhension des problèmes d’entreprise et encore moins à l’indulgence à l’égard des patrons. Dans ce milieu feutré et de bonne compagnie, il est l’éléphant dans le magasin de porcelaine, maladroit qui casse tout et marche sur les pieds de tout le monde.

Il est évident à la fois par relations personnelles, et par choix politique que c’est Moscovici qui incarne et représente le choix de Hollande et non pas Montebourg. Le poste de Ministre du Viagra Industriel lui a été donné par souci de clientèlisme et par besoin d’équilibre politicien. On a payé son ralliement. Ce choix a été fait par erreur, car on n’a pas vu l’importance que ce ministère pouvait prendre en cas de grande vague nationale de licenciements.

On a cru qu’il s’agissait d’un strapontin, alors que ce ministère constitue la pierre angulaire test du changement.

L’idéologie de Montebourg est rigoureusement incompatible avec les choix de Hollande et de Moscovici fondés sur la collaboration avec le grand patronat. La logique voudrait, soit qu’il soit muté, comme Nicole Bricq qui a déplu aux pétroliers, soit qu’il mette son idéologie et même sa personnalité dans sa poche. A notre avis il va tenter de sauver son maroquin en mettant de l’eau dans son vin et en faisant ce qu’il a fait en matière de télécoms losrqu’il a opéré son virage à 180 degrés dans l’affaire Free; dans ce dossier il a fait volte face en faveur des concurrents de Free et contre les intérêts des utilisateurs. Mais nous pensons que les couleuvres à avaler seront trop grosses et trop nombreuses et que le grand patronat lui tiendra rigueur de ses écarts. Dans ces conditions le plus probable est que l’erreur de casting initiale sera assez rapidement réparée. Ce sera une pierre blanche sur le chemin du reniement

Du Mardi 24  Juillet 2012 : Ayrault recadre Montebourg, Montebourg plie mais ne rompt pas. /L’auto une industrie mure, socialisante et socialisée.  par Bruno Bertez

C’est jean Marc Ayrault, Premier Ministre qui a reçu Thierry Peugeot en début de semaine.

Le fait majeur c’est la reprise en mains du dossier par le chef du gouvernement, ce qui indirectement mais surement constitue un avertissement à Montebourg.

Pour sauver la face politique, le gouvernement a présenté comme un succès ce qui était en réalité une évidence : le dialogue qui va s’instaurer sera exemplaire.

On s’en doutait et nous l’avons nous même écrit dès le premier jour. 

Personne n’imaginait que sur pareil dossier le travail de concertation pouvait être autre chose qu’exemplaire; c’est-à-dire qu’il servirait d’exemple. Et d’exemples on en aura besoin car la liste des restructurations à venir est longue et lourde.

Montebourg n’a rien trouvé d’autre à dire après sa remise en  place : “J’ai bien pesé mes mots.”

Ce qui veut tout dire, surtout quand dans la phrase suivante on s’efforce de s’excuser d’avoir tenu des propos offusquants pour la famille, l’entreprise et les collaborateurs. Nous l’avons fait remarquer Fillon quand il est intervenu, au bon moment, sur le bon point, a fait une bonne opération.

On n’imagine pas que le dialogue et la concertation puissent être autre chose qu’exemplaires pour de nombreuses raisons :

– L’automobile est une industrie phare, avec des syndicats relativement puissants

– Le secteur auto est un secteur en voie de socialisation, soutenu par des aides pour écouler la production

– C’est un secteur clef du développement “Vert”, écologique

– C’est une vache à lait fiscale sous tous les aspects

– C’est l’emblème d’un certain type de développement économique dépassé mais qui refuse le déclin

– C’est un capitalisme type, de capitaines d’industrie, ou les familles sont encore puissantes

Nous dirions que par son insertion sociale, règlementaire, écologique, par l’importance considérable de ses externalités, le secteur automobile est déjà en partie du ressort de l’économie mixte. Longtemps le secteur auto, comme d’ailleurs les maitres de forges ont joué un rôle politique en sous- main considérable, sorte de noyau dur au sein de l’ancien CNPF devenu MEDEF, syndicat patronal lui même déjà très socialisé si ce n’est socialisant. La grande mutation syndicale, tardive de l’industrie automobile longtemps adepte des syndicats maisons, la mise au pas de l’UIMM et de l’ancien Service des Etudes Législatives, la mise sous le boisseau des ardeurs de l’Institut de L’Entreprise, des Nouveaux Economistes etc… Tout cela témoigne de l’évolution vers une industrie mure, au pouvoir déclinant rallIée progressivement 0 la socialisation en attendant peut être comme aux Etats -Unis s’agissant de General Motors, la nationalisation.

Ce n’est pas encore les chemins de fer, mais presque….

Billet publié initialement sur le blog a lupus

Florian Philippot sur RMC: Si on n’a plus de monnaie et demain plus de budget… qu’est ce qui nous reste ?

Sur l’accord commercial entre l’Europe et la Corée du Sud que le ps « dénonce »(sic), le vice-président du FN précise que c’est l’Europe qui décide en la matière. Et il fait remarquer que François Hollande a signé lors du dernier G20 une déclaration finale dans laquelle il déclare vouloir lutter contre toute forme de protectionnisme.
Afin de répondre à la crise, Florian Philippot préconise la mise en place de droits de douane intelligents, et prend l’exemple du Brésil :


Si vous ne fabriquez pas au moins les deux tiers de votre véhicule sur le territoire national, et bien vous aurez 35% de droit de douane aux frontières.

Il rappelle que le FN a lancé une pétition pour l’organisation d’un référendum sur le traité européen qui va nous priver de notre souveraineté budgétaire.
Sur PSA, le vice-président du FN déclare que l’état doit entrer dans le capital de l’entreprise qui ne vaut plus que 2,5 milliard. Ce serait l’occasion d’ailleurs de se faire un peu d’argent et de relancer une véritable politique industrielle en matière automobile.
En ce qui concerne le coup du travail, Florian Philippot pense qu’il y a trop de difficultés pour les petites entreprises taxés à 33% alors que les entreprise du CAC40 le sont à 8%, et il préconise un taux d’impôt sur les sociétés progressif. Il lui semble aussi nécessaire de relancer la croissance en prenant en charge une augmentation de 200 euros des salaires. Une augmentation qui serait financée par une taxe à l’importation et ne pèserait donc pas sur les entreprises.

Ce n’est pas les entreprises du CAC40 qu’on doit aider, ce sont les entreprises qui créent de l’emploi aujourd’hui en France, c’est à dire ses petits patrons, ses PME, et ses PMI.

Le ministre du redressement contre-productif

Calmer le jeu. C’était l’objectif du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en recevant lundi 23 juillet à Matignon le patron de PSA, Philippe Varin, cible de virulentes critiques à gauche depuis l’annonce de 8 000 suppressions d’emplois chez Peugeot, le 12 juillet. L’objectif a, visiblement, été atteint : M. Varin a assuré avoir eu un « dialogue très constructif » avec le premier ministre, qu’il a trouvé « extrêmement attentif ».

C’est nettement mieux, comme ambiance de travail, que les deux heures d’explications orageuses passées quelques jours plus tôt par le même PDG dans le bureau d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. On n’était pas, là, dans le « constructif », mais dans le « chaud ». Comme si, pour aborder les dossiers difficiles, il était indispensable de passer d’abord par une séance bien sentie de « coups de gueule » et de recadrage virils.

Il faut espérer que M. Ayrault ait, effectivement, rattrapé ce mauvais départ. Car la méthode Montebourg, appuyée par les mots très durs du président Hollande à l’égard de PSA le 14 juillet, envoie des signaux négatifs sur l’attitude du nouveau gouvernement à l’égard des entreprises et de leurs dirigeants. Ces signaux, dans la crise que traversent l’Europe en général et la France en particulier, sont largement contre-productifs, au moment où la priorité doit être, au contraire, le rassemblement dans l’effort commun.

On a beaucoup reproché au prédécesseur de François Hollande à l’Elysée, Nicolas Sarkozy, de diviser les Français et de monter certaines catégories de la population contre les autres, en attaquant, par exemple, les corps intermédiaires. M. Montebourg, malheureusement, ne fait pas autre chose lorsqu’il accuse les dirigeants de PSA de « dissimulations », stigmatise les « plans sociaux abusifs » de Sanofi et traite les industriels comme des tricheurs.

Venant d’une présidence qui a fait de l’apaisement un mode de communication et monté une grande conférence destinée à introduire le dialogue social en France, c’est pour le moins contradictoire. Les représentants d’un Etat qui, dirigé à droite ou à gauche, n’a pas réussi à équilibrer un budget depuis 1974 ne sont par ailleurs pas les mieux placés pour donner des leçons de bonne gestion aux capitaines de l’industrie. A jouer à ce jeu, ceux-ci pourraient aussi bien demander aux dirigeants socialistes pourquoi, lorsqu’ils étaient en mesure de le faire et lorsque le PIB était en phase de croissance, ils n’ont pas eu le courage de mettre de l’ordre dans les finances publiques, comme l’ont fait Gerhard Schröder en Allemagne ou Bill Clinton aux Etats-Unis.

La vérité, c’est que, dans le secteur automobile, ni l’Etat, qui depuis des décennies a encouragé la filière des petites voitures, ni les constructeurs qui n’ont pas pris les virages stratégiques au moment opportun, n’ont été exempts d’erreurs. Il leur faut redresser, ensemble, la situation. Cela suppose un climat de confiance – pas des « coups de gueule ».

Source : Le Monde

Oligarchie Socialistes/PSA: Cette endogamie congénitale du capitalisme français qui empêche de régler le cas PSA

Montebourg fait du cinéma. Il insulte une famille d’industriels et fragilise encore plus la situation de Peugeot. Comme sarkozy, Montebourg s’agite devant les caméras. D’autant qu’au Parti socialiste on connait bien Peugeot. Et particulièrement le ministre de l’économie Pierre Moscovici. Son fief électoral, c’est précisément leur terre : Montbéliard-Sochaux, où l’usine Peugeot va fêter ses cent ans. Tout ce petit monde se retrouve au stade Bonal pour y soutenir le FC Sochaux. « Mosco » et Thierry Peugeot se connaissent bien et s’apprécient. Moscovici tutoie Christian Peugeot, directeur des affaires publiques du groupe. Ce dernier, heureux hasard, fit HEC en même temps que François Hollande. Toutes les rodomontades de Montebourg font donc partie d’une mise en scène médiatique, car on se demande bien pourquoi le ministre du redressement productif (sic) a trouvé nécessaire de convoquer dans son bureau la famille Peugeot, alors qu’il suffisait au ministre de l’industrie et au président de décrocher leur téléphone… ????
Et si on en croit Éric Verhaeghe les accointances entre le PS et peugeot ne s’arrêtent pas là.
C’est d’ailleurs selon lui cette endogamie qui plombe l’industrie et la vie démocratique en France.

Il serait temps que les français ouvrent les yeux sur les mensonges des socialistes… pour qu’enfin le théâtre d’ombres qu’ils nous jouent cesse.

Le patron de PSA lié à Martine Aubry, Didier Migaud ou Pierre Moscovici… Son directeur général des marques lié à Martine Aubry, Henri Emmanuelli ou Michel Sapin… Le problème qui étouffe l’industrie française ne tient-il pas à une connivence entre élites qui se recrutent par cooptation ?

 

Derrière les apparences et les grands mouvements de moulinet destinés à cacher l’impuissance gouvernementale, les coulisses de l’affaire PSA sont une nouvelle illustration du mal dont la France est affectée : l’endogamie capitalistique.

Sur le fond, tout le monde connaît les racines du problème que traverse Peugeot : une trop faible globalisation. Il est d’ailleurs assez amusant de voir que cette erreur stratégique commise par le groupe, celle d’un excessif ancrage national, soit pointée du doigt par ceux-là même qui se sont faits, pendant la campagne électorale, les chantres de la démondialisation.

Mais au-delà de ces palinodies politiciennes dont les plus beaux spécimens sont produits par les plus grands donneurs de leçon, les commentateurs ont peu relevé l’étrange proximité qui lie les acteurs du dossier.

Prenons Philippe Varin, le patron de PSA. Première caractéristique, il est X-Mines, superbe produit de nos grandes écoles. Il entre chez Péchiney en 1978, où il oeuvre jusqu’en 2003, avant de partir au Royaume-Uni. On oublie trop souvent que Péchiney fut une pépinière pour la nomenklatura française. C’est dans cette entreprise que Martine Aubry trouve refuge en 1989. Elle devient même directrice générale adjointe du groupe, sous la férule de Jean Gandois…

Philippe Varin doit s’en souvenir, puisqu’il avait eu pour mission, en 1988, confiée par Jean Gandois, de construire une usine modèle à Dunkerque. Martine Aubry chapeautait le projet, inauguré en grande pompe en 1991.

En mai 2012, Philippe Varin devient président du Cercle de l’Industrie, dont l’un des vice-présidents est Pierre Moscovici, devenu depuis ministre de l’Economie. Parmi les membres de ce Cercle éminent, on trouve Didier Migaud, premier président de la Cour des Comptes, et Jean Gandois, déjà cité dans cet article.

Prenons Frédéric Saint-Geours, directeur général des marques du constructeur. Ancien élève de l’ENA, de la promotion Léon Blum… celle de Martine Aubry ! il commence sa carrière comme administrateur civil des Finances, et rejoint très vite l’Inspection Générale du même ministère. En 1981, il est conseiller technique de Louis Mermaz, ministre des Transports. En 1984, il est directeur de cabinet d’Henri Emmanuelli, secrétaire d’Etat au Budget.

Faut-il, dans cette filiation, voir les raisons pour lesquelles Henri Emmanuelli s’est exprimé la semaine dernière de façon très pondérée sur l’affaire PSA ? Notre excellent Henri a trouvé « plus que surprenants » les propos de Philippe Varin, patron de PSA, sur le coût du travail en France, mais ne s’est pas senti d’autres ardeurs pour condamner le plan social en cours. En février 2011, il appelait pourtant à signer la pétition d’Un monde d’avance, dont l’un des slogans était : « NON nous n’acceptons pas l’austérité salariale et la flexibilisation du marché du travail ».

Frédéric Saint-Geours rejoint PSA en 1986. Directeur financier en 1988, directeur général en 1998, il connaît bien cette entreprise. Il est sérieux et compétent. Il fraie dans les milieux parisiens qui compte. Il fréquente notamment Le Siècle, un club également fréquenté par Michel Sapin, dit-on.

On le voit, le plan social de PSA n’oppose pas d’un côté les méchants patrons, de l’autre les gentils politiques. L’ensemble des décideurs de ce petit monde vit dans le même écosystème et se croise régulièrement dans les mêmes couloirs de ministère ou dans les mêmes salons discrets.

Certains pourront penser que ces circonstances n’ont guère d’influence sur la façon dont les affaires sont conduites en France. On me permettra d’en douter.

Le problème majeur qui étouffe le génie français depuis quelques décennies n’est ni économique, ni politique. Ou alors il est les deux en même temps : il tient tout entier à cette connivence entre des élites endogamiques qui se recrutent par cooptation, par ressemblance, et qui sont incapables de s’ouvrir à l’innovation et à la diversité des parcours.

A force de vivre entre soi, on ne tolère plus que les idées qu’on porte soi-même, et on disqualifie toute évolution sous couvert du mépris naturel que les courtisans nourrissent pour ce qui ne vit pas à la Cour. Cette incapacité à sortir de écosystème courtisan, de la biosphère du narcissisme, tue peu à peu l’économie française, et au-delà la démocratie elle-même.

Il devient urgent, en France, d’ouvrir les portes et les fenêtres du château, et d’ouvrir, enfin, nos élites à l’innovation et au renouvellement.

Atlantico

Et la modestie ? Quand l’État donneur de leçons oublie ses propres contre-performances comme actionnaire

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg rencontre ce mercredi le PDG de PSA Peugeot Citroën Philippe Varin. Reste que les privatisations des entreprises publiques, conduites notamment par les gouvernements socialistes, sonnent comme un aveu d’incompétence en termes de gestion entrepreneuriale.

Atlantico : Arnaud Montebourg rencontre ce mercredi le PDG de PSA Peugeot Citroën Philippe Varin. Le ministre du Redressement productif a estimé que Peugeot avait « un devoir vis-à-vis de la nation France ». De son côté, le Président François Hollande a critiqué les choix stratégiques de l’entreprise en déclarant ne pas accepter le plan social. Mais ces critiques à l’encontre de cette entreprise privée posent la question de la bonne gestion des entreprises publiques. Quel est le bilan de l’État en la matière ?

Jean-Marc Daniel : L’État a entrepris de caler sa gestion du secteur public sur les pratiques du secteur privé. C’est ainsi qu’a été créée en 2004 une agence des participations de l’État (APE), dont l’objectif est d’assumer le rôle de l’État actionnaire. La logique de cette création est de faire en sorte que l’État actionnaire se comporte désormais comme n’importe quel investisseur.

La charte fondatrice de l’agence est claire :

« L’agence exerce, en veillant aux intérêts patrimoniaux de l’État, la mission de l’État actionnaire dans les entreprises et organismes contrôlés ou détenus, majoritairement ou non, directement ou indirectement, par l’État ».

Il ne s’agit donc pas de faire du social ou de se lancer dans de grands projets pharaoniques à forte symbolique politique, mais bel et bien de sauvegarder les intérêts patrimoniaux de l’État, c’est-à-dire de faire du profit. Le bilan de l’APE est de 660 milliards d’euros ; elle reverse bon an mal an environ 5 milliards d’euros de dividendes à l’État, ce qui peut paraître plutôt moyen.

Mais en fait les entreprises publiques d’aujourd’hui subissent les mêmes contraintes que les entreprises privées. L’État ne se mêle de leur sort que de façon assez indirecte. Ce qui ne l’autorise ni à donner des leçons au secteur privé, ni à vraiment en recevoir concernant sa stricte gestion entrepreneuriale. Néanmoins, l’État mène vis-à-vis des entreprises, assez souvent, ce que l’on appelle une « politique de l’indice ». C’est-à-dire qu’il impose des évolutions de prix de certains produits au nom la lutte contre l’inflation. Ces évolutions perturbent les entreprises indépendamment de leur statut. Avant 1986, le contrôle des prix nuisait à tout le monde. Et le récent débat sur le prix du gaz et la façon arbitraire dont les gouvernements Fillon puis Ayrault ont voulu contourner les règles ont montré que l’interventionnisme maladif prend des formes multiples.

Atlantico : L’État français a t-il déjà souscrit à des plans sociaux dans les entreprises qu’il détenait ?

L’État supprime ses propres emplois, même s’il ne licencie pas. Dans les entreprises publiques, il y a aujourd’hui 1 730 000 personnes. Certaines augmentent leurs effectifs mais d’autres les réduisent, parfois sur la base d’incitations au départ. Aujourd’hui, tout le monde a en tête le cas d’Air France. Mais il y a d’autres entreprises obligées de revoir leurs effectifs à la baisse.

Dans le domaine industriel, GIAT industries, qui produit des armes pour l’armée de terre, est passé de 5 500 personnes en 2005 à guère plus de 3 000 aujourd’hui. C’est, en particulier, parce que ses produits comme le char Leclerc ne se vendent pas bien ! Le plus spectaculaire aura été certainement les Charbonnages : au moment de la nationalisation – qui s’est faite sur des bases politiques, il s’agissait de sanctionner le comportement des compagnies minières pendant la deuxième guerre mondiale – il y avait 220 000 mineurs et assimilés. Maintenant, il n’y en a plus aucun… En 1994, le pacte charbonnier a mis en cessation d’activité des mineurs de 45 ans, moyennant la poursuite du versement d’une partie de leur salaire. Personne n’a considéré que continuer à produire du charbon en France était « un devoir vis-à-vis de la nation »… La nécessité de l’évolution du secteur énergétique a fini par s’imposer.

Atlantico : Dans ces conditions, les privatisations partielles (ou totales) peuvent-elles êtres considérées comme un aveu d’échec quant à la capacité des pouvoirs publics à gérer des entreprises ?

On pourrait le penser quand on sait par exemple qu’entre septembre 2010 et septembre 2011, la valeur boursière des entreprises en partie privatisées – mais conservant un actionnariat public – a reculé de 21%, alors que sur la même période le CAC a reculé de 10%.

En fait, cette différence de performance tient à l’évolution de l’action EdF. En pratique, les États modernes gèrent de plus en plus les entreprises qu’ils détiennent selon les critères du secteur privé, si bien qu’ils sont amenés à considérer que ce n’est pas leur rôle de gérer des entreprises.

Dès leur défaite en 1951, les travaillistes anglais ont fait un bilan critique des nationalisations et ils en ont abandonné le principe dans leur statut en 1994/1995. Les socialistes français sont moins nets dans leurs discours. Ils ont voté dès 1983 une loi de « respiration du secteur public » qui était le début de l’abandon de la logique nationalisatrice de 1981. Depuis, ils ont été de grands privatisateurs devant l’Éternel et de grands « rationalisateurs » de la gestion des entreprises publiques. A droite, il subsiste des nostalgies « gaullo-pompidoliennes » sur la politique industrielle. Lors de la conclusion des État généraux de l’Industrie (EGI),  le 4 mars 2010, Nicolas Sarkozy  avait demandé à ce que « l’État actionnaire soit davantage sensible aux préoccupations industrielles ». C’est resté un vœu pieux, car cela ne veut pas dire grand chose.

En fait, il y a une composante qu’il ne faut pas négliger. Dans cette période de surendettement, la vente d’actifs publics permet de limiter l’ampleur de l’austérité budgétaire. C’est-à-dire que  les besoins financiers vont inciter l’État à poursuivre les privatisations pour amortir sa dette. Or, pour que ces privatisations soient le plus rentables possibles, il faudra que l’État se montre le plus strict possible dans sa gestion et le plus modeste possible dans les leçons qu’il donne aux autres.