Archives par mot-clé : réseaux

Patron d’agence publique, un job en or

Sur un échantillon de 240 établissements publics, le dirigeant le mieux payé touche 32.890 euros brut par mois. C’est l’une des révélations des annexes du rapport de l’inspection des Finances sur les agences publiques que Bercy a soigneusement gardées secrètes.

L’une des propositions de l’inspection générale des Finances sur les agences publiques avait beau être de “rendre publique les rémunérations des dirigeants exécutifs des agences”, les ministres des Finances et du Budget, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, n’ont pas publié les premières informations dont ils disposaient. La version du rapport, qui a été mise en ligne le 17 septembre, a en effet été expurgée de quelque 300 pages d’annexes. Une masse d’informations dont Acteurs publics révèle deux extraits.

13.430 euros brut par mois

Les hauts fonctionnaires des agences et établissements publics gagnent souvent davantage que leurs collègues des ministères. L’astuce : ils sont recrutés via des “détachements sous contrat” qui permettent de s’affranchir des grilles salariales de la fonction publique. Une circulaire du 8 septembre 2008 a même supprimé la règle qui limitait les détachements avec un gain supérieur à 15 %.
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Matthieu Pigasse, un banquier d’influences

Le directeur de la banque Lazard, patron des «Inrockuptibles» et actionnaire du «Monde», qui se dit de gauche, agace. Surtout, lorsque ses manières confinent au mélange des genres…

Dans cette salle de réunion de la banque Lazard, la porte a beau être bien fermée, on entend la tornade venir de loin. Un pas saccadé, une voix qui se rapproche à toute allure. «C’est lui, il arrive», murmure l’attachée de presse. D’un coup, la porte s’ouvre, Matthieu Pigasse occupe tout l’espace. Et le cirque commence.

D’emblée, il s’agace qu’on lui consacre un portrait. Il fait mine de s’en aller (trois fois), rit brutalement, redevient sérieux, tient absolument à faire un point «goûts musicaux», avant de poursuivre. Le banquier le plus médiatisé de France ne souhaite pas qu’on parle de lui. «Ça n’intéresse personne», affirme-t-il, en épongeant frénétiquement le thé qu’il vient de renverser (avec des feuilles de bloc-notes au pouvoir absorbant à peu près nul). Lui qui, à 44 ans, est à la fois directeur de la banque Lazard et patron des Inrockuptibles, actionnaire du Monde et de l’Huffington Post, grand ami de Jean-Pierre Jouyet et d’Anne Sinclair. Lui dont on murmure qu’il serait en passe de mettre la main sur un autre quotidien, Libération. «Aujourd’hui, aucune discussion n’est en cours», dément-il. Lui qui, pour finir, se trouve au coeur de l’orage médiatique depuis que Lazard a décroché le mandat de conseil auprès de la future Banque publique d’investissement (BPI).
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Euro RSCG revient par la fenêtre… des ministères

Tricarde à l’Elysée et à Matignon, l’agence Euro RSCG, qui s’était investie corps et âme dans la communication de Dominique Strauss-Kahn, se refait une influence dans les ministères. Au Budget, la conseillère en communication de Jérôme Cahuzac n’est autre que Marion Bougeard, ancienne directrice associée de l’agence. Marion Bougeard conseillait déjà Liliane Bettencourt au moment de l’affaire qui coûta sa place au ministre du Budget sarkozyste, Eric Woerth…

(…°)

Petite galaxie très active

Chassé, en mai 2011, par la porte d’un cinq-étoiles new-yorkais, Euro RSCG (rebaptisé pendant l’été Havas Worldwide) tente toutefois de revenir par la fenêtre… des ministères. Car c’est auprès des différents membres du gouvernement Ayrault que Stéphane Fouks essaye d’obtenir des contrats et de rétablir son influence. Pour l’aider, il peut compter sur une poignée d’ex-Euro RSCG – plus ou moins récents – bien placés dans les cabinets : outre Marion Bougeard, la curieuse conseillère en communication du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, on retrouve Sacha Mandel au cabinet du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, Marie-Emmanuelle Assidon chez Laurent Fabius, Emilie Lang-Banaszuk au service de presse de l’Elysée, et Nathalie Mercier auprès de Valérie Trierweiler.

Quant à Gilles Finchelstein, l’intello à boucles brunes toujours salarié chez Havas World-wide, il s’entretient très fréquemment avec le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici. A quel point cette petite galaxie facilite-t-elle l’obtention de contrats dans les ministères ? Impossible à dire. Dernièrement, le livre les Gourous de la com* a révélé qu’Euro RSCG avait conseillé Arnaud Montebourg lors de sa passe d’armes avec le groupe PSA, alors même qu’une autre équipe, au sein de l’agence, s’occupait de la com de… PSA. Continuer la lecture de Euro RSCG revient par la fenêtre… des ministères

Les réseaux d’influence à l’assaut du pouvoir

Triomphe des énarques, notamment ceux de la Cour des comptes, revanche du Grand Orient, retour des strauss-kahniens… Ils relèvent tous la tête et s’insinuent dans les prises de décision au sommet de l’Etat.

Enquête de Marianne

La Rochelle, l’été dernier. Nous sommes à la fois à l’université du PS et à une bourse aux talents dans cette course aux rares postes clés qu’il reste encore à pourvoir. Deux amis qui ont suivi le parcours méritant des militants se croisent avant d’entrer salle de l’Oratoire. Ce sont tous deux des hollandais de stricte observance. L’un d’eux est devenu, en mai dernier, conseiller politique auprès d’un ministre. L’autre, plus jeune, est demeuré dans son département où il s’use auprès d’un exécutif démonétisé. Le conseiller fait part de sa fatigue : «Nous ne sommes pas assez nombreux…» Son interlocuteur l’interrompt et le saisit par la manche : «Eh bien, embauche-moi !» L’ami lui répond du tac au tac : «Pourquoi ? Tu es conseiller à la Cour des comptes ?»

Derrière la boutade se cache une vérité cruelle plutôt dure à avaler. Le changement dans le recrutement des cabinets, ce ne sera pas maintenant. On objectera qu’il y a belle lurette que les collaborateurs des ministres ne sont plus là pour relayer leur action politique. Ils sont là désormais pour les recadrer et même pour les… contrôler. Car, s’il est vrai que l’on assiste, aujourd’hui, à une revanche des énarques sur les avocats d’affaires aux postes de commande, on assiste surtout au triomphe de la Cour des comptes sur l’Inspection des finances. A compétence égale, c’est réseau d’influence contre réseau d’influence.

Sous Nicolas Sarkozy, c’était la bande et ses prébendes. L’ancien président réfléchissait sur le mode du casting et non des réseaux. Son obsession de court-circuiter les instances de décision, son dédain de tous les corps intermédiaires mettant dans le même sac partis, syndicats, associations et… réseaux. Pas de médias entre lui et ses sujets ! Pas étonnant si, avec François Hollande, les réseaux reviennent en force. D’abord parce que le PS, avec sa longue histoire de courants et de sous-courants, sa tradition de notables et de grands féodaux, est aussi un parti de réseaux. Ensuite, parce que la volonté affichée du gouvernement Ayrault de pratiquer le consensus et même le consensus du consensus (crise oblige) multiplie les centres de régulation et, par contrecoup, revivifie les réseaux.

Les amis de l’«oncle Hubert»

De fait, ils sont (re)devenus si nombreux qu’il faut renoncer à l’exhaustivité si l’on ne veut pas prendre le risque de se perdre en chemin. Prenons les «archaïques», c’est ainsi que les «modernes» – terme tout relatif puisqu’il étiquette les «copains» de François Hollande – désignent les mitterrandiens. Certains sont insubmersibles. Leur histoire mériterait une saga pour décrire comment ils ont été cajolés sous Chirac, instrumentalisés puis chouchoutés par Sarkozy.
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Benjamin Dormann : Conflits d’interets entre la presse et gouvernement. (vidéo)


Claude Chollet / Benjamin Dormann – "Ils ont… par Agence2Presse

Voir aussi :

Budget 2013 : Plutôt la presse que les monuments historiques !

Franc-Maçonnerie, Enarchie et propagandistes: les réseaux qui entourent François Hollande.

Tout-puissant, François Hollande? Difficile de nier cette réalité: la victoire de la gauche aux législatives et les règles de la Ve République donnent au Président toutes les rênes de l’État, sans compter celles du Sénat et de nombre d’exécutifs locaux. Avec lui et sa majorité, une nouvelle génération prend les commandes, après dix années d’abstinence dans l’opposition. Le président «normal» a promis une république «exemplaire», sans chasse aux sorcières ni copinage abusif. Mais, que ce soit à l’Élysée, dans les ministères, au Palais-Bourbon ou à certains postes sensibles, comme ceux de directeur de la police nationale, de directeur du renseignement intérieur ou de préfet de police de Paris, le nouveau pouvoir a rapidement installé ses fidèles et ses alliés. «C’est logique: François Hollande aime travailler dans la confiance et la loyauté, plaide un de ses amis. Mais il ne doit rien à personne et déteste l’esprit de clan ou de cour.»
Une véritable armada

L’examen détaillé des galaxies qui l’entourent conduit cependant à nuancer la version d’un président sans affidés, d’un outsider sans attaches, simplement sorti du rang grâce au hasard des circonstances. Car, pour emporter la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, le candidat socialiste s’est méthodiquement préparé. Il a discrètement bâti, depuis des années, une véritable armada.

Un réseau multiforme avec des relais dans tous les milieux – beaucoup d’élus, une grosse dose d’énarques, des amis d’HEC et des PDG, une pincée de Corréziens, un zeste de communicants et de francs-maçons – qui lui a ouvert bien des portes et lui a permis de tenir, dès son entrée en fonction, les rênes de l’État. Ses rivaux, de gauche comme de droite, l’ont toujours sous-estimé. Une erreur de jugement qu’ils doivent corriger aujourd’hui!

La partie visible de ses réseaux repose naturellement sur sa garde rapprochée – les incontournables Michel Sapin, Stéphane Le Foll, Jérôme Cahuzac ou Jean-Yves Le Drian, récompensés par des maroquins. Elle s’est élargie avec le ralliement des principales vedettes des primaires, des amis déçus de DSK et des piliers du PS, tous représentés au sein du gouvernement, y compris l’absente Martine Aubry via la promotion de certains de ses proches. Au-delà de la parité affichée du gouvernement Ayrault, l’Élysée a ainsi verrouillé son emprise sur tous les clans d’un parti vidé de ses cadres, partis rejoindre les cabinets ministériels. Quant aux alliés électoraux, Verts et radicaux, ils ont été placés sous étroite surveillance. Le directeur de cabinet de Cécile Duflot, ministre de l’Égalité du territoire et du Logement, n’est autre que Manuel Flam, un énarque passé par l’Essec, expert des questions environnementales et hollandiste pur sucre. De son côté, la garde des Sceaux, la tempétueuse radicale de gauche Christiane Taubira, a pour principal collaborateur Christian Vigouroux, un conseiller d’État qui a déjà tenu fermement ce poste sous le gouvernement Jospin.
Des «technos» sûrs et expérimentés

Le retour des équipes des cabinets des années Mitterrand et Jospin constitue d’ailleurs un autre trait caractéristique, plus souterrain, de ces réseaux du pouvoir. «La plupart d’entre eux rongeaient leur frein depuis dix ans.

Ils se sont mobilisés dès qu’on les a rappelés, retrouvant avec plaisir les bureaux qu’ils occupaient naguère et les huissiers qui les connaissaient dans les ministères», s’amuse un initié. Continuer la lecture de Franc-Maçonnerie, Enarchie et propagandistes: les réseaux qui entourent François Hollande.