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Pour Sarah Halimi ( Richard Millet)

Chronique n°134 de Richard Millet

Le nom de Halimi porterait-il malheur, en France ? Onze ans après le martyre d’Ilan Halimi, enlevé et torturé à mort par des « jeunes »  issus de cette « diversité » tant louée par la propagande d’État, une autre Française, Sarah Halimi, a été torturée puis défenestrée, le 4 avril dernier, par un de ses voisins, Kobili Traoré, repris de justice malien et musulman, qui avait pénétré chez elle pour la tuer aux cris de « Allah Akbar ! » Si le Sénégalais Youssouf Fofana, « cerveau » du « gang des barbares » qui ont tué Ilan Halimi, est musulman, c’est par antisémitisme qu’il a agi ; Traoré, lui, est un djihadiste qu’on a aussitôt placé en psychiatrie pour n’avoir pas à répondre de ses actes : on était en pleine campagne électorale et il ne fallait pas empêcher la vague macroniste de définir une nouvelle version de la réalité française. On comprend donc pourquoi la Propaganda Staffel, de confession mondialo-islamolâtre, a sommé la presse d’en dire le moins possible sur ce qui relève en vérité du djihadisme spontané, comme dans le cas du musulman qui a tué un policier sur les Champs-Elysées. On n’a pas voulu risquer l’ « amalgame » ni la « stigmatisation » d’une « communauté », la musulmane, à propos de quoi on fait tout pour nous persuader qu’il existe un islam pacifique, auquel souscrivent la « grande majorité » des musulmans. Continuer la lecture de Pour Sarah Halimi ( Richard Millet)

Richard Millet sur Emmanuel Macron : « Ne créant plus l’Histoire, la démocratie européenne fabrique de l’événementiel »

Ci-dessous un texte publié par l’écrivain Richard Millet sur son site officiel, que nous reproduisons ci-dessous :

La macronisation de la France est en bonne voie. L’unanimité s’est constituée autour de lui, comme en toute période de crise, ou de pré-dictature ; et Marine Le Pen, censée menacer des « valeurs républicaines » pourtant bien faisandées, ne fait que resserrer davantage cette unanimité. Macron est donc le nom d’une unanimité qui ne reflète nullement la « décomposition du champ politique », comme on peut le lire çà et là ; c’est même tout le contraire qui a lieu : la coalition médiatico-politique et financière se porte mieux que jamais ; elle s’adapte à toutes les situations, y compris à la mort d’une forme de bipartisme qui ne trompait personne, au sein de l’enfumage démocratique.

Ne créant plus l’Histoire, la démocratie européenne fabrique de l’événementiel, en l’occurrence un prétendu enjeu, alors que Macron est d’ores et déjà président de la République, parce que le Système le veut. Continuer la lecture de Richard Millet sur Emmanuel Macron : « Ne créant plus l’Histoire, la démocratie européenne fabrique de l’événementiel »

Richard Millet: Du pape

L’écrivain catholique Richard Millet règle  ses comptes avec le pape François.  Et il y va à la sulfateuse façon Tontons Flingueurs… réjouissant!


Dans une France où tous les regards sont tournés vers la moustache d’un certain Philippe Martinez qui semble le fruit d’un coït entre Joseph Staline et Francisco Franco, on n’a prêté nulle attention à l’entretien que le pape a donné au journal post-chrétien La Croix, dont la fadeur politiquement correcte est propre à convertir au bouddhisme ou à « Nuit debout » tous les bande mou et les demi-vierges, ménopausées ou en âge de procréer, qui le lisent.

            Il est toujours douloureux de s’opposer au pape, pour un catholique qui n’appartient pas à la répugnante race des cathos de gauche. Celui qui est venu d’Argentine pour transformer le trône de saint Pierre en fauteuil de talk show télévisuel a été élu, on le sait, pour faire oublier Benoît XVI, admirable théologien et pianiste de goût. Le pape François, lui, préfère le football à Bach et à Mozart : le pays d’où il vient et dont il voudrait nous faire croire qu’il fait cohabiter de façon exemplaire les chrétiens et les musulmans, dit-il dans cet entretien, est pourtant moins celui de Maradona que celui de Borges et de Cortazar. S’exprimant sur la dimension chrétienne des « racines » de l’Europe, le pape déclare redouter « la tonalité  qui peut être triomphaliste ou vengeresse » d’une telle expression. Continuer la lecture de Richard Millet: Du pape

Richard Millet: La civilisation post-chrétienne ne produit pas du vide : elle est le vide

Politique Magazine a interrogé Richard Millet.Via Salon Beige

Extraits :

« Depuis l’attentat de Charlie Hebdo, on assiste au déploiement d’une effarante propagande où il n’est question que de liberté d’expression. Que vous inspire la pseudo-unité nationale qu’elle suscite, vous qui avez été condamné à mort socialement et médiatiquement pour vos écrits ?

Ce genre d’unanimité ne peut se faire, comme René Girard l’a montré, qu’au détriment de quelques-uns. La prétendue recomposition nationale qui a eu lieu après les meurtres de Charlie Hebdo nous dit deux choses :

d’abord qu’elle n’aurait pas été aussi grande si les victimes n’avaient pas été des journalistes (les meurtres de Toulouse et de Montauban, il y a deux ans, pourtant de même nature, n’avaient pas suscité un pareil émoi) ; il est vrai, ces journalistes appartenaient à l’extrême-gauche, celle-là même qui clame qu’il n’ y a pas encore assez d’immigrés, pas assez d’« Europe », et qu’il faut en finir avec les nations.

D’autre part, cette unanimité s’est faite au détriment même de la « liberté d’expression », c’est-à-dire de ceux qui, Français de souche et catholique sont constamment insultés par Charlie Hebdo. Il en va de cette liberté comme de la « tolérance » :

elle est une arme de contrôle, pour le pouvoir médiatico-politique qui trouve à présent chez Zemmour, Camus, Finkielkraut et moi-même des « responsabilités » dans le climat d’ « islamophobie » qui fait des musulmans les victimes d’un « amalgame », d’une « stigmatisation » (ces mots ayant remplacé celui, dévalorisé, de racisme). Le serpent socialiste se mord d’ailleurs la queue : son discours rejoint ici celui des islamistes prétendus « modérés ».

La religion républicaine peut-elle s’aveugler encore longtemps sur le fait qu’elle n’est qu’un dangereux simulacre ? Est-ce finalement l’islam qui va le lui apprendre ?

L’islam, dans sa violence comme dans ses conquérantes prétentions juridiques, a le mérite de rappeler, involontairement, que la classe politique joue, depuis une trentaine d’années, avec le feu immigrationniste.

Soyons réalistes ; il y a une bonne immigration : celle qui veut s’assimiler, et une autre, problématique, généralement musulmane, qui trouve dans le multiculturalisme une citoyenneté minimaliste. Je suis « français » faute de mieux (faute d’être américain, par exemple, ou de vivre selon la charia), peuvent se dire les jeunes immigrés.

L’islam est, pour beaucoup, un ordre politique avant d’être une religion, comme l’a rappelé Houellebecq dans son roman Soumission. Tout cela occulte le fait majeur : la déchristianisation de l’Europe, dont la religion laïque ou celle des droits de l’homme ne peut plus masquer qu’elle fait le lit de l’islam, lequel a horreur du vide religieux.

Et si les catholiques ont montré qu’ils sont une force puissante lors de la Manif pour tous, cette force ne semble pas avoir, hélas, d’avenir politique. Les socialistes continuent leur œuvre de destruction, cette forme de guerre civile, commencée en Vendée, en 1793. […]

La civilisation post-moderne, post-historique, post-chrétienne ne produit pas du vide : elle est le vide, la jouissance du vide, du présent perpétuel, du light, de Continuer la lecture de Richard Millet: La civilisation post-chrétienne ne produit pas du vide : elle est le vide

Richard Millet: «J’envisage de quitter cette France que j’aime»

Richard Millet est sans aucun doute l’un de nos plus grands écrivains. Il faut lire « Le Renard dans le nom« , ou « La Gloire des Pythre » ou encore « Un balcon à Beyrouth » pour mesurer ce qui le sépare des écrivaillons prétentieux et sans envergure que les média nous imposent. Millet est chrétien. Par conviction religieuse il fera la guerre du Liban aux côtés de la communauté chrétienne. Millet est un homme attaché à une certaine grandeur français. Or,  quand il prend le métro le soir, Richard Millet ne reconnait plus la France qu’il aime. Et il le dit. Ce qui lui vaut d’être mis à l’index par un petit clergé médiatique et culturel, dangereusement omnipotent. Encore une fois, la France est en train de passer à côté de ses chances et de sa richesse…. et préfère tuer ce qu’elle a de plus grand au profit des plus médiocres. Dans l’interview qui suit, l’écrivain dit vouloir quitter la France qu’il aime… nous serions tentés de dire que c’est la France qu’il aime qui nous a tous quitté.

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INTERVIEW Le Figaro- L’écrivain et éditeur se confie, un an après la controverse dont il fut l’objet.

Un peu plus d’un an après ce qu’on a appelé «l’affaire Millet», l’écrivain prolifique, éditeur prestigieux chez Gallimard, revient avec trois nouveaux livres publiés simultanément, tout comme en 2011 et en 2012. À cette occasion, nous l’avons rencontré dans les bureaux de son autre éditeur, Pierre-Guillaume de Roux, qui avait publié en 2012 l’objet du délit: Langue fantôme suivi d’Éloge littéraire d’Anders Breivik.

LE FIGARO. – Vous considérez-vous comme une victime ou comme un incompris?

Richard MILLET.Ce qui s’est passé il y a un peu plus d’un an a totalement bouleversé ma vie. À travers cette curée organisée, cette véritable chasse à l’homme, on a visé l’écrivain, et c’est l’un des éditeurs de Gallimard qui a trinqué. Certains ont voulu me faire payer ma liberté de parole sur la littérature française et sur certaines têtes d’affiche. Mais ce qui m’a le plus choqué et ébranlé, c’est qu’Éloge littéraire d’Anders Breivik n’ait pas été lu par mes détracteurs, ni même feuilleté, tout comme De l’antiracisme comme terreur littéraire, paru le même jour. J’ai été victime de l’opprobre jetée par une poignée d’écrivaillons et de journalistes, condamné au bannissement, et ce, à partir d’une non-lecture. Avec l’épilogue que l’on sait: ma démission contrainte et forcée du comité de lecture de Gallimard, maison où je suis désormais interdit de séjour, malgré le soutien d’Antoine Gallimard. Tout cela ­faisait désordre… J’y reste simple lecteur et éditeur. Désormais, on m’envoie les manuscrits par ­coursier…

Comment voyez-vous les choses, aujourd’hui?

J’ai songé et d’ailleurs j’envisage toujours de partir, de m’exiler, de quitter cette France que j’aime mais où presque plus rien n’est possible, où tout se délite, où le climat social est devenu délétère. Le Liban, où j’ai passé ma jeunesse, est une tentation. J’y réfléchis. Pourquoi, en 2012, ne m’a-t-on pas donné la parole pour me défendre, m’expliquer, à part le magazine L’Express?

Il n’y a eu aucun débat. Qu’en est-il de la défaite de la pensée? De la décadence de l’Occident? Il est devenu impossible d’évoquer ces grandes questions, tout comme les problèmes liés à l’immigration massive, sans être traité de fasciste. C’est un comble! On ne sait plus supporter le réel, sa noirceur. Il fallait une mise à mort symbolique. J’étais le coupable idéal. Finalement, cette lamentable «affaire» s’est révélée un symptôme, un révélateur de la déliquescence généralisée de notre société.

Suite à cette «affaire», avez-vous eu des regrets?

Je vis désormais dans une solitude extraordinaire, et je souligne l’épithète. Tout simplement, je voudrais être lu comme un écrivain et non être considéré comme un Continuer la lecture de Richard Millet: «J’envisage de quitter cette France que j’aime»

Qui veut lyncher les dissidents ?

Qui l’eût cru ? Vingt ans après la chute de l’Union soviétique, des dissidents réapparaissent… Mais cette fois à l’Ouest, où de nouveaux censeurs prétendent leur interdire de s’exprimer. Visés en cette rentrée : Richard Millet et Renaud Camus, deux des plus grands écrivains français.

« Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer », disait Voltaire. Heureuse époque que celle de l’auteur du Traité sur la tolérance, car aujourd’hui il ne suffit pas de combattre les idées des autres, encore faut-il les faire interdire. L’écrivain Richard Millet vient d’en faire l’expérience, lui qui a fait paraître, coup sur coup, aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux, deux essais à rebours de la pensée dominante (De l’antiracisme comme terreur littéraire et Langue fantôme) et un récit qui ne l’est pas moins, puisqu’il y est question de la grande mosquée qui se dresse désormais à Rotterdam : Intérieur avec deux femmes. Quel crime a-t-il commis ? Il a consacré à la fin de Langue fantôme, magnifique méditation sur la paupérisation de la langue, une vingtaine de pages au tueur d’Oslo, intitulée de façon délibérément provocante Éloge littéraire d’Anders Breivik.

Millet a beau condamner catégoriquement (comment imaginer qu’il en soit autrement ? ) le geste de Breivik, voir en lui « le symptôme monstrueux de la décadence et de la perte de sens de l’Europe », les professionnels de l’indignation se sont empressés de le transformer en avocat de la “cause” du Norvégien et de réclamer sa “peau”.

Ce qu’ils ne lui pardonnent pas ? S’être attaqué sans détour ni artifice aux méfaits du multiculturalisme. Symptôme, Breivik est aussi prétexte. Mais plutôt que d’affronter Millet sur le terrain du débat, ils ont choisi de le lyncher, médiatiquement s’entend, opération menée en meute, car on ne se livre jamais seul à cette sorte de chasse à l’homme, qui, bien conduite, doit s’achever par la mise à mort du “coupable” (fût-elle symbolique).

Dans les Démons, Dostoïevski consacre des pages extraordinaires au sujet. « Partant d’une liberté illimitée, je conclus à un despotisme illimité », dit même l’un des personnages. On ne saurait mieux définir la conception à géométrie variable que les gardiens de la pensée unique se font de la liberté d’expression. Continuer la lecture de Qui veut lyncher les dissidents ?