Archives par mot-clé : socialisme

Chantal Delsol : « Le populisme est attaché à des enracinements que détestent les élites universalistes et cosmopolites »

Après Donald Trump et le Brexit, à quelques jours d’une élection aux Pays-Bas et à quelques mois de l’élection présidentielle française, Chantal Delsol fait le point pour FigaroVox sur la situation des partis « populistes » en France et dans le monde.

Les élites ont aimé le peuple tant qu’il défendait le socialisme universel, mais dès qu’il a commencé à défendre ses territoires et ses communautés intermédiaires, elles ont commencé à l’injurier.

Il faut dire aussi que ces courants tellement détestés n’ont pas d’élite intellectuelle, forcément, puisqu’il entraînent tout ce qu’ils touchent dans leur ostracisme – un universitaire qui suivrait Marine Le Pen perdrait aussitôt son statut, son groupe de recherche, ses éditeurs, et cesserait par conséquent d’être universitaire.

Le statut de ces courants [populistes] est très étrange: à la fois on n’a pas eu d’arguments pour les interdire légalement (les démocraties sont tout à fait fondées à interdire des mouvements anti-démocratiques, nazis ou communistes par exemple), et à la fois on les décrie avec tant de force qu’ils n’ont pas droit à un statut de partenaire démocratique: celui avec lequel on débat. Le but du débat démocratique se porte uniquement sur leur exclusion, de façon parfois tout à fait hystérique. Mais on ne dit pas exactement pourquoi, on se contente de les assimiler aux «pages les plus sombres de notre histoire»! Je suis persuadée qu’il y a derrière cette honteuse partie de cache-cache, des raisons inavouées. Essentiellement, le fait que ces courants sont attachés à des enracinements (patrie, famille) que détestent les élites universalistes et cosmopolites qui gouvernent en Occident. Continuer la lecture de Chantal Delsol : « Le populisme est attaché à des enracinements que détestent les élites universalistes et cosmopolites »

La novlangue socialiste : quand la nation devient «le nous inclusif et solidaire»

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On ne le dira jamais assez le PS c’est le délire incarné qu’ imagina Georges Orwell dans 1984. Lire : «En inventant des mots, il s’agit de faire passer la pilule»

novlangueLe novlangue (traduit de l’anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d’Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 (publié en 1949).

Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d’une langue et plus on fusionne les mots entre eux, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir en éliminant les finesses du langage, plus on rend les gens incapables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l’affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et manipulables par les instruments de propagande massifs tels que la télévision.
(…)
Langue officielle d’Oceania, le novlangue a été créé pour satisfaire les besoins idéologiques de l’Angsoc (pour English Socialism) : il doit favoriser la parole officielle et empêcher l’expression de pensées hétérodoxes ou critiques.

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Le Figaro a recensé les nouveaux mots et barbarismes qui s’infiltrent dans le langage politique et social. Un massacre organisé de l’esprit et de la culture selon Le Point.

Cette novlangue brille par ses barbarismes et sa volonté de faire disparaître toute référence à la nation et à la France.

Serait-il plus facile de changer la langue que de changer la vie ? En 1981, la gauche découvrait les joies du pouvoir. Elle était d’une ambition immodérée et ne souhaitait qu’une seule chose : changer la vie. Deux ans plus tard, le tournant de l’austérité puis de la rigueur, l’arrimage au serpent monétaire européen, la construction des fondations de l’euro sonnèrent le glas de ce fol espoir.

Ainsi, on ne se «lance plus dans des projets», on «produit des possibles». L’école maternelle devient la première école car, selon la députée Sandrine Mazetier, c’est «neutraliser la charge affective maternante du mot maternelle» !

On goûtera aussi cette phrase de Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale : «Il revient à l’école française de contribuer à bâtir du commun.

Ne dites plus «construire la société française», mais «le nous inclusif et solidaire» ! Cette Continuer la lecture de La novlangue socialiste : quand la nation devient «le nous inclusif et solidaire»

Le « Socialisme » est le cadet de nos soucis (Roman Bernard)

Texte lu sur Criticus ( je vous invite à lire aussi le débat dans la partie forum du site d’où est originaire le texte qui suit)
De mes années libérales, je garde le souvenir d’un spectre dont la simple mention suffisait à nous plonger, mes camarades en « liberté individuelle » et moi-même, dans un effroi indicible : le socialisme.
C’était à la fois la cause et la conséquence de nos problèmes réels et imaginaires, sur lesquels nous ne nous accordions pas. Dans une causalité circulaire, le socialisme était la source de nos maux, et tous ces maux le renforçaient en retour. Ce simplisme idéologique, qui continue à être celui non seulement des milieux libéraux, mais aussi d’une bonne partie de la droite, nous faisait voir comme ennemi suprême une idéologie que nous étions bien incapables de définir. Notre discours n’était pas politique, mais religieux.
 socialisme
Notre religion avait, toutefois, les apparences de la raison. Nous prétendions établir avec statistiques à l’appui la preuve de ce danger du socialisme. Nos statistiques étaient le plus souvent sommaires : la hausse du taux de dépenses publiques rapportées au Produit intérieur brut (PIB), partout en Occident, suffisait pour indiquer une course vers l’abîme, de « bonnes » sociétés à faible taux d’imposition jusqu’à une situation où toute l’économie serait collectivisée, rappelant les expériences communistes passées.
Outre que seuls quelques-uns, dont votre serviteur, se demandaient pourquoi, si nous étions dans une société socialiste, l’orgie consumériste était plus forte que jamais, ces statistiques ne permettaient pas de comprendre la réalité. Branchés sur les États-Unis et leur « mouvement » libéral-conservateur en faillite, nous nous basions surtout sur l’Indice de liberté économique publié par l’opulente Heritage Foundation.
Selon cet indice, il serait donc préférable de vivre dans les sociétés les mieux notées, Continuer la lecture de Le « Socialisme » est le cadet de nos soucis (Roman Bernard)

Le PS et la colonisation : un passé qui ne passe pas

Le degré d’inculture du socialiste décérébré qui s’exprime à la tribune en dit long sur la conscience politique des jeunes de ce parti. Penser que l’assimilation vient de l’extrême droite est d’une bêtise incommensurable. L’indigence intellectuelle à gauche n’a plus de limite ….

Lu et vu sur le site Enquête et débats

Voici deux extraits du discours de Thierry Marchal-Beck, président des Jeunes Socialistes, lors de la convention nationale “Decrypter, mobiliser, combattre : les Jeunes Socialistes s’engagent contre l’extrême droite” qui s’est tenue le 16 Février 2013 à Montreuil. On constate une profonde méconnaissance des positions socialistes sur la colonisation, à moins qu’il ne s’agisse de mauvaise foi. Dans les deux cas, le PS c’est le camp du mal.


Le PS et la colonisation : un passé qui ne… par enquete-debat

Il faut que les écoles françaises multipliées, où nous appellerons l’indigène, viennent au secours des colons français, dans leur œuvre difficile de conquête morale et d’assimilation. (…)

Jean Jaurès

Thierry Marchal-Beck serait aujourd’hui hitlerien

« Les Blancs ont toutefois apporté quelque chose à ces peuples colonisés, le pire qu’ils pussent leur apporter, les plaies du monde qui sont les nôtres : le matérialisme, le fanatisme, l’alcoolisme et la syphilis. Pour le reste, ce que ces peuples possédaient en propre étant supérieur à ce que nous pouvions leur donner, ils sont demeurés eux-mêmes. Une seule réussite à l’actif des colonisateurs, ils ont partout suscité la haine, cette haine qui pousse tous ces peuples réveillés de leur sommeil à nous chasser. Il semble même qu’ils ne se soient réveillés que pour cela. »

Hitler

John Maynard Keynes contre le socialisme

Lu sur le blog d’Acrithène

John Maynard Keynes est souvent l’économiste de référence des socialistes contemporains. Quelques citations du maître qui leur feraient bien mal…

John Maynard Keynes est un orphelin idéologique. Il suffit de lire des passages de sa Théorie Générale, pour s’apercevoir que le grand homme, sentant que son texte renforçant les prérogatives de l’Etat s’éloignait grandement du libéralisme, prît soin de flatter autant que ce pouvait sans trahir son propos la famille qu’il quittait, sans manquer d’attaquer le marxisme.

Orphelin idéologique, et mort à l’issue de la guerre, J.M. Keynes a été adopté post-mortem par les socialistes, alors que lui-même s’en était explicitement démarqué. A chaque fois qu’on nous préconise une nouvelle forme d’intervention de l’Etat dans les affaires économiques, J.M. Keynes semble donner, du ciel, sa bénédiction tacite. Plutôt que de laisser les étatistes s’approprier le nom d’un des grands hommes du siècle, nous devrions les mettre face aux écrits de leur héros, car ceux-ci ne cautionnent absolument pas leurs politiques.

Dans la conclusion de son magnum opus, J.M. Keynes explique que ses préconisations n’ont d’autre objet que la sauvegarde du « capitalisme » comme système économique, et de l’ « individualisme » comme système politique. Dans l’Europe d’aujourd’hui, seuls des libéraux défendraient avec autant d’attachement ces principes comme fondement de la société, tant une dimension péjorative s’y est désormais associée. Voici ce qu’écrit Keynes dans la conclusion de sa Théorie Générale.

 

« Le contrôle central nécessaire au plein-emploi implique, bien sûr, un accroissement important des fonctions traditionnelles du gouvernement. Mais il laisse de vastes prérogatives à l’initiative et à la responsabilité privée. En leurs seins,  les avantages traditionnels de l’individualisme prévalent.Prenons le temps de nous remémorer ces avantages. Ils sont pour partie des avantages d’efficacité – ceux de la décentralisation et du jeu des intérêts personnels. Les avantages des décisions et responsabilités individuelles sont peut-être plus grands encore que ce que le XIXèmesiècle supposa : et la réaction contre l’appel des intérêts égoïstes est peut-être allé trop loin. Mais par-dessus tout, l’individualisme, purgé de ses excès, est le meilleur bouclier des libertés individuelles dans la mesure où, comparé à tout autre système, il agrandit considérablement le champ d’exercice du libre arbitre.[…]Bien que l’élargissement des fonctions du gouvernement, induit par la tâche d’ajuster la propension à consommer et l’incitation à investir, paraîtrait à un journaliste du XIXème siècle ou à un financier américain contemporain être une entorse terrible à l’individualisme, je le défends, tout au contraire, à la fois comme le seuil moyen pratique de sauvegarder le système existant dans son intégralité et la condition du bon fonctionnement de l’initiative individuelle. »

J.M. Keynes, Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie

Si au regard de la communauté des économistes de son époque, John Maynard Keynes n’est pas vraiment un libéral, il n’est certainement pas non plus un socialiste. Parce que J.M. Keynes s’est démarqué des penseurs classiques, les socialistes en ont profité pour se l’approprier et ont abusé de son nom comme les capitalistes abusèrent du nom d’Adam Smith au siècle précédent. De même qu’Adam Smith n’est pas un libertarien, ni un défenseur de l’égoïsme comme principe de société, John Maynard Keynes n’est pas un socialiste qui croit au partage du travail. Désormais que les interventionnistes se revendiquent de l’autorité du maître, confrontons quelques-unes leurs guignoleries aux idées de l’économiste qu’ils vénèrent.

La relance par le déficit Continuer la lecture de John Maynard Keynes contre le socialisme

Le monde enchanté du Livret A

C’est un vrai compte de Noël – à défaut d’un conte – que nous livre l’actualité, en ce temps de l’Avent, avec le monde enchanté du livret A. C’était déjà une promesse du candidat Hollande : doubler le plafond du Livret A, promesse pour l’instant partiellement tenue, avec un plafond en hausse de 25% au 1er octobre. Le miracle s’est produit, puisque les dépôts ont fortement progressé. De quoi se réjouir sans doute. À quelques détails près, car tout conte a ses sorcières, qui jettent le mauvais sort. S’agissant d’une épargne administrée, détournée des placements productifs, il est clair que le conte se terminera mal.

L’épargne administrée, une spécificité française

Nous avons déjà eu l’occasion de parler ici même du livret A et de son petit frère, le bien nommé Livret de Développement durable. C’est une curiosité bien française, qui fait partie de ces originalités que le monde regarde comme on observe une réserve d’animaux préhistoriques : l’épargne administrée. Dans toutes les économies de marché, l’épargne est libre. Cela veut dire que les taux varient librement, ne sont pas les mêmes d’une banque à l’autre, que chaque compte a ses caractéristiques, et que l’on peut signer le contrat de son choix. On choisira le meilleur placement, compte tenu de ses besoins ou de sa préférence pour le temps ou pour le risque.

La France n’aime pas le libre contrat ; elle préfère la bonne vieille régulation, pire encore l’administration, dans toute sa délicatesse. Pendant longtemps l’épargne française a été presque totalement administrée, les taux fixés par l’État, les plafonds aussi, et d’ailleurs les grandes banques étaient dans la main du gouvernement. Le marché unique européen, les règles de la concurrence nous ont amenés à évoluer quelque peu, mais l’épargne administrée a de beaux restes, dont le livret A est le plus beau fleuron. Certes, il n’est plus le monopole de La Poste ou des Caisses d’épargne, on peut en ouvrir dans n’importe quelle banque, mais comme les règles sont strictement les mêmes, la concurrence est elle aussi à la française : elle s’appelle uniformité au lieu de diversité.

Une formule inventée par un énarque dépressif

Pour l’essentiel, le taux est fixé par l’État, il existe un plafond maximum de dépôts et les intérêts sont défiscalisés, privilège dont ne bénéficient pas les autres placements. Voilà de l’arbitraire étatique dans toute sa pureté. Même si la formule est bien connue, on ne peut résister au plaisir de rappeler comment est calculé le taux du livret A : « Le taux est égal, après arrondi au quart de point le plus proche ou à défaut au quart de point supérieur, au chiffre le plus élevé entre la moyenne arithmétique entre, d’une part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l’Euribor 3 mois et de la moyenne mensuelle de l’Eonia (exprimées avec deux décimales) et, d’autre part, l’inflation en France mesurée par la variation sur les douze derniers mois connus de l’Indice INSEE des prix à la consommation de l’ensemble des ménages hors tabac (exprimé avec une décimale) et l’inflation majorée d’un quart de point. ».

Le plus intéressant est à venir : après cette éblouissante formule, inventée probablement par un énarque dépressif, on apprend que le gouvernement n’est pas obligé de respecter la formule, quand les résultats ne lui plaisent pas ; c’est ainsi que le taux aurait dû passer il y a quelques mois à 2,75% et que le gouvernement précédent a préféré le fixer à 2,25%. Enfin, il existe un plafond autorisé de dépôts, plafond que le candidat Hollande voulait doubler d’un coup, et que le Président Hollande a accru de 25%, en attendant une prochaine hausse.

Vive l’épargne ?

Le Livret A et autres LDD restent les placements préférés des Français, avec 325 milliards d’euros de dépôts ; la défiscalisation attire beaucoup de monde, même si le taux est faible et arbitraire ; et la hausse du plafond a eu les effets souhaités par le gouvernement Ayrault : accroître d’un coup massivement les dépôts : 21,3 milliards d’euros en plus pour le seul mois d’octobre. On parle de 60 milliards pour les mois à venir. Triomphe donc de l’épargne populaire, même si on peut se demander si cette progression, due au passage du plafond à 19 250 euro (donc 38 500 pour un couple, ayant deux livrets A) a concerné vraiment le « peuple » au sens du Président Hollande, qui « n’aime pas les riches ». 38 500 euros d’épargne liquide (sans compter les LDD), ça ne semble pas concerner d’abord le Smicard.

Deux choses me chagrinent. La première est la cohérence des décisions gouvernementales. Voici un gouvernement keynésien – le ministre de l’économie l’a rappelé – qui encourage l’épargne. Or Keynes, comme son ancêtre Malthus, considérait que l’épargne était la source de tous les maux, l’économie étant en crise « faute de débouchés ». Dans les années 30 Keynes suppliait à la radio la ménagère anglaise d’aller dépenser son argent en achats de consommation ; voici que nos néo-keynésiens considèrent l’épargne comme un bienfait ; il nous semblait que c’était plutôt les libéraux et les descendants de Jean-Baptiste Say et de l’économie de l’offre qui défendaient l’épargne. Mais ne boudons pas notre plaisir car il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes qui restent dans le droit chemin.

Il y a épargne et épargne, l’administrée et la libre !

Nos keynésiens sont convertis à l’épargne, mais ils restent socialistes. Donc il y a épargne et épargne. La mauvaise, c’est l’épargne libre, celle à taux négocié, déposée dans les banques, qui s’en servent pour financer les entreprises, ou celle qui est investie en bourse, le fameux temple du capitalisme. Et la bonne, l’épargne administrée, qui permet aux énarques de faire joujou avec les taux, les plafonds et les privilèges fiscaux. Voilà qui nous fait dire que ce mauvais compte va tourner au cauchemar.

Nous défendons l’épargne, mais l’épargne libre, celle qui va financer les investissements rentables, c’est-à-dire les seuls investissements d’avenir, durables. Or l’argent du Livret A va pour l’essentiel à la Caisse des Dépôts, qui s’en sert pour financer les opérations publiques : la construction d’HLM, comme si cela pouvait résoudre la grave question du logement, qui meurt faute de liberté, mais aussi les équipements des collectivités locales, comme si elles n’étaient pas déjà surendettées.

L’épargne est ainsi utilisée avant tout pour financer des dépenses publiques, comme si les dépenses et les dettes publiques n’étaient pas déjà beaucoup trop élevées. Et la Caisse des Dépôts n’en sera que plus à l’aise pour jouer à la vraie banque grâce à sa filiale à 50% (le reste étant détenu…par l’État), la Banque Publique d’Investissement. Celle-ci a théoriquement pour but de financer les PME, comme si les banques ne pouvaient le faire, et en réalité visera à aider les régions à prendre des participations dans des entreprises. En français ? Des nationalisations partielles.

Pendant ce temps, l’économie française s’enfoncera dans la récession, faute pour ses entreprises de trouver une épargne libre pour financer les investissements productifs et plus généralement faute de liberté. Le monde enchanté et trompeur du Livret A est un symbole de plus de l’aveuglement français. Les sorcières étatiques ont encore frappé. Bon Noël quand même.

Source : Contrepoints

Le socialisme en chemise brune

Georges Kaplan interroge Benoît Malbranque, auteur de l’essai  » Le socialisme en chemise brune », pour le journal Nouvelles de France.

Georges Kaplan : Benoît Malbranque, vous publiez Le Socialisme en Chemise Brune, un « essai sur les dimensions socialistes du national-socialisme hitlérien ». Bénéficiez-vous d’une protection policière ?

Benoît Malbranque : Vous pensez que je devrais ? (Rires). Non, d’ailleurs le livre relève de l’analyse historique et pas de l’essai polémique. Son objet n’est pas de dire que le socialisme est une forme de nazisme. Ce serait prendre les choses à l’envers. Mon objectif est d’apporter des réponses à une question en apparence assez banale, à savoir : Pourquoi Hitler intitula-t-il son mouvement National-Socialisme (Nationalsozialismus).

La plupart des historiens n’ont pas voulu prendre l’idéologie nazie au sérieux et ont prétendu, sans même le prouver, que le nazisme n’avait rien à voir avec le socialisme. Pourtant, Hitler se disait lui-même socialiste, Joseph Goebbels qualifiait son idéologie de « socialisme national », l’ancien numéro deux du parti, Gregor Strasser, disait travailler à une « révolution socialiste », et dans ses mémoires, Adolf Eichmann expliqua même que sa « sensibilité politique était à gauche ». Ce sont des éléments troublants, et cela pose question.

GK : Mais en quoi, précisément, les Nazis étaient-ils socialistes ?

BM : Cela tient d’abord à l’histoire du mouvement. Quand il entra en politique, Hitler rejoignit le Parti Ouvrier Allemand, un groupuscule qui inquiétait l’armée par ses tendances communistes et révolutionnaires. Le programme politique de ce parti fut repris à l’identique quand, sous l’impulsion d’Hitler, il changea de nom pour devenir le Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands.

Le NSDAP se présentait comme un parti socialiste, opposé au capitalisme, à la haute finance, aux spéculateurs et aux grands patrons. Il promettait des nationalisations, l’interdiction du prêt à intérêt, l’éducation gratuite, et la mise en place d’un véritable État-Providence. Les Nazis critiquaient les sociaux démocrates au pouvoir en disant que leur soi-disant « socialisme » avait abouti à un capitalisme encore plus prédateur et esclavagiste.

GK : Oui mais ça ce sont les promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent – c’est un peu comme quand le PS se dit socialiste : les nazis n’ont pas nationalisé toute l’industrie allemande que je sache ?

BM : Pour Hitler, ces questions étaient inessentielles. Le régime de propriété n’importait pas. La conservation de la propriété privée n’empêchait pas l’intervention massive de l’État dans l’économie.

Et celle-ci fut effectivement massive. L’État indiquait ce qu’il fallait produire, en quelle quantité, et à quel prix. Il imposait aussi les sources d’approvisionnement et les circonstances de vente. Dès 1933, les industriels et commerçants récalcitrants furent envoyés à Dachau. L’inflation réglementaire toucha aussi le marché du travail. L’économie allemande était devenue dépendante du pouvoir centralisé de l’État nazi, qui la dirigeait par des plans quadriennaux. C’est ce que les nazis appelaient la Zwangswirtschaft, l’économie dirigée.

Enfin, Les plans de relance massifs tant promis furent mis en place par le régime. Les politiques sociales incluaient des aides aux plus démunis, des allocations par dizaine, et des réductions d’impôts pour les plus pauvres et la classe moyenne. Surtout, les Nazis ont institué un système d’État-Providence que de nombreux historiens ont comparé au Welfare State inspiré par William Beveridge.

Dans Mein Kampf, Hitler avait longuement salué la nécessité d’un mouvement syndical puissant et influent. Continuer la lecture de Le socialisme en chemise brune