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Avril 2012: Les sondages se plantent sur Mélenchon. Et sous-estiment Marine Le Pen

Si en mars 2012 les sondages ont été assez fidèles aux résultats finaux, tel n’est pas le cas en avril 2012.
De nombreux sondeurs vont délirer sur Mélenchon le portant à 17% des voix alors qu’ils estiment marine Le Pen à 13% d’intention de vote.
Le résultat final montrera que Mélenchon n’a pas dépassé les 10% et que Marine le Pen a presque atteint les 18%.

On constate aussi que certains sondeurs ont largement surestimé le vote Bayrou en avril comme en mars. Cependant quelques instituts améliorent leurs mesures en avril et estiment le candidat du Modem à 9%, résultat qu’il obtiendra le jour de l’élection.
En ce qui concerne sarkozy et Hollande, les sondeurs hésitent sur l’ordre d’arrivée, mais leur allouent à chacun un pourcentage proche du réel. Sauf l’institut CSA qui dans sa dernière estimation prête à Nicolas sarkozy 24% alors qu’il finira à 27%.

Source Wikipédia

Cliquer sur l’image.

Résultats à l’issus du premier tour. Source: Ministère de l’intérieur.

Le 27 mars 2102 les sondages donnaient les résultats finaux du 1er tour de la présidentielle.

Un mois avant l’élection présidentielle de 2012 les sondeurs avaient donné les résultats du premier tour avec une marge d’erreur d’à peine 1%.
Le meilleur institut semble avoir été Opinionway. À part pour Bayrou et  Mélenchon les sondeurs n’étaient pas très loin de  donner les résultats définitifs.

Source: wikipédia

Sondages du 27 mars 2012

Résultats du premier tour de l’élection.
Source: ministère de l’intérieur.

La grande peur du Figaro : Marine devant Nicolas

Malgré ce que prétendent les sondeurs dont nous avons vu comment ils manipulaient les chiffres, Marine Le Pen est proche de Nicolas Sarkozy. Donné à 27% et 24% Sarkozy bénéficie d’un redressement à la hausse. Donnée dans les derniers sondages à 17,18%, Marine Le Pen est « lissée », c’est à dire qu’elle est estimée à la baisse par rapport aux données bruts. Tout dépend donc du taux de redressement pour l’un et du lissage pour l’autre. En sachant que les marges peuvent aller jusqu’à 5%… je vous laisse faire les calculs. C’est ce qui explique que dans certains milieux on commence à paniquer…. comme au Figaro par exemple.

Quoiqu’il en soit on aura encore vu le rôle néfaste que peuvent jouer les instituts de sondages tous affiliés à la droite ou à la gauche, dans cette élection. Ils auront fossilisé le bipartisme , en encourageant les uns et décourageants les autres. Vous savez ce qu’il vous reste à faire. Voter sans prendre en compte les sondages et selon vos propres convictions.

Analyse de Claude Soula, grand reporter au Nouvel Observateur, sur le soutien du Figaro à Nicolas Sarkozy.

Le problème du Figaro, sa grande peur, celle qui sera tranchée dimanche, c’est en fait que Marine le Pen soit devant Sarkozy. C’est le scénario cauchemar qui fait peur à la direction.

C’est vrai qu’ils sont allés très loin le Figaro dans le soutien unilatéral au président sortant, pendant cette campagne. Mais sont-ils allés plus loin que ne va la presse de gauche dans le soutien à ses candidats et dans la lutte contre Sarkozy ? Pas certain.

Ce soutien inconditionnel, quasi absurde, n’explique pourtant pas les rumeurs étranges autour du départ de Etienne Mougeotte. Il n’a fait qu’agir en accord avec le propriétaire Serge Dassault.
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Sondages: Les sondeurs remontent les intentions de vote concernant Marine Le Pen et baissent celles de Sarkozy(vidéo)

Ont-ils peur d’être ridicules le soir du 22 avril ? Craignent-ils que leurs magouilles deviennent un peu trop visible ? Difficile de répondre, mais après avoir placé Marine Le Pen à 13% ou 15 %, certains sondeurs remontent leurs estimations à 17%… et baissent Mélenchon de 2%.

Harris Interactive :  la candidate FN reprendrait un point à 17% quand le président du Front de Gauche se tasserait à 12% (-1).

Le Figaro

Dans le dernier sondage réalisé par CSA pour BFMTV, RMC, 20 Minutes et CSC, Nicolas Sarkozy enregistre un recul de deux points, à 24% des intentions de vote au 1er tour de la présidentielle. […]

Dans ce sondage, Marine Le Pen recueille 17% des intentions de vote (+2%) devant le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon à 15% (-2%).

Le Figaro

« Est-ce que les sondeurs ne continuent pas de sous-estimer Marine Le Pen ? »

Avec 30% d’indécis et peut-être une abstention record, les sondeurs ont beaucoup de difficulté à prévoir le résultat du vote du 22 avril . Sur RMC, éric brunet estime que  l’élection présidentielle n’est pas jouée en dépit les sondages. Il débat avec Maurice Szafran (Marianne) et Robert Namias lorqu’un auditeur appelle et leur donne son sentiment sur ce qu’il entend sur son lieu de travail:

« Dans le bâtiment, je peux vous dire qu’à ma grande surprise, il y a des gens qui vont voter extrême-droite. Il y a 5 ans, ils n’osaient  pas voter extrême-droite, ni en parler. Je suis loin d’être désagréablement surpris. Pour moi les sondages sont complètement bidons. » – Franck

Manipulation de masse et conformisme: l’expérience de Asch (vidéo)

L’expérience d’Asch, publiée en 1951, est une expérience du psychologue Solomon Asch qui démontre le pouvoir du conformisme sur les décisions d’un individu au sein d’un groupe. C’est exactement ce que cherchent à produire les instituts de sondages sur les électeurs.
Solomon Asch invita un groupe d’étudiants de 17 à 25 ans à participer à un prétendu test de vision. Tous les participants étaient complices avec l’expérimentateur, sauf un. L’expérience avait pour objet d’observer comment cet étudiant (le sujet) allait réagir au comportement des autres.

Les complices et le sujet furent assis dans une pièce et on leur demanda de juger la longueur de plusieurs lignes tracées sur une série d’affiches. À chaque fois, il fallait qu’ils désignent laquelle était la plus courte, lesquelles étaient de même longueur, etc. Au début, les complices donnent à l’unanimité la même fausse réponse avant de laisser le sujet répondre en dernier.

Tandis que la plupart des sujets répondirent correctement, beaucoup furent assez perturbés, et un grand nombre (33 %) finissait par se conformer aux mauvaises réponses soutenues à l’unanimité par les complices. Les sujets étaient même amenés à soutenir des réponses allant contre l’évidence et leur propre vue , pour par exemple affirmer que deux lignes avaient la même longueur, alors que l’écart était très visible car de plus de 5 cm.

Lorsqu’il n’y avait pas unanimité parmi les complices, les sujets s’émancipaient du groupe pour soutenir la réponse vraie, mais dissidente et contrariante pour le groupe ;
Des sujets témoins qui n’étaient pas soumis à un point de vue majoritaire, n’eurent aucun mal à donner toujours la bonne réponse.
Après l’annonce des résultats, le sujet attribuait généralement sa piètre performance à sa propre « mauvaise vue ». Ceci rejoint dans une certaine mesure l’expérience de Milgram où le sujet accuse l’expérimentateur d’être responsable de son comportement. Dans les deux cas, le sujet se dédouane

Les sondages sur Marine Le Pen seraient-ils manipulés ?

Il y a un mois, alors que le FN était à la recherche de ses signatures, le journaliste Emmanuel Ratier évoquait les possibles manipulations des sondages. Il dénonçait notamment le refus des instituts de sondages (tous affiliés soit à la droite soit à la gauche) à donner les chiffres bruts. En effet, les chiffres des études vendues à la presse sont soit lissés soit redressés. Cela permet d’augmenter de façon totalement subjective de 3 à 6 points un candidat ( redressement) ou de baisser d’autant les intentions de vote d’un autre.
Cette liberté d’interprétation permet de faire des coups médiatiques, d’animer la campagne et ainsi d’améliorer les ventes de la presse.

Convenons que le suspens est plus intense et l’information plus alléchante si Mélenchon talonne Marine Le Pen, que s’il se trouve à 6 points derrière.


R-Courtoisie 2012.02.13 Lesquen/Ratier – MLP par Hieronymus20

Prenons les intentions de vote de Marine Le Pen par catégorie professionnelle:

Intentions de Vote chez les agriculteurs: 21% (source)

Intention de vote chez les salariés du privé: Continuer la lecture de Les sondages sur Marine Le Pen seraient-ils manipulés ?

1er tour de la présidentielle : Le suspense reste entier

A 15 jours du vote, l’incertitude s’accroît à propos de l’issue du 1er tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy ayant pris un léger ascendant sur François Hollande selon les sondages, tandis que les limites de la dynamique créée par Jean-Luc Mélenchon sont difficiles à cerner et que l’électorat du FN reste «insaisissable».

«Objectivement, je ne vois pas comment Marine Le Pen peut passer en dessous des 15-17%», dit hors micro un ministre UMP.

Donné vainqueur au second tour par une marge significative (54-46 ou 53-47), le candidat socialiste reste aujourd’hui le favori du scrutin, mais a reculé dans les intentions de vote, selon la plupart des sondages, pour se situer désormais à 27-28% au 1er tour. […]
Selon Emmanuel Rivière (TNS Sofres), on ne peut encore écarter l’hypothèse d’une finale inattendue au soir du 22 avril. «Un duel trop certain, trop annoncé, a pour caractéristique de produire des effets qui peuvent fragiliser ce scénario», met-il en garde. […]

On ne peut exclure que François Hollande tombe sous les 25% d’intentions de vote dans les quinze jours, ni que Marine Le Pen fasse le 22 avril un score bien plus haut que celui qui lui est prêté actuellement (entre 13 et 15%), estime-t-il

La candidate du Front national «est à un niveau élevé, dans l’absolu. Cela crée une incertitude, avec un électorat FN insaisissable» qui peut jouer les trouble-fête si l’abstention est élevée, poursuit l’expert. Un électeur sur quatre est tenté de s’abstenir, d’après une enquête BVA. […]

La poussée Mélenchon conduit François Hollande à mettre en garde contre «la dispersion à gauche» et à agiter «le spectre du 21 avril 2002» dans un électorat encore traumatisé par cet épisode.

Le Parisien

90% des Français refusent d’être sondés, et ils ont raison !

Chaque jour nous vaut son lot de sondages sur l’élection présidentielle. Et voilà que Nicolas Sarkozy croise la courbe de François Hollande, et voilà que Jean-Luc Mélenchon dépasse François Bayrou et Marine Le Pen, atteignant le seuil symbolique des 15%.

Bien sûr, chaque publication se fait fort de reproduire l’avertissement de la Commission des sondages : « les sondages ne sont qu’un instrument d’analyse de l’opinion publique et non pas un outil de prévision des résultats électoraux. » Il n’empêche que les politologues en tirent des conclusions hâtives.

Or ces sondages sont entachés de nombreux biais et approximations qui mettent en cause leur « vérité » présentée comme scientifique voire comme parole d’Evangile.

Premier biais : les fameux « redressements ».

Les chiffres bruts sont corrigés à la hausse ou à la baisse, sous prétexte que des électeurs auraient honte de déclarer leur vote pour tel ou tel. En 2002 et 2007, les scores de Jean-Marie Le Pen étaient multipliés par deux voire par trois. On sait que cette correction fut insuffisante en 2002, et comme pour se rattraper, les sondeurs ont poussé le balancier trop loin dans l’autre sens en 2007. Et qu’en est-il pour Marine Le Pen en 2012 ? Mystère total, puisque les chiffres bruts sont soigneusement cachés au public.

Ces redressements relèvent donc plus de cuisine interne et opaque que d’une démarche scientifique. On dit qu’il se baseraient sur les déclarations de vote des sondés quand on les interroge sur leurs votes précédents. Encore faudrait-il qu’ils s’en souviennent, et qu’ils ne mentent pas… par honte ! Les nombreux déçus du sarkozysme diraient-ils tous qu’ils ont voté pour l’actuel président-candidat en 2007 ? Et si les vieux « frontistes » ne se gênent plus de dire vouloir voter pour Marine Le Pen, qu’en est-il de nouveaux électorats qu’elle pourrait conquérir, comme les fonctionnaires ou les personnes âgées, qui pourraient craindre le « qu’en dira-t-on » ? Et les jeunes, sont-ils plus francs et moins soucieux de la famée que leurs parents par franchise et bravoure, ou sont-ils encore plus soumis au « politiquement correct » de leurs aînés ? (1)


Bref, les « redressements », c’est du doigt mouillé soumis à des vents contraires et qui peuvent donc aller dans tous les sens.

Second biais connexe aux redressements : les sondés peuvent tout simplement mentir.

Voilà qu’on m’appelle au téléphone pour me demander pour qui je vais voter. La dame au bout du fil se présente de la part de tel ou tel institut, mais je n’ai aucun moyen de vérifier. Vais-je livrer mes opinions politiques (et parfois d’autres plus intimes parce que le sondage politique est noyé parmi d’autre pour limiter les frais) à une parfaite inconnue qui connaît donc mon numéro de téléphone et peut ainsi avoir mon identité ? Alors oui, je serai tenté de lui mentir, de lui dire que je ne pratique pas la sodomie, que j’ai tout ce qu’il me faut en équipement internet et téléphonique, et que je ne soutiens pas l’ultra-gauche.

Second biais : les refus de répondre. Dans une interview de 2011 Brice Teinturier, grand sondeur devant l’Eternel et les caméras, nous apprenait que pour constituer le classique panel de 1000 votants, les instituts de sondage réalisaient 7000 appels. Alain Garrigou, spécialiste du sujet qui donne moult conférence, parle quant à lui de 13 000 appels pour obtenir 1000 réponses. Soit un rapport moyen de 1 à 10 !

Quand est-ce que les sondeurs tombent sur « des becs » ? Continuer la lecture de 90% des Français refusent d’être sondés, et ils ont raison !

Les sondages : une pseudo-science et un outil de manipulation de masse.

Un récent communiqué de la Commission des Sondages, passé  inaperçu, vient de sonner la fin de récréation dans le landerneau politico-médiatique parisien.

Cette commission indique que les sondages électoraux sont à regarder avec la plus grande prudence, ajoutant que « les sondages ne sont qu’un instrument d’analyse de l’opinion publique et non pas un outil de prévision des résultats électoraux «.

Diantre, pourtant chaque nouvelle vague de sondages montre un duel annoncé entre Hollande et Sarkozy ( totalisant à eux deux 50 à 60% des intentions de vote ) loin devant la candidate Marine Le Pen ( 15 à 18% ).

Pourquoi une telle distorsion ?

Arrêtons-nous un instant sur les modalités techniques de réalisation des sondages.

Généralement un sondage est réalisé sur un échantillon de 1000 personnes ; sur ces 1000 individus, environ 30% n’iront pas voter et entre 10 et 20% demeurent indécis ; au final donc entre 600 et 700 réponses sont prises en compte, avec une marge d’erreur annoncée de l’ordre de 4%.

Dans la réalité, il existe 2 biais majeurs à ces enquêtes.

Le 1èr biais concerne les redressements opérés par les instituts de sondage, qui sont aujourd’hui sujets à caution. Outre les redressements dits « techniques » ( méthode des quotas ), il existe un second type de redressement beaucoup plus contestable : en partant du principe qu’une partie des sondés ne dit pas la vérité sur leurs intentions futures, on les interroge sur leurs votes passés ( Présidentielle 2007, derniers scrutins locaux) puis on modifie les scores des candidats en fonction des écarts constatés.

Ce type de démarche conduit inévitablement – ou volontairement ? – à minorer le score de Marine Le Pen pour 2 raisons :

  • La première est liée au fort taux d’abstention lors des récentes élections locales qui a impacté – on ne l’a pas assez dit –  l’électorat traditionnel du FN, c’est-à-dire les classes populaires;  ceci conduit à réduire le score de Marine Le Pen.
  • La deuxième raison a trait aux ressorts psychologiques des individus; pour beaucoup d’anciens électeurs de Sarkosy, il y a comme un goût de trahison et l’impression – et ce n’est pas qu’une impression ( sic ) – de s’être fait « roulé dans la farine » ; je ne sais pas vous, mais moi il ne m’est jamais agréable de dire que l’on s’est fait possédé, particulièrement si l’interlocuteur en face est un parfait inconnu. Il parait donc probable que les déclarations de vote des sondés minimisent le score de Sarkozy en 2007, ce dernier étant par la suite redressé à la hausse, donc A TORT, au détriment du score de Marine Le Pen ; ceci expliquerait le niveau actuel du président, proche de 2007, alors qu’il bat tous les records d’impopularité.

 

Maintenant attachons-nous au deuxième biais des sondages, qui n’est que très rarement évoqué, alors qu’il constitue à notre avis une distorsion majeure.

Dans une interview de 2011 Brice TEINTURIER, délégué d’IPSOS France, Continuer la lecture de Les sondages : une pseudo-science et un outil de manipulation de masse.

Les instituts de sondages sont-ils indépendants ?

Les instituts de sondage sondent. Tous les jours. Heure par heure. Sur tout et n’importe quoi. C’est la « démocratie » d’opinion et sondagière à tous les étages. Les média s’en repaissent. Ils s’en gavent et ils nous gavent. Ils ont vite compris que ce serait le mauvais cholestérol du débat d’idée. Mais les idées ils s’en foutent les média. Ce qu’il veulent c’est du jeu, du pronostic, de la superstition, de la pseudo-science, du fumeux. Tout est bon pour attirer le gogo, le maintenir sous le joug servile de la médiacratie.
Que tout ceci soit du charlatanisme, n’a aucune importance. Que les instituts de sondages entretiennent des relations privilégiées avec les partis politiques dominants ne posent aucun problème aux média. A quoi bon s’en offusquer puisque les propriétaires des principaux média français ont leur jetons de présence dans les conseils d’administrations des instituts de sondage auquel ils commandent des études. Et à l’inverse il suffit de regarder les participations croisées des actionnaires et propriétaires des instituts de sondage dans différents types de sociétés, dont les groupes de médias ou bien certains think –tanks pour comprendre que tout ceci est une magnifique entreprise de propagande et de manipulation.(1)

Faisons un rapide tour des propriétaire:

L’entrepreneur Vincent Bolloré, influent dans les média et ami du Président Sarkozy, détient désormais l’intégralité du capital de CSA-TMO tandis que l’actuelle présidente du MEDEF, Laurence Parisot, était encore présidente de l’IFOP il y a peu.

En ce qui concerne Ipsos, créé en 1975 par Didier Truchot et Jean-Marc Lech, le groupe Pinault( un ami de Sarko et Hollande) y réalisait en 1997 une prise de participation. Nicolas Bazire, aujourd’hui examen pour complicité d’abus de biens sociaux, en fut l’ administrateur. Une fonction qui ne l’empêcha pas de prendre la tête de la Fondation pour l’innovation politique « cercle de réflexion » de l’UMP chargé d’anticiper l’élection présidentielle de 2012.
Soulignons aussi que le socialiste benoit Hamon fut pendant quelques années le directeur du planning stratégique d’Ipsos.Comme quoi au PS, on sait aussi travailler avec l’UMP quand c’est une question de gros sous.

L’institut BVA est géré par Edmond de Rothschild Investment Partners, principal actionnaire du journal de gauche Libération et très présent dans l’équipe de François Hollande et les affaires du Parti socialiste.

Opinion Way.: Cet institut est proche du Figaro et de Patrick Buisson, spécialiste des études d’opinion et conseillé de sarkozy. En 2009, la cour des comptes, alors présidée par Philippe Seguin, révélait que l’Élysée finançait les sondages d’Opinion Way publiés par le Figaro.

Bien que la plupart des sondeurs travaillent de façon « confidentielle » pour la présidence, un seul est cité par la Cour, sans doute en raison de l’importance de ses relations avec l’Elysée : Opinion Way. Le cabinet anonyme a facturé en un an 392 228 euros à la présidence pour participer au « politoscope » bimensuel du sondeur. Or, cette enquête est régulièrement publiée par LCI et Le Figaro et il s’avère que « la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la Présidence » ne fait « pas apparaître de différence »… Au moins quinze autres sondages parus dans la presse, réalisés par des instituts non précisés, ont également été facturés (en partie ?) à l’équipe présidentielle.

La Cour des comptes s’interroge sur le bien-fondé de la dépense pour l’Elysée.source

Alors peut-on encore décemment croire à l’indépendance des sondages qui nous sont données ?

Les secrets de fabrication des sondages

Un gouffre électoral sépare les instituts Ipsos, LH2 et BVA de leurs homologues Ifop et CSA. Les premiers voient François Hollande loin devant Nicolas Sarkozy. Cinq, six à sept points d’avance. Des millions de voix. Les deux autres mettent un point seulement entre les deux candidats, le socialiste voyant sa cote reculer. Un point, l’épaisseur du trait. Et pas la même histoire, du moins au premier tour. Plusieurs questions se posent. (…)

Qu’est-ce que le « redressement »?

Voilà l’explication majeure. Les sondeurs corrigent tous les réponses de leurs échantillons. Ce lifting est indispensable. Un rapport des sénateurs Hugues Portelli (UMP) et Jean-Pierre Sueur (PS) datant de 2010 en livrait les clés.

Phénomène connu : les sondés d’extrême droite cachent leurs préférences. « À l’inverse, on peut observer que les partis de la gauche modérée sont généralement surreprésentés, phénomène dénommé ‘sinistrisme’ que les spécialistes de science politique peinent à s’expliquer », indiquaient les sénateurs.

Du coup, les instituts relèvent ou abaissent les intentions de vote en fonction de leur propre cuisine. C’est leur secret de fabrication. Le plus souvent, ils se réfèrent aux choix passés de l’électeur. S’ils sont peu nombreux à avoir voté Le Pen par rapport aux résultats réels des scrutins, alors le score est relevé. Il y a d’autres moyens : la popularité du candidat, la prise en compte de phénomènes d’image… « Dans cette procédure finale, il y a une part humaine, par définition faillible et subjective », rappelle un membre de la profession.

(…) Les instituts sont-ils politisés?

La palette des redressements offre une latitude d’appréciation aux instituts. Peuvent-ils échapper aux pressions, à leurs propres opinions, voire au désir de plaire aux partis politiques qui leur achètent des études? « Certains sont réputés proches du pouvoir, d’autres sont perçus comme plus indépendants« , glisse un ancien du métier. « Je ne crois pas à l’influence manipulatrice des sondages, réfute Denis Pingaud, conseil en stratégie d’opinion et auteur de Secrets de sondages (le Seuil). L’opinion est acculturée. Continuer la lecture de Les secrets de fabrication des sondages