Archives par mot-clé : zone euro

La zone euro va déclarer mardi l’Espagne et le Portugal en dérapage budgétaire

La zone euro va déclarer mardi l’Espagne et le Portugal en dérapage budgétaire, a déclaré lundi soir le président du groupe des 19 pays de la monnaie unique, Jeroen Dijsselbloem, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

« Les membres de la zone euro vont soutenir demain la recommandation de la Commission européenne » (qui avait déclaré jeudi l’Espagne et le Portugal en dérapage budgétaire, ndlr), a précisé M. Dijsselbloem à l’issue d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe).

Ce constat de dérapage ouvre la voie à une procédure de sanctions jusqu’ici inédite dans l’histoire de la zone euro.

A partir du moment où les ministres de la zone euro, dans le cadre d’une réunion des grands argentiers de l’UE prévue mardi à Bruxelles, « vont dans notre sens, s’ouvre alors une période de 20 jours » pendant laquelle la Commission européenne évaluera les Continuer la lecture de La zone euro va déclarer mardi l’Espagne et le Portugal en dérapage budgétaire

Zone euro: « la sortie de plusieurs pays n’est pas exclue » (Berlusconi)

Plusieurs pays de l’Union européenne pourraient quitter la zone euro si la Banque centrale européenne (BCE) et l’UE ne changent pas leur politique, a déclaré mardi l’ex-premier ministre italien Sylvio Berlusconi dans une interview accordée à la Radio 1.

5gjp« L’idée de sortir de la zone euro me semble une aventure. Mais si nous ne parvenons pas à modifier la politique de la BCE et de l’UE, la réalité nous obligera, ainsi que la France, l’Irlande et le Portugal à abandonner la monnaie unique et revenir à nos devises nationales », a indiqué l’ex-premier ministre. Continuer la lecture de Zone euro: « la sortie de plusieurs pays n’est pas exclue » (Berlusconi)

Le fardeau des 800 milliards de créances douteuses de la zone euro inquiète le FMI

Voilà la faillite annoncée… merci les gens sérieux de l’UMPS et leurs journalopes des média complices et menteurs.

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Le Fonds monétaire international (FMI) estime à 800 milliards de dollars les créances douteuses détenues par les banques de la zone euro. Un montant qui a doublé depuis 2009 et continue à croître, rappelle l’institution.

Un « fardeau ». C’est ainsi que le FMI qualifie, sans détour, les plus de 800 milliards de dollars de créances douteuses qu’ont accumulées les banques des pays en difficulté de la zone euro, dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale publié mercredi. Des créances qui ne cessent de croître, s’inquiète l’institution, alors même que le secteur financier européen s’apprête à être soumis à un examen de santé.
Assainir le bilan des banques et entreprises

« Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du ralentissement économique », écrit le Fonds.

Un stock qui a doublé depuis 2009, affirme l’institution, qui se penche plus particulièrement sur les pays européens en difficulté financière (Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie).

Tout en saluant « l’amélioration » de l’image de ces pays auprès des marchés, elle assure Continuer la lecture de Le fardeau des 800 milliards de créances douteuses de la zone euro inquiète le FMI

Que faut-il penser de la santé des banques en Zone euro ?

A la perspective d’une réduction d’injection de « liquidités », voilà les marchés financiers à nouveau rentrés en crise de delirium tremens.

Vous me direz que vous vous fichez éperdument de la parité de la livre turque, des manigances de la Fed ou des créances douteuses des camarades capitalistes chinois et que vous êtes bien loin de tout ça. Mais cher lecteur, tout ceci vous concerne quand même ; le lien, ce sont les banques.

Car ces injections monétaires ne poursuivent qu’un seul but : protéger les banques américaines et européennes. Et si les marchés vont mal, les banques pourraient aller très mal.

– Mardi 18 janvier 2014 : « les banques européennes face à un trou de 1 000 milliards de dollars avant la revue de qualité des actifs », Bloomberg
– Lundi 27 janvier 2014 : « les banques européennes ont besoin de 84 milliards d’euros de fonds propres », Les Echos
– Mercredi 29 janvier : « les banques européennes montrent des signes de convalescence », The Wall Street Journal

Qui croire ? 1 000 milliards de dollars représentent 767 milliards d’euros, soit à la louche neuf fois plus que 84 milliards. En neuf jours les banques auraient besoin de neuf fois moins d’argent, leur situation s’amélioreraient à une vitesse fulgurante. A ce rythme, en février, nous nagerons dans le bonheur.

▪ A moins que…
Un horrible doute m’assaille. La brève de Bloomberg cite un travail d’universitaires du CEPS de Bruxelles (Center for European Policy Studies). « L’Eurozone est engluée dans une récession. En 2013, le PIB des 17 pays de la Zone euro a chuté de 0,5% et les perspectives pour 2014 montrent un risque considérable pesant sur cette région. […] Le système bancaire de l’Eurozone est gravement sous-capitalisé depuis la crise financière de 2007 – 2009. Par conséquent, certaines banques sont bourrées d’actifs risquées (et de dette souveraine risquée en particulier) ». Ces universitaires sont-ils aptes à comprendre la finance, ne noirciraient-ils pas un peu le tableau ?

L’étude de l’OCDE citée par Les Echos est bien plus rassurante (quoique 84 milliards Continuer la lecture de Que faut-il penser de la santé des banques en Zone euro ?

Zone euro : Nouveau record d’endettement

Voilà un indicateur qu’il est opportun de publier alors que la moitié de la France est en congés … et l’autre abasourdie par la canicule.

 

4wlcSelon les données officielles publiées par Eurostat, la dette de l’union monétaire rapportée à son Produit Intérieur Brut (PIB) s’est élevée à 92,2% au premier trimestre 2013. Elle ne représentait « que » 90,6% du PIB au dernier trimestre 2012. Le montant de la dette publique des 17 pays de la zone euro s’élevait ainsi à 8750 milliards d’euros à la fin du premier trimestre.  A la fin du premier trimestre 2013, la part des prêts intergouvernementaux dans le PIB était de 2,1% dans la zone euro et de 1,6% dans l’UE.

 

Plus largement, au sein de l’Union européenne, le taux d’endettement par rapport au PIB n’est que de 85,9%, mais représente tout de même la coquette somme de 11.111 milliards d’euros.

L’Allemagne fait partie des rares pays qui ont pu diminuer le fardeau de leur dette d’un trimestre à l’autre. Le pays ayant pu réduire son endettement de 0,7% par rapport au dernier trimestre de 2012, à 81,2%.  Si en 2012, nos voisins d’outre Rhin étaient les seuls à afficher un excédent budgétaire, aucun déficit structurel n’est prévu pour 2014, un excédent de 200 millions d’euros étant même prévu d’ici à 2015.

L’Estonie est le second pays de la zone euro à avoir pu diminuer son endettement, même si la baisse est toute relative puisqu’elle n’est que de 0,1% par rapport au dernier trimestre de 2012, ses dettes atteignant 10% du PIB.

En dehors de l’Allemagne et de l’Estonie, deux pays sont parvenus à réduire leur dette : le Danemark (-0,8%) et la Lettonie (-0,7%).

Les plus fortes hausses ont été quant à elles constatées en Irlande (+7,7 %) , en Belgique (+4,7%) et en Espagne (+4,0%).

La Grèce, l’Italie et le Portugal sont les trois pays de la zone euro qui possèdent les niveaux d’endettement les plus élevés, à respectivement 160,5%, 130,3% et 127%. Viennent ensuite l’Irlande (125,1%) et la Belgique (104%).

En ce qui concerne la France, ce chiffre s’élevait à 91,9% au premier trimestre 2013, en progression de 1,7% par rapport au quatrième trimestre 2012.

Petit rappel et non des moindres : le Fonds monétaire international (FMI) considère qu’une dette est supportable à long terme si elle ne dépasse pas 120% du PIB.

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Les conséquences inattendues de la crise chypriote (J.Sapir)

« Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

La crise de l’Euro est aujourd’hui passée dans une phase qualitativement supérieure. C’est ce que l’on peut constater à la lecture du dernier numéro de la très officielle revue Europe’s World . C’est aussi l’une des leçons de la crise chypriote. Dans ce numéro, réalisé bien avant que cette crise n’éclate, Paul de Grauwe, économiste qui dirige l’European Institute à la London School of Economics, défend la mutualisation des dettes  tandis que Kurt J. Lauke, le Président du Conseil Économique de la CDU allemande, souligne que les différentes options aujourd’hui présentes pour sauver l’Euro ont toutes un prix , qu’il soit politique ou économique. Enfin, des articles regardent les conséquences, et même la désirabilité d’un éclatement de la zone Euro. Cette conjonction ‘une réflexion de plus en plus désabusée et d’une crise constitue bien un événement marquant dans le processus d’éclatement de la zone Euro.

 Il est aujourd’hui patent que la crise chypriote a fait sauter le tabou d’une ponction sur les comptes bancaires. L’idée que Chypre constituait un cas exceptionnel, ce qu’a répété le Président Français François Hollande lors de sont interview jeudi 28 mars à la télévision, est morte et bien morte.

Klaas Knot, membre du Conseil de la BCE, a ainsi déclaré vendredi 29 mars  son accord de principe avec la déclaration très controversée de Jeroen Dijsselbloem le Président de l’Eurogroupe . Cette nouvelle doctrine découle directement des pressions allemandes. La Chancelière, Madame Angela Merkel, a saisi l’occasion de la crise chypriote pour indiquer clairement qu’il n’était pas question que le contribuable allemand continue de payer . D’où cette nouvelle doctrine qui veut que désormais, un pays en crise financière paye lui-même une large part de son plan de sauvetage. C’est une position que l’on peut parfaitement comprendre quand on connaît la situation de l’Allemagne, et en particulier la chute spectaculaire de la démographie allemande. Mais cette décision introduit un changement capital dans la gestion de la crise de la zone Euro. Elle porte en elle en réalité la fin de la zone Euro et ceci pour deux raisons.

D’une part, si l’on peut comprendre que l’on mette à contributions les actionnaires d’une banque, toucher aux déposants est largement contre-productif en raison des effets de panique (le « bank run ») que cela risque de provoquer. Cette mesure met à mal la relation de confiance entre la banque et son client, relation qui est l’essence même de l’activité bancaire. Cette rupture de la confiance fera sentir ses effets dans des pays déjà exposés à la crise, au Portugal, en Espagne et en Italie. Ceci entraînera une aggravation rapide de la crise dans les prochains mois.

D’autre part, si l’Allemagne ne veut plus payer et veut forcer les pays en crise à financer eux-mêmes les plans de sauvetage, cela va conduire à une aggravation rapide de la crise dans ces pays et, en fin de compte, ne leur laissera pas d’autre alternative qu’une sortie de l’Euro.

Cette crise se révèle ainsi non pas comme un épisode mineur, liée à un nouveau problème dans un minuscule pays de la Continuer la lecture de Les conséquences inattendues de la crise chypriote (J.Sapir)

L’impasse ! (Charles Sannat)

« Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Bon on va revenir dessus longuement, car bien sûr, la double principale information, à savoir, d’un côté la confirmation, pour ceux qui avaient encore des doutes, qu’une nouvelle récession s’abat sur l’Europe, et de l’autre, mais c’est évidemment lié, le gouvernement qui annonce que l’objectif de déficit à 3% ne sera finalement pas tenu… sans blague !

Mais avant un titre. Ce n’est pas de moi, je n’aurai pas osé, étant très respectueux des mamamouchis en tous genres… c’est l’Expansion qui se lâche. Ce qui est bien avec ce genre de titre c’est qu’il contient la réponse.

(…)

Le PIB européen en contraction pour le 3ème trimestre consécutif

(…) Donc en France la récession est de 0,3% du PIB tandis que nos « zamis » allemands font deux fois mieux dans le pire avec – 0,6% de croissance négative inversée.

En Grèce tout continue à aller mieux que bien, puisque d’une part, quand on ne comptabilise pas les dépenses, le budget grec est à l’équilibre (ce qui montre une créativité comptable sans précédent dans l’histoire du monde) et que d’autre part, la croissance négative inverse s’établie dans la péninsule hellénique à un petit -6% avec un chômage en hausse à 27% de la population active, ce qui permet à la Grèce d’obtenir une médaille d’or car ils sont incontestablement les meilleurs, bien que talonnés par les Espagnols qui rattrapent du terrain à grande vitesse ce qui menace l’avance du leader du peloton.

Ce qui compte, c’est la trajectoire

Ce n’est pas de moi c’est de notre premier sinistre. Il était hier l’invité du journal de France 3. J’avais essayé il y a fort longtemps de défendre ce concept auprès de mes parents (et en particulier de mon père) en lui expliquant à propos de mes notes en math, que ce qui était important ce n’était pas le 3%/20 mais la trajectoire d’amélioration de mes compétences mathématiques. Je n’avais pas reçu un accueil triomphal si vous voyez ce que je veux dire. Continuer la lecture de L’impasse ! (Charles Sannat)

La zone euro s’englue dans une récession longue

L’annonce d’un PIB en repli de 0,6% dans la zone euro au quatrième trimestre et d’une baisse de 0,9% en 2012 marque la plus mauvaise performance depuis 2009.

L’économie de la zone euro a enregistré au quatrième trimestre de 2012 sa plus mauvaise performance depuis le premier trimestre de 2009 après la chute de Lehman Brothers. La contraction du PIB de 0,6% sur les trois derniers mois de 2012 est plus importante que prévu, et marque le quatrième trimestre de repli consécutif pour l’activité des 17 pays de la zone euro. Au dernier trimestre, seuls l’Estonie (+0,9%) et la Slovaquie (+0,2%) enregistrent des chiffres positifs.

Une reprise qui se fait attendre

Sur la période, la croissance s’est effondrée au Portugal (-1,8%), à Chypre (-1%) en Italie (-0,9%), et en Espagne (-0,7%). Mais parmi les principaux pays, les « suspects habituels » tels que l’Espagne et l’Italie ne sont plus les seuls à afficher une croissance négative, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas (-0,2%) ayant aussi vu leur PIB se contracter au quatrième trimestre, souligne Peter Vanden Houte, économiste chez ING.

« Malgré un contexte de moindres tensions financières, les perspectives pour l’économie réelle demeurent sombres. La consommation des ménages compte tenu d’un marché du travail dégradé, d’une faible progression des salaires nominaux et d’un ralentissement très progressif de l’inflation devrait encore se contracter au cours des prochains trimestres », estiment les analystes de Natixis. Ils tablent sur une poursuite de la dégradation de l’activité à court terme, avec un nouveau recul de la croissance de 0,2% dans la zone euro au premier trimestre, certes moins prononcé qu’au quatrième trimestre. Pour la suite, ils estiment que la reprise attendue par le consensus pour le second semestre est « surestimée ».

Demande faible à prévoir

La plupart des économistes s’attendent à une reprise progressive de l’activité grâce à une amélioration sur le front de l’économie mondiale qui devrait être tirée par les Etats-Unis et la Chine. Malgré tout, la demande intérieure devrait rester faible en raison notamment des effets liés aux plans d’austérité engagés dans toute l’Europe, et à la forte progression du taux de chômage dans la zone. Le scénario d’une récession à la japonaise marquée par la déflation plane désormais sur la région.

« Tous les pays de la zone euro partent avec un handicap en 2013. Le Portugal et l’Italie sont les plus mal lotis. La question simple, forcément trop simple est: faut-il accentuer l’austérité en 2013 ? », s’interroge Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis. Les perspectives sont d’autant plus incertaines que le risque politique refait surface en Espagne où le gouvernement est fragilisé par un scandale de corruption, et en Italie où la menace de voir Silvio Berlusconi revenir aux affaires n’est pas totalement écartée. Le risque de faillite qui pèse sur Chypre pourrait aussi raviver les craintes de contagion dans la zone euro.

France : Un début d’année catastrophique dans l’industrie.

Il sert à quoi le sinistre du redressement productif ?. Notre industrie fait moins bien que celle de l’Espagne, de l’Italie… seule la Grèce est derrière nous… mais elle est en progression.

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L’indice PMI dans le secteur manufacturier s’est encore replié en janvier, indiquant une nouvelle contraction de l’activité. En Europe, seule l’industrie grecque est plus déprimée.`

En janvier, l’Indice des Acheteurs PMI de la société Markit s’est une nouvelle fois replié. Passé de 44.6 en décembre à 42.9, il affiche ainsi son plus faible niveau depuis quatre mois. Petit rappel, au dessous de 50, cet indice indique une contraction de l’activité ; au dessus de ce seuil, l’industrie est en expansion.

(…)

La Grèce fait moins bien que la France

L’industrie française est-elle un cas isolé en Europe ? « La France affiche un des PMI les plus faibles d’Europe, c’est très inquiétant », estime Steen Jakobsen, économiste en chef de Saxo Bank. En effet, à 41,7, l’indice PMI manufacturier est plus faible en Grèce. Mais il a progressé en janvier. Il atteint un plus haut de deux mois à 48,6 en Autriche, un plus haut de dix mois en Italie (47,8), un plus haut de 19 mois en Espagne (46,1)….

Chypre, petite île mais gros problème pour la zone euro

La Tribune

BRUXELLES (Reuters) – Alors qu’elle pensait se rapprocher de la sortie de crise après trois ans de tempêtes économiques, financières et politiques, la zone euro est aujourd’hui rattrapée par les difficultés de Chypre, qui semblent combiner certains des pires problèmes des dossiers grec, espagnol et irlandais.

Selon les dernières estimations des analystes, Chypre a besoin de 17,5 milliards d’euros d’argent frais, dont 10 milliards pour ses banques. Un montant faible dans l’absolu mais qui représente près de 100% de son produit intérieur brut (PIB), près de trois fois plus que dans le cas du Portugal.

Bien sûr, la zone euro peut se permettre d’accorder une telle aide. Le problème, c’est que la République de Chypre et ses 800.000 citoyens risquent de ne jamais être en mesure de la rembourser.

Autre difficulté: le Fonds monétaire international (FMI) ne prendra pas part au plan d’aide, ce qui pourrait mettre en doute la crédibilité de celui-ci.

« Chypre est, au niveau national, le risque le plus grave auquel la zone euro est confrontée aujourd’hui », a déclaré la semaine dernière Charles Dallara, de l’Institut de la finance internationale (Ifi), la fédération d’institutions financières qui a négocié la restructuration de la dette grecque l’an dernier.

La toute première demande d’aide extérieure de Chypre date de juin dernier mais les discussions régulièrement interrompues engagées depuis avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI n’ont pas permis d’aboutir.

Les négociations doivent entamer un nouveau cycle après l’élection présidentielle prévue à Chypre le 17 février, ce qui peut théoriquement permettre un examen d’un projet de plan d’aide par les ministres des Finances de la zone euro fin mars. Mais certains responsables européens estiment que les pourparlers pourraient se prolonger jusqu’en mai.

IMPOSER DES PERTES AUX CRÉANCIERS ?

Quoi qu’il en soit, les grandes lignes probables du plan sont déjà évoquées à Bruxelles et Nicosie, à savoir un programme de privatisations, une réforme des retraites, un impôt exceptionnel et une restructuration en profondeur du secteur bancaire.

Mais même appliquées en totalité, ces mesures ne génèreraient pas de recettes ou d’économies suffisantes pour permettre de ramener la dette chypriote à un niveau soutenable.

Si le ratio d’endettement avoisine aujourd’hui 80%, un renflouement extérieur le porterait sans doute à 140% ou 150%, estime-t-on à Bruxelles. Au FMI, on préconise un ratio inférieur à 120%, voire plus proche encore de 100% pour rendre la situation gérable.

Cette démarche implique donc des mesures plus radicales, y compris la possibilité d’imposer des pertes aux créanciers de Chypre – ce que l’UE exclut – et notamment à ses banques.

« Pour nous, cela n’est pas une option » a déclaré à Reuters Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, en réponse à une question sur la possibilité d’un effacement partiel de la dette, ajoutant: « Nous travaillons à réduire le fardeau de la dette de Chypre. »

Premier casse-tête pour les négociateurs: la majeure partie de la dette souveraine de Chypre est détenue par ses banques, ce qui signifie qu’une décote risquerait d’exacerber les difficultés du secteur au lieu de les résoudre.

En outre, la majeure partie de cette dette est régie par le droit anglais, ce qui complique beaucoup toute restructuration.

Une autre option, plus compliquée, consisterait à imposer des pertes aux banques chypriotes, lourdement endettées et très dépendantes des dépôts étrangers, russes notamment.

LA RUSSIE COMPLIQUE LA DONNE

Un projet de plan d’aide prévoit d’obliger Nicosie à fermer les établissements de crédit non-viables et à imposer des pertes non seulement aux actionnaires des banques mais aussi à certains de leurs créanciers obligataires, expliquent plusieurs responsables.

Certains évoquent aussi la possibilité de geler les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros pour les utiliser comme garantie, une approche que des analystes jugent risquée et inappropriée.

« S’ils veulent la panique aux guichets ou un effondrement quasi-complet du système bancaire, qu’ils essaient ! », a déclaré un gérant de « hedge fund » qui suit de près le dossier chypriote.

Le système bancaire local regroupe environ 70 milliards d’euros de dépôts, dont un peu moins de la moitié appartiennent à des non-résidents, russes en premier lieu selon les estimations même si la banque centrale ne publie pas leur répartition par nationalité.

Moscou, qui entretient des relations étroites avec Chypre depuis de longues années, a prêté l’an dernier 2,5 milliards d’euros à Nicosie et pourrait soit augmenter, soit prolonger ce prêt à cinq ans.

L’influence de la Russie – associée par l’UE aux discussions selon Olli Rehn – pourrait compliquer encore la résolution du problème, surtout si celle-ci implique d’imposer des pertes aux déposants étrangers… ou de venir en aide, même indirectement, à de riches citoyens russes ayant choisi d’abriter une partie de leurs avoirs dans des banques chypriotes.

« ‘Un renflouement pour des oligarques russes’, c’est le pire des titres qu’on puisse imaginer », juge un responsable de l’UE.

Chypre n’est toutefois pas totalement dépourvu d’atouts : l’Etat a identifié dans ses eaux des réserves de gaz naturel dont la valeur s’estimerait en dizaines de milliards d’euros. Même si ce gaz ne sera pas exporté avant 2019 ou 2020, les futures recettes pourraient être titrisées.

Une source de revenus hypothétique et difficile à valoriser mais que ni l’UE, ni la Russie ne peuvent se permettre d’ignorer.

avec Paul Taylor, Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

Un défaut de Chypre poserait un risque systémique pour la zone euro

Article de l’express. be

Mario Draghi, le patron de la Banque Centrale Européenne, s’inquiète des effets désastreux d’un défaut de Chypre pour la zone euro.

Lors d’une réunion des ministres des finances la semaine dernière, Draghi a contredit Woflgang Schaüble, le ministre des finances allemand, qui avait estimé que Chypre n’était pas « importante sur le plan systémique », que c’était un pays trop petit pour que son défaut éventuel pose un réel problème pour l’Europe.

Draghi a tancé Shaüble, en disant qu’il avait souvent entendu ce type d’arguments provenant de juristes (Shaüble est avocat de formation), mais que c’était plutôt les économistes qui pouvaient en juger. Il estime que l’implication des banques chypriotes dans le système bancaire grec, où elles effectuent 40% de leurs opérations, pose un risque, et qu’elles sont assez grandes pour poser un risque systémique à la zone euro.

Chypre a réclamé un plan de sauvetage à l’UE au cours de l’été dernier, et elle pourrait nécessiter 17 milliards d’euros, soit près de 100% de son PIB, mais l’UE traîne des pieds pour accorder cette aide.

Der Spiegel avait rapporté en effet qu’un rapport confidentiel du BND, l’agence allemande du renseignement extérieur, affirmait que des magnats russes établis à Chypre seraient les premiers bénéficiaires éventuels de l’argent du plan de sauvetage, s’il était accordé. Environ 80 oligarques russes ont obtenu la nationalité chypriote et se seraient ainsi établis sur le territoire de l’UE. Leur fortune est souvent issue d’activités mafieuses et ils trouveraient à Chypre les conditions idéales pour blanchir leur argent sale : la possibilité de faire appel à des sociétés écrans anonymes, des banques complaisantes, et une fiscalité qui fait que pour beaucoup, Chypre est un paradis fiscal.

Les Sociaux Démocrates allemands refusent d’accorder un bailout à Chypre, affirmant qu’ils ne veulent pas soutenir « le crime organisé », ce qui place la Chancelière Angela Merkel dans une position délicate.

D’un autre côté, Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, craint qu’un éventuel défaut de Chypre n’entame la fragile confiance retrouvée des marchés pour la zone euro, et qu’il ne déclenche une nouvelle fuite des capitaux. « Il est essentiel que tout le monde réalise qu’un défaut désordonné de Chypre mènerait à une sortie de Chypre de la zone euro. Cela serait extrêmement stupide de prendre un risque de cette nature », a-t-il déclaré.

Selon Dmitris Drakopoulos de Nomura, des coupes de cheveux imposées aux créanciers de Chypre pourraient avoir un effet de contagion désastreux sur d’autres pays de la zone euro, et notamment le Portugal : « Si cela est mal géré, cela pourrait être dangereux pour le Portugal. Qui pourrait être alors certain qu’ils ne feraient pas la même chose ?».