De l’écologie comme rempart au totalitarisme pacifié…

Par Arnaud Guyot-Jeannin

La plupart des gens de droite défendent l’écologie humaine (l’ordre naturel et la famille traditionnelle) au détriment de l’écologie environnementale (l’ordre cosmique et la famille des animaux, des végétaux et des minéraux) louée par de nombreux gens de gauche qui nient, quant à eux, la réalité anthropologique et historique des peuples.

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Les premiers rejettent le mariage homosexuel, l’adoption d’enfants pouvant en découler, la PMA (Procréation médicalement assistée) et la GPA (Gestation pour autrui), mais ne remettent pas en cause le capitalisme mondialisé — qu’accompagne le progressisme libertaire — qui marchandise les vies, le lien social et la nature. Les seconds repoussent ce capitalisme dérégulé engendrant l’exploitation humaine, la misère sociale et la suraccumulation matérielle, mais sans réfuter le libéralisme moral du tout vaut tout, tout se vaut, tous se valent dont l’indistinction spirituelle, ethnoculturelle et sexuelle est le produit.

Les partisans des deux camps procèdent par un réductionnisme dommageable. Le processus infernal défiant la nature est enclenché. Le monde commun disparaît au profit d’un monde individualiste et narcissique sans foi ni loi sinon celles de l’argent, de la production et de la consommation.

Le philosophe Jean-Claude Michéa a bien montré l’unité du libéralisme. Le libéralisme culturel et le libéralisme économique vont effectivement de pair. Quand l’un ne connaît pas de frontières morales pour les êtres, l’autre ne reconnaît pas de frontières géographiques protectrices. Or, ce laisser-fairisme global désaffilie les personnes et ne peut donc faire société. L’anomie sociale provoque un désordre établi compensé par l’omniprésence illusoire du fric et des flics. Les libertés sont assurées pour autant que la sécurité le permet. Une anarchie sécuritaire est née. Le totalitarisme pacifié pointe son nez…

L’écologie humaine, sociale et environnementale est conservatrice et révolutionnaire. Conservatrice parce qu’elle préserve la diversité du monde vivant. Révolutionnaire car elle rompt avec la logique productiviste et consumériste mortifère. Face au rouleau compresseur libéral-libertaire, nous devons entrer en résistance. Il faut réhabiliter l’identité pluridimensionnelle de l’homme et reconnaître sa co-appartenance au monde.

C’est dire si l’écologie, science de la vie, est plus que jamais indispensable à défendre dans sa plénitude.

Boulevard Voltaire