Dictature socialiste: L’historien Bernard Lugan viré de Saint-Cyr par J.Y Le Drian

Rappel: Bernard Lugan avait estimé dernièrement que la visite à Sétif d’un membre du gouvernement français représentait à la fois une insulte à l’histoire et une faute politique car, pour les autorités algériennes, la « répression de Sétif » est l’emblématique exemple de la « barbarie coloniale française ». Pour avoir émis cette simple opinion il vient d’être viré de l’école militaire de Saint-Cyr sur demande du ministère de la défense.


 

Alors que les troupes françaises sont engagées dans plusieurs pays africains, Jean-Yves le Drian a pris la décision, sans consulter la hiérarchie militaire, de virer de Saint-Cyr un spécialiste reconnu de l’Afrique qui enseignait dans cette école.

Dans un communiqué publié sur son blog, Bernard Lugan a annoncé ce matin la décision du ministre de la Défense. Sous le titre « A Saint-Cyr, l’Afrique n’est plus au programme...»,  l’historien indique que « court-circuitant l’ensemble de la hiérarchie militaire afin de lui rappeler -si besoin était-, dans quel mépris elle est tenue, le cabinet du ministre de la Défense vient d’intimer l’ordre au général commandant les écoles de Coëtquidan de suspendre de cours Bernard Lugan.

« Qu’il soit ainsi fait affront à la bienséance, poursuit l’enseignant, nul ne s’en étonnera de la part de technocrates parvenus dont le carriérisme le dispute à la servilité. Ce qui est plus grave c’est que les libertés universitaires soient ainsi violentées par un pouvoir à la dérive.

Il est somme toute assez pittoresque qu’un chef de l’Etat devant l’unique succès de sa présidence à l’efficacité de l’armée de terre en Afrique, décide d’écarter le seul expert qui, du Mali à la RCA en passant par la Libye, le Tchad ou encore la Passe Salvador, la conseille efficacement au quotidien… Mais après tout, le sort de ses soldats est peut-être le cadet de ses soucis. Quant aux joyeux élèves de la Spéciale, le cabinet du ministre vient de leur offrir, sans le savoir, un cadeau inespéré. Ils savent désormais qu’une secte d’idéologues faillis vivant ses derniers jours s’attache à détruire les enseignements ramenant les hommes de terrain à la réalité. Mais en se prétendant  indépendante de la vérité, cette secte est devenue la risée de l’opinion. C’est elle qui la détruira. 

Avant de conclure : « Et puis, après tout, pour de jeunes élèves-officiers, l’interdit

ne reste-t-il pas  le meilleur moyen de faire ouvrir un livre ? Si tu ne viens pas à Saint-Cyr, Saint-Cyr viendra à toi…On ne lâche rien ! ».

L’an passé, Bernard Lugan avait déjà été victime de la censure élyséenne alors qu’il devait donner une conférence sur « L’interaction religieuse, culturelle, historique et géopolitique entre les cinq pays de l’Afrique du Nord et ceux de la bande sahélo-tchadienne » aux attachés de Défense français en poste dans la quinzaine de pays concernés.

Cette censure avait fait réagir Jean-Dominique Merchet. Spécialiste reconnu des questions militaires, ce journaliste de gauche n’avait pas hésité à écrire sur son blog Secret Défense : « Attaché à la liberté d’expression, je trouve détestable que quelqu’un – un intellectuel en l’occurence – soit exclu, voire sanctionné, pour ses idées fussent-elles détestables. Et je considère sans hésitation que celles d’extrême-droite, mues par la haine, le sont. Mais je ne suis pas convaincu que Bernard Lugan ne dise que des sottises sur les sujets dont il a fait profession d’étudier et de vulgariser. »

Photo : DR
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