Dieudonné n’a fait que suivre le chemin que lui a indiqué la gauche.

Face à Dieudonné, la gauche est bien embêtée. C’est elle qui a engendré ce monstre d’antisémitisme qu’elle stigmatise aujourd’hui de façon totalement déraisonnable.

Que s’est-il passé ?

dieudo-cohn-daniel-janin-afpDieudonné a pris au pied de la lettre la logorrhée de l’antiracisme différentialiste de la gauche. Il a pris à pleine main et de façon gourmande la lutte pro-palestinienne qui plait tant à la gauche de la gauche. En bon islamo-gauchiste il a manifesté avec Mélenchon, Besancenot, et le Hamas, pour dénoncer le sionisme. Comme Mélenchon il a rencontré Chavez, a rendu visite à Mahmoud Ahmadinejad, et il est l’ami de tariq ramadan. Comme stéphane Hessel, et les plumitifs du Monde Diplo, Dieudonné a présenté la politique israélienne comme étant pire que celle des fascistes. Un bon petit élève nourrit à la soupe gauchiste, on vous dit.

Véritable produit formaté à l’antiracisme et au multiculturalisme, Dieudonné fut dans les années 90 de tous les combats de la gauche. Candidat PS contre le FN à Dreux, on le verra se produire sur scène et enregistrer avec le groupe Zebda la chanson « Je crois que ça va pas être possible » dans laquelle il dénonce les discriminations.

Mais cet engagement se déroulera dans un contexte où la gauche a abandonné depuis longtemps le concept d’assimilation pour lui préférer l’intégration. Cette gauche, grâce à des officines politiques déguisées en associations antiracistes (SOS racisme, le MRAP, la LDH) et avec l’aide des organisations juives comme la LICRA ou le CRIF, va imposer le multiculturalisme et le communautarisme aux français. Par ce biais elle va exacerber les différences, l’ailleurs, l’autre. À leurs yeux, les racines seront toujours plus sympathiques quand elles évoquent le pays lointain d’un français de branche que celles d’un français de souche. Dieudonné l’a bien compris lui qui ne cesse de faire référence à ses origines camerounaisse et se présente comme un descendant d’esclave.

Le relativisme et le différentialisme deviendront donc les nouvelles idéologies auxquelles tous les français devront se soumettre sans sourciller car les gardes-chiourme de la doxa veillent. À la moindre incartade, la police de la pensée fait siffler aux oreilles des impétrants les balles du plus grand terrorisme intellectuel qu’ait connu la France.
Vous émettez une critique sur les Juifs, vous êtes antisémite. Vous critiquez l’Islam, vous êtes raciste et menacé de mort. Vous remettez en cause la loi Gayssot, vous êtes un nostalgique de Pétain. En revanche, si vous êtes catholique, français de souche et blanc… vous pouvez être brocardé sans que personne ne s’offusque.
Pire même, si vous considérez la politique d’immigration inadaptée à notre situation économique et que vous avouez aimer votre Nation, vous êtes un fasciste.

Petit à petit, sous la pression de journalistes aux ordres et de quelques intellectuels, la France va sombrer alors dans une ethnicisation des rapports sociaux. Les revendications communautaires et ethnicoreligieuses ne vont faire que s’amplifier. Grisée par le relativisme post-moderne, la gauche sera l’avant-garde de cette dérive. La loi sur l’esclavage de Christiane Taubira en est un exemple. Elle condamne la traite négrière dont les blancs se sont rendus coupables, mais n’évoque à aucun moment la traite intra-africaine et la traite arabo-muslmane. Quand on demande à Christiane Taubira d’expliquer ce deux poids deux mesures, elle déclare : il ne faut pas stigmatiser les minorités visibles qui vivent sur notre territoire.

Le conflit des mémoires est alors ouvert. La concurrence victimaire démarre, dans laquelle Dieudonné va très vite s’engouffrer. Les noirs avec l’esclavage veulent bénéficier d’une compassion à la hauteur de celle que l’on témoigne aux juifs. Journée de commémoration, repentance et demandes d’indemnisations sont au programme du conseil représentatif des associations noires (CRAN). Les juifs eux estiment que la République, et plus largement la France, doit se dire coupable de la déportation des juifs, battre sa coulpe et faire repentance. En déclarant que la rafle dite du Vel d’Hiv du 17 juillet 1942, fut « un crime commis en France par la France », le président de la République François Hollande ira jusqu’à contrevenir à la vérité historique. Et puis il y a tous les débats sur la colonisation, les demandes de l’Algérie et ses mensonges, ainsi que toutes les revendications islamiques des musulmans de France qui s’affirment dans certains quartiers comme un peuple voulant imposer ses lois et ses mœurs.

Dieudonné est issu de tout ça. Et son public est lui aussi le fruit de cette situation. Dans les rires que l’on entend dans ses spectacles il y a la rancœur et la haine inter-communautaire que la gauche et la droite ont importé dans notre pays.
Dieudonné a suivi la gauche là où elle voulait l’emmener. Il se revendique pro-palestinien, il est devenu le maitre de l’antisionisme qu’ils ont toujours voulu avoir, il est le noir qui ne cesse de faire référence à ses racines. Pro-musulman, il dénonce avec vigueur l’islamophobie et ne trouve rien à redire contre le port du voile. Dieudonné est ce que la gauche en a fait.

Mais le succès de Dieudonné est certainement plus important qu’on ne le croit. Il est arrivé à faire ce que tous les autres n’ont jamais réussi. En effet, là où le NPA, le PCF, le PDG ou le PS ne font que séduire des profs désabusés malgré un discours angélique sur les banlieues et leurs grandes envolées lyriques sur la richesse de la diversité ; Dieudonné lui a su la mettre en pratique. Son publique est la Fance Black-Blanc-Beur dont la gauche parle mais qui est loin de se reconnaitre en elle.

En 10 ans, la créature de l’antiracisme s’est retournée contre ses créateurs. Les socialistes sont aujourd’hui dans une impasse : ils doivent continuer à tenir un discours multiculturaliste, d’ouverture généreuse à l’immigration et à l’islamisation, tout en dénonçant l’antisémitisme rampant que l’on rencontre au sein de leur électorat « protégé » issu de l’immigration… et qui constitue le gros du public de Dieudonné.

Leur double discours commence à se voir, et c’est ce qui va faire des étincelles.