La direction de France Télévisions est dans une relation amicale avec M. Macron : ils se tutoient, ils s’embrassent. »

Mme Ernotte a été placé à la présidence de France Télévision alors qu’elle n’avait jamais exercé dans le secteur de l’audiovisuel. La loi l’interdit. Mais ce n’est pas grave. Quand on est socialiste on fait ce que l’on veut. Sa nomination a été l’objet d’une vive polémique, notamment chez les syndicats (1)

(1)
Le 23 avril 2015, Delphine Ernotte est élue par les membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel à la présidence de France Télévisions pour remplacer Rémy Pflimlin à partir du 22 août 2015 et pour une durée de cinq ans, ce dont la félicite immédiatement Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication dont elle est proche11. Selon L’Obs et Laurent Mauduit, sa nomination a été préparée par un influent réseau composé de David Kessler (ancien conseiller médias et culture auprès de François Hollande et responsable de la filiale cinéma de Orange), Xavier Couture (ex-TF1 et Canal+ et ancien conseiller chargé des relations avec les acteurs de l’audiovisuel auprès de Stéphane Richard) et par « le lobbyiste » Denis Pingaud, conseil de Mathieu Gallet.

Selon plusieurs médias, elle aurait également reçu le soutien d’Anne Hommel, ancienne conseillère de Dominique Strauss-Kahn, ancienne secrétaire de Jean-Christophe Cambadélis et ancienne consultante d’Euro RSCG13. Laurent Mauduit ajoute que Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA, a elle aussi milité, discrètement car « soumise à une obligation d’impartialité », pour sa candidature.

Elle est la première femme à occuper ce poste. D’après Laurent Mauduit,

Delphine Ernotte a été nommée grâce à la coalition des votes d’Olivier Schrameck, Sylvie Pierre-Brossolette, Nathalie Sonnac et Nicolas Curien — ces deux derniers, entrés récemment au CSA, étant « redevables de leur nomination » à Olivier Schrameck, selon Laurent Mauduit.

Les rédactions de France 2 et France 3 dénoncent le 21 avril 2015 la procédure « opaque et anti-démocratique » mise en place par le CSA pour choisir le nouveau président de la télévision publique.

Philippe Bilger dénonce également une nomination « dans un climat de connivence et de clientélisme aux antipodes de la transparence que l’audiovisuel aurait exigée ». Laurent Mauduit critique une désignation « entachée d’irrégularités », affirmant notamment que Delphine Ernotte a plagié le projet de son concurrent Didier Quillot par l’intermédiaire de Xavier Couture, qui aurait d’abord soutenu ce dernier avant de rejoindre Delphine Ernotte — Xavier Couture dément ces allégations.

Deux syndicats, la CGC et la CFDT, contestent la régularité de la nomination de Delphine Ernotte en déposant plainte contre Olivier Schrameck pour abus d’autorité et trafic d’influence. Le ministère public classe l’affaire sans suite puis le Conseil d’État rejette les recours. Les deux syndicats déposent ensuite un recours devant le Conseil d’État. Delphine Ernotte, qui n’est pas visée, publie alors un « mémoire en défense » contestant les allégations de Laurent Mauduit, selon ce dernier « pour les contester, les nuancer, les admettre mais en les corrigeant à la marge ».

Finalement, après cette période d’agitation, l’élection de Delphine Ernotte en tant que présidente de France Télévisions n’est pas remise en cause.