DSK incarcéré, la presse complice !

Jusqu’ici le milieu médiatique avait fait respecter la loi du silence. On se préparait même à raconter aux français l’histoire qui allait les séduire. Celle de l’Homme providentiel, compétent, efficace. L’Homme qu’il fallait à l’endroit où il fallait. Celui que la situation exige. Celui qui nous guiderait vers un gouvernement mondial, un libéralisme bonhomme et un multiculturalisme plein de promesse. Le héros de l’hyper-classe mondialisée qui sait murmurer à l’oreille de la grande finance. L’homme du Siècle. On allait voir ce qu’on allait voir.

Et puis, patatras ! Les digues de la propagande ont lâché sous la pression du réel. Les cachotteries du petit génie éclatent aujourd’hui au grand jour. La déflagration résonne comme un scandale épouvantable. Et tout le monde est éclaboussé…même si les média veulent nous faire croire le contraire.

Car si machination il y a, ce n’est pas dans les placards d’une chambre d’hôtel qu’il faut la chercher, mais dans les sombres recoins de la connivence qui existe entre la presse, les milieux de la finance et les hommes politiques de ce pays. Et si DSK est jugé coupable, les journalistes auront une responsabilité devant l’Histoire. En gardant le secret sur son caractère sexuellement instable, ils auront interdit à un homme de se soigner et de dériver vers la criminalité. Ils auront aussi privé les victimes de se défendre sans craindre d’être inquiétés. Le témoignage de la mère de Tristane Banon (1) est à ce titre très significatif. En écoutant son interview sur France 3 Normandie, on apprend que l’agression subie par sa fille lui a valu d’être ostracisée au sein du milieu journalistique et celui des éditeurs… ce genre de détail en dit long sur les mœurs qui ont cours dans ces milieux.


La mère de Tristane Banon, Anne Mansouret… par jackyshow38

Le bal des faux cul médiatiques

C’est bien connue : Quand le chef est touché, la meute aboie. Bien que parfaitement informés des penchants pervers du directeur du FMI, dès les premières heures de l’affaire, les journalistes ont feint la surprise. Toute la journée de dimanche ils n’ont cessé de chercher des circonstances atténuantes à DSK. Sans un mot de compassion pour la présumée victime, ils n’ont pas hésité à émettre la thèse du complot. L’idée qu’un homme de pouvoir use de son statut social et de son autorité pour soumettre sexuellement une femme de ménage n’a semble-t-il pas traversé les esprits caverneux de nos cro-magnons du journalisme asservi. Depuis deux jours, leur litanie se résume en deux mots de langage : présomption d’innocence (2). Une prudence qui, dans leurs bouches, ressemble à un déni de culpabilité… car ils n’ont jamais pris autant de précaution avec Berlusconi, Woerth, ou Le Pen. Dans son malheur, DSK a la chance d’être de gauche, libéral, mondialiste, eurobéat… et intime des journalistes.
Olivier Mazerolle avouera même dans un élan de sincérité qu’il lui est difficile de commenter cette histoire en raison de son amitié pour Anne Sinclair et son mari. Mais la palme de la bouffonnerie revient sans doute à Askolovitch. Le chroniqueur inquisiteur (3), invité à intervenir sur cette affaire par la journaliste Lea Salamé, s’est une nouvelle fois illustrée par sa muflerie.(4)
Lorsque Léa Salamé le présente comme proche de Dominique Strauss Khan, le petit bonhomme de paille du grand directeur du FMI s’insurge : « NON, NON, NON, je suis un journaliste qui connait bien Dominique Strauss Khan… mais je ne suis pas un proche. … j’écris actuellement un livre politique avec lui c’est tout. » Et Askolovitch d’exiger que les journalistes arrêtent de commenter une situation dont ils ne savent rien, et ainsi de contribuer à la destruction d’un homme politique. On connait cette stratégie, c’est celle qui leur a permis de sauver les soldats Polansky, Frédéric Mitterand, Cohn Bendit, Kouchner.. et caetera.

Le lundi, c’est à Michel Taubman, le rédacteur en chef de la revue néo-conservatrice le Meilleur des Mondes de donner de la voix. Ce proche de BHL et de Pascal Bruckner, fut à la tête du collectif d’intellectuels favorables à la guerre en Irak. Il est aussi le biographe de Dominique Strauss Khan. Invité sur RMC et sur d’autres antennes, il se plait à dénoncer une cabale contre DSK et dénigre le témoignage de Tristane Banon que personne n’a jusqu’ici interrogé. Sur France inter, où l’ensemble de la rédaction semblait être en deuil, Pascale Clark (5), elle si souvent agressive, était d’une douceur complice face à un Jean Marie Le Guen manipulateur et cynique. Ce dernier n’a fait que répéter la rengaine orchestrée par les communicants de l’agence Euro RSCG au service de Strauss Khan. Il ira jusqu’à insinuer que si Tristane Banon porte plainte c’est la confirmation que cette campagne contre DSK est menée par l’UMP.
On ne peut pas s’attendre à autre chose de la part de nos politiques et de leurs média-menteur. Le mal risque même d’empirer. Nous allons assister à coup sûr au défilé des belles âmes qui viendront nous expliquer sur toutes les antennes que le système judiciaire et policier américain n’est pas respectueux de la dignité humaine, et que les média US sont des rapaces. Ce seront les mêmes qui hier ont livré la France à l’américanisation, et qui, il y a encore une semaine, vantaient les mérites du multiculturalisme made in USA. Pitoyable.

Comme le souligne le journaliste Christophe Deloire (6) auteur avec Christophe Dubois du livre Sexus politicus, dans lequel ils soulignaient déjà à l’époque les comportements très douteux de DSK, la fonction des journalistes ne consiste plus à informer. La classe médiatique est désormais là pour dire le bien et le mal en émettant des opinions qui s’apparentent le plus souvent à des sermons de la moraline moderniste. Ils sont les garants du dogme européiste, immigrationniste, multiculturaliste et mondialiste.

Les média faiseurs d’un roi déchu avant son sacre ?

Parce qu’ils avaient choisi que se serait lui contre sarko. Parce qu’ils se croient au dessus des règles les plus élémentaires de l’éthique et de l’honnêteté intellectuelle. Parce qu’ils sont totalement coupés du peuple. Parce qu’ils ont imposé leur tyrannie… les média sont aujourd’hui un réel frein au bon fonctionnement de la démocratie en France.
Oui, le journalisme et les média doivent être désignée comme responsables et coupables. Responsables du déni de réalité. Coupables d’avoir gardé une nouvelle fois un secret sur la vérité d’un homme qui se destinait à incarner le peuple français.

Aujourd’hui, et aux yeux du monde, le roi qu’ils avaient décidé de couronner avant que le peuple ne vote, incarne toute la décadence de la classe politico-médiatique. Ce résultat désastreux nous le devons en partie aux média. Feront-ils leur autocritique ? On peut en douter. Certains d’entre eux feront mine d’ignorer, d’autres seront outrés qu’on puisse ainsi les suspecter, chacun défendra sa petit chapelle… et l’histoire suivra son cours jusqu’à la prochaine fois.

(1) http://www.dailymotion.com/video/xipzdb_la-mere-de-tristane-banon-anne-mansouret-confirme-la-tentative-d-agression-sexuelle-de-dsk-sur-sa-fi_news

(2) « Cela ne ressemble pas au DSK que je connais » un article de Rodolphe Bosselut
http://www.causeur.fr/%C2%AB-cela-ne-ressemble-pas-au-dsk-que-je-connais-%C2%BB,9927

(3) Claude Askolovitch découvre Riposte Laïque

(4) l’analyse d’Askolovitch
http://www.itele.fr/video/dsk-lanalyse-de-claude-askolovitch

(5) Pascale Clark interroge Jean-Marie Le Guen

(6) l’étrange Omerta des média sur DSK
http://www.prechi-precha.fr/2011/05/16/letrange-omerta-des-medias-sur-le-cas-dsk/

Jérôme Cortier.