Economie : l’institut de conjoncture pas tendre avec la politique du gouvernement

L’institut de conjoncture a étudié le projet économique du gouvernement Hollande. Il dresse un constat sévère d’une stratégie de sortie de crise jugée « risquée » et qui aura moins d’impact qu’annoncé sur l’emploi.

A chaque nouveau gouvernement et présentation de politique économique, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) passe au crible toutes les mesures annoncées. Plutôt réputé de gauche, l’institut de conjoncture a livré ce jeudi son jugement sur les principales mesures économiques annoncées par le gouvernement Hollande. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le constat de l’OFCE est plutôt sévère.

Les engagements de réduction de déficit et les premières mesures prises dans ce sens dans le collectif budgétaire de juillet 2012 annoncent une « stratégie de sortie de crise » fondée sur un assainissement de la situation des comptes publics afin de rassurer les marchés ». Mais l’institut souligne que « cette stratégie de sortie de crise est pour le moins risquée car elle ne prend pas toute la mesure de la crise qui menace l’Europe aujourd’hui. Elle pourrait se justifier si nous étions d’ores et déjà sur une trajectoire de sortie de crise et s’il s’agissait d’en aménager les priorités. Mais l’Europe reste dans une situation de très forte incertitude ». Dans le contexte actuel, estime l’OFCE, les hausses d’impôts ou la réduction des dépenses destinées à réduire le déficit pourraient avoir un effet contre-productif et limiter, voire annuler la réduction effective des déficits.

En ce qui concerne l’emploi, l’institut de conjoncture critique les contrats de génération, qui seront lancés en 2013 afin de prétendument favoriser l’embauche en CDI des jeunes et le maintien en emploi des seniors. La signature de 500.000 de ces contrats permettrait seulement de créer « entre 48.000 et 99.000 emplois dans le secteur marchand », pour un coût « compris entre 0,06 et 0,22 point de PIB ». Et si à court terme ils peuvent contribuer à faire baisser le chômage, les créations nettes seront moins élevées qu’attendu : 107.300 pour 150.000 emplois subventionnés au total (3,45 milliards d’euros de coût annuel). Ce constat sévère rappelle celui sur le Smic, publié il y a quelques jours. Le « coup de pouce » entré en vigueur au 1er juillet, aura un effet négatif sur l’emploi « faible », pour une dégradation des finances publiques évaluée à 240 millions d’euros.

Source