Egypte : entre guerre civile et coup d’Etat militaire

Analyse de Bernard Lugan (30/06/13)
QG-FMDeux ans après le départ du président Moubarak, un an après l’élection présidentielle qui vit la victoire de l’islamiste Mohamed Morsi élu le 24 juin 2012 avec 51,7% des voix, l’Egypte est plus que jamais au bord du chaos et de la guerre civile.
La partie se  joue entre quatre forces
– La première, celle qui a provoqué le départ du président Moubarak est composée de citadins, de gens qui mangent à leur faim, de « privilégiés », de « bourgeois » occidentalisés pouvant s’offrir le luxe de revendiquer la démocratie.
– La seconde est celle des islamistes, dont les Frères musulmans. Pourchassée depuis des décennies cette force est sortie de la clandestinité en s’abritant derrière les « idiots utiles » du premier groupe pour se réintroduire peu à peu sur l’échiquier politique sur lequel elle a fini par s’imposer.
– La troisième force est celle qui vit dans les banlieues défavorisées et dans les misérables villages de la vallée du Nil. C’est celle des fellahs besogneux, de ce petit peuple « nassérien » au patriotisme à fleur de peau qui exècre à la fois la bourgeoisie cosmopolite lorgnant du côté de Washington et les barbus qui voudraient ramener l’Egypte au X° siècle. Jusqu’à aujourd’hui, cette force n’a pas bougé.
– La quatrième force est l’armée dont l’encadrement est coupé en trois : un état-major composé de vieillards soldés par Washington, une fraction islamiste difficile à cerner numériquement et une majorité composée d’officiers et de sous-officiers nationalistes ayant pour modèle le colonel Nasser.
Au moment où ces lignes sont écrites, l’armée est en embuscade, tirant profit de l’échec politique et économique des Frères musulmans et de l’anarchie qui embrase le pays. La question qui se pose est de savoir quand, et sous quelle forme, elle recueillera le pouvoir.
Explications. 

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