Politique

Emmanuel Macron reçu à Berlin par Angela Merkel

La deuxième fois aura été la bonne. Lors de sa précédente venue à Berlin, les 10 et 11 janvier, Emmanuel Macron n’avait pas pu rencontrer Angela Merkel. Jeudi 16 mars, l’ancien ministre de l’économie s’entretiendra avec elle à la chancellerie. Un honneur auquel le seul candidat à l’élection présidentielle à avoir eu droit jusque-là était François Fillon, que Mme Merkel avait reçu dans son bureau le 23 janvier.

Officiellement, elle a d’ailleurs fait savoir qu’elle était prête à recevoir tous ceux qui le souhaiteraient, à l’exception toutefois de Marine Le Pen.

Pour la chancelière allemande, ce rendez-vous d’une heure qui sera accordé jeudi après-midi à M. Macron n’a pas valeur d’adoubement. Contrairement à ce qui s’était passé en 2012, où elle s’était ouvertement exprimée en faveur de la réélection de Nicolas Sarkozy, Mme Merkel n’a pas l’intention, cette fois, d’afficher sa préférence pour un candidat plutôt que pour un autre.

S’il ne saurait se prévaloir du soutien de Mme Merkel, M. Macron peut en revanche compter sur celui d’une très large partie de l’opinion publique allemande. A Berlin, où il rencontrera également le nouveau président de la République, Frank-Walter Steinmeier, et où il débattra en fin de journée avec le philosophe Jürgen Habermas et le ministre des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, M. Macron jouit en effet d’une image globalement très positive. […]

Journaliste à la Süddeutsche Zeitung, dont il a été le correspondant en France de 2009 à 2013, Stefan Ulrich analyse l’engouement dont jouit M. Macron outre-Rhin de la façon suivante : «Ici, en Allemagne, nous sommes très préoccupés par la présidentielle française. Après le Brexit et l’élection de Donald Trump, la grande majorité des Allemands ont très peur d’une victoire de Marine Le Pen. Du coup, ils regardent avec beaucoup de curiosité ceux qui pourraient l’empêcher de gagner. Il y a quelques mois, c’était Alain Juppé. Après la primaire de la droite, ça a été François Fillon, même si, pour beaucoup d’Allemands, sa relation avec la Russie et son côté ultraconservateur ont suscité pas mal de scepticisme.» […]

Le Monde