Économie, Écologie...

Emploi : un jeune sur trois subventionné par l’État

Bienvenue au pays des Soviets

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La « garantie jeunes », dévoilée en décembre lors de la conférence sur la pauvreté, devrait toucher au bout de trois ans 100.000 jeunes.

François Hollande avait fait de la jeunesse l’axe central de sa cam­pagne. Lui président… allait «redonner espoir aux nouvelles générations» et offrir «à tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans une solution de formation, d’apprentissage ou un service civique» (engagement 37 de campagne). Avec la promesse qu’«à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux».

La «garantie jeunes», dévoilée en décembre lors de la conférence sur la pauvreté, devrait toucher au bout de trois ans 100.000 jeunes, les fameux «Neet» («not in education, employment or training», c’est-à-dire «ni étudiant, ni salarié, ni stagiaire»). Grâce à ce dispositif, qui s’ajoute aux 500.000 contrats de génération, 10.000 emplois francs, 150.000 emplois d’avenir et 500.000 apprentis, le nombre de jeunes en emploi qui bénéficient d’une aide publique devrait alors dépasser 35 % en 2017. Soit une dizaine de points au-dessus du niveau actuel – un jeune sur quatre ayant un emploi bénéficiait en 2010 d’un emploi subventionné par l’État – et cinq de plus que le record atteint en 2000.

Ce taux est d’autant plus impressionnant que la base sur laquelle il est assis – le nombre total de jeunes dotés d’un emploi – ne cesse, à l’inverse des années Jospin de forte croissance, de baisser. Il a reculé de 0,3 point au deuxième trimestre 2013 et de 0,4 point sur un an pour atteindre 28,2 %, son plus bas niveau (à 0,1 point près) depuis 2003. Principale raison: face à la crise et à la certitude de démarrer leur vie active par Pôle emploi, de plus en plus de jeunes retardent leur entrée sur le marché du travail en continuant pendant un ou deux ans leurs études, en ne s’inscrivant pas au chômage ou en partant à l’étranger, une aventure sans garantie de retour un jour dans l’Hexagone.

Certes, cette «garantie jeunes» offrira une petite chance à 100.000 décrocheurs – qui auraient eu le plus grand mal à trouver un emploi  – de développer un projet professionnel ou d’accéder à une formation. Mais elle permettra surtout d’accorder un minima (de 493 euros par mois, cumulable avec un revenu de formation et renouvelable par tranches de douze mois) à une nouvelle frange de la population. Bref, une allocation pour les moins de 25 ans qui a l’apparence d’un «RSA jeunes» (dans sa version socle, ex-RMI), mais sans en porter le nom.

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