Économie, Écologie...

Emplois à domicile : 60.000 postes menacés en 2013

La hausse de 12 % en trois ans du coût à l’embauche a dopé le travail au noir. La Fepem appelle l’exécutif à réagir.

Un désastre se profile dans l’emploi à domicile, sans provoquer la moindre réaction dans la majorité. Après un premier trimestre calamiteux, où le volume d’heures déclarées a plongé de près de 8 %, suivi d’une accalmie au deuxième, les professionnels du secteur craignent une rechute au troisième. «C’est en septembre que les familles organisent les modes de garde et que les personnes âgées préparent l’hiver. Or tout les pousse cette année à réduire la voilure. Ou à basculer un certain nombre d’heures au noir», alerte Marie-Béatrice Levaux, la présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem).

Qui estime que les services à domicile pourraient perdre plus de 60.000 emplois déclarés en équivalent temps plein en 2013. Un gâchis absolu en cette période de chômage élevé.

Les services à la personne pâtissent bien sûr de la conjoncture. Les ménages dont le pouvoir d’achat a été atteint réduisent leurs dépenses de service.

«Ce qui a été le plus pénalisant, ce sont les hausses de charges décidées par les différents gouvernements: en moins de trois ans, le coût de l’emploi à domicile a augmenté de 12 %! Les ménages ont immédiatement réagi. Le travail au noir est l’évasion fiscale des classes moyennes», estime Marie-Béatrice Levaux.

La concordance des dates plaide pour elle. Les heures déclarées ne cessent de reculer depuis 2011. Or c’est cette année-là que le gouvernement Fillon a supprimé l’abattement de cotisations sociales de 15 points attaché au régime dit «au réel». Le recul du travail déclaré s’est ensuite accéléré en ce début d’année, après que l’équipe Ayrault a mis fin à l’autre régime permettant de limiter les charges, celui dit «au forfait».

Certes, un allégement de cotisations sociales de 0,75 centime d’euro par heure travaillée a été instauré dans le même temps. Mais cela n’a pas compensé le surcoût de la fin du forfait. Et le maintien des avantages fiscaux – réduction ou crédit d’impôt de 50 % – n’a pas suffi à rassurer les Français. «Échaudés par les précédents, les ménages craignent de nouveaux coups de canif. Sans oublier que la baisse du plafond des niches à 10.000 euros pénalise déjà les plus aisés», constate Marie-Béatrice Levaux.

Un simple décret

Pour inverser cette tendance, la Fepem demande le doublement de l’allégement de charges, à 1,50 euro par heure travaillée. Coût pour les finances publiques? Environ 150 millions. Cette solution, qui peut être prise par un simple décret, a un temps été retenue par le ministère du Travail qui s’inquiète pour un secteur employant 2,2 millions de personnes. Depuis, silence radio. «La mesure me semble mal partie», estime pour sa part Christian Eckert, le rapporteur PS du Budget.

«Ce coup de pouce favoriserait les classes moyennes supérieures. Ce n’est pas dans l’air du temps», explique Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée. Le Parlement a préféré prendre des mesures ciblées sur les ménages populaires (comme le maintien de l’avantage fiscal pour les enfants scolarisés). Oubliant au passage que le travail au noir pénalise les employés à domicile. La Fepem doit rencontrer ce mercredi le cabinet du ministre du Travail.

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