En cas de victoire de Ménard, « Béziers serait-elle coupée du monde ? »

Elle est belle la démocratie française. Les caciques de l’UMPS menacent de priver les citoyens de Béziers de subventions si Robert Ménard devient Maire.

Ces pratiques ne sont pas nouvelles et ont plusieurs objectifs. Pendant la campagne elles servent à dire aux électeurs :  » si vous choisissez le mauvais parti, on vous coupe les vivres, et vous crèverez la gueule ouverte ». Un comportement de maffieux qui consiste à ne pas rétrocéder sous forme de subvention de l’argent que les collectivités ont récolté sous forme d’impôt.  Après la campagne, si les parias du système UMPS sont élus, les priver des moyens de financer leur politique sert à les désigner comme incompétents et à les empêcher de mettre leur programme en œuvre.

Cette méthode  clientéliste est extrêmement répandue en France. Elle est profondément anti-républicaine et anti-démocratique, mais elle fonctionne grâce aux baronnies locales  mises en place par l’UMPS.

C’est ce qui s’est déjà passé avec les municipalités fn de la région PACA. Le conseil général comme le Conseil Régional avaient coupé les vivres aux municipalités FN, tout en continuant à leur prélever l’impôt comme des petits roitelets tout puissants.

—————-

C’est l’une des ritournelles de campagne. Si Robert Ménard remporte les municipales, Béziers sera privée de toute aide. Les robinets à subventions des collectivités, du Département à l’Europe, seront fermés.

C’est l’une des ritournelles de campagne. Plus personne n’arrosera une ville qui en a pourtant bien besoin. Ce serait, en substance, la faute à ce Front national qui soutient le candidat.

Nul besoin de préciser que le polémiste s’agace, le mot est faible, de cette prédiction. Il a donc publié un long communiqué dans lequel il dément « cette affirmation ridicule ». À coups d’arguments plus ou moins tranchants, il explique que « les subventions ne sont pas accordées selon la couleur politique des villes mais en fonction de critères précis, objectifs ». Et de prendre l’exemple d’un projet de restauration patrimoniale obligatoirement « subventionné entre 20 et 30 % délivrées après agrément des Bâtiments de France » ou la vidéoprotection « financée à hauteur de 40 % de l’investissement dans le cadre de la prévention et de la protection des mineurs ». Pour Robert Ménard, ces adversaires font juste « le pari, non du débat, de la controverse électorale, mais du chantage et de la peur ».

Rien n’impose de financer un projet

Le débat, justement, est ouvert. Et Élie Aboud, sous sa casquette du député qui écrit la loi, affirme que rien n’impose une collectivité à financer des projets. « De toute façon, au-delà des subventions, c’est l’image de la ville qui est en jeu. Plus que le Département ou la Région, ce sont les investisseurs privés qui ne viendraient pas. De nombreux projets sont aujourd’hui gelés dans l’attente des élections », affirme-t-il.

Le socialiste Jean-Michel du Plaa, par ailleurs vice-président du conseil général, va dans le sens de Robert Ménard sur les aides sociales attribuées à la population. « Quand il s’agit de solidarité nationale ou départementale, c’est contractuel, les aides aux personnes seront toujours délivrées », dit-il. Avant de glisser sur les subventions liées aux investissements : « Les projets qui impliquent des financements multiples impliquent la confiance des partenaires. Et l’expérience des villes gérées par le FN par le passé montre que c’est plus compliqué à obtenir… »

Les élus marchent sur des œufs.

Difficile de promettre de punir des habitants parce qu’une partie aurait “mal voté”. Claude Zemmour, conseiller régional, tente le grand écart. « Notre volonté est toujours d’aller vers l’intérêt général. Et la souffrance est telle que Béziers a besoin d’être aidé. Cela dit, nous n’oublions pas nos valeurs républicaines. » Sous-entendu, quand il rappelle les cas de Vitrolles, Marignane ou Toulon, peu compatibles avec celles du FN. Jean-Michel du Plaa en convient. « Tout dépend de la politique qui est menée. Mais comprenez que l’application de la préférence nationale repousserait nombre de partenaires ».

Sans aller jusque-là, les derniers mandats ont montré que le conseil régional pouvait faire le strict minimum par calcul politicien. Un argument d’ailleurs rappelé par… Robert Ménard.

(…) Le Midi Libre