En Tunisie et en Egypte, les islamistes s’en prennent aux chrétiens (vidéos)

Cela devait être un printemps démocratique. Une belle épopée citoyenne et révolutionnaire. Les commentateurs assermentés du système nous avaient prévenu du changement : attention, le soleil va se lever au sud.
Mais le réel, facétieux et souvent tragique, se moque pas mal des convictions à l’emporte pièce de nos manipulateurs. Aujourd’hui en Egypte et en Tunisie, ce sont les islamistes qui deviennent majoritaires. Des islamistes qui persécutent les chrétiens et exigent l’application de la Charia.

Alors nos pseudo-experts, après nous avoir servi leurs analyses fallacieuses, cherchent aujourd’hui à nous rassurer. Selon eux les islamistes d’Egypte et de Tunisie sont de gentils démocrates. Une opinion que partage d’ailleurs notre ministre de la défense, Alain Juppé (1), que le système politico-médiatique s’acharne à nous présenter comme un grand homme d’État :

“Le dialogue que j’ai eu avec l’ensemble de cette délégation, et en particulier avec les membres des Frères musulmans, a été intéressant, et m’a permis de bien mesurer que la présentation qui est faite parfois de ce mouvement mérite d’être éclairée et approfondie”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue de sa visite au Caire. » alain Juppé, le figaro

On se réjouirait presque de cet optimisme si celui-ci ne ressemblait pas à l’expression un peu niaise de l’incompétence. Juppé devrait arrêter son abonnement au très islamophile Monde Diplomatique, et lire les propos plus nuancés et plus prudents du sociologue tunisien Larbi Sadiki sur les révolutions arabes. Interrogé par le journal algérien l’Expression, ce dernier s’est montré assez circonspect sur les mouvements islamo-conservateurs :

« le spectacle que reflètent, aujourd’hui, les rues tunisiennes et égyptiennes ne prête guère à voir l’avenir en faveur de la démocratie. L’organisation, les liens et réseaux, clandestins et informels tissés par les islamistes durant les dictatures répressives, sont actionnés et mis en marche pour asseoir un islamisme politique et idéologique. Ils peuvent même confisquer les acquis arrachés par des centaines de milliers de jeunes manifestants et réseaux de masse, qui ont fait tomber les dictatures.
En Egypte par exemple, les mouvements islamistes sont bien solides et enracinés dans les entrailles de la société, d’où même le président déchu Hosni Moubarak n’a pu les contenir et les contrôler et ce, en dépit des campagnes de répression qu’il avait menées contre eux. Voire, ils détiennent des biens et intérêts économiques. Aujourd’hui, sur le terrain, les islamistes sont donc présents au sein de toutes les catégories sociales. Et, ils s’expriment, haut et fort, dans les places publiques et officielles.
 » (l’expression)

On attend donc avec impatience les explications de nos experts de la révolution arabe. Ceux qui hier encore traitaient de fascistes les rabats-joie qui osaient émettre des doutes sur le caractère démocratique des révoltes égyptiennes et tunisiennes.

On aimerait que nos grands savants à têtes plates nous expliquent pourquoi 300 islamo-démocrates,
un peu salafistes sur les bords, ont tenté d’incendier dimanche le siège de la télévision privée Nessma à Tunis après la diffusion vendredi soir du film franco-iranien Persepolis et d’un débat sur l’intégrisme religieux ?

Qu’ils nous expliquent aussi pourquoi nos aimables démocrates, un peu islamistes radicaux sur la tranche, ont fait une violente irruption mercredi dans la faculté de lettres de Sousse, à 150km de Tunis, pour tenter d’imposer l’inscription d’étudiantes portant le niqab, en menaçant d’égorger le doyen de la fac.

Quand vont s’émouvoir les mandarins de la bonne cause sur la violence qui s’abat contre les chrétiens Coptes d’Égypte ? Un chrétien serait-il trop catholique pour susciter la compassion de nos maîtres-censeurs ?
Ces chrétiens qui voient depuis des mois leurs villages et leurs églises brûlés par les islamistes et l’armée ne sont pas des victimes assez politiquement correct ? Leurs filles enlevées et violées ne respectent-elles pas assez les codes de la diversité ? (2) Leurs fils massacrés en toute impunité n’offrent-ils pas assez l’image de l’icône du martyr palestinien tant vénéré par la gauche ?
Le chrétien n’est pas assez Hype, voilà donc son problème, sa faute et son erreur.


Égypte : heurts mortels entre coptes et policiers par BFMTV

Aujourd’hui, avec courage, et sans attendre le soutien de leurs frères occidentaux qui ne viendra jamais, les coptes se révoltent contre les traitements qu’ils subissent, au risque de se faire massacrer par l’armée qui n’hésite plus à tirer à balles réelles dans la foule. Ce dimanche 9 octobre, dans le centre du Caire, la répression a fait 24 victimes.

Devant la situation une question se pose : les chrétiens seraient-ils devenus indésirables dans leur propre pays ?
Parions que nos élites ne se bousculeront pas pour répondre à cette question !

Jérôme Cortier

(1) Il est bon de rappeler ici que Juppé a confié la mosquée de Bordeaux à Tareq Oubrou, un imam qui se dit proche des thèses du fondateur des Frères musulmans Hassan Al-banna et qui lors de ses conférences déclare ce genre de petite musique :

« L’islam comme le veut le Coran touche à tous les domaines de la vie. C’est un Etat, c’est un pays […] il regroupe toute la communauté dans une géographie. Il n’y a pas de frontières […] la frontière entre deux pays est une hérésie méprisable en islam. Les Frères musulmans ne reconnaissent pas les frontières entre les peuples musulmans. »

(2) « Le nombre de jeunes filles chrétiennes enlevées et forcées de se convertir à l’Islam depuis la révolution égyptienne du 25 Janvier » a explosé, selon le père Filopateer Gamil de l’église St. Mary de Gizeh. «Plus de deux à trois jeunes filles disparaissent tous les jours à Gizeh seul», a-t-il dit. « Les cas qui sont portés à l’attention du public sont rares par rapport à ce que les chiffres sont en réalité. »

Beaucoup de chrétiens blâment le conseil militaire pour ne pas mettre un terme à ce problème, qui a dégénéré après la Révolution en raison de «l’émergence des salafistes musulmans», déclare le militant Copte Mark Ebeid qui croient fermement que la conversion d’un infidèle chrétien permet de gagner un ticket pour le paradis, pour ne pas mentionner la rémunération qu’ils obtiennent des Saoudiens « . Assyrian International News Agency